National - La Nouvelle Tribune https://lnt.ma/categorie/national/ Actualité économie - tout savoir sur les dernières infos économiques avec Lnt.ma : bourse, finance, entreprises,... Information économique marocaine et internationale en direct. Fri, 24 Jul 2026 12:11:18 +0000 fr-FR hourly 1 Spécial été 2026 – SOMMAIRE https://lnt.ma/special-ete-2026-sommaire/ Thu, 23 Jul 2026 15:00:16 +0000 https://lnt.ma/?p=553795 Un chiffre traverse ce numéro spécial sans y trouver de réponse. La Charte de l’investissement de 2022 fixait deux objectifs, 550 milliards de dirhams  d’investissements privés et 500 000 emplois. Le premier a été atteint à près de 90 %. Le second ne l’a pas été. Cet écart n’est pas une anomalie statistique, c’est en […]

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Un chiffre traverse ce numéro spécial sans y trouver de réponse. La Charte de l’investissement de 2022 fixait deux objectifs, 550 milliards de dirhams  d’investissements privés et 500 000 emplois. Le premier a été atteint à près de 90 %. Le second ne l’a pas été. Cet écart n’est pas une anomalie statistique, c’est en réalité le résumé de la décennie qui vient. L’ingénierie financière marocaine fonctionne et elle produit exactement ce qu’on attendait d’elle. Mais ce qu’elle ne produit pas, mécaniquement, ce sont des emplois et une amélioration perceptible des conditions de vie et du pouvoir d’achat. Le Souverain l’avait formulé sans détour dans le discours du Trône de 2025, en écartant l’hypothèse d’« un Maroc avançant à deux vitesses ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Une croissance de près de 5 % qui ne se diffuse ni également entre les territoires, ni suffisamment vers le plus grand nombre, n’a pas encore rempli son contrat. Parce que le taux de croissance n’est pas un objectif, c’est un moyen. Et ce qui compte, c’est le nombre de Marocains dont il change effectivement la condition.

 

SOMMAIRE

  1. Cinq ans pour mieux faire
  2. Convergence économique et financière : La recette de la transformation marocaine
  3. Les produits innovants, des instruments financiers créés par l’État marocain
  4. Foncières : Quand l’immobilier des entreprises devient du capital
  5. 100 milliards de gain de dette : La nouvelle équation budgétaire du Maroc
  6. Bourse de Casablanca : Le marché des capitaux, financeur de la transformation économique
  7. Réformes, produits, infrastructures : Le marché des capitaux s’outille pour une économie plus complexe
  8. Investissement : Du ministère au FM6I, deux institutions au service d’un même objectif
  9. Capital-investissement : Comment le FM6I accélère la structuration du marché marocain
  10. Investissement industriel, un nouveau cap franchi !
  11. IGOC 2026 : Le Maroc accélère la libéralisation maîtrisée de la réglementation des changes
  12. Le Maroc et ses partenaires financiers : Comment les soutiens internationaux ont changé de nature
  13. Passage à la S.A., donner aux Offices les moyens de leurs ambitions
  14. Protection sociale : Après la généralisation, le défi de l’accès aux soins
  15. Le Maroc du Mondial : Des infrastructures pensées au-delà de 2030
  16. Jeunesse marocaine : Plus diplômée, mais toujours confrontée au défi de l’insertion
  17. Élections législatives : les têtes d’affiche pour un scrutin capital

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Élections législatives : les têtes d’affiche pour un scrutin capital https://lnt.ma/elections-legislatives-les-tetes-daffiche-pour-un-scrutin-capital/ Thu, 23 Jul 2026 14:41:01 +0000 https://lnt.ma/?p=553791 Le Maroc s’apprête à vivre un rendez-vous électoral majeur. Le 23 septembre 2026, plus de trente millions d’électeurs seront appelés aux urnes pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants, à l’issue d’une campagne qui débutera le 10 septembre. Un scrutin qui intervient dans un contexte particulier, celui d’un Royaume engagé dans l’un […]

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Le Maroc s’apprête à vivre un rendez-vous électoral majeur. Le 23 septembre 2026, plus de trente millions d’électeurs seront appelés aux urnes pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants, à l’issue d’une campagne qui débutera le 10 septembre. Un scrutin qui intervient dans un contexte particulier, celui d’un Royaume engagé dans l’un des cycles d’investissement les plus intenses de son histoire récente, autoroutes, ligne à grande vitesse, nouveaux ports et aéroports, grands stades, à l’approche de la Coupe du monde 2030. Un chantier tentaculaire qui a valu au futur exécutif le surnom, déjà répandu dans les cercles politiques, de « gouvernement du Mondial ».

Compte tenu des enjeux économiques et sociaux de ces élections, les femmes et les hommes à la tête des principaux partis et qui incarneront cette bataille électorale, focalisent l’attention. Tour d’horizon des principales figures qui se disputeront la confiance des électeurs.

RNI : Mohamed Chaouki, un nouveau visage chargé de prolonger l’héritage d’Akhannouch

Le Rassemblement national des indépendants (RNI), principale formation de la majorité sortante, aborde ce scrutin sans son homme fort des dix dernières années. Après le retrait d’Aziz Akhannouch de la présidence du parti, dans le sillage de la CAN 2025 et des manifestations de la génération Z, c’est Mohamed Chaouki, jusqu’alors président du groupe parlementaire du parti à la Chambre des représentants, qui a repris les rênes de la Colombe. Élu comme candidat unique lors d’un congrès national extraordinaire tenu à El Jadida en février 2026, sa désignation a surpris le landerneau politique national, écartant sur le fil Mohamed Aujjar, considéré comme le sage et le vétéran du parti.

Peu connu du grand public malgré sa carrière politique et jusqu’ici en retrait des grands débats publiques pour l’opinion publique, Chaouki mise sur ce qu’il présente comme un « contrat citoyen », axé sur les préoccupations quotidiennes des Marocains. Sa mission est délicate, préserver l’ancrage électoral conquis en 2021 tout en désamorçant la contestation qui a marqué la fin du mandat Akhannouch. Il affirme miser sur la fidélité de l’électorat du parti pour l’emporter à nouveau.

PAM : Fatima Ezzahra El Mansouri, l’ambition d’une première

Pour le Parti authenticité et modernité (PAM), première force de la coalition gouvernementale aux côtés du RNI et de l’Istiqlal, l’heure des ambitions a sonné. À sa tête, Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale d’une direction collégiale tricéphale depuis février 2024, avocate de formation, ministre de l’Habitat depuis octobre 2021 et maire de Marrakech depuis 2009.

Elle affiche sa confiance dans la capacité du parti à répondre aux attentes des citoyens et à relever les grands défis à venir. Le PAM se positionne en concurrent direct du RNI et de l’Istiqlal, notamment dans des zones stratégiques comme le Sahara, le Rif ou le monde rural. Une victoire aux législatives de son parti pourrait créer un précédent unique pour le pays en faisant d’elle la première femme à accéder à la tête du gouvernement marocain.

Istiqlal : Nizar Baraka, l’allié qui joue sa propre carte

Au sein de l’Istiqlal, pilier historique de la coalition gouvernementale, Nizar Baraka reste une valeur sûre. Secrétaire général du parti depuis 2017, ministre de l’Équipement et de l’Eau depuis 2021, petit-fils du leader nationaliste Allal El Fassi, il a occupé par le passé les postes de ministre délégué aux Affaires économiques puis de ministre de l’Économie et des Finances, avant de présider le Conseil économique, social et environnemental de 2013 à 2018.

Sa stratégie tranche avec celle de ses partenaires de majorité, tout en participant à l’exécutif, il multiplie les critiques envers le bilan gouvernemental, pointant la cherté de la vie, le chômage et la corruption, et appelle à des mesures fortes contre l’inflation. Une posture d’opposant dans la majorité qui lui permet de se démarquer sans rompre l’alliance, à l’approche d’un scrutin où l’Istiqlal affiche de fortes ambitions.

PJD : Abdelilah Benkirane, la dernière bataille ?

Dans le camp de l’opposition, Abdelilah Benkirane demeure l’une des dernières grandes figures de l’islamisme politique marocain. Porté à la tête du gouvernement dans le sillage du Printemps arabe et de la Constitution de 2011, il a dirigé deux exécutifs de coalition marqués par des réformes économiques, dont celle de la Caisse de compensation. Rappelé à la tête du Parti de la justice et du développement (PJD) en octobre 2021 après la déroute électorale historique du parti la même année, il a depuis annoncé qu’il ne serait pas candidat lors du scrutin de septembre 2026, tout en restant très actif sur le terrain pour soutenir la campagne de sa formation.

L’enjeu pour Benkirane et le PJD est de taille, redonner au parti l’influence perdue après sa lourde défaite de 2021, dans ce qui pourrait constituer sa dernière tentative de peser sur la scène politique nationale.

USFP, PPS, MP : une opposition à plusieurs voix

Du côté des autres formations d’opposition, les stratégies diffèrent sensiblement. Driss Lachgar, tout juste réélu premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), mène une opposition discrète, cherchant avant tout à consolider le poids de son parti à la Chambre des représentants.

Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), adopte un ton plus offensif. Il dénonce un bilan gouvernemental marqué par des échecs multiples sur les plans économique, social et démocratique, une dépendance jugée excessive à la majorité numérique et une récurrence des conflits d’intérêts. Il présente le scrutin du 23 septembre comme un moment démocratique décisif pour ouvrir la voie à une alternative progressiste.

Enfin, Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire (MP) depuis novembre 2022, où il a succédé à la figure historique Mohand Laenser, partage cette posture critique à l’égard de l’exécutif sortant, tout en annonçant souhaiter concentrer l’action de son parti sur la défense du monde rural et le chantier de la régionalisation.

Une majorité sortante sous pression

À l’approche du 23 septembre, le paysage politique marocain se dessine ainsi autour d’une majorité sortante, RNI, PAM, Istiqlal, qui devra défendre un bilan controversé, face à une opposition emmenée par l’USFP, le PPS et le MP mais où le PJD entend également faire entendre sa voix. Entre changements de leadership, ambitions personnelles et défis économiques et sociaux hérités du mandat précédent, cette cartographie des forces en présence dessine les contours d’un scrutin dont l’issue conditionnera la conduite des grands chantiers structurants du Royaume, à quatre ans de la Coupe du monde 2030, mais aussi les réponses apportées aux aspirations de tous les Marocains.

Hassan Zaatit

 

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Jeunesse marocaine : Plus diplômée, mais toujours confrontée au défi de l’insertion https://lnt.ma/jeunesse-marocaine-plus-diplomee-mais-toujours-confrontee-au-defi-de-linsertion/ Thu, 23 Jul 2026 14:07:16 +0000 https://lnt.ma/?p=553787 En 2011, le Conseil économique et social (CES) alertait déjà sur un chômage des jeunes particulièrement élevé, une inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail, et un sentiment de découragement grandissant. Il appelait à faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale. Quinze ans plus tard, le pays s’est transformé et […]

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En 2011, le Conseil économique et social (CES) alertait déjà sur un chômage des jeunes particulièrement élevé, une inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail, et un sentiment de découragement grandissant. Il appelait à faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale.

Quinze ans plus tard, le pays s’est transformé et l’économie marocaine s’est diversifiée. Les universités accueillent plus d’un million d’étudiants, les jeunes femmes y sont désormais majoritaires, et des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables ou le numérique offrent de nouvelles perspectives, tandis que les chantiers liés à la Coupe du monde 2030 devraient générer des milliers d’emplois.

Pourtant, les difficultés qui frappaient la jeunesse au début des années 2010 restent largement d’actualité. Le chômage des jeunes demeure l’un des plus élevés du marché du travail, les diplômés peinent toujours à décrocher leur premier emploi, et près d’un jeune sur trois âgé de 15 à 29 ans se trouve en situation de NEET — ni en emploi, ni en études, ni en formation — selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Cette situation révèle des fragilités structurelles qui continuent d’entraver la transition entre l’école, l’université et le monde du travail.

Le dernier rapport du HCP sur les jeunes NEET et l’avis publié en 2023 par le CESE mettent en évidence une succession de ruptures dans le parcours de nombreux jeunes Marocains : abandon scolaire, difficultés d’insertion professionnelle, précarité de l’emploi ou sortie durable du marché du travail. Autant de phénomènes qui alimentent les inégalités sociales et territoriales et interrogent l’efficacité des politiques publiques consacrées à la jeunesse.

Ce constat met en lumière un paradoxe : jamais les jeunes Marocains n’ont été aussi nombreux à accéder à des qualifications élevées, mais jamais non plus la question de leur insertion économique n’a semblé aussi centrale pour la compétitivité du pays.

Au-delà de la création d’emplois, c’est la capacité du Maroc à transformer son capital humain en moteur durable de croissance qui est posée.

Une jeunesse plus nombreuse, mais dont le poids démographique s’érode

Si les jeunes restent au cœur des enjeux économiques et sociaux du Royaume, leur place dans la structure démographique évolue.

Selon les projections du HCP reprises par le CESE, les 15-24 ans représentent aujourd’hui environ 16 % de la population marocaine. Leur nombre devrait atteindre près de 6,3 millions à l’horizon 2030, contre un peu plus de 6 millions en 2014, même si leur poids relatif diminue sous l’effet de la transition démographique.

Ce phénomène confère une valeur d’autant plus stratégique à leur capital humain : à mesure que leur part dans la population baisse, leur insertion économique devient un enjeu majeur de productivité et de compétitivité.

Or, c’est précisément sur ce terrain que les indicateurs demeurent préoccupants.

Le CESE rappelle que le taux d’activité des 15-24 ans reste particulièrement faible, notamment chez les femmes et les diplômés du supérieur, tandis que le chômage de cette tranche d’âge dépasse largement la moyenne nationale, le phénomène NEET en étant l’une des principales manifestations.

Des universités qui n’ont jamais accueilli autant d’étudiants

Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que le Maroc a profondément transformé son enseignement supérieur.

Les universités publiques accueillent aujourd’hui plus de 1,1 million d’étudiants, dont une majorité de femmes, et les diplômés sont chaque année plus nombreux. Un signe de démocratisation de l’université et d’élévation générale du niveau de qualification.

Mais cette massification fait émerger un nouveau défi : celui de la valorisation économique de ces compétences.

Le CES observait déjà en 2011 que le chômage frappait davantage les diplômés que les autres catégories, et que les formations ne répondaient pas toujours aux besoins des entreprises.

Quinze ans plus tard, ce diagnostic reste largement pertinent : les secteurs qui tirent aujourd’hui la croissance — automobile, aéronautique, énergies renouvelables, numérique — recherchent des compétences de plus en plus spécialisées, alors qu’une partie importante des diplômés est issue de filières généralistes aux débouchés plus limités.

Cette situation alimente un phénomène de déclassement, certains jeunes diplômés acceptant des emplois inférieurs à leur qualification, d’autres prolongeant leur recherche ou reprenant leurs études.

Le premier emploi, véritable point de rupture

Les données du HCP montrent que la principale difficulté ne réside pas dans l’accès aux études, mais dans la transition vers le marché du travail.

Le chômage des 15-24 ans dépasse désormais 37 %, soit près de trois fois le taux national. Chez les diplômés, il avoisine 20 %, confirmant qu’un diplôme ne garantit plus une insertion rapide.

Le CESE identifie cette transition entre système éducatif et marché du travail comme la deuxième grande rupture du parcours des jeunes, marquée par les difficultés d’accès au premier emploi et l’inadéquation persistante entre compétences acquises et besoins des entreprises.

Une inadéquation qui traduit surtout la rapidité avec laquelle évoluent ces besoins, sous l’effet de la digitalisation, de l’intelligence artificielle ou de la transition énergétique.

Elle interroge aussi le système d’orientation et les passerelles entre universités, entreprises et formation professionnelle, un rapprochement déjà réclamé par le CES en 2011.

Mais le chômage ne constitue que la partie visible de l’iceberg : une fraction importante de la jeunesse échappe désormais aux indicateurs traditionnels de l’emploi, à travers le phénomène des jeunes NEET. Une réalité plus diffuse, mais tout aussi préoccupante.

Les NEET, un indicateur qui révèle une exclusion plus profonde

Longtemps, le chômage a constitué le principal indicateur des difficultés rencontrées par les jeunes.

Il ne reflète pourtant qu’une partie de la réalité : un nombre important de jeunes n’apparaissent dans aucune statistique du marché du travail, simplement parce qu’ils ne recherchent plus activement un emploi.

C’est pour mieux appréhender cette situation que les institutions internationales ont adopté le concept de NEET (Not in Employment, Education or Training).

Le Maroc utilise cet indicateur depuis plusieurs années.

Selon les données reprises par le CESE, près de 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient concernés en 2022, soit un jeune sur quatre. En retenant la tranche des 15-29 ans utilisée par le HCP dans sa dernière étude, la proportion approche désormais un jeune sur trois.

Au-delà du chiffre, le concept permet surtout de saisir la diversité des situations vécues : chômage, sortie du système éducatif, renoncement à chercher un emploi ou interruption d’activité pour des raisons familiales, sociales ou de santé.

Une lecture plus complète, selon le CESE, que le seul taux de chômage.

Trois ruptures qui façonnent les trajectoires des jeunes

L’avis du CESE identifie trois grandes ruptures qui conduisent progressivement une partie de la jeunesse vers l’exclusion économique.

La première intervient dès la scolarité : chaque année, plus de 331 000 élèves quittent prématurément l’école, surtout entre le primaire et le collège, pour des raisons multiples — difficultés scolaires, éloignement géographique, contraintes économiques et sociales.

En milieu rural, l’absence de transport scolaire ou le mariage précoce des jeunes filles continuent d’alimenter ce phénomène.

Plus le niveau d’études est faible, plus le risque d’intégrer durablement la catégorie des NEET augmente.

La deuxième rupture survient à l’entrée sur le marché du travail : les primo-demandeurs représentent près de six chômeurs sur dix, signe que le premier emploi demeure le principal obstacle à franchir, entre inadéquation des formations, insuffisance des services d’accompagnement, manque d’expérience et discriminations liées au genre.

La troisième rupture intervient après l’entrée dans la vie active : contrats précaires, faibles rémunérations, fragilité des très petites entreprises ou ralentissements conjoncturels conduisent une partie des jeunes à alterner emploi, chômage et inactivité, entretenant une instabilité professionnelle qui peut mener au découragement.

Des fractures sociales et territoriales toujours aussi marquées

Le rapport met en évidence de profondes disparités selon le sexe, le territoire et le niveau d’instruction.

Les jeunes femmes représentent près de 73 % des NEET. Leur taux atteint près de 39 %, contre 13,6 % chez les hommes, un écart qui s’accentue en milieu rural, où plus de six jeunes femmes sur dix appartiennent à cette catégorie.

Le faible niveau d’éducation est également déterminant : environ 40 % des jeunes NEET n’ont pas dépassé le niveau primaire ou collège, contre seulement 8 % titulaires d’un diplôme du supérieur.

Chaque année de scolarité inachevée augmente ainsi le risque de basculer dans cette situation.

Pour les auteurs du rapport, ces chiffres montrent que les politiques publiques ne peuvent plus se limiter à une approche uniforme de la jeunesse.

Les besoins d’une jeune femme rurale ayant quitté précocement l’école diffèrent profondément de ceux d’un diplômé urbain en recherche de son premier emploi.

C’est cette diversité qui conduit le CESE à distinguer plusieurs profils de jeunes NEET : femmes rurales assumant des responsabilités familiales, jeunes urbains découragés, jeunes en transition entre plusieurs emplois, jeunes en inactivité temporaire ou parcours marqués par la maladie ou le handicap.

Loin d’être homogène, la jeunesse marocaine est ainsi traversée par des réalités multiples, qui appellent des réponses différenciées et davantage adaptées aux contextes locaux.

SB

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Le Maroc du Mondial : Des infrastructures pensées au-delà de 2030 https://lnt.ma/le-maroc-du-mondial-des-infrastructures-pensees-au-dela-de-2030/ Thu, 23 Jul 2026 13:34:27 +0000 https://lnt.ma/?p=553784 À l’approche de la Coupe du monde 2030, le Maroc accélère la modernisation de ses infrastructures. Des lignes ferroviaires aux aéroports, en passant par les routes, les stades et les équipements touristiques, les projets se multiplient à travers le pays. Si ces investissements répondent aux exigences liées à l’organisation du Mondial, ils s’inscrivent aussi dans […]

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À l’approche de la Coupe du monde 2030, le Maroc accélère la modernisation de ses infrastructures.

Des lignes ferroviaires aux aéroports, en passant par les routes, les stades et les équipements touristiques, les projets se multiplient à travers le pays.

Si ces investissements répondent aux exigences liées à l’organisation du Mondial, ils s’inscrivent aussi dans une ambition plus large : améliorer la connectivité du territoire, renforcer son attractivité et soutenir son développement économique.

Ce programme touche plusieurs secteurs stratégiques, de la mobilité aux équipements sportifs, en passant par le tourisme.

Selon la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, plus de 190 milliards de dirhams seront mobilisés dans le cadre des préparatifs du Mondial 2030.

L’objectif affiché est de faire de la Coupe du monde un levier de transformation durable, au-delà de l’événement lui-même.

Le ferroviaire constitue l’un des piliers de cette stratégie.

Le prolongement de la ligne à grande vitesse Al Boraq entre Kénitra et Marrakech représente aujourd’hui le chantier majeur de l’Office national des chemins de fer (ONCF).

D’une longueur d’environ 430 kilomètres, le projet nécessite un investissement de 53 milliards de dirhams et s’intègre dans un programme ferroviaire global estimé à 96 milliards de dirhams, qui comprend également l’acquisition de nouveaux trains et le développement de réseaux express régionaux (RER).

Au-delà du gain de temps pour les voyageurs, cette nouvelle liaison doit renforcer les connexions entre plusieurs pôles économiques et touristiques du Royaume.

Elle permettra notamment de relier les principales villes appelées à accueillir des matchs du Mondial, tout en assurant une meilleure desserte de l’aéroport Mohammed V et du futur Grand Stade Hassan II de Benslimane.

Le calendrier reste toutefois un enjeu majeur, la mise en service étant prévue avant le coup d’envoi de la compétition.

En parallèle, le développement de réseaux express régionaux (RER) autour de Casablanca, Rabat et Marrakech vise à améliorer les déplacements quotidiens des habitants, dans l’objectif de faire de ces investissements un héritage durable bien au-delà de la compétition.

Le transport aérien fait également l’objet d’un vaste programme de transformation.

À travers sa stratégie « Aéroports 2030 », l’Office national des aéroports (ONDA) prévoit de porter la capacité aéroportuaire nationale de 38 à 80 millions de passagers par an, afin d’accompagner la croissance du trafic et les ambitions touristiques du pays.

Le projet le plus important concerne l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

Un nouveau terminal, intégré au futur dispositif ferroviaire à grande vitesse, doit permettre d’augmenter considérablement ses capacités et de renforcer son rôle de plateforme internationale entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques.

D’autres aéroports, notamment ceux de Marrakech, Agadir, Tanger, Fès et Rabat-Salé, font également l’objet de programmes d’extension.

En juillet 2025, le gouvernement et l’ONDA ont signé un protocole d’investissement de 38 milliards de dirhams pour accompagner cette montée en puissance du réseau aéroportuaire.

Les stades, entre vitrine internationale et héritage

Les infrastructures sportives concentrent une grande partie de l’attention.

Le futur Grand Stade Hassan II de Benslimane, annoncé avec une capacité de 115 000 places, constitue le projet phare de la candidature marocaine et figure parmi les enceintes susceptibles d’accueillir les grandes affiches de la compétition.

Parallèlement, plusieurs stades existants ont fait l’objet de rénovations ou d’extensions à Rabat, Tanger, Marrakech, Fès, Agadir et Casablanca.

Certaines de ces enceintes ont déjà accueilli des compétitions internationales, notamment lors de la Coupe d’Afrique des nations, offrant un premier test avant le rendez-vous mondial.

Cependant, la question de leur utilisation après 2030 reste centrale.

L’expérience de précédents pays organisateurs montre que la pérennité de ces équipements dépendra de leur capacité à accueillir régulièrement des événements sportifs, culturels ou économiques, afin d’éviter qu’ils ne deviennent des infrastructures sous-exploitées après la compétition.

L’héritage du Mondial ne se jouera pas uniquement dans les grands ouvrages.

La capacité du Maroc à accueillir les visiteurs reposera aussi sur la qualité des services proposés.

Le secteur touristique doit ainsi accompagner la hausse attendue de la fréquentation à travers le développement de nouvelles capacités d’hébergement et le renforcement des compétences.

Le Royaume prévoit la création de 60 000 lits supplémentaires d’ici 2030, après avoir déjà augmenté son offre de 45 000 lits au cours des quatre dernières années.

L’objectif est d’atteindre une capacité nationale dépassant les 300 000 lits et d’accueillir jusqu’à 26 millions de touristes par an à l’horizon 2030, contre près de 20 millions en 2025.

En plus des infrastructures hôtelières, les pouvoirs publics mettent l’accent sur la formation aux métiers de l’accueil, l’amélioration de la mobilité, le développement des liaisons aériennes et la qualité de l’expérience proposée aux visiteurs.

Des investissements moins visibles que les grands chantiers, mais qui seront déterminants pour transformer l’événement sportif en bénéfices durables pour le territoire.

Asmaa Loudni

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Protection sociale : Après la généralisation, le défi de l’accès aux soins https://lnt.ma/protection-sociale-apres-la-generalisation-le-defi-de-lacces-aux-soins/ Thu, 23 Jul 2026 13:24:43 +0000 https://lnt.ma/?p=553780 Près de 88 % de la population marocaine est désormais couverte par l’Assurance maladie obligatoire (AMO), selon les données du gouvernement. Cela représente environ 32 millions de personnes, contre 42 % en 2020. Pourtant, près d’un tiers des Marocains ne bénéficie toujours pas d’une prise en charge sanitaire effective, relève la Cour des comptes. Entre […]

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Près de 88 % de la population marocaine est désormais couverte par l’Assurance maladie obligatoire (AMO), selon les données du gouvernement. Cela représente environ 32 millions de personnes, contre 42 % en 2020.

Pourtant, près d’un tiers des Marocains ne bénéficie toujours pas d’une prise en charge sanitaire effective, relève la Cour des comptes.

Entre la généralisation de l’affiliation et l’accès réel aux soins, un écart persiste. C’est désormais sur ce terrain que se joue la réussite de la réforme de la protection sociale.

Lancée en 2021, la généralisation de la protection sociale repose aujourd’hui sur plusieurs régimes : l’AMO des salariés, l’AMO Tadamon, qui a remplacé le RAMED pour les ménages les plus vulnérables, l’AMO des travailleurs non salariés ainsi que l’AMO Achamil, destiné aux personnes non salariées disposant d’une capacité contributive.

À lui seul, AMO Tadamon couvre plus de 11 millions de bénéficiaires, soit près de 4 millions de familles, les cotisations étant prises en charge par l’État.

L’autre pilier de la réforme est le programme d’aide sociale directe.

Lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement tenu en début d’année, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a indiqué que le dispositif bénéficie désormais à 3,9 millions de familles.

Pour accompagner l’ensemble du chantier de généralisation de la protection sociale, 41,5 milliards de dirhams sont mobilisés dans le budget de l’État au titre de l’année 2026.

Ces résultats témoignent de la montée en puissance rapide du dispositif. Ils ne suffisent toutefois pas à mesurer son impact réel.

Dans son rapport annuel 2024-2025, la Cour des comptes invite ainsi à distinguer l’affiliation administrative de l’accès effectif aux prestations.

Si près de 32 millions de personnes sont inscrites à un régime d’assurance maladie, plus de 4 millions restent encore en dehors du système.

Surtout, la Cour estime qu’environ 30,4 % de la population, soit près de 11 millions de personnes, ne disposent pas d’une prise en charge sanitaire effective, soit parce qu’elles ne sont pas inscrites, soit parce que leurs droits sont suspendus ou fermés.

Autrement dit, l’inscription à un régime ne garantit pas systématiquement l’accès aux soins.

Au-delà de cet enjeu administratif, le principal défi porte désormais sur la capacité du système de santé à répondre à une demande en forte progression.

L’élargissement de l’AMO a mécaniquement augmenté le nombre de personnes susceptibles de recourir aux soins, accentuant la pression sur les établissements et les professionnels du secteur.

Les priorités annoncées par le ministère de la Santé s’inscrivent dans cette logique, avec un accent particulier mis sur la gouvernance hospitalière, la planification territoriale de l’offre de soins et le renforcement des ressources humaines médicales et paramédicales.

Dans un avis adopté en octobre 2024, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) souligne que la réussite de la généralisation de l’AMO dépend désormais du renforcement des capacités du système de soins, de la modernisation des infrastructures et de la réduction des disparités territoriales.

La répartition territoriale des structures sanitaires reste en effet un enjeu majeur.

Le CESE relève que l’offre de soins demeure fortement concentrée dans cinq régions : Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Marrakech-Safi.

Ces territoires regroupent 64 % des établissements hospitaliers et structures d’appui au réseau hospitalier, ainsi que 79 % des cliniques privées et 82 % des lits d’hospitalisation privée, selon l’institution.

La Cour des comptes rejoint ce constat.

Elle relève notamment que la majorité des dépenses liées à l’AMO Tadamon est réalisée dans le secteur privé, ce qui témoigne des difficultés persistantes du secteur public à absorber l’augmentation du nombre de bénéficiaires.

Elle alerte également sur la progression rapide des dépenses de santé, supérieure à celle des ressources des régimes d’assurance maladie, soulevant des enjeux de soutenabilité financière à moyen terme.

La réforme devrait franchir une nouvelle étape en 2027 avec l’entrée en vigueur de la loi n° 54-23.

Celle-ci prévoit notamment le transfert de la gestion de l’AMO des fonctionnaires de la CNOPS vers la CNSS, qui deviendra l’unique gestionnaire de l’assurance maladie obligatoire de base.

Cette évolution vise à harmoniser la gestion des différents régimes et à renforcer la convergence du système autour d’un même opérateur.

Le texte prévoit également d’étendre de 26 à 30 ans l’âge limite des enfants pouvant être rattachés à leurs parents en tant qu’ayants droit, élargissant ainsi la durée de prise en charge des jeunes concernés.

Asmaa Loudni

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Passage à la S.A., donner aux Offices les moyens de leurs ambitions https://lnt.ma/passage-a-la-s-a-donner-aux-offices-les-moyens-de-leurs-ambitions/ Thu, 23 Jul 2026 13:21:38 +0000 https://lnt.ma/?p=553774 Face au mur d’investissement des chantiers de la décennie, l’État ne peut plus être le financeur unique de ses entreprises. La transformation des offices en sociétés anonymes, engagée par la loi-cadre n° 50-21, n’est pas une privatisation déguisée. C’est le changement de statut qui conditionne l’accès aux marchés de capitaux, à l’ingénierie financière et aux […]

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Face au mur d’investissement des chantiers de la décennie, l’État ne peut plus être le financeur unique de ses entreprises.

La transformation des offices en sociétés anonymes, engagée par la loi-cadre n° 50-21, n’est pas une privatisation déguisée. C’est le changement de statut qui conditionne l’accès aux marchés de capitaux, à l’ingénierie financière et aux standards de gouvernance dont ces opérateurs ont désormais besoin.

Le 26 février 2008, une loi votée par le Parlement, la loi n° 46-07, mettait fin à quatre-vingt-huit ans d’existence de l’Office chérifien des phosphates sous statut d’établissement public.

L’Office devenait OCP S.A., société anonyme au capital de 7,8 milliards de dirhams.

Onze mois plus tard, un nouvel actionnaire institutionnel entrait au tour de table : la Banque centrale populaire souscrivait à une augmentation de capital de 5 milliards de dirhams, prenant 5,88 % du capital.

Six ans après, le groupe levait 1,85 milliard de dollars sur le marché obligataire international, coté à Dublin et noté par Fitch et Standard & Poor’s, puis un milliard de dollars supplémentaires en 2015.

Aucune de ces opérations n’aurait été juridiquement concevable sous statut d’office.

Le statut ne fait pas la performance, mais il en fixe les limites.

L’histoire de l’OCP est celle d’un opérateur public dont l’ambition industrielle — devenir le premier acteur mondial de la nutrition des sols — excédait de très loin ce que le budget de l’État pouvait porter, et qui a trouvé dans la société anonyme le véhicule de son financement, de sa gouvernance et de sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux.

C’est très exactement le raisonnement que le Maroc applique aujourd’hui à l’échelle de l’ensemble de son portefeuille public marchand.

Le mur d’investissement

Les chiffres disent l’ampleur du basculement.

Le programme ferroviaire lancé en avril 2025 mobilise 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030 : 53 milliards pour la ligne à grande vitesse Kénitra-Marrakech, 29 milliards pour l’acquisition de 168 trains de nouvelle génération et 14 milliards pour le maintien de la performance du réseau et le développement de trois réseaux métropolitains à Casablanca, Rabat et Marrakech.

Le seul prolongement vers Agadir est estimé à 55 milliards de dirhams supplémentaires, dont le financement se cherche aujourd’hui à l’international.

Dans l’aérien, la stratégie « Aéroports 2030 » porte sur 38 milliards de dirhams : 25 milliards pour l’augmentation des capacités, avec le nouveau terminal en mode hub et la nouvelle piste à Mohammed V, ainsi que les extensions à Marrakech, Agadir, Tanger et Fès, et 13 milliards pour la maintenance, la modernisation et le foncier.

L’objectif est aussi ambitieux que coûteux : passer d’une capacité d’accueil de 34 millions à 80 millions de passagers par an.

Rapportés aux comptes des opérateurs concernés, ces montants donnent le vertige.

L’Office national des aéroports a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 5,8 milliards de dirhams et un résultat net de 1,3 milliard. Il doit engager, sur cinq ans, l’équivalent de sept fois son chiffre d’affaires annuel.

L’Office national des chemins de fer, dont le chiffre d’affaires 2025 dépasse 5 milliards de dirhams, prévoit près de 23 milliards de dirhams d’investissements pour la seule année 2026.

Si l’on y ajoute les ports, l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation et la protection sociale généralisée, aucune trajectoire budgétaire soutenable ne permet à l’État d’être, seul, le bailleur de fonds de tous ces chantiers.

Le Trésor ne peut ni tout doter en capital ni tout garantir sans dégrader sa propre signature.

Une réforme conçue pour cela

C’est le sens de la réforme lancée après le Discours du Trône de juillet 2020 et traduite, un an plus tard, dans deux textes promulgués le même jour : la loi-cadre n° 50-21 relative à la réforme des établissements et entreprises publics et la loi n° 82-20 créant l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), qui pilote aujourd’hui un périmètre de cinquante-sept entités.

La loi-cadre pose un principe simple : les établissements publics qui exercent une activité marchande doivent être transformés en sociétés anonymes à conseil d’administration, afin d’améliorer leur gouvernance et de les orienter vers le marché financier.

Le délai fixé par le législateur expire d’ailleurs le 26 juillet 2026.

Le mouvement est enclenché.

L’ONHYM a ouvert la marche avec la loi n° 56.24, adoptée par la Chambre des représentants en février, puis définitivement par la Chambre des conseillers. Elle a été promulguée par le dahir du 2 juin 2026 et publiée au Bulletin officiel.

L’Office national des hydrocarbures et des mines devient une société anonyme régie par la loi n° 17-95, au capital initial intégralement souscrit par l’État.

Dans la foulée, le Parlement a entériné la loi n° 34.25 transformant l’Agence nationale des ports en « Ports du Maroc S.A. », avec un capital entièrement public et un conseil d’administration doté d’administrateurs indépendants.

Le projet de loi n° 06.25 portant transformation de l’Office national des aéroports est dans le circuit gouvernemental, tandis que celui du Laboratoire officiel d’analyses et de recherches chimiques a été adopté en Conseil de gouvernement le 9 juillet.

Le Fonds d’équipement communal, l’OMPIC, la MAP et l’Office national des pêches figurent dans le premier groupe arrêté par l’ANGSPE.

Quant au rail, sa société anonyme existe déjà dans les textes, puisque la loi n° 52-03 prévoit, depuis 2003, la création d’une Société marocaine des chemins de fer, substituée à l’Office et liée à l’État par une convention de concession de cinquante ans.

Ce que le statut de société anonyme débloque

Que change concrètement le passage à la société anonyme ?

Trois choses, indissociables.

Le financement, d’abord.

Une société anonyme dispose de la pleine capacité juridique pour mener des opérations civiles, commerciales, industrielles et financières, créer des filiales, prendre des participations au Maroc comme à l’étranger et émettre sur le marché des capitaux.

Elle peut porter des véhicules dédiés, accueillir des co-investisseurs et adosser un financement à un actif plutôt qu’à la garantie de l’État.

Le protocole signé entre le gouvernement et l’ONDA en juillet 2025 en offre l’illustration la plus aboutie.

Le montage repose sur une titrisation des redevances aéroportuaires, sans garantie de l’État, destinée à injecter 5 milliards de dirhams directement dans les fonds propres de l’Office et à renforcer ainsi sa capacité à lever des financements externes.

La logique est rigoureusement celle des OPCI et des opérations de cession-bail qui, depuis trois ans, mobilisent l’épargne institutionnelle marocaine au profit du financement public.

Il s’agit de transformer un actif dormant, comme un patrimoine immobilier ou un flux de redevances, en fonds propres, sans appel au Trésor.

La gouvernance, ensuite.

Le passage en société anonyme impose un conseil d’administration ouvert à des administrateurs indépendants, une direction générale responsable devant lui, des comptes consolidés et certifiés, ainsi qu’une reddition des comptes calibrée sur les standards internationaux.

Un émetteur qui se présente devant le marché, obligataire ou actions, accepte par construction une discipline que le contrôle a priori de l’établissement public n’imposait pas.

La notation devient un juge de paix et la transparence une condition d’accès à la ressource, et non uniquement une exigence morale.

La transformation, enfin.

Changer de statut, c’est aussi clarifier ce que l’entreprise fait pour son compte et ce qu’elle fait pour celui de l’État, distinguer l’activité concurrentielle de la mission d’intérêt général et faire porter chacune par le bon instrument.

C’est le préalable à toute contractualisation sérieuse entre l’État actionnaire et son opérateur.

Ni bradage, ni renoncement

Reste le procès en privatisation, réactivé à chaque nouveau texte et qui ne résiste pas à la lecture des lois votées.

Pour l’ONHYM, le capital initial est souscrit en totalité par l’État.

Son ouverture progressive à des investisseurs privés, marocains ou étrangers, demeure une faculté, l’État conservant la majorité des droits de vote.

Pour Ports du Maroc S.A., le capital reste intégralement public.

Le précédent de 2008 est éclairant : dix-huit ans après sa transformation, l’OCP demeure détenu à plus de 94 % par l’État marocain et sa qualité de crédit reste, aux yeux des agences, indissociable de celle du Royaume.

Pour l’État marocain, ouvrir un capital n’est pas s’en dessaisir. C’est se donner la faculté de mobiliser d’autres bilans que celui du Trésor.

Le véritable enjeu réside, en réalité, dans la capacité des opérateurs publics à tenir, dans les cinq années à venir, un rythme d’exécution auquel rien dans leur histoire administrative ne les préparait.

La Coupe du monde 2030 n’est pas un horizon, c’est une échéance.

Les terminaux, les lignes, les gares et les pistes devront être opérationnels avant l’été 2030, sans dérogation possible.

Le passage à la société anonyme ne garantit ni le respect des délais ni la qualité des investissements.

Il lève simplement le principal obstacle structurel : celui d’entreprises publiques sommées de bâtir un pays du XXIe siècle avec les instruments financiers du XXe.

Reste à l’État actionnaire à jouer pleinement son rôle.

Car il ne s’agit pas de moins d’État, mais d’un État autrement présent : moins tutélaire, plus stratège, exigeant sur la performance et la transparence, et suffisamment sûr de lui pour laisser ses entreprises aller chercher, sur le marché, les moyens de leurs ambitions.

Zouhair Yata

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Le Maroc et ses partenaires financiers : Comment les soutiens internationaux ont changé de nature https://lnt.ma/le-maroc-et-ses-partenaires-financiers-comment-les-soutiens-internationaux-ont-change-de-nature/ Thu, 23 Jul 2026 13:15:05 +0000 https://lnt.ma/?p=553771 Durant la dernière décennie, le paysage des financements internationaux mobilisés au profit du Maroc s’est profondément transformé. Si les prêts souverains demeurent le principal levier utilisé par les grandes institutions financières internationales, leur palette d’intervention s’est considérablement enrichie. Garanties destinées à attirer les investisseurs privés, financements climatiques, lignes de précaution, prêts liés aux résultats, assistance […]

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Durant la dernière décennie, le paysage des financements internationaux mobilisés au profit du Maroc s’est profondément transformé.

Si les prêts souverains demeurent le principal levier utilisé par les grandes institutions financières internationales, leur palette d’intervention s’est considérablement enrichie.

Garanties destinées à attirer les investisseurs privés, financements climatiques, lignes de précaution, prêts liés aux résultats, assistance technique ou encore financements mixtes : les bailleurs internationaux disposent aujourd’hui d’une véritable boîte à outils financière.

Cette évolution vise à accompagner les mutations de l’économie marocaine. Les grands projets d’infrastructures ne constituent plus l’unique priorité. La résilience face aux crises, la transition énergétique, la gestion du stress hydrique, la généralisation de la protection sociale ou encore la mobilisation du secteur privé sont devenues les nouveaux axes d’intervention, venant appuyer l’État marocain dans de nombreux chantiers prioritaires.

Des interventions de plus en plus diversifiées

Contrairement à une idée répandue, toutes les annonces financières des institutions internationales ne correspondent pas à des prêts directement versés au Trésor marocain.

En effet, les mécanismes mobilisés sont multiples, même si les prêts souverains restent les plus connus.

Accordés directement à l’État, ceux-ci financent des infrastructures, des politiques publiques ou des programmes de réformes. Ils représentent l’essentiel des interventions de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD) ou encore de la Banque européenne d’investissement (BEI).

À côté de ces financements classiques se développent les prêts destinés directement au secteur privé, les lignes de crédit ouvertes aux banques marocaines pour financer les PME, les garanties permettant de sécuriser les investisseurs, ainsi que des dons destinés principalement aux études, à l’assistance technique ou aux composantes environnementales des projets.

Cette diversification répond à une logique simple : utiliser les ressources publiques internationales pour attirer davantage de capitaux privés.

Le FMI, garant de la stabilité macroéconomique

Le Fonds monétaire international occupe une place particulière parmi les partenaires du Maroc.

Contrairement aux banques de développement, le FMI ne finance généralement ni routes, ni écoles, ni barrages. Son rôle consiste essentiellement à préserver la stabilité macroéconomique du pays.

Au cours de la décennie, le Maroc a ainsi bénéficié de plusieurs lignes de précaution destinées à servir de filet de sécurité en cas de choc extérieur.

L’une d’elles, d’un montant d’environ 3 milliards de dollars, a été entièrement mobilisée en 2020, au plus fort de la crise sanitaire, afin de préserver les réserves de change et de soutenir l’économie.

Depuis 2023, le partenariat avec le FMI s’est enrichi d’une nouvelle dimension avec la Facilité pour la résilience et la durabilité, consacrée aux enjeux climatiques.

Cette enveloppe de près de 1,3 milliard de dollars accompagne notamment les réformes liées à la gestion de l’eau, à la transition énergétique et à l’adaptation au changement climatique.

Parallèlement, le Maroc dispose depuis 2025 d’une nouvelle Ligne de crédit modulable de 4,5 milliards de dollars.

Celle-ci constitue avant tout une assurance financière et n’a pas vocation à être utilisée, sauf en cas de crise majeure.

La Banque mondiale accompagne les grandes réformes

Au fil des années, la Banque mondiale a progressivement déplacé le centre de gravité de ses interventions.

Alors que les infrastructures occupaient historiquement une place importante, les nouveaux financements concernent davantage les politiques publiques.

La généralisation de la protection sociale, la réforme de la santé, l’amélioration du système éducatif, la transformation numérique de l’administration, la gestion des risques climatiques ou encore le renforcement du capital humain figurent désormais parmi les principaux domaines d’intervention.

La Banque mondiale utilise également de plus en plus les « programmes pour les résultats », un mécanisme dans lequel les décaissements sont conditionnés à l’atteinte d’objectifs précis plutôt qu’à la simple réalisation de dépenses.

Cette approche vise à renforcer l’efficacité des politiques publiques tout en améliorant le suivi des réformes engagées.

La BAD renforce son rôle dans les infrastructures et la résilience

La Banque africaine de développement demeure l’un des principaux partenaires historiques du Royaume.

Ses financements couvrent un large éventail de secteurs : eau, énergie, transport ferroviaire, agriculture, gouvernance, emploi ou encore compétitivité des entreprises.

Là aussi, les instruments évoluent, puisque la BAD recourt désormais davantage aux garanties afin de faciliter la mobilisation de financements privés.

Fin 2025, elle a ainsi approuvé une garantie de 450 millions d’euros permettant au groupe OCP de lever plus de 530 millions d’euros pour son programme d’investissements verts.

Cette évolution illustre une tendance de fond : les institutions financières cherchent moins à financer seules les projets qu’à créer les conditions permettant aux investisseurs privés d’intervenir.

La BEI change d’échelle

S’il est un partenaire dont la montée en puissance est particulièrement visible, c’est bien la Banque européenne d’investissement.

Longtemps considérée comme un bailleur essentiellement dédié aux infrastructures, la banque de l’Union européenne est aujourd’hui devenue l’un des principaux financeurs du développement marocain.

Entre 2014 et 2024, ses financements ont atteint en moyenne près de 410 millions d’euros par an.

Mais, depuis trois ans, la progression est spectaculaire.

Après 320 millions d’euros de nouveaux financements en 2023, la BEI est passée à environ 500 millions d’euros en 2024, avant d’atteindre près de 740 millions d’euros de nouveaux engagements en 2025, un niveau inédit depuis plus d’une décennie.

Cette accélération traduit une évolution stratégique du partenariat entre Rabat et la banque européenne.

La BEI ne se limite plus au financement des routes ou des réseaux de transport. Ses interventions couvrent désormais les PME, l’industrie, les énergies renouvelables, la santé, l’éducation, la gestion de l’eau, les infrastructures urbaines ainsi que les projets liés à la résilience climatique.

Ainsi, près de 40 % des financements mobilisés au cours de la dernière décennie ont bénéficié aux entreprises et au secteur industriel, tandis que les transports, l’énergie et les projets liés à l’eau représentent également une part importante du portefeuille.

Cette diversification accompagne les priorités européennes en matière de transition écologique et de développement durable.

Le financement mixte prend de l’ampleur

L’une des principales évolutions concerne le recours croissant au financement mixte.

Concrètement, la BEI associe désormais ses prêts à des subventions de l’Union européenne, à des garanties ou à des dispositifs d’assistance technique.

Ce montage permet de financer des composantes qui seraient difficilement rentables pour un investisseur classique, notamment les volets environnementaux, sociaux ou climatiques.

Un exemple récent concerne les nouveaux investissements ferroviaires annoncés en 2026.

À un prêt de plusieurs centaines de millions d’euros s’ajoute un don européen destiné à renforcer la résilience climatique des infrastructures.

Cette logique permet de réduire le coût global des projets tout en améliorant leur impact environnemental.

Le séisme d’Al Haouz, un tournant dans le partenariat

Le séisme d’Al Haouz a constitué un tournant dans le partenariat entre le Maroc et la BEI.

La banque européenne a mobilisé un milliard d’euros destiné à accompagner la reconstruction des infrastructures publiques, notamment les routes, les écoles et les établissements de santé.

Une seconde tranche de 500 millions d’euros a été annoncée en 2026 afin de poursuivre les travaux dans les provinces sinistrées.

Ces financements s’inscrivent dans une logique de reconstruction durable, intégrant des normes renforcées en matière de résistance sismique et d’efficacité énergétique.

Le secteur privé davantage mobilisé

L’autre évolution majeure de la décennie réside dans la place grandissante accordée au secteur privé.

L’International Finance Corporation (IFC), filiale du Groupe Banque mondiale, finance directement les entreprises marocaines, les établissements bancaires et les projets industriels, sans passer par le budget de l’État.

De son côté, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) suit une logique comparable.

Présente au Maroc depuis 2012, elle a porté ses investissements annuels à près de 900 millions d’euros en 2025, dont plus de 80 % relèvent de projets qualifiés de « verts ».

Ses financements concernent notamment l’ONEE, les projets de gestion durable de l’eau, les banques ou encore les investissements liés à la transition énergétique.

La BERD combine elle aussi prêts, dons, assistance technique et garanties afin de renforcer l’effet de levier de ses interventions.

Les garanties, un levier de plus en plus utilisé

Si les prêts restent dominants, les garanties constituent probablement l’instrument dont la progression est la plus marquée.

Contrairement à un prêt, une garantie ne correspond pas à un versement d’argent. Elle permet de couvrir certains risques supportés par les investisseurs ou les banques, facilitant ainsi l’obtention de financements sur les marchés.

La MIGA, agence du Groupe Banque mondiale spécialisée dans les garanties contre les risques politiques, a notamment accompagné plusieurs projets stratégiques au Maroc, parmi lesquels l’extension du complexe portuaire Tanger Med ou encore le développement du campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique.

Ces mécanismes permettent au Royaume d’attirer des capitaux privés à des conditions plus favorables.

Trois évolutions majeures

In fine, les interventions des principales institutions internationales laissent apparaître trois grandes évolutions.

La première est le passage d’un financement centré sur les infrastructures à un accompagnement plus global des réformes économiques, sociales et institutionnelles.

La deuxième est la montée en puissance des enjeux climatiques, qui irriguent désormais la quasi-totalité des nouveaux programmes de financement.

Enfin, la troisième évolution concerne le rôle croissant joué par les garanties et les financements mixtes, qui visent à mobiliser davantage de capitaux privés autour des priorités de développement du Royaume.

SB

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IGOC 2026 : Le Maroc accélère la libéralisation maîtrisée de la réglementation des changes https://lnt.ma/igoc-2026-le-maroc-accelere-la-liberalisation-maitrisee-de-la-reglementation-des-changes/ Thu, 23 Jul 2026 13:03:16 +0000 https://lnt.ma/?p=553767 Les choix stratégiques du Maroc en matière de change relèvent d’une libéralisation progressive que concrétise la réglementation des changes, à travers des mesures évolutives qui ne cessent d’assouplir le cadre régissant les transactions en devises. Ce cadre réglementaire est défini par l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC). Publié pour la première fois en 2011, […]

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Les choix stratégiques du Maroc en matière de change relèvent d’une libéralisation progressive que concrétise la réglementation des changes, à travers des mesures évolutives qui ne cessent d’assouplir le cadre régissant les transactions en devises.

Ce cadre réglementaire est défini par l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC).

Publié pour la première fois en 2011, ce texte structurant a été revu en 2012 et 2013, puis a fait l’objet de refontes successives en 2019, 2020, 2022 et 2024 pour accompagner l’ouverture graduelle de l’économie nationale et répondre aux besoins des opérateurs économiques dans leurs relations avec l’étranger, tout en veillant à la préservation des équilibres extérieurs du Royaume.

En effet, la solidité de la balance commerciale et de la balance des paiements, ainsi que le niveau des réserves de change, constituent des prérequis essentiels à la poursuite du processus de libéralisation de la réglementation des changes et, à long terme, à une convertibilité plus étendue du dirham.

Des équilibres extérieurs globalement préservés

La note mensuelle de l’Office des Changes de décembre 2025 fait état d’une hausse de 8 % des importations par rapport à 2024, tandis que les exportations ont enregistré une progression plus limitée de 2,8 %.

Cette évolution s’est traduite par une aggravation du déficit commercial de plus de 15,8 % en 2025 et par une détérioration de 2,9 points du taux de couverture des importations par les exportations.

Toutefois, les recettes de voyages issues du tourisme ont connu une croissance de 20,6 % entre fin 2024 et fin 2025.

Les flux nets des investissements directs étrangers (IDE) se sont, pour leur part, appréciés de 74,3 % sur cette période, tandis que les transferts de fonds effectués par les Marocains résidant à l’étranger ont progressé de 2,6 % sur un an.

Ainsi, les réserves de change du Maroc ont atteint un niveau record d’environ 48,6 milliards de dollars à fin 2025, en hausse de 30,8 % sur l’année, couvrant 6,2 mois d’importations, selon l’Economist Intelligence Unit et Fitch Solutions.

Les agences de notation les considèrent comme « confortables » et les jugent supérieures à la médiane des pays notés « BB ».

Des études d’impact et une concertation élargie

Au-delà de ces chiffres globaux, l’Office des Changes a réalisé plusieurs études d’impact afin d’affiner les nouvelles dispositions en matière de libéralisation des changes.

Ces analyses approfondies ont porté sur les besoins réels en devises de l’économie nationale, notamment pour les voyages d’affaires, les frais de scolarité et de séjour des étudiants à l’étranger, le développement des jeunes entreprises innovantes, les startups, ainsi que les dépenses liées aux voyages personnels.

Ces travaux sont complétés par une large concertation avec les associations, les groupements professionnels et les institutionnels, afin de recueillir les attentes et les suggestions des usagers.

« Cette démarche vise à consolider le régime de convertibilité et à instaurer un cadre réglementaire solide, favorisant la compétitivité des opérateurs, leur résilience face aux évolutions économiques et leur intégration dans un environnement régional et international en constante mutation », selon le communiqué de l’Office des Changes.

Une architecture profondément restructurée

En conséquence, la version 2026 de l’IGOC, qui a connu une profonde restructuration de son architecture, définit de manière claire et explicite les droits et obligations des usagers en matière d’accès à la devise.

Le texte se veut lisible, accessible et mieux structuré, permettant aux usagers de se repérer plus facilement et d’identifier les dispositions applicables en fonction de la nature de leurs opérations et de leur profil.

Cette nouvelle version introduit également de nouvelles mesures de facilitation et d’assouplissement portant notamment sur l’allègement de la charge documentaire, la simplification des régimes et des procédures, ainsi que sur la mise en place de « Nouvelles Facilités de Change » au profit des personnes morales et physiques, au titre des opérations courantes et en capital.

Ces nouvelles dispositions visent, en particulier, à améliorer le climat des affaires et à consolider les régimes relatifs aux voyages professionnels et personnels.

La nouvelle version de l’Instruction Générale des Opérations de Change est entrée en vigueur le 1er janvier 2026.

Une libéralisation progressive et maîtrisée

En définitive, la nouvelle instruction de l’Office des Changes consolide la libéralisation progressive et maîtrisée de la réglementation des changes, tout en préservant les équilibres extérieurs du Royaume.

Elle prévoit des mesures ciblées destinées à soutenir l’investissement, promouvoir les exportations, simplifier le commerce électronique, faciliter les voyages d’affaires, améliorer le régime des importations de services et renforcer les instruments de couverture.

Elle étend notamment la possibilité de compensation des positions aux opérations de couverture contre le risque de change, le risque de taux d’intérêt ainsi que les risques inhérents à tout actif.

De fait, l’Instruction Générale des Opérations de Change 2026 couvre un champ particulièrement étendu d’opérations courantes et en capital.

Par l’ampleur de sa restructuration et des mesures d’assouplissement qu’elle introduit, elle constitue certainement l’une des versions les plus avancées de l’IGOC.

Afifa Dassouli


De nouvelles mesures au profit des personnes morales et physiques

Les startups labellisées par l’Agence de Développement du Digital (ADD) peuvent réaliser des investissements à l’étranger en rapport avec leur activité, à hauteur de 10 millions de dirhams par année civile.

À ce titre, ces startups sont dispensées de la justification des trois années d’activité et de la certification des comptes par un commissaire aux comptes.

Les résidents peuvent également prendre des engagements de « garantie d’actif et de passif » à l’égard des investisseurs non-résidents au titre des opérations de cession d’actions ou de parts sociales.

Une facilité est, par ailleurs, accordée aux étrangers résidents détenant des investissements au Maroc depuis au moins dix ans et ne disposant pas des justificatifs de financement en devises.

Ils peuvent désormais transférer les revenus de ces investissements dans la limite de 2 millions de dirhams par année civile.

Des mesures pour promouvoir les exportations de services

Le titulaire d’un marché à l’étranger peut alimenter son compte en devises ou en dirhams convertibles, en tant qu’exportateur de services, à hauteur du montant rapatrié, dans la limite de 15 % du montant total du marché.

Cette facilité n’est pas cumulable avec la possibilité de créditer ce compte de 70 % de la marge dégagée au titre de ce marché.

Un régime assoupli pour les importations de services

La nouvelle instruction introduit une définition élargie des importations de services, avec la suppression de la liste limitative des opérations déléguées aux banques.

Elle élargit également la liste des entités habilitées à réaliser des importations de services, en incluant notamment les associations de microfinance, ainsi que certaines charges et certains droits liés à leur fonctionnement.

Des dotations renforcées pour les voyages d’affaires

Le plafond autorisé au titre de la dotation pour voyages d’affaires est relevé pour les sociétés ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles.

Il passe de 500 000 dirhams à 1 million de dirhams, sur la base de 100 % de l’impôt payé au titre de l’année n-1.

La dotation pour voyages d’affaires réservée aux opérateurs catégorisés est également relevée de 1 million à 1,5 million de dirhams, sur la base de 100 % de l’impôt payé au titre de l’année n-1.

La dotation e-commerce accordée aux startups labellisées par l’ADD est portée de 1 million à 2 millions de dirhams.

Une dotation e-commerce minimale annuelle de 50 000 dirhams est également accordée aux sociétés nouvellement créées, aux sociétés exonérées d’impôt ainsi qu’à celles dont l’impôt payé est inférieur à 50 000 dirhams.

Le plafond de la dotation commerce électronique pour les personnes physiques résidentes et les Marocains résidant à l’étranger est relevé de 15 000 à 20 000 dirhams par année civile.

Des facilités accrues pour les voyages personnels et les études

Le plafond de la dotation supplémentaire pour voyages personnels est relevé de 200 000 à 400 000 dirhams, sur la base de 30 % de l’impôt sur le revenu acquitté au titre de l’année n-1.

Cette dotation supplémentaire est cumulable avec la dotation de base de 100 000 dirhams, dans la limite globale de 500 000 dirhams par personne et par année civile.

Le bénéfice du régime applicable aux voyages personnels et aux soins médicaux est également étendu aux étrangers résidents, dans les mêmes conditions que celles prévues pour les Marocains.

Le plafond mensuel des frais de séjour au titre des voyages pour études à l’étranger est, par ailleurs, relevé de 12 000 à 15 000 dirhams.

Un régime adapté aux besoins des Marocains résidant à l’étranger

Le taux de financement des crédits immobiliers en dirhams accordés aux Marocains résidant à l’étranger est relevé à 80 % de la valeur du bien.

Cette mesure s’applique à toute opération d’acquisition de biens immeubles au Maroc, sans limitation du nombre de biens financés.

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Investissement industriel, un nouveau cap franchi ! https://lnt.ma/investissement-industriel-un-nouveau-cap-franchi/ Thu, 23 Jul 2026 11:01:35 +0000 https://lnt.ma/?p=553728 Au cours des dix dernières années, le Maroc a poursuivi une politique volontariste destinée à renforcer son attractivité auprès des investisseurs, à accélérer le développement industriel et à consolider son positionnement comme plateforme de production compétitive intégrée aux chaînes de valeur internationales. Cette orientation s’est traduite par une progression soutenue des investissements directs étrangers (IDE) […]

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Au cours des dix dernières années, le Maroc a poursuivi une politique volontariste destinée à renforcer son attractivité auprès des investisseurs, à accélérer le développement industriel et à consolider son positionnement comme plateforme de production compétitive intégrée aux chaînes de valeur internationales.

Cette orientation s’est traduite par une progression soutenue des investissements directs étrangers (IDE) et par une transformation progressive de leur structure au profit des activités industrielles.

Entre 2015 et 2025, les IDE sont ainsi passés de 39,9 milliards de dirhams à 60,6 milliards de dirhams, soit une progression de 29 % par rapport à 2024.

L’industrie devient le principal moteur des IDE

L’industrie s’est progressivement imposée comme le premier secteur d’attraction des investissements directs étrangers au Maroc.

Sur la période 2015-2025, les IDE industriels ont plus que doublé, passant de 8,7 milliards de dirhams à 23,1 milliards de dirhams.

Dans le même temps, leur poids dans l’ensemble des IDE est passé de 21,8 % à 38,1 %, après avoir déjà atteint 37,8 % en 2022.

Depuis 2018, le secteur industriel occupe ainsi la première place en matière d’attraction des capitaux étrangers, traduisant une évolution vers des investissements davantage orientés vers les activités productives à plus forte valeur ajoutée.

Cette dynamique s’est encore accélérée ces dernières années.

Entre 2021 et 2025, les IDE industriels ont été multipliés par 2,5, passant de 9,2 milliards à 23,1 milliards de dirhams.

Les flux se concentrent principalement sur trois filières.

L’industrie automobile représente 40,8 % des investissements industriels, devant la fabrication d’équipements électriques (22,5 %) et les autres matériels de transport (8,1 %).

Un niveau record d’investissements industriels

Parallèlement à la progression des IDE, l’investissement industriel national a connu une forte accélération entre 2021 et 2024.

Son volume est passé de 30 milliards de dirhams en 2021 à 90 milliards de dirhams en 2024, soit un triplement en l’espace de quatre ans et un niveau inédit.

La chimie et la parachimie constituent le principal moteur de cette progression.

En 2024, ces activités ont mobilisé 47,7 milliards de dirhams d’investissements, en hausse de 53,1 % par rapport à l’année précédente.

L’industrie automobile a également poursuivi sa montée en puissance avec 15,7 milliards de dirhams d’investissements, soit une progression de 2,3 milliards de dirhams sur un an.

Le secteur agroalimentaire confirme également sa dynamique de croissance, avec un volume d’investissements supérieur à 10 milliards de dirhams en 2024, en hausse de 8 % par rapport à l’exercice précédent.

Ces évolutions traduisent la montée en puissance du secteur industriel dans l’économie nationale et confirment son rôle croissant dans l’attraction des investissements, le développement de nouvelles capacités de production et le renforcement du positionnement du Maroc au sein des chaînes de valeur internationales.

SB

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Capital-investissement : Comment le FM6I accélère la structuration du marché marocain https://lnt.ma/capital-investissement-comment-le-fm6i-accelere-la-structuration-du-marche-marocain/ Thu, 23 Jul 2026 10:59:52 +0000 https://lnt.ma/?p=553751 Le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement occupe désormais une place centrale dans la nouvelle phase de développement du capital-investissement au Maroc. À travers la sélection de quatorze sociétés de gestion et la mise en place de véhicules couvrant plusieurs secteurs prioritaires, le Fonds cherche à mobiliser davantage de capitaux privés au service des entreprises, des […]

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Le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement occupe désormais une place centrale dans la nouvelle phase de développement du capital-investissement au Maroc.

À travers la sélection de quatorze sociétés de gestion et la mise en place de véhicules couvrant plusieurs secteurs prioritaires, le Fonds cherche à mobiliser davantage de capitaux privés au service des entreprises, des projets structurants et de la transformation de l’économie nationale.

Les sociétés de gestion retenues dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le Fonds ont mobilisé près de 14,5 milliards de dirhams auprès d’investisseurs marocains et internationaux.

À cette enveloppe s’ajoutent 4,5 milliards de dirhams apportés par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, portant la capacité globale de financement à environ 19 milliards de dirhams.

Ce dispositif repose sur un principe de mobilisation conjointe des ressources publiques et privées.

L’intervention du Fonds vise ainsi à réduire le profil de risque des investissements, à améliorer leur attractivité et à créer un effet multiplicateur sur les capitaux engagés dans l’économie.

Une intervention principalement indirecte

Institué par la loi n° 76.20, promulguée en décembre 2020, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement a pour mission de catalyser l’investissement privé, de contribuer au financement de projets structurants et de renforcer les fonds propres des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises.

Son intervention s’effectue principalement de manière indirecte, à travers des fonds sectoriels, thématiques ou généralistes pilotés par des sociétés de gestion spécialisées.

Cette architecture doit permettre d’adapter les instruments de financement aux besoins des entreprises, selon leur taille, leur secteur d’activité et leur stade de développement.

Les véhicules sélectionnés couvrent un large éventail d’activités.

Trois fonds sont consacrés à l’industrie, un autre à l’agriculture et à l’agro-industrie, deux au tourisme et un au transport et à la logistique.

Sept fonds généralistes complètent le dispositif, avec des tickets d’investissement différenciés afin de répondre aux besoins de plusieurs catégories d’entreprises.

Les sociétés de gestion sélectionnées comprennent notamment Valoris Capital, CDG Invest Management, CDG Invest Growth, Red Med Private Equity, BMCE Capital Investments, etc.

Des véhicules de tailles et de stratégies différentes

La diversité des fonds retenus reflète la variété des besoins de financement au sein de l’économie marocaine.

Certains véhicules sont généralistes, à l’image de Valoris Equity Fund, Colombus 1, Capital Croissance, IMG Fund I ou Build Up Fund.

D’autres sont orientés vers des secteurs précis.

Nama Fund I et Industrial Growth Fund I sont consacrés à l’industrie, tandis que MAIC OPCC-RFA cible l’industrie aéronautique.

EMIF II Morocco Fund intervient dans le transport et la logistique.

Kasada Morocco Hospitality Fund et Wesroc Hospitality Fund I sont dédiés au tourisme, alors qu’Agrofund cible l’agriculture et l’agro-industrie.

Les tailles annoncées varient sensiblement.

Industrial Growth Fund I et Agrofund disposent chacun d’une capacité de 1,2 milliard de dirhams.

IMG Fund I atteint 1,5 milliard de dirhams.

Capmezzanine V affiche une taille de 2 milliards de dirhams, tandis que Colombus 1 et Valoris Equity Fund disposent respectivement de 900 et 800 millions de dirhams.

EMIF II Morocco Fund atteint, pour sa part, 180 millions de dollars.

Cette diversité traduit une volonté de couvrir aussi bien les besoins de croissance des PME que les opérations de développement, de transmission, d’intégration industrielle ou de financement d’actifs dans les infrastructures, la logistique et le tourisme.

Un record de levées en 2025

L’intervention du Fonds Mohammed VI accompagne une dynamique plus large du marché marocain du capital-investissement.

À fin 2025, les levées de fonds ont atteint un niveau record de 3,9 milliards de dirhams, en hausse de 29 % par rapport aux 3 milliards enregistrés en 2023.

Sur l’ensemble de la période 2018-2024, les fonds levés ont totalisé près de 13,8 milliards de dirhams, soit deux fois le montant enregistré entre 2012 et 2017.

Cette progression confirme l’élargissement du marché et l’intérêt croissant des investisseurs pour les véhicules intervenant au Maroc.

Les fonds transrégionaux demeurent toutefois majoritaires.

Depuis 2012, ils représentent en moyenne 73 % des levées destinées au marché marocain.

Entre 2018 et 2025, ils ont concentré près de 9,5 milliards de dirhams, contre 4,3 milliards pour les fonds strictement marocains.

Cette configuration reflète l’intégration du Maroc dans des stratégies d’investissement couvrant le Maghreb, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient ou, plus largement, le continent africain.

Une participation marocaine en nette progression

Si les fonds transrégionaux restent prépondérants, l’origine des capitaux mobilisés évolue.

La part des investisseurs marocains a atteint 53 % des levées entre 2018 et 2025, contre seulement 25 % durant le cycle 2012-2017.

Cette progression traduit une implication plus importante des institutions et opérateurs nationaux dans le financement du capital-investissement.

Dans le même temps, la part des investisseurs issus de l’Union européenne est passée de 69 % à 45 %.

Les organismes de développement internationaux demeurent la première catégorie d’investisseurs, avec 38 % des montants levés entre 2018 et 2024.

Ils sont suivis par les banques et les sociétés de gestion d’actifs, qui représentent 27 %.

Ensemble, ces deux catégories concentrent 65 % des ressources mobilisées.

La baisse relative de la contribution des organismes internationaux, par rapport au cycle précédent, est présentée comme le signe d’une diversification progressive de la base des investisseurs et d’un ancrage plus important du marché dans l’écosystème financier national.

Les véhicules marocains gagnent du terrain

La structuration juridique des fonds connaît également une évolution.

Les fonds transrégionaux continuent de privilégier des véhicules établis à l’étranger, tandis que ceux orientés vers le marché national recourent davantage à des structures marocaines.

Les Organismes de placement collectif en capital (OPCC) occupent une place croissante.

Leur part dans le nombre de fonds créés est passée de 4 % entre 2006 et 2011 à 23 % entre 2012 et 2017, puis à 47 % sur la période 2018-2024.

À l’inverse, la part des structures étrangères a reculé de 62 % entre 2012 et 2017 à 21 % durant le dernier cycle.

Les autres formes juridiques marocaines représentent désormais 32 % des fonds créés.

Cette évolution témoigne d’une appropriation progressive des instruments réglementés localement par les sociétés de gestion et les investisseurs.

Près de quarante sociétés de gestion actives

Le marché marocain compte aujourd’hui près de quarante sociétés de gestion actives, soit environ deux fois plus qu’en 2014.

Le nombre de fonds en activité est estimé à 56, dont quatorze sont issus du dispositif porté par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement.

CDG Invest intervient à travers plusieurs véhicules, notamment Fipar Holding, Nama Holding, 212 Founders, Génération Entrepreneurs et Nama Fund I.

Sa filiale CDG Invest Growth gère les différentes générations de Capmezzanine, dont le dernier véhicule affiche une capacité de 2 milliards de dirhams.

AfricInvest a, de son côté, développé plusieurs générations de fonds généralistes destinés au Maghreb et à l’Afrique.

Amethis North Africa intervient également dans les opérations de développement et de transmission, tandis que Mediterrania Capital Partners dispose de plusieurs véhicules, dont Mediterrania Capital IV Morocco.

L’écosystème comprend par ailleurs des fonds spécialisés dans l’innovation, parmi lesquels Maroc Numeric Fund, Maroc Numeric Fund II, Azur Innovation Fund, SEAF Morocco Growth Fund, BMCE Capital Venture et UM6P Ventures.

Plus de 15 milliards de dirhams investis depuis 2000

Les montants investis par le secteur ont atteint 15,8 milliards de dirhams entre 2000 et 2024, à travers 383 opérations.

Le capital-développement demeure largement dominant, avec 12,3 milliards de dirhams investis dans 180 opérations. Il concentre ainsi 78 % des montants engagés.

Le capital-transmission arrive en deuxième position avec 2,1 milliards de dirhams répartis sur 42 opérations.

Le capital-risque représente 884 millions de dirhams pour 99 opérations, tandis que le capital-amorçage totalise 349 millions de dirhams répartis sur 60 opérations.

Le capital-retournement reste marginal, avec 95 millions de dirhams investis dans deux entreprises.

La progression est particulièrement visible au cours du dernier cycle.

Entre 2018 et 2024, les investissements ont atteint 9,2 milliards de dirhams, contre 3,4 milliards entre 2012 et 2017, 2,5 milliards entre 2006 et 2011 et 729 millions entre 2000 et 2005.

Pour la seule année 2024, dix sociétés de gestion ont investi environ 1,7 milliard de dirhams dans 23 nouvelles participations et 17 réinvestissements.

Les services ont concentré 41 % des investissements, devant la santé et l’éducation.

Amorçage et capital-risque : davantage d’opérations, mais des montants limités

Le capital-amorçage et le capital-risque occupent une place croissante dans le nombre d’opérations.

En 2024, ils ont représenté 42 % des transactions, contre 26 % entre 2006 et 2011.

Leur poids en valeur reste cependant limité à 8 % des montants investis.

Cette différence s’explique par la taille généralement réduite des tickets destinés aux startups et aux jeunes entreprises innovantes.

La structure du marché se caractérise ainsi par une polarisation des opérations.

D’un côté, le nombre de transactions inférieures ou égales à 20 millions de dirhams progresse, sous l’effet du capital-amorçage et du capital-risque.

De l’autre, les opérations supérieures ou égales à 100 millions de dirhams se développent dans le capital-développement et la transmission.

Cette évolution permet au marché de répondre à des besoins allant du financement initial des startups à l’accompagnement d’entreprises plus matures engagées dans des projets d’expansion ou de changement d’actionnariat.

Des sorties en hausse et un marché secondaire plus actif

Le développement du capital-investissement se mesure également à la progression des désinvestissements.

En 2024, les sorties ont atteint 1,067 milliard de dirhams.

Sur la période 2018-2024, leur montant cumulé s’est établi à 5,7 milliards de dirhams, contre près de 2 milliards entre 2012 et 2017.

Le marché secondaire concentre désormais 44 % des sorties, alors qu’il ne représentait que 3 % entre 2006 et 2011.

Les introductions en Bourse ont également retrouvé une certaine place et représentent 22 % des désinvestissements réalisés entre 2018 et 2024.

La diversification des mécanismes de sortie constitue un indicateur de maturité pour le secteur, puisqu’elle améliore les perspectives de liquidité pour les sociétés de gestion et les investisseurs.

Un rendement brut moyen de 12 %

Les performances cumulées à fin 2024 font ressortir un taux de rendement interne brut (TRI) moyen de 12 %, pour un multiple global de 1,9.

La durée moyenne de détention des participations s’établit à 6,2 ans.

Les niveaux de rendement diffèrent selon les secteurs.

La santé affiche le TRI brut moyen le plus élevé, à 23 %, devant les services (15 %) et la construction-BTP (14 %).

Les technologies de l’information et de la communication atteignent 12 %, contre 6 % pour l’industrie automobile, 4 % pour la distribution et le négoce et 1 % pour l’industrie agroalimentaire.

Ces indicateurs montrent que le capital-investissement marocain a franchi plusieurs étapes de structuration : augmentation des levées, diversification des investisseurs, montée en puissance des véhicules réglementés, développement des sorties et élargissement des stratégies sectorielles.

Dans cette nouvelle configuration, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement agit comme un accélérateur.

Son impact dépendra désormais de la capacité des fonds sélectionnés à déployer effectivement les capitaux mobilisés, à accompagner les entreprises dans leur développement et à orienter les investissements vers les secteurs susceptibles de renforcer durablement la production, l’emploi et la compétitivité de l’économie marocaine.

Selim Benabdelkhalek

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Investissement : Du ministère au FM6I, deux institutions au service d’un même objectif https://lnt.ma/investissement-du-ministere-au-fm6i-deux-institutions-au-service-dun-meme-objectif/ Thu, 23 Jul 2026 10:55:29 +0000 https://lnt.ma/?p=553748 Longtemps perçu comme un ensemble institutionnel complexe, l’écosystème marocain de l’investissement repose aujourd’hui sur une répartition des rôles de plus en plus claire entre le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques et le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I). Si leurs missions sont complémentaires, elles répondent à deux logiques […]

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Longtemps perçu comme un ensemble institutionnel complexe, l’écosystème marocain de l’investissement repose aujourd’hui sur une répartition des rôles de plus en plus claire entre le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques et le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I).

Si leurs missions sont complémentaires, elles répondent à deux logiques distinctes : l’une consiste à créer les conditions favorables à l’investissement, l’autre à financer les projets jugés stratégiques pour l’économie nationale.

Créé en 2020 et doté de 45 milliards de dirhams, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement constitue le fonds souverain d’investissement du Royaume.

Sa vocation est d’intervenir comme investisseur public dans des projets structurants, en mobilisant des capitaux privés autour d’opérations considérées comme prioritaires.

Son principe de fonctionnement repose sur un effet de levier : chaque dirham investi par le Fonds doit permettre de mobiliser trois à quatre dirhams supplémentaires auprès d’investisseurs privés.

À l’inverse, le ministère de l’Investissement n’a pas vocation à financer directement les projets.

Depuis sa création, il intervient principalement comme pilote de la politique nationale de l’investissement. Son rôle consiste à définir les orientations stratégiques, mettre en œuvre la Charte de l’investissement, simplifier les procédures administratives, attirer les investissements étrangers et assurer l’évaluation des politiques publiques.

En somme, le ministère « fait les règles du jeu », tandis que le FM6I « joue sur le terrain avec son argent ».

Le ministère, porte d’entrée des investisseurs

Pour un porteur de projet, le premier interlocuteur reste le ministère de l’Investissement et les Centres régionaux d’investissement (CRI).

Le ministère pilote notamment les guichets uniques régionaux chargés d’accompagner les investisseurs dans leurs démarches administratives et de réduire les délais d’instruction.

À travers la Charte de l’investissement de 2022, il fixe également les critères d’éligibilité aux différentes aides publiques.

L’objectif affiché est d’atteindre 550 milliards de dirhams d’investissements et la création de 500 000 emplois à l’horizon 2026.

Le ministère intervient également lorsque des projets rencontrent des blocages administratifs, coordonne les missions de promotion économique à l’international et assure le suivi de l’impact des investissements réalisés sur les territoires.

Le FM6I, un investisseur de long terme

De son côté, le Fonds Mohammed VI intervient comme investisseur institutionnel.

Contrairement à une banque, il ne distribue pas directement des crédits classiques.

Il peut entrer au capital d’entreprises, octroyer des prêts ou des quasi-fonds propres et créer des fonds d’investissement spécialisés, dont la gestion est confiée à des sociétés de gestion, tout en conservant les orientations stratégiques.

Son action se concentre sur cinq secteurs considérés comme prioritaires :

  • l’industrie ;
  • l’agriculture et l’agroindustrie ;
  • les énergies renouvelables et l’hydrogène vert ;
  • le tourisme, la santé et l’éducation ;
  • les infrastructures, notamment dans les domaines de la logistique, de l’eau et du numérique.

L’objectif est d’intervenir sur des projets de grande envergure, souvent jugés trop risqués ou nécessitant des financements de long terme que les acteurs privés ne souhaitent pas assumer seuls.

Un parcours d’investissement en plusieurs étapes

Après le dépôt d’un dossier sur la plateforme « Invest in Morocco » ou auprès du CRI compétent, une première phase de recevabilité permet de vérifier la complétude du dossier.

Vient ensuite une phase d’instruction menée par la Commission régionale unifiée d’investissement (CRUI), qui examine la viabilité économique du projet, son éligibilité aux dispositifs de la Charte de l’investissement ainsi que son impact en matière d’emploi, d’intégration locale, de décarbonation ou encore d’export.

En cas d’avis favorable, une convention d’investissement est signée avec l’État.

Celle-ci ouvre l’accès aux différentes aides prévues par la Charte, notamment des primes pouvant atteindre 30 % du montant de l’investissement, auxquelles peuvent s’ajouter des bonifications pour certains secteurs stratégiques, ainsi que des avantages fiscaux ou fonciers.

Le suivi du projet est ensuite assuré par le CRI, les aides étant versées progressivement en fonction de l’avancement des investissements réalisés.

Quand le ministère passe le relais au Fonds

L’articulation entre les deux institutions apparaît surtout pour les projets de grande taille.

Lorsqu’un investissement dépasse environ 200 millions de dirhams ou présente un caractère stratégique, le ministère peut orienter son promoteur vers le Fonds Mohammed VI pour un éventuel co-investissement.

Une nouvelle phase s’ouvre alors, fondée sur les méthodes du capital-investissement, avec des analyses financières approfondies et des procédures de due diligence.

Ainsi, le ministère accompagne les investisseurs dans leurs démarches administratives et leur accès aux dispositifs publics, tandis que le FM6I intervient uniquement lorsque le projet nécessite un financement structurant susceptible de mobiliser des capitaux privés supplémentaires.

La complémentarité des deux institutions permet d’éviter les chevauchements de compétences et d’accélérer la transformation de l’économie marocaine vers une part croissante d’investissements privés adossés à l’investissement public, allégeant de fait la pression sur le budget de l’État, appelé à se concentrer sur d’autres priorités.

SB

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Réformes, produits, infrastructures : Le marché des capitaux s’outille pour une économie plus complexe https://lnt.ma/reformes-produits-infrastructures-le-marche-des-capitaux-soutille-pour-une-economie-plus-complexe/ Thu, 23 Jul 2026 10:52:18 +0000 https://lnt.ma/?p=553745 L’un des éléments les plus probants du regain de dynamisme du marché des capitaux marocain et de sa nouvelle solidité réside dans le retour significatif des personnes physiques. De fait, au troisième trimestre 2025, à la faveur des introductions en Bourse et des augmentations de capital, le niveau de participation des particuliers est monté à […]

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L’un des éléments les plus probants du regain de dynamisme du marché des capitaux marocain et de sa nouvelle solidité réside dans le retour significatif des personnes physiques.

De fait, au troisième trimestre 2025, à la faveur des introductions en Bourse et des augmentations de capital, le niveau de participation des particuliers est monté à 30 %, un seuil quasiment jamais atteint. Il s’est depuis stabilisé autour d’une vingtaine de pour cent, pour un nombre d’investisseurs particuliers actifs estimé à environ 30 000, voire davantage.

Plus important encore que leur nombre, leur comportement a évolué. Les particuliers ne souscrivent plus uniquement aux introductions pour revendre quelques jours plus tard et réaliser une plus-value. Ils s’inscrivent désormais dans une logique de moyen et de long terme, marquant un changement de nature plus que de degré.

Ce retour s’explique en partie par un environnement devenu plus favorable.

La transformation récente de l’économie marocaine, les investissements réalisés dans les secteurs productifs et les infrastructures, ainsi que la dynamique des entreprises appelées à y répondre, ont créé un volume d’opportunités nouvelles et diversifiées pour les petits porteurs.

À cela s’ajoute un facteur déterminant : la confiance retrouvée dans le marché, renforcée par une série de réformes ayant apporté davantage de gouvernance et de transparence.

L’AMMC a considérablement renforcé les exigences en matière de communication financière, désormais alignées sur les standards internationaux. Les sociétés cotées publient des comptes annuels et semestriels plus détaillés, des indicateurs trimestriels qui n’existaient pas auparavant ainsi qu’un rapport ESG annuel obligatoire.

Le régulateur a également imposé de nouvelles règles de gouvernance aux émetteurs : comité d’audit obligatoire, administrateurs indépendants et exigences de parité au sein des conseils d’administration.

Confiance retrouvée d’un côté, entreprises ayant de véritables besoins de financement de l’autre, secteurs d’activité porteurs comme la santé ou la construction : la dynamique est devenue vertueuse et attire naturellement un public plus large.

Simplifier l’accès au marché

Parallèlement, le second axe d’action du régulateur a consisté à faciliter l’accès des entreprises au marché des capitaux, aussi bien pour les émissions de dette que pour les opérations sur actions.

Sur le marché obligataire, l’accès aux placements privés a été simplifié. Le nombre d’investisseurs institutionnels pouvant être sollicités est passé de 10 à 20, facilitant mécaniquement le placement des émissions.

Pour rappel, un placement privé – par exemple une émission obligataire – permet de s’adresser directement à des investisseurs qualifiés disposant des compétences et des capacités financières requises, sans prospectus, avec un délai d’autorisation limité à dix jours auprès de l’AMMC.

La procédure est donc plus rapide et le cercle des investisseurs qualifiés a été élargi.

Certaines contraintes ont même été supprimées.

Alors qu’un emprunt obligataire devait auparavant être autorisé par l’assemblée générale, l’autorisation du conseil d’administration suffit désormais, comme c’est déjà le cas pour un emprunt bancaire.

De nouveaux instruments sont également venus enrichir l’offre de financement, notamment les emprunts verts et les project bonds, diversifiant ainsi les solutions proposées aux émetteurs.

L’architecture du marché boursier a elle aussi été revue, avec la création d’un marché principal et d’un marché dédié aux PME, doté de règles plus adaptées.

La définition retenue de la PME est volontairement large : moins de 500 millions de dirhams de chiffre d’affaires, moins de 300 salariés ou moins de 200 millions de dirhams de total de bilan.

Cette approche élargit le champ des entreprises susceptibles d’accéder au marché.

L’ensemble de l’écosystème a accompagné cette évolution. L’AMMC, la Bourse de Casablanca, Maroclear et l’APSB ont accepté de réduire de moitié leurs commissions pour cette catégorie d’entreprises, tout en mettant en place un parcours accéléré (fast-track) ainsi qu’un dispositif d’accompagnement.

Le succès attendu n’est pas encore pleinement au rendez-vous, mais, comme pour de nombreuses réformes structurelles, le cadre réglementaire constitue désormais un prérequis et un puissant facteur d’incitation.

Un marché à terme en construction

Le lancement récent du marché à terme vient compléter cette architecture.

Il offre à la fois des solutions de couverture contre les risques et de nouvelles possibilités d’investissement.

Un opérateur anticipant une hausse ou une baisse du marché peut ainsi prendre position sans détenir directement un portefeuille d’actions, grâce à l’effet de levier.

Le marché est ouvert à l’ensemble des investisseurs par l’intermédiaire des sociétés de Bourse, élargissant ainsi l’accès à cette nouvelle catégorie de produits.

L’approche reste néanmoins progressive.

Aujourd’hui, ce sont principalement les investisseurs institutionnels qui utilisent ce compartiment, le temps que les acteurs s’approprient les nouveaux instruments et que les sociétés de Bourse déploient les systèmes nécessaires pour les proposer à leurs clients.

À ce stade, un seul produit dérivé est coté : le contrat à terme (future) sur l’indice MASI.

Le prochain produit attendu sera un contrat à terme sur les taux d’intérêt, adossé aux bons du Trésor.

La Bourse de Casablanca devient un groupe d’infrastructures intégré

Ces nouveaux compartiments ne constituent pas des initiatives isolées.

Ils s’inscrivent dans une même ambition : transformer la Bourse de Casablanca en un véritable groupe intégré d’infrastructures de marché financier.

L’objectif est que la Bourse ne soit plus seulement l’opérateur du marché au comptant, mais un groupe présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur des marchés de capitaux.

La filialisation du marché au comptant est actuellement en cours. La Bourse de Casablanca évolue vers une structure de holding, dotée d’une filiale dédiée à la gestion du marché cash.

Une deuxième filiale, chargée de la gestion du marché à terme, a démarré son activité en avril.

Une troisième structure, la chambre de compensation (CCP), assure désormais la compensation obligatoire des opérations réalisées sur le marché des produits dérivés.

Le projet de loi relatif au marché à terme, actuellement au Secrétariat général du gouvernement, prévoit d’élargir les missions de cette chambre de compensation au-delà des seuls produits dérivés.

À terme, le marché au comptant pourra lui aussi être compensé par cette infrastructure.

Cette évolution s’accompagne d’une montée progressive de la Bourse de Casablanca au capital de Maroclear.

Sa participation s’élève aujourd’hui à 5 %. Le cahier des charges ainsi que le protocole signé en 2024 prévoient de la porter à 34 %.

Les travaux de valorisation ont déjà été réalisés. Cette opération vise à renforcer durablement les synergies entre les différentes infrastructures du marché des capitaux.

Une quatrième brique : la technologie

Une quatrième branche est également en cours de développement.

Prévue dans le cahier des charges, elle prendra la forme d’une filière technologique.

Une société informatique développera des produits et services destinés aux infrastructures du groupe Bourse de Casablanca, mais également à l’ensemble de ses participants, en particulier les sociétés de Bourse.

L’objectif est double : renforcer les capacités d’exécution et harmoniser les systèmes utilisés par l’ensemble des acteurs de la place.

Reste enfin le chantier des produits.

Les ETF sont désormais disponibles. Les OPCI peuvent, en théorie, être cotés, un sujet actuellement à l’étude.

La titrisation pourrait suivre la même trajectoire et rejoindre à son tour la cote, prolongeant ainsi les mécanismes de financement innovants qui se sont développés ces dernières années.

En définitive, c’est une place financière qui gagne progressivement en profondeur qui se dessine.

Produit après produit, infrastructure après infrastructure, chaque nouvelle brique élargit les solutions de financement disponibles et renforce la profondeur du marché.

Or, c’est précisément de cet outillage complet dont l’économie marocaine aura besoin, à mesure que ses grands chantiers, ses infrastructures et ses entreprises en croissance feront appel à des modes de financement toujours plus complexes, qu’un marché des capitaux intégré et pleinement équipé sera en mesure d’accompagner.

Afifa Dassouli

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Bourse de Casablanca : Le marché des capitaux, financeur de la transformation économique https://lnt.ma/bourse-de-casablanca-le-marche-des-capitaux-financeur-de-la-transformation-economique-afifa-dassouli/ Thu, 23 Jul 2026 10:47:06 +0000 https://lnt.ma/?p=553735 Trois exercices de croissance ininterrompue, un MASI en hausse de plus de 60 % en cumulé depuis 2023, des volumes doublés en une seule année, un retour massif des particuliers, des mécanismes de financement inédits et une Bourse de Casablanca engagée dans sa mue en groupe intégré d’infrastructures de marché Le marché des capitaux marocain […]

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Trois exercices de croissance ininterrompue, un MASI en hausse de plus de 60 % en cumulé depuis 2023, des volumes doublés en une seule année, un retour massif des particuliers, des mécanismes de financement inédits et une Bourse de Casablanca engagée dans sa mue en groupe intégré d’infrastructures de marché

Le marché des capitaux marocain a cessé d’être un compartiment périphérique de l’économie nationale. Il est devenu l’un des canaux par lesquels se finance, concrètement, la transformation du pays.

Une dynamique installée depuis 2023

Après le choc de la Covid, une année de rebond et une année de creux, le marché des capitaux marocain est entré, à partir de 2023, dans une dynamique de croissance exceptionnelle, perceptible sur le marché boursier, mais aussi sur les autres compartiments.

Sur les trois derniers exercices, l’indice MASI a progressé de plus de 20 % par an en moyenne, soit une hausse cumulée supérieure à 60 % entre 2023 et la fin de 2025.

Cette progression n’est pas un simple effet de valorisation. Elle s’est accompagnée d’une forte expansion des volumes.

Le point d’orgue a été atteint en 2025, avec une hausse du MASI supérieure à 27 % et un doublement des échanges. Sur le seul marché central, hors marché de blocs, les volumes ont approché 120 milliards de dirhams, soit pratiquement le double de l’exercice précédent.

L’année 2025 a également marqué le retour des introductions en Bourse avec trois opérations, un rythme que la place n’avait plus connu depuis plus de quinze ans.

Vicenne, spécialiste de la distribution de matériel médical, a ouvert la marche durant l’été, suivie de Cash Plus puis de SGTM. Les deux premières opérations ont combiné cession de titres et augmentation de capital. SGTM s’est limitée à une cession, sans besoin de financement immédiat, l’entreprise préparant son recours ultérieur au marché.

L’opération SGTM constitue à elle seule un marqueur. Près de 5 milliards de dirhams ont été levés, un montant inédit, avec surtout une souscription sans précédent de plus de 171 000 investisseurs, dont environ 170 000 personnes physiques, un record absolu pour la place de Casablanca.

Au total, les introductions en Bourse ont représenté plus de 6 milliards de dirhams sur l’exercice, avec des taux de sursouscription témoignant d’un niveau d’appétit rarement observé.

Le mouvement ne date toutefois pas de 2025. CFG Bank avait ouvert la voie en 2023, après les introductions d’Akdital et de Disty Technologies en 2022. Cette dernière, cotée sur le marché alternatif réservé aux PME, avait connu un démarrage jugé mitigé avant qu’un parcours boursier favorable ne vienne conforter son modèle.

Preuve, s’il en fallait, qu’une communication de qualité permet au marché de mieux comprendre un modèle d’affaires et de valoriser une entreprise à son juste prix.

En 2024, CMGP a également signé l’une des opérations marquantes de la période, avec une levée de 1,1 milliard de dirhams.

Le retour des émetteurs sur le marché secondaire

Au-delà des introductions, le changement le plus structurant se joue peut-être ailleurs.

Jusqu’à une période récente, les entreprises marocaines s’introduisaient en Bourse puis ne sollicitaient plus le marché pour financer leur développement.

Aujourd’hui, cette logique s’inverse. Les émetteurs reviennent désormais vers le marché pour réaliser des opérations secondaires.

En 2025, au moins trois augmentations de capital ont ainsi été réalisées.

TGCC a levé plus de 2,2 milliards de dirhams en juillet dans une opération largement sursouscrite. CIH Bank a levé 1,5 milliard de dirhams en juin. Sothema a, de son côté, procédé en décembre à une augmentation de capital de 630 millions de dirhams réalisée par apport en nature.

Le mouvement s’est poursuivi en 2026.

Risma a ouvert l’année en janvier avec une levée de 450 millions de dirhams, une opération stratégique pour le groupe hôtelier.

Le Crédit du Maroc a suivi en juin avec une augmentation de capital de 700 millions de dirhams, dont le visa de l’AMMC a été délivré le 12 juin.

Dans le cas d’un établissement bancaire, la logique est simple : les fonds propres levés permettent de respecter les ratios prudentiels et de soutenir la croissance des crédits distribués.

Plus une banque prête, plus elle contribue au financement du développement économique. L’augmentation de capital devient ainsi la condition de cette capacité de financement.

Une nouvelle génération d’entreprises cotées

Ce qui distingue cette génération d’émetteurs, et caractérise le dynamisme récent de la Bourse, tient autant aux secteurs représentés qu’à leurs ambitions.

Avec Akdital, c’est le secteur de la santé qui a fait son entrée sur la cote. CMGP y a introduit l’irrigation.

SGTM et TGCC, cette dernière cotée depuis 2021, représentent les grands travaux, en lien direct avec les importants projets d’infrastructures engagés par le Royaume.

Autant d’activités qui étaient jusque-là absentes, ou très peu représentées, sur la place boursière.

Surtout, ces entreprises portent de véritables projets de développement.

Le point est essentiel : elles ne viennent plus uniquement céder du capital, mais financer une trajectoire de croissance.

Le cas d’Akdital est particulièrement illustratif. Les fonds levés ont permis de financer, année après année, la construction et l’acquisition de cliniques à travers le Royaume selon un plan de développement clairement identifié.

TGCC, pour sa part, mobilise ces ressources afin d’accompagner de nombreux grands chantiers, notamment publics.

Ces entreprises ont compris que le marché boursier pouvait leur offrir un financement optimisé, à un coût compétitif.

Banques et marché : la fin d’une rivalité supposée

Comment expliquer ce basculement ?

D’abord par l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, familiarisés avec les techniques modernes de financement, acquises au Maroc comme à l’international, et parfaitement à l’aise avec le marché des capitaux.

Ensuite, et peut-être surtout, par l’évolution du modèle bancaire.

Les projets structurants engagés par le Maroc nécessitent des financements d’une ampleur telle que les banques ne peuvent plus les porter seules.

Elles doivent désormais s’appuyer sur d’autres sources de financement : bailleurs internationaux, mais également marché des capitaux, capable de contribuer de manière significative au financement de l’économie.

Contrairement à une idée longtemps répandue, les banques proposent aujourd’hui elles-mêmes à leurs clients des solutions de financement via le marché.

Certaines, comme CFG, en ont fait un axe stratégique. Les grandes banques universelles accompagnent désormais leurs clients dans leurs levées de fonds et jouent un rôle de conseil.

La concurrence supposée entre crédit bancaire et marché des capitaux appartient désormais au passé.

Les banques trouvent leur intérêt dans les deux modèles : ce qu’elles ne perçoivent plus sous forme de marge d’intérêt, elles le récupèrent sous forme de commissions, d’arrangement et de placement.

Elles sont devenues des acteurs à part entière du financement de marché et du développement des financements innovants.

Financements innovants : l’OPCI en tête, la titrisation en relais

Le terme de « financements innovants » renvoie d’abord aux OPCI.

C’est le mécanisme qui a connu la croissance la plus rapide, avec des encours dépassant aujourd’hui les 100 milliards de dirhams.

La titrisation prend désormais progressivement le relais.

Son développement est favorisé par l’élargissement des opérations autorisées et par la possibilité récente de créer des fonds de dette à travers les fonds de titrisation, une évolution réglementaire majeure puisque ces fonds ne pouvaient auparavant pas lever de dette.

Le premier fonds de dette a été constitué afin de financer l’ONEE.

Deux sociétés de gestion ont chacune créé un fonds de titrisation avant de syndiquer leurs interventions afin de proposer un financement combinant un crédit bancaire et un financement de marché mobilisé auprès des investisseurs.

Au total, plus de 4 milliards de dirhams ont ainsi été levés, dont 2 milliards via le secteur bancaire, chaque partenaire bancaire apportant un milliard de dirhams.

Le mécanisme repose sur une titrisation classique : les créances sont cédées afin de procurer immédiatement des liquidités à l’entreprise.

Si ce premier recours est venu d’un établissement public, rien n’empêche désormais les entreprises privées d’utiliser ce même levier.

Le capital-investissement (private equity) complète cet écosystème, même s’il ne constitue pas, à proprement parler, un financement innovant.

OPCVM et OPCI : des logiques complémentaires

La montée en puissance des financements innovants soulève naturellement une question : les actions cotées ont-elles été évincées des portefeuilles institutionnels ?

La réponse est nuancée.

Il existe effectivement un arbitrage lorsque de nouveaux placements offrent des rendements attractifs. Les investisseurs réorientent alors une partie de leurs allocations.

Les retraits observés ont principalement concerné les OPCVM, dans lesquels les institutionnels sont fortement investis.

L’arbitrage s’est notamment effectué en faveur des OPCI.

L’impact sur la Bourse demeure toutefois indirect. Les OPCVM étant eux-mêmes investis en actions, les rachats institutionnels peuvent les conduire à céder une partie de leurs portefeuilles.

Dans l’ensemble, cependant, aucun impact significatif n’a été constaté sur le marché boursier.

Chez les compagnies d’assurance, on observe un rééquilibrage progressif des allocations, passant d’une exposition quasi exclusivement concentrée sur les OPCVM à une répartition proche de 90 % d’OPCVM et 10 % d’OPCI.

En réalité, ces deux univers ne se substituent pas.

L’OPCI répond à une logique de rendement locatif récurrent, tandis que la Bourse répond davantage à une logique de création de plus-value.

Pour les investisseurs institutionnels, l’investissement en actions demeure avant tout un placement de moyen et de long terme.

Loin de se concurrencer, ces deux compartiments se complètent et élargissent la palette de financement d’une économie en pleine transformation.

Avec plus de 6 milliards de dirhams d’introductions en Bourse et près de 5 milliards de dirhams d’augmentations de capital sur une seule année, le marché des capitaux a cessé d’être un simple observateur du développement économique : il en est devenu l’un des principaux financeurs…

Afifa Dassouli

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100 milliards de gain de dette : La nouvelle équation budgétaire du Maroc https://lnt.ma/100-milliards-de-gain-de-dette-la-nouvelle-equation-budgetaire-du-maroc/ Thu, 23 Jul 2026 10:42:22 +0000 https://lnt.ma/?p=553740 Quel est le rôle des financements innovants sur l’équilibre budgétaire du Maroc ? Quels sont les impacts sur les fondamentaux de l’économie du pays ? Ces deux questions s’imposent parce qu’elles sont à la base de la stratégie de l’État, à travers la nécessité de maîtriser le déficit public, la dette intérieure et extérieure, ainsi […]

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Quel est le rôle des financements innovants sur l’équilibre budgétaire du Maroc ? Quels sont les impacts sur les fondamentaux de l’économie du pays ?

Ces deux questions s’imposent parce qu’elles sont à la base de la stratégie de l’État, à travers la nécessité de maîtriser le déficit public, la dette intérieure et extérieure, ainsi que de préserver les autres grands équilibres : balance commerciale, solde extérieur et niveau des réserves en devises.

Par leur nature, les produits innovants de l’État consistent en des cessions d’actifs publics à des fonds, tout en en devenant locataire. Il s’agit d’une opération dite de « sale and lease back », extrêmement classique, qui existe depuis longtemps sur d’autres marchés et à laquelle les entreprises et autres acteurs économiques ont recours lorsqu’ils ont besoin de liquidités.

En cédant certains de ses actifs, l’État encaisse le produit de la vente et se crée ainsi une nouvelle source de financement, même s’il s’engage en contrepartie à verser un loyer, qui constitue une nouvelle charge budgétaire.

Cette technique, incarnée notamment par les OPCI, permet à l’État d’associer les investisseurs institutionnels au financement public, désormais fondé sur une logique public-privé.

L’intérêt des investisseurs est assuré par le rendement proposé. Celui-ci repose sur des taux supérieurs à ceux des bons du Trésor, dont les maturités à 10 ou 15 ans n’atteignent pas les 4 %, alors que les loyers versés aux OPCI dépassent les 6 %.

Ces opérations de refinancement coûtent donc davantage à l’État que le recours aux bons du Trésor, dont la rémunération est inférieure.

La différence essentielle réside toutefois dans leur traitement financier. Les bons du Trésor créent une dette pour l’État, tandis que les OPCI non seulement n’en créent pas, mais lui procurent une source de financement supplémentaire, distincte de l’endettement.

Grâce à ces nouveaux produits, qualifiés à juste titre d’innovants, l’État peut ainsi accroître ses dépenses sans augmenter sa dette. Il peut même la réduire grâce aux cessions d’actifs, qui viennent diminuer la contrepartie de la dette publique.

Ces nouveaux produits financiers, en particulier les OPCI de l’État, lui ont permis de générer près de 100 milliards de dirhams de recettes cumulées sur trois ans, soit plus de 30 milliards de dirhams par an.

Ce montant est considérable au regard des importants engagements pris par le Royaume en matière d’investissements publics accélérés dans la perspective de la Coupe du Monde 2030 : autoroutes, infrastructures, aéroports, mais également Sécurité sociale, Assurance Maladie Obligatoire (AMO), généralisation de la couverture médicale ou encore aide sociale directe aux ménages.

Par ailleurs, l’économie bénéficie d’une capacité supplémentaire de dépense publique, sans dégradation des principaux ratios budgétaires qui auraient pu contraindre l’État à ralentir son effort d’investissement.

Ces dépenses d’investissement, ainsi démultipliées, profitent directement à l’économie. Elles auraient été plus limitées si le Maroc avait atteint les seuils de dette et de déficit budgétaire susceptibles d’être jugés excessifs par le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale, avec le risque d’une dégradation de la notation souveraine du pays.

Cette politique de diversification des sources de financement intervient, en outre, dans une conjoncture économique favorable.

Le financement extérieur bénéficie du développement des exportations, qui couvrent une part croissante des importations. Le déficit du compte courant se limite ainsi à environ 2 %, soit près de 35 milliards de dirhams, un niveau lui-même compensé par les investissements directs étrangers, ce qui contribue à l’augmentation des réserves en devises.

En définitive, les financements innovants apparaissent moins comme un artifice comptable que comme un véritable changement de paradigme dans la manière dont l’État finance son développement.

En transformant son patrimoine en source de liquidités, le Maroc s’est doté d’un levier qui réconcilie deux impératifs longtemps considérés comme contradictoires : accélérer la dépense publique tout en préservant ses grands équilibres macroéconomiques.

Afifa Dassouli

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Foncières : Quand l’immobilier des entreprises devient du capital https://lnt.ma/foncieres-quand-limmobilier-des-entreprises-devient-du-capital/ Thu, 23 Jul 2026 10:35:51 +0000 https://lnt.ma/?p=553732 Plus l’industrie marocaine se développe et prend de la profondeur, plus ses besoins deviennent importants. Les foncières spécialisées dans le financement de locaux industriels constituent l’un des mécanismes de réponse structurelle à ces besoins croissants. Pour comprendre l’activité d’externalisation d’actifs immobiliers, il faut revenir une étape en arrière. Aujourd’hui, la concentration de certaines foncières sur […]

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Plus l’industrie marocaine se développe et prend de la profondeur, plus ses besoins deviennent importants. Les foncières spécialisées dans le financement de locaux industriels constituent l’un des mécanismes de réponse structurelle à ces besoins croissants.

Pour comprendre l’activité d’externalisation d’actifs immobiliers, il faut revenir une étape en arrière.

Aujourd’hui, la concentration de certaines foncières sur l’industrie se justifie par la politique de l’État. Celle-ci repose sur la volonté de mobiliser toutes les forces vives en faveur du développement industriel, l’industrialisation du pays étant l’un des principaux vecteurs de création d’emplois.

Concrètement, il s’agit d’entrepreneurs qui puisent dans leurs actifs afin de financer leur activité. Pour ce faire, ils vendent certaines de leurs immobilisations – bureaux, usines, hôpitaux ou écoles, selon leur secteur d’activité – afin de récupérer des liquidités qu’ils réinjectent dans leur cœur de métier.

Ce choix s’explique principalement par le fait que la rentabilité immédiate de ces actifs immobiliers est inférieure à celle générée par leur activité principale.

Ainsi, lorsque les entreprises atteignent un certain niveau de structuration, comme c’est le cas à l’international, elles cherchent à externaliser leurs actifs immobiliers, qu’elles préfèrent louer auprès des foncières plutôt que de continuer à les détenir.

Autrement dit, lorsque les entreprises deviennent plus structurées, l’acquisition de biens immobiliers, qui ne relève pas de leur cœur de métier, est progressivement remplacée par la location. Le coût moyen pondéré du capital, qui doit se situer entre 12 % et 14 %, est en effet pénalisé par des immobilisations insuffisamment rentables.

Traditionnellement, un investisseur industriel devait consacrer plus du tiers de son investissement à son installation immobilière et à ses équipements, voire à la construction de son usine. Aujourd’hui, il préfère consacrer l’intégralité de son budget à son activité et ne supporter qu’un loyer afin d’améliorer sa rentabilité.

Or, les OPCI sont, par définition, des spécialistes de l’immobilier. Ils acquièrent les actifs, les adaptent aux besoins des investisseurs et les leur louent.

Un modèle largement éprouvé à l’international

Ce métier de Real Estate Investment Trusts (REITs) est largement répandu dans le monde. Il représente plus de 4 500 milliards de dollars d’actifs immobiliers, portés par des foncières qui gèrent une épargne institutionnelle et individuelle avoisinant les 2 500 milliards de dollars.

Depuis longtemps, dans les économies occidentales, les entreprises n’investissent plus directement dans leurs actifs immobiliers. Ce sont les gestionnaires d’actifs qui créent des foncières, administrent ces patrimoines de manière professionnelle, les valorisent et en assurent la pérennité.

Les foncières, qui existent depuis longtemps, peuvent prendre la forme d’un OPCI immobilier, c’est-à-dire d’une foncière réglementée portant des actifs immobiliers.

Ce véhicule concentre d’importants actifs et permet à l’économie de dégager des financements destinés à différents secteurs d’activité.

Par ailleurs, il favorise une gestion professionnelle de l’immobilier ainsi qu’une maintenance adaptée aux exigences des locataires. Sa rentabilité est soutenue par la dynamique économique et par la pérennisation du secteur immobilier.

Il convient de préciser que la foncière, société propriétaire des actifs, est elle-même gérée par une société de gestion.

Deux de ces foncières sont d’ailleurs cotées en Bourse : Immorente Invest, gérée par CFG Capital, et Aradei Capital, gérée par REIM Capital (Real Estate Investment Management).

La société de gestion se charge de trouver les locataires, tandis que la foncière identifie les opportunités d’acquisition.

Une même société de gestion peut administrer plusieurs structures. Elle crée des opportunités d’investissement via des produits financiers proposés aux investisseurs, qu’elle gère ensuite pour leur compte.

Pour chaque acquisition immobilière, une structure spécifique peut être créée selon le profil des investisseurs. Certains souhaitent financer un secteur particulier, comme l’éducation, l’industrie ou la logistique.

C’est donc la foncière qui détient les actifs proposés aux investisseurs institutionnels.

Le cadre réglementaire des OPCI

De la même manière qu’il existe des normes comptables pour les banques ou les compagnies d’assurance, il était nécessaire de créer un cadre spécifique pour l’immobilier.

En 2016, la loi sur les OPCI a permis aux foncières d’adopter le statut d’OPCI afin d’être réglementées et supervisées par l’AMMC. Les sociétés de gestion doivent elles aussi être agréées, tandis que les actifs font l’objet d’une valorisation obligatoire réalisée par des experts immobiliers.

Une différence majeure subsiste néanmoins : la foncière dispose d’un capital fixe, alors que l’OPCI fonctionne avec un capital variable.

C’est d’ailleurs souvent pour cette raison que toutes les foncières ne prennent pas nécessairement la forme d’un OPCI.

Les foncières peuvent commencer par réunir des investisseurs afin de constituer un capital important destiné à acquérir des actifs immobiliers. Elles peuvent également structurer des opérations déjà identifiées et en proposer le financement aux investisseurs institutionnels.

Elles commercialisent ainsi une véritable thèse d’investissement. Il peut s’agir, par exemple, de construire un immeuble au centre de Casablanca destiné à être loué. Les fonds sont levés sur la base de la confiance accordée à la société de gestion et à sa capacité à mettre en œuvre le plan d’affaires.

Le risque existe, mais la rentabilité attendue est également plus élevée.

Les foncières doivent donc assurer le rendement de leurs opérations, transformer les projets immobiliers en produits financiers, apporter les financements nécessaires, garantir la maintenance des actifs et instaurer une relation de confiance avec les investisseurs.

Parallèlement, elles veillent à renforcer progressivement leurs fonds propres afin de réduire leur niveau de risque.

Un levier de financement pour l’économie

Ces outils servent directement l’économie en permettant aux entreprises, industrielles ou non, d’externaliser leurs actifs immobiliers et de réallouer ces ressources financières à leur activité principale.

Ils permettent également aux investisseurs d’améliorer leur rendement en devenant actionnaires des foncières, tout en diversifiant leurs portefeuilles.

Ce métier introduit également davantage de transparence dans le secteur immobilier, tant pour l’évaluation des actifs que pour la formation des prix.

Par définition, ces nouveaux modes de financement reposent sur une transparence complète et contribuent à établir des référentiels de prix fiables, utiles à l’ensemble des acteurs du secteur.

Les quelque 130 milliards de dirhams d’actifs aujourd’hui portés par les OPCI et les autres foncières constituent ainsi une nouvelle source de financement pour l’économie marocaine, tous secteurs confondus.

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En France, l’État se fait locataire de ses propres murs

La logique d’externalisation immobilière portée par les foncières gagne désormais l’appareil d’État lui-même.

En France, le Parlement a définitivement adopté, mardi 21 juillet, la création d’une société foncière chargée de gérer l’immobilier de l’État.

Conséquence directe : les administrations, ministères compris, deviennent locataires des bâtiments qu’elles occupent.

Le dispositif transforme l’Agence de gestion de l’immobilier de l’État (Agile) en établissement public à caractère industriel et commercial, propriétaire des murs sous la tutelle de la Direction de l’immobilier de l’État.

En dissociant le rôle du propriétaire de celui de l’occupant, l’objectif est de responsabiliser les administrations sur les surfaces réellement utilisées. Le ratio moyen atteint actuellement environ 24 m² par agent, contre 10 m² dans le secteur privé.

Un modèle déjà adopté par les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande.

L’enjeu est également financier. L’État français possède un parc d’environ 96 millions de mètres carrés bâtis, valorisé à près de 74 milliards d’euros, qu’il entend réduire d’un quart d’ici 2032.

Adopté par 276 voix contre 86, le texte doit permettre de dégager un levier de financement face à un besoin d’investissement estimé par la Cour des comptes entre 140 et 150 milliards d’euros à l’horizon 2050.

Preuve que la foncière n’est plus seulement un outil au service des entreprises, elle s’impose désormais comme un véritable instrument de politique patrimoniale publique.

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Les produits innovants, des instruments financiers créés par l’État marocain https://lnt.ma/les-produits-innovants-des-instruments-financiers-crees-par-letat-marocain/ Thu, 23 Jul 2026 10:30:27 +0000 https://lnt.ma/?p=553726 Lorsqu’on évoque les produits financiers innovants au Maroc, il ne s’agit pas des instruments sophistiqués qui existent dans les marchés à terme, les marchés optionnels ou à l’étranger sur des indices. Ces produits sont innovants au Maroc lorsqu’ils ont été spécifiquement créés par l’État marocain. Car si l’on peut trouver de l’innovation et de la […]

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Lorsqu’on évoque les produits financiers innovants au Maroc, il ne s’agit pas des instruments sophistiqués qui existent dans les marchés à terme, les marchés optionnels ou à l’étranger sur des indices.

Ces produits sont innovants au Maroc lorsqu’ils ont été spécifiquement créés par l’État marocain. Car si l’on peut trouver de l’innovation et de la sophistication à des niveaux beaucoup plus élevés, le qualificatif est utilisé à juste titre, ici au Maroc, pour parler de produits et de financements qui sont adossés à des actifs et s’apparentent à des opérations dites de « lease back ».

Concrètement, un détenteur, qui est aussi utilisateur d’un actif, va le vendre à un acheteur et va ensuite le lui louer. Au lieu d’avoir un actif dans son bilan, il va avoir zéro dans son bilan. Il va donc liquéfier le bien et disposer immédiatement d’argent pour l’utiliser autrement, tout en supportant, dans le temps, des charges locatives ainsi que les coûts de rénovation et les grosses réparations, en tant que locataire.

Si ces charges sont égales à l’amortissement que le propriétaire enregistrait lui-même chaque année sur son compte de produits et charges, l’opération serait neutre pour lui.

Or, ce n’est souvent pas le cas pour le financement innovant au Maroc.

Un effort financier est produit par l’État marocain pour mettre sur le marché ces produits innovants, pour des raisons patriotiques et stratégiques. Car la plupart des actifs ayant fait l’objet de ces opérations sont totalement amortis, ce qui laisse les charges de loyers entièrement à la charge de l’État qui a lancé ces opérations.

D’autant que certains biens sont vétustes et exigent d’importants investissements de rénovation, ce qui renchérit leur relocation.

En conséquence, l’État aurait pu recourir à des financements conventionnels beaucoup moins coûteux, mais il a préféré miser sur l’innovation, créer une nouvelle classe d’actifs et consentir un sacrifice sur le rendement, puisqu’il en est lui-même le fournisseur.

En contrepartie, il lève des ressources afin d’être au rendez-vous des exigences et des enjeux des chantiers colossaux et pressants du moment. Il s’agit de toute une vision durable du Maroc qu’il fallait engager, mettre en œuvre et donc financer.

L’autre véhicule en est la Charte de l’investissement, sortie et validée en 2022, qui a exprimé les ambitions de l’État. Depuis, près de 90 % des 500 milliards de dirhams d’investissements privés prévus ont été réalisés, même si les retombées sur l’emploi n’ont pas atteint l’objectif des 500 000 postes.

Les projets d’investissement concernés sont supérieurs à 50 millions de dirhams avec une création de 50 emplois stables. Ou, si le projet crée 150 emplois, il n’est soumis à aucun seuil de montant d’investissement pour bénéficier de primes pouvant atteindre 30 % de l’investissement, entre autres avantages prévus par cette Charte.

De très importants programmes d’investissements sont aujourd’hui encore en cours : le programme de transport ferroviaire, celui du transport aérien ou encore les programmes liés aux enjeux de la gestion de l’eau, un sujet d’une portée stratégique et vitale pour le Maroc.

Les projets d’investissement ont ainsi bénéficié des efforts de financement engagés par l’État, qu’il s’agisse de financements intérieurs, extérieurs ou des financements dits innovants, qui font partie intégrante de cette palette de solutions.

L’État a décidé de passer à l’exécution en mettant de côté les considérations d’optimisation du rendement. C’est un sujet de souveraineté.

Résultat : après quatre ans, le Maroc est en plein chantier et les réalisations ont transformé les infrastructures routières, portuaires, les villes, les régions, ainsi que les avancées énergétiques.

Un accent a également été mis sur la décentralisation et l’aménagement territorial, rendant les changements visibles et profitant aux citoyens.

Les OPCI, principal véhicule de cette stratégie

C’est ainsi que les produits de financement innovants incarnent, pour le Maroc, au-delà de leur sens académique, des instruments financiers à portée stratégique, dont le principal véhicule est l’OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier).

Leur succès immédiat a été facilité par un niveau de rendement inégalé sur le marché des capitaux.

En effet, les premiers taux servis par ces produits financiers ont dépassé les 6 %, dans un contexte où la courbe des taux à 15 ans se situait à 5 %, alors même que la nature de cet actif n’était pas aussi liquide que les bons du Trésor.

À 6,3 % précisément, la première rémunération des OPCI constitue une bonne appréciation de la qualité de l’émetteur et de la liquidité.

Même si la loi n° 70-14 relative aux Organismes de Placement Collectif Immobilier a été adoptée le 25 août 2016, le lancement réel est intervenu avec les premiers agréments en 2019-2020.

L’agrément du premier OPCI, CDG Premium Immo, en 2019, suivi de CIH Patrimmo au premier semestre 2020, puis d’Ajarinvest, filiale de la CDG et de CIH Bank, a démontré l’ingéniosité de l’État.

Les institutionnels ont investi dans un produit que l’État avait lui-même choisi et ont ainsi accompagné cette stratégie dans un cadre sécurisé, les actifs cédés aux OPCI restant sous la gestion de l’État et étant de nature stratégique.

Il s’agit notamment d’administrations, d’universités, de CHU ou encore d’établissements pénitentiaires, dont la vente est effective avec une valorisation réalisée au moment de la négociation et validée par deux experts mandatés par l’OPCI.

Depuis, plusieurs OPCI privés ont vu le jour et ne cessent de se développer et de se spécialiser.

Cet instrument de financement, particulièrement bien rémunéré, voire offrant le meilleur rendement du marché, constitue aujourd’hui un véritable défi pour les opérateurs souhaitant lever des fonds.

En créant ces opérations de cession, certes pour financer ses propres projets stratégiques, l’État a également fait émerger un marché des OPCI privés qui représente aujourd’hui plusieurs milliards de dirhams d’actifs.

Une palette d’outils pour financer l’économie

L’État ne s’est toutefois pas arrêté aux OPCI.

Parmi les produits de financement innovants créés pour servir sa stratégie, la mise en place de fonds destinés au financement de l’investissement joue également un rôle important dans la stimulation de l’investissement privé.

De même, la titrisation est utilisée pour rationaliser certaines structures, les alléger et relancer leur capacité de création de richesse et leur rentabilité.

L’État envisage lui-même de titriser certaines de ses charges et créances.

Concrètement, il s’agit d’anticiper des flux positifs qui devaient être perçus dans un, deux ou cinq ans, de les encaisser dès aujourd’hui et de les mobiliser, plutôt que de faire appel directement au marché.

Pour cela, un fonds de titrisation est créé avec la garantie de l’État, auquel sont cédées les créances concernées.

Les investisseurs institutionnels sont particulièrement friands de ces nouveaux titres, car ils conservent un droit de recours qui constitue, de fait, une garantie de l’État.

Celui-ci devient ainsi un acteur à part entière du marché des capitaux.

L’argent est alors mobilisé sur un marché qui collecte l’épargne des investisseurs institutionnels ainsi que l’épargne individuelle, puis l’alloue à des placements offrant un bon rendement, tout en permettant d’associer des signatures publiques et privées.

L’objectif final est de mettre davantage de ressources au service de l’économie, de la dynamiser et de permettre aux opérateurs, qu’ils soient publics ou privés, de financer leurs besoins à travers une multiplicité de véhicules de financement.

Afifa Dassouli


Comment les institutionnels ont restructuré leurs portefeuilles

Les OPCI ont tout particulièrement permis aux institutionnels – caisses de retraite, compagnies d’assurances, banques et autres holdings – de restructurer leurs portefeuilles en se réconciliant avec l’immobilier, tout en finançant indirectement l’industrie légère dans les zones industrielles, entre autres.

Ils accompagnent également de grands opérateurs industriels souhaitant s’installer au Maroc sans porter dans leur bilan des actifs fonciers et immobiliers, tels que les usines elles-mêmes.

À ce titre, les OPCI spécialisés dans l’immobilier industriel constituent un atout d’attractivité pour le Maroc vis-à-vis de ces investisseurs, qui n’ont plus à se préoccuper ni du foncier ni des constructions nécessaires à leur implantation.

La loi sur les OPCI industriels et la réglementation instaurée par l’AMMC ont introduit un outil réglementé et plus rassurant, venant compléter le travail des foncières.

Aujourd’hui, ces OPCI participent à des appels d’offres pour acquérir du foncier et construire des usines destinées à des utilisateurs étrangers, généralement dans le cadre de nouveaux projets d’investissement au sein des nombreuses zones industrielles créées sur l’ensemble du territoire.

Au point qu’aujourd’hui, de grands industriels, notamment asiatiques, réputés pour leur exigence, s’installent de plus en plus au Maroc parce qu’ils y trouvent l’ensemble de ces services, dans des délais précis et avec des budgets respectés.

Cette chaîne de valeur a atteint un niveau de professionnalisme particulièrement élevé.

Certaines banques se sont regroupées pour créer les premières foncières de taille importante, accompagnées par des investisseurs institutionnels dans le cadre du plan « Émergence ». Elles portent aujourd’hui un portefeuille d’actifs considérable, évalué à plusieurs milliards de dirhams.

Le secteur privé a ensuite pris le relais, portant le nombre d’OPCI à 60 entre 2019 et juin 2025, dont trois grandes foncières ainsi que plusieurs OPCI industriels.

Jusqu’alors, les investisseurs institutionnels détenaient des portefeuilles composés principalement d’actions sur une Bourse jugée peu efficiente et d’obligations, essentiellement en bons du Trésor, à hauteur de 30 %. Ils avaient également tenté d’investir directement dans l’immobilier en devenant eux-mêmes promoteurs, sans obtenir de résultats particulièrement probants.

Grâce aux OPCI, ils ont pu remplir la poche d’allocation d’actifs destinée à l’immobilier et se recentrer sur leur cœur de métier, celui de spécialistes de la finance.

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Convergence économique et financière : La recette de la transformation marocaine https://lnt.ma/convergence-economique-et-financiere-la-recette-de-la-transformation-marocaine/ Thu, 23 Jul 2026 09:54:45 +0000 https://lnt.ma/?p=553714 Réformes fiscales, réglementation bancaire innovante, essor d’un marché des capitaux et rendements retrouvés : comment le Maroc a bâti une convergence qui irrigue désormais son économie et ses régimes de retraite avec, en ligne de mire, l’horizon 2030. Le Maroc a posé, ces dernières années, les bases d’une convergence économique et financière dont les effets […]

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Réformes fiscales, réglementation bancaire innovante, essor d’un marché des capitaux et rendements retrouvés : comment le Maroc a bâti une convergence qui irrigue désormais son économie et ses régimes de retraite avec, en ligne de mire, l’horizon 2030.

Le Maroc a posé, ces dernières années, les bases d’une convergence économique et financière dont les effets se lisent aujourd’hui dans la structure de son économie.

Avec un peu de recul, tout est parti d’un travail de fond mené par l’administration, à commencer par les assises de la fiscalité, qui ont amélioré le climat des affaires et fluidifié le doing business.

Deux administrations incarnent ce basculement. L’Office des Changes a fait des pas de géant : l’acte d’investissement des étrangers est devenu beaucoup plus fluide, et la relation des Marocains avec la devise nettement plus souple. La Douane, de son côté, a modernisé ses processus, notamment à travers PortNet.

L’ensemble a créé un terreau fertile pour le développement des investisseurs marocains comme de l’économie nationale.

Cette évolution a fait bouger la structure de la balance commerciale et de la balance des paiements. Les contributeurs ne sont plus seulement les piliers historiques, comme les transferts des Marocains résidant à l’étranger, le tourisme et les exportateurs traditionnels.

De nouveaux ruisseaux alimentent désormais l’équilibre. L’automobile notamment, ainsi que les nouveaux métiers mondiaux du Maroc, comme l’aéronautique, portent une part croissante de l’effort.

Le financement institutionnel au cœur du développement

Le développement suppose du financement, et celui-ci provient principalement des institutionnels : caisses de retraite et leurs régies, compagnies d’assurance, banques et holdings.

Ces derniers ont joué le jeu en adoptant les innovations récentes en matière de financement et en soutenant l’économie de manière appuyée. C’est cet effort conjoint, public et privé, qui commence à porter ses fruits.

La dynamique sert d’ailleurs les institutionnels eux-mêmes. En dehors de leurs fonds de portefeuille et de leur participation obligatoire dans la dette publique, leurs rendements s’étiolaient.

À l’image de ce qu’ont connu les marchés italien et espagnol, la remontée des rendements a dynamisé un véritable marché des capitaux, où les acteurs n’ont plus les yeux rivés uniquement sur la Bourse.

Le rôle décisif, et discret, de la banque centrale

La banque centrale a joué un rôle déterminant, mais discret. Elle n’a pas financé directement l’économie ; elle a édicté des règles nouvelles, inscrites dans la réglementation, qui permettent de déconsolider.

Le mécanisme est parlant. Lorsqu’une banque finance un OPCI portant des actifs de l’État, cet engagement est assimilé à un actif de l’État. La consommation de fonds propres devient alors quasi nulle par rapport à un financement classique.

De l’espace s’est ainsi libéré dans les bilans bancaires pour accueillir de nouveaux financements.

C’est une mesure qui passe inaperçue dans le métier, mais qui en constitue le véritable ressort, un ressort où le risque reste mesuré et protégé, adossé à un secteur bancaire résilient.

La relation étroite entretenue avec le FMI, mise en lumière notamment lors de son rendez-vous de Marrakech, a joué le rôle d’accélérateur. Elle a permis au pays de capitaliser sur les expériences accumulées un peu partout dans le monde et de rapprocher ses pratiques des standards internationaux.

Le résultat est une intelligence mixte entre le public et le privé, à l’origine de l’émergence de nouveaux points d’appui, des OPCI à l’écosystème de Casablanca Finance City, notamment.

Le régulateur du marché des capitaux a accompagné cette montée en puissance en faisant aboutir les textes de loi et d’application dans un temps record, pour saisir un moment qu’il ne fallait pas rater.

Innovation, fiscalité et confiance

Les ressources des institutionnels ne sont pas illimitées, mais la phase de croissance que traverse le pays leur permet d’innover.

L’assurance en offre l’illustration la plus nette : des couvertures qui n’existaient pas émergent, comme l’assurance de l’image sur le web. Le secteur ne se limite plus au clivage vie / non-vie ; il s’étend aux accidents du travail et à l’assurance des chantiers.

Cette diversification ramène du cash nouveau, que les institutionnels doivent ensuite déployer en finançant l’économie et en installant, au fil du temps, un cercle vertueux.

Par ailleurs, le vieux complexe lié à la place des investisseurs étrangers à la Bourse de Casablanca appartient au passé. L’épargne nationale est aujourd’hui suffisamment étoffée pour financer les besoins de croissance du pays, notamment à travers la Bourse et ce, sur un rythme croissant, avec des contributions en hausse.

La fiscalité résume à elle seule le cercle vertueux à l’œuvre. L’impôt sur les sociétés a été ramené à 20 %, et pourtant les recettes continuent de progresser.

Deux facteurs l’expliquent. D’abord, une campagne d’assainissement menée sans tapage, qui a permis de mieux appréhender le privé, les professions libérales et les petits commerces avec une démarche fondée, parce qu’elle touche au social.

Ensuite, et surtout, le rétablissement d’un pont de confiance : l’État a inspiré confiance, et les contribuables ont suivi.

Cette confiance s’appuie en partie sur la digitalisation, la simplification de l’acte d’investir et un vrai effort de communication.

L’administration se veut désormais accessible, sans crainte ni complexe, avec une logique de proximité jusque dans les directions des impôts. Administration et secteur privé avancent à un rythme parallèle, et l’interaction est devenue quasiment fluide.

Des bénéfices pour les retraites, mais des défis persistants

La transformation financière profite directement aux systèmes de retraite.

Une économie qui croît de l’ordre de 6 % ouvre des opportunités de placements rentables, ce qui se traduit par une meilleure gestion des portefeuilles des caisses et, donc, par un gain de pérennité.

L’ordre de grandeur est éloquent : lorsque la Bourse progresse de 20 %, les portefeuilles des compagnies d’assurance dégagent, par le jeu de la répartition des actifs, une performance de 15 à 18 %, contre 4 à 5 % auparavant.

Autant de gains qui allongent la durée de vie des caisses de quelques mois, voire de quelques années.

Mais cette contribution ne suffit pas à elle seule. La réforme paramétrique des régimes reste à mener, un chantier lourd mais incontournable qui incombera à la prochaine législature et au prochain gouvernement.

Pour autant, malgré tous ces acquis, la principale fragilité reste à adresser.

La croissance n’est pas encore homogène d’une région à l’autre ; elle n’est pas assez inclusive.

L’enjeu central consiste à faire en sorte que le taux de croissance bénéficie à la masse.

Le taux de pénétration s’est certes déjà élargi, facilitant l’intégration de populations désormais présentes dans des structures organisées, là où l’informel dominait.

Mais deux chantiers conditionnent la suite de la trajectoire à l’horizon 2030 : la réforme des retraites et une croissance mieux répartie entre les territoires.

Zouhair Yata

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Cinq ans pour mieux faire https://lnt.ma/cinq-ans-pour-mieux-faire/ Thu, 23 Jul 2026 09:50:04 +0000 https://lnt.ma/?p=553697 Retrouvez le sommaire de notre Spécial été 2026 Un chiffre traverse ce numéro spécial sans y trouver de réponse. La Charte de l’investissement de 2022 fixait deux objectifs : 550 milliards de dirhams d’investissements privés et 500 000 emplois. Le premier a été atteint à près de 90 %. Le second ne l’a pas été. […]

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Retrouvez le sommaire de notre Spécial été 2026

Un chiffre traverse ce numéro spécial sans y trouver de réponse. La Charte de l’investissement de 2022 fixait deux objectifs : 550 milliards de dirhams d’investissements privés et 500 000 emplois. Le premier a été atteint à près de 90 %. Le second ne l’a pas été.

Cet écart n’est pas une anomalie statistique, c’est en réalité le résumé de la décennie qui vient.

Le Wali de Bank Al-Maghrib l’a dit devant Sa Majesté le Roi, en présentant le rapport annuel de la Banque centrale. L’économie a crû de 4,9 % en 2025, l’inflation est restée contenue sous 1 %, le déficit budgétaire est revenu à 3,5 % du PIB, les réserves de change atteignent 443 milliards de dirhams, près de cinq mois et demi d’importations.

Alors certes, les créations d’emplois ont augmenté, mais pas assez pour faire reculer sensiblement un taux de chômage qui reste à 13 %. Et le Wali Jouahri a posé le mot qui importe, celui de décalage, entre des performances économiques objectivement mesurées et le ressenti de nos citoyens.

Il y a dans ce constat un paradoxe qu’on ne pourra plus cacher derrière les performances financière. Parmi les raisons de l’amélioration du déficit budgétaire, la Banque centrale cite explicitement les recettes des mécanismes de financement innovants, ceux-là mêmes que nos pages décrivent en détail : OPCI, cession-bail, titrisation.

L’ingénierie financière marocaine fonctionne et elle produit exactement ce qu’on attendait d’elle. Mais ce qu’elle ne produit pas, mécaniquement, ce sont des emplois et une amélioration perceptible des conditions de vie et du pouvoir d’achat.

Le Souverain l’avait formulé sans détour dans le discours du Trône de 2025, en écartant l’hypothèse d’« un Maroc avançant à deux vitesses », et c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Une croissance de près de 5 % qui ne se diffuse ni également entre les territoires, ni suffisamment vers le plus grand nombre, n’a pas encore rempli son contrat.

Parce que le taux de croissance n’est pas un objectif, c’est un moyen. Et ce qui compte, c’est le nombre de Marocains dont il change effectivement la condition.

Les compétences ne manquent pas

D’autant que le pays ne manque pas de compétences ou d’atouts pour renverser la tendance.

Toutes les avancées économiques dont nous tirons le portrait ont été conçues et exécutées par des Marocains, dans des institutions marocaines. Ce sont des opérations d’un niveau technique élevé, comparables à ce qui se pratique sur les places matures, et elles ont réussi.

Le développement de la santé privée dit la même chose. Des groupes marocains construisent, financent et exploitent des cliniques à travers le Royaume, lèvent sur le marché boursier pour le faire, et tiennent leurs plans de développement.

Là encore, la compétence était disponible dès lors qu’un cadre et un financement l’ont rencontrée.

La question n’est donc pas de savoir si le pays sait faire : il sait. Elle est de savoir comment étendre ce qui a réussi dans quelques secteurs à l’ensemble du corps économique et social.

C’est une question d’échelle et de diffusion, pas de capacité.

L’orientation, chantier de longue haleine

C’est là que la formation professionnelle et l’orientation deviennent le sujet central des cinq années qui viennent.

Le pays forme des jeunes, beaucoup de jeunes, y compris à des niveaux élevés. Ce qui fait défaut, c’est l’articulation entre ce qu’ils apprennent et ce dont l’économie a besoin, aujourd’hui et dans dix ans.

Trop de diplômés arrivent sur le marché du travail avec une formation réelle mais désajustée, et le chômage des jeunes qualifiés est le symptôme le plus coûteux de ce décalage.

Les instruments existent pourtant. Des filières d’excellence sont installées, les universités publiques ont massifié l’accès au supérieur, les établissements privés se sont professionnalisés, les cités des métiers et des compétences déploient un réseau national.

Le dispositif est en place et il a la capacité de faire le travail.

Ce qui reste à construire, c’est l’orientation elle-même, cette fonction modeste et décisive qui consiste à conduire un jeune vers un métier qui aura un débouché, et à permettre à un adulte déjà en emploi de se requalifier avant que son métier ne se transforme ou vers un nouveau métier.

L’intelligence artificielle rend cette exigence urgente. Les activités autour desquelles le Maroc a bâti une part de son attractivité, les services, l’externalisation, une partie de l’ingénierie et de la gestion, sont précisément celles que la vague technologique recompose le plus vite.

Ce n’est pas une raison de renoncer, c’est une raison d’accélérer l’orientation vers les métiers qui, eux, se créent.

Ce travail-là ne se décrète pas et ne produit pas de résultat en un exercice budgétaire. Il se mène sur une décennie, avec constance.

Ce qui attend la prochaine législature

Le Wali de Bank Al-Maghrib a été clair sur le reste du programme.

La réforme des régimes de retraite est désormais inévitable, et ses conséquences budgétaires devront être absorbées. Le soutien social, malgré les ressources considérables qui lui sont allouées, appelle un ciblage plus fin au profit des plus vulnérables.

La régionalisation avancée, relancée depuis le discours royal de 2024, exige la mobilisation des compétences nécessaires pour faire émerger de véritables pôles économiques régionaux.

La revue régulière des dépenses et la réforme de la loi organique des finances conditionnent les marges de manœuvre de l’État.

Tout cela reviendra au gouvernement issu des urnes en septembre. Il n’héritera pas d’une page blanche, mais d’un calendrier contraint et d’un socle solide.

C’est une situation enviable, et redoutable, parce qu’elle ne laisse aucune excuse.

Car ce qui est acquis désormais, c’est que les moyens ne manquent plus. Le pays a démontré qu’il savait lever de l’argent, réformer ses structures, tenir ses grands équilibres et faire travailler ensemble le public et le privé.

Les cinq années qui viennent ne lui demanderont pas de faire davantage, mais de faire mieux, c’est-à-dire de convertir cette réussite financière en emplois, en qualifications et en conditions de vie perceptibles.

C’est un objectif plus exigeant qu’un taux de croissance, parce qu’il ne se mesure pas dans un tableau de bord mais dans la vie des gens.

Et c’est le seul qui vaille d’être poursuivi.

Zouhair Yata

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Accra : Bourita porte la Vision Royale pour une souveraineté sanitaire africaine https://lnt.ma/accra-bourita-porte-la-vision-royale-pour-une-souverainete-sanitaire-africaine/ Wed, 22 Jul 2026 14:25:49 +0000 https://lnt.ma/?p=553655 Sur instruction royale, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, représente SM le Roi Mohammed VI au Sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur l’élimination du Sida et la lutte contre les décès maternels évitables, maladies transmissibles et non transmissibles endémiques, et le renforcement des systèmes […]

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Sur instruction royale, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, représente SM le Roi Mohammed VI au Sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur l’élimination du Sida et la lutte contre les décès maternels évitables, maladies transmissibles et non transmissibles endémiques, et le renforcement des systèmes de santé à l’horizon 2030, qui se tient mercredi à Accra.

A cette occasion, M. Bourita a mis en avant la Vision Royale d’une souveraineté sanitaire africaine fondée sur la solidarité, la justice sociale et le partage d’expertises.

Il a souligné, notamment, que le Maroc, sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI a fait de la santé un pilier stratégique de sa coopération continentale, en phase avec les trois grands enjeux du Sommet : la fabrication locale de produits médicaux, le financement innovant et la gouvernance politique.

Axée sur l’élimination du Sida à l’horizon 2030 et la lutte contre les décès maternels évitables, les maladies transmissibles et non transmissibles endémiques sur le continent, ainsi que sur le renforcement des systèmes de santé à l’horizon 2030, ce Sommet intervient dans la suite de la décision de la 38e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement relative à l’évolution des priorités sanitaires de l’Afrique.

Le Sommet a examiné une feuille de route de l’UA, à l’horizon 2030 et au-delà, afin de pérenniser la riposte au VIH/Sida, de renforcer la résilience des systèmes de santé et d’améliorer la sécurité sanitaire sur l’ensemble du continent.

La délégation marocaine, conduite par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, est composée de représentants du ministère de la Santé et du ministère de l’Economie et des Finances.

 

LNT avec Map

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Décès d’un Marocain à Bologne : Rabat exige une enquête approfondie https://lnt.ma/deces-dun-marocain-a-bologne-rabat-exige-une-enquete-approfondie/ Wed, 22 Jul 2026 09:52:29 +0000 https://lnt.ma/?p=553620 Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger suit avec préoccupation les événements et les faits ayant conduit au décès d’un ressortissant marocain survenu à Bologne, en Italie. Dans un communiqué, le ministère précise que les autorités marocaines ont demandé aux autorités italiennes compétentes qu’elles procèdent promptement à […]

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Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger suit avec préoccupation les événements et les faits ayant conduit au décès d’un ressortissant marocain survenu à Bologne, en Italie.

Dans un communiqué, le ministère précise que les autorités marocaines ont demandé aux autorités italiennes compétentes qu’elles procèdent promptement à une enquête exhaustive pour faire toute la lumière sur les circonstances entourant ce décès, et qu’elles fournissent les éclaircissements nécessaires sur ce drame.

Selon la même source, elles ont également exigé que les responsabilités soient établies et que soit garantie la pleine application des mesures et procédures légales requises.

Les autorités marocaines continueront à suivre de très près ce dossier, dans le cadre de leur engagement constant à protéger les intérêts des Marocains résidant à l’étranger, souligne le communiqué, ajoutant que des instructions fermes ont été données en ce sens à l’ambassade et au consulat général concernés, pour suivre l’évolution de cette affaire.

 

LNT avec Map

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Décès d’Abderrahim Fakir en Italie : l’ambassade du Maroc suit l’affaire de près https://lnt.ma/deces-dabderrahim-fakir-en-italie-lambassade-du-maroc-suit-laffaire-de-pres/ Tue, 21 Jul 2026 09:17:49 +0000 https://lnt.ma/?p=553518 L’ambassade du Royaume du Maroc en Italie a indiqué, lundi, suivre, « depuis les premiers instants et avec la plus grande attention et une profonde préoccupation », les développements de la tragique affaire ayant coûté la vie au ressortissant marocain Fakir Abderrahim. Dès le début, des instructions ont été données au consulat général du Royaume du Maroc […]

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L’ambassade du Royaume du Maroc en Italie a indiqué, lundi, suivre, « depuis les premiers instants et avec la plus grande attention et une profonde préoccupation », les développements de la tragique affaire ayant coûté la vie au ressortissant marocain Fakir Abderrahim.

Dès le début, des instructions ont été données au consulat général du Royaume du Maroc territorialement compétent afin qu’il apporte à la famille tout le soutien moral nécessaire ainsi que l’assistance consulaire requise dans des circonstances d’une telle gravité, a affirmé dans un communiqué l’ambassadeur du Maroc en Italie.

Il a également été demandé au consulat général de maintenir un contact permanent avec les autorités judiciaires italiennes chargées de l’enquête, dans le plein respect des conventions internationales applicables et des procédures prévues par l’ordre juridique italien.

« L’intérêt de tous est que toute la lumière soit faite sur ce drame, en établissant avec rigueur, impartialité et transparence l’ensemble des circonstances des faits », relève le diplomate, tout en renouvelant la « pleine confiance » de l’ambassade dans le système judiciaire italien.

« Nous sommes convaincus que les investigations en cours permettront d’établir toute la vérité sur les circonstances de ce drame », a-t-il souligné.

En ces circonstances particulièrement douloureuses, il a tenu à exprimer, au nom de l’Ambassade du Royaume du Maroc, ses plus sincères condoléances ainsi que sa profonde compassion et son entière solidarité à la famille de la victime.

 

LNT avec Map

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Le Maroc et le Portugal conviennent de relancer le projet d’interconnexion électrique https://lnt.ma/le-maroc-et-le-portugal-conviennent-de-relancer-le-projet-dinterconnexion-electrique/ Tue, 21 Jul 2026 09:16:42 +0000 https://lnt.ma/?p=553521 Le Maroc et le Portugal ont convenu de relancer le projet d’interconnexion électrique entre les deux pays, à l’arrêt depuis 2022, et de solliciter un soutien de l’Union européenne afin de contribuer au financement de ce projet stratégique. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a indiqué, à l’issue d’entretiens […]

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Le Maroc et le Portugal ont convenu de relancer le projet d’interconnexion électrique entre les deux pays, à l’arrêt depuis 2022, et de solliciter un soutien de l’Union européenne afin de contribuer au financement de ce projet stratégique.

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a indiqué, à l’issue d’entretiens tenus lundi à Lisbonne avec la ministre portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, que les deux pays entendent, à travers ce projet, « réduire les coûts, notamment en garantissant une énergie à des prix abordables », au bénéfice des populations et des différents secteurs économiques concernés.

Dans une déclaration à la presse, Mme Benali a souligné que le Maroc et le Portugal ambitionnent de « réduire les coûts, et en particulier d’améliorer l’accessibilité financière de l’énergie », dans l’intérêt des citoyens et de plusieurs secteurs économiques des deux pays.

Elle a ajouté que les deux parties se sont accordées à travailler en parallèle à la mobilisation de financements européens et à l’exploration des possibilités de participation du secteur privé à la réalisation du projet d’interconnexion électrique, qui devrait contribuer au renforcement de la sécurité énergétique et de la coopération entre l’Europe et l’Afrique.

De son côté, la ministre portugaise a annoncé que Lisbonne et Rabat demanderont à la Commission européenne d’examiner la possibilité de classer le projet parmi les projets d’intérêt commun (PIC) de l’Union européenne, ce qui lui permettrait de bénéficier des mécanismes européens de financement.

Les deux parties, a-t-elle précisé, présenteront ce projet à la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée d’une transition propre, juste et compétitive, Teresa Ribera, afin d’évaluer l’intérêt de l’Union européenne pour son inscription parmi les projets prioritaires à l’échelle européenne.

Mme Carvalho a estimé qu’une nouvelle interconnexion électrique entre l’Europe et l’Afrique contribuerait à renforcer la sécurité énergétique et à consolider la coopération entre les deux continents.

Elle a ajouté que le Maroc et le Portugal ont convenu d’engager, dans une première phase, des consultations avec la Commission européenne afin d’évaluer sa disposition à soutenir le projet et à le reconnaître comme un projet stratégique européen.

Parallèlement, les deux pays travailleront sur deux volets complémentaires : le premier vise à bénéficier du mécanisme européen de financement « Connecting Europe », tandis que le second consistera à sonder l’intérêt des investisseurs privés en lançant un appel à manifestation d’intérêt destiné aux gestionnaires de réseaux électriques et aux entreprises de services publics.

La ministre portugaise a insisté sur le fait que l’objectif est de réaliser le projet au coût le plus faible possible, afin d’éviter toute charge financière supplémentaire pour les contribuables ou les consommateurs d’énergie.

Elle a toutefois relevé qu’il était encore prématuré de trancher sur la solution technique qui sera retenue, qu’il s’agisse d’un câble sous-marin direct entre le Portugal et le Maroc ou d’une connexion utilisant les infrastructures existantes via l’Espagne, déjà reliée au réseau électrique marocain.

Cette orientation intervient dans un contexte de regain d’intérêt pour le projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal, lancé pour la première fois en 2018, notamment après la panne électrique de grande ampleur qui a touché l’Espagne et le Portugal en avril 2025 et mis en évidence la faible interconnexion de la péninsule Ibérique avec le reste du réseau européen.

Le taux d’interconnexion électrique de la péninsule Ibérique avec les réseaux européens est actuellement d’environ 3 %, un niveau largement inférieur à l’objectif de 15 % fixé par l’Union européenne à l’horizon 2030.

Selon les deux parties, ce projet permettra de renforcer la sécurité d’approvisionnement énergétique du Portugal, actuellement relié à un seul réseau électrique, celui de l’Espagne, en lui offrant une source supplémentaire d’électricité en cas d’urgence ou de rupture d’approvisionnement.

La rencontre, qui s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Maroc au Portugal, Othmane Bahnini, a également permis d’examiner les moyens de consolider le partenariat stratégique entre les deux pays dans le domaine de l’énergie et les mécanismes de financement de ce projet d’interconnexion grâce au soutien européen et à la mobilisation des investissements privés.

 

LNT avec Map

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Législatives 2026 : activation des commissions de suivi des élections https://lnt.ma/legislatives-2026-activation-des-commissions-de-suivi-des-elections/ Mon, 20 Jul 2026 17:37:50 +0000 https://lnt.ma/?p=553487 En application des instructions adressées par SM le Roi Mohammed VI au ministre de l’Intérieur et au président du ministère public, afin de veiller au bon déroulement des élections législatives relatives à l’élection des membres de la Chambre des représentants, prévues le 23 septembre 2026, il a été procédé lundi à l’activation de la commission […]

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En application des instructions adressées par SM le Roi Mohammed VI au ministre de l’Intérieur et au président du ministère public, afin de veiller au bon déroulement des élections législatives relatives à l’élection des membres de la Chambre des représentants, prévues le 23 septembre 2026, il a été procédé lundi à l’activation de la commission centrale de suivi des élections lors d’une réunion tenue, à cet effet, au siège du ministère de l’Intérieur.

Par la même occasion, il a été procédé au niveau territorial à l’activation de commissions provinciales de suivi des élections qui se composent, dans chaque préfecture, province et préfecture d’arrondissements, du wali ou du gouverneur, du procureur général du Roi ou du procureur du Roi, ainsi que de commissions régionales qui ont été chargées d’accompagner les travaux des commissions provinciales au niveau de chaque région du Royaume, indique un communiqué du ministère de l’Intérieur.

La commission centrale et les commissions provinciales et régionales ont pour principale mission la prise des mesures pratiques susceptibles de veiller à la préservation et au respect de l’intégrité des opérations électorales, et ce à travers le suivi du déroulement des différentes étapes desdites opérations, et de faire face, sur le champ, à tout ce qui est de nature à y porter atteinte, depuis la phase actuelle jusqu’au scrutin et la proclamation de ses résultats.

La commission centrale et les commissions provinciales et régionales entameront leurs missions dans le strict respect des lois et règlements en vigueur, sans porter préjudice aux attributions et prérogatives conférées par la loi aux instances législatives, judiciaires et administratives.

En vue de la moralisation du prochain processus électoral et de son immunisation contre tout ce qui pourrait porter atteinte à la volonté et au libre choix des électrices et des électeurs, lesdites commissions s’attacheront à la mise en œuvre des mesures susceptibles de détecter dans l’immédiat les infractions liées aux opérations électorales, chaque fois qu’elles disposent des données nécessaires, et à l’entame de la procédure d’enquête ou de poursuite judiciaire le cas échéant.

En adoptant l’approche participative dans la gestion des préparatifs des prochaines élections, la commission centrale tiendra, chaque fois qu’il s’avère nécessaire, des rencontres avec les chefs des partis politiques, afin de les tenir informés du déroulement des préparatifs liés aux différentes étapes des opérations électorales, d’être à l’écoute de leurs propositions et d’examiner les questions qu’ils vont soulever, conclut le communiqué.

 

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Justice : la Présidence du ministère public et la CDG accélèrent la digitalisation des échanges relatifs aux notaires https://lnt.ma/justice-la-presidence-du-ministere-public-et-la-cdg-accelerent-la-digitalisation-des-echanges-relatifs-aux-notaires/ Sat, 18 Jul 2026 11:01:25 +0000 https://lnt.ma/?p=553385 La Présidence du ministère public et la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) ont franchi une nouvelle étape dans la modernisation de leurs échanges administratifs avec la signature, vendredi à Rabat, d’un protocole d’accord portant sur la digitalisation des notifications réglementaires relatives aux notaires. Cette initiative vise à fluidifier la transmission des informations, à […]

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La Présidence du ministère public et la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) ont franchi une nouvelle étape dans la modernisation de leurs échanges administratifs avec la signature, vendredi à Rabat, d’un protocole d’accord portant sur la digitalisation des notifications réglementaires relatives aux notaires. Cette initiative vise à fluidifier la transmission des informations, à renforcer la sécurité des transactions notariales et à accompagner la transformation numérique de l’administration judiciaire.

Signé sous la présidence du procureur général du Roi près la Cour de cassation, président du ministère public, Hicham Balaoui, et du directeur général de la CDG, Khalid Safir, cet accord s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions du décret d’application de l’article 33 de la loi n° 32.09 relative à l’organisation de la profession notariale.

Le protocole d’accord établit un cadre de coopération destiné à organiser les échanges numériques entre les deux institutions, notamment en ce qui concerne les notifications émises par la CDG lorsqu’elle relève des situations de non-conformité dans les opérations de règlement effectuées par les notaires.

L’objectif est de remplacer progressivement les procédures papier par un système d’échange électronique permettant une transmission plus rapide, plus fiable et plus sécurisée des informations, conformément aux exigences légales et réglementaires.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté commune des deux institutions de renforcer le recours aux outils numériques afin d’améliorer l’efficacité des échanges de données et de consolider leur coopération dans les domaines relevant de leurs compétences respectives.

À cette occasion, Hicham Balaoui a souligné que cet accord permettra de renforcer la coopération déjà existante entre la Présidence du ministère public et la CDG.

Selon lui, la digitalisation des échanges contribuera à dépasser les limites des procédures fondées sur les supports papier, au profit de mécanismes plus performants susceptibles d’améliorer le traitement des informations et, plus largement, la pratique judiciaire.

Le procureur général du Roi a également estimé que cette évolution produira des effets concrets pour les citoyens et les justiciables, en renforçant la sécurité des actes établis par les notaires et en contribuant à une meilleure moralisation de l’exercice des professions juridiques, en particulier celle de notaire.

De son côté, Khalid Safir a indiqué que cette convention traduit l’engagement des deux institutions à poursuivre la modernisation de leurs méthodes de travail afin d’améliorer leur efficacité, leur transparence ainsi que leurs mécanismes de coordination et de suivi.

Le directeur général de la CDG a expliqué que le nouveau dispositif repose sur un système sécurisé d’échange électronique des notifications adressées aux procureurs généraux du Roi près les Cours d’appel, via la plateforme numérique de la Présidence du ministère public.

Selon lui, cette solution permettra d’accélérer le traitement des notifications, d’assurer leur transmission immédiate aux autorités compétentes avec l’ensemble des documents nécessaires, d’améliorer la fiabilité des données échangées et de faciliter les opérations de suivi.

Il a également souligné que le dispositif a été conçu pour garantir un niveau élevé de sécurité des systèmes d’information ainsi que la protection des données à caractère personnel.

Au-delà de l’aspect technique, les deux institutions considèrent cette initiative comme une contribution au chantier plus large de la transformation numérique de l’administration publique.

Pour Khalid Safir, le développement de canaux numériques de coopération entre la CDG et la Présidence du ministère public constitue un levier essentiel pour répondre aux exigences d’une administration moderne, tout en renforçant la protection des droits des citoyens et la confiance dans les institutions.

LNT

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Lecornu souligne le caractère stratégique de la coopération économique entre la France et le Maroc https://lnt.ma/lecornu-souligne-le-caractere-strategique-de-la-cooperation-economique-entre-la-france-et-le-maroc/ Fri, 17 Jul 2026 10:20:06 +0000 https://lnt.ma/?p=553334 Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a mis en avant le caractère stratégique de la coopération économique entre la France et le Maroc, évoquant les projets ambitieux portés par les deux pays dans les domaines notamment des transports, de l’énergie et des technologies de pointe. « Nos deux pays travaillent pour créer de nouvelles synergies entre […]

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Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a mis en avant le caractère stratégique de la coopération économique entre la France et le Maroc, évoquant les projets ambitieux portés par les deux pays dans les domaines notamment des transports, de l’énergie et des technologies de pointe.

« Nos deux pays travaillent pour créer de nouvelles synergies entre leurs entreprises afin de les intégrer dans les mêmes chaînes de valeur », a déclaré M. Lecornu qui s’exprimait lors d’un point de presse à l’issue de la Réunion de haut niveau (RNH) qu’il a coprésidée avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

Il a également cité les multiples initiatives des petites et moyennes entreprises nombreuses qui travaillent ensemble de part et d’autre de la Méditerranée.

Par ailleurs, le chef du gouvernement français a salué la qualité des actions menées conjointement contre la menace terroriste, le narcotrafic, le trafic d’êtres humains et les migrations irrégulières.

« C’est la confiance qui nous permet d’être efficace. Elle a permis d’aboutir à des succès opérationnels sans précédent dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic, grâce au travail conjoint de nos policiers et de nos magistrats », a-t-il dit.

Il a, dans ce cadre, réitéré la volonté de son pays de hisser cette coopération « à un rang plus élevé dans les prochains mois, avec la conclusion d’un accord sécuritaire global ».

M. Lecornu a, de même, souligné « l’importance centrale » du continent africain pour les deux pays, se félicitant de l’engagement du Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, pour la paix et la sécurité au Sahel et partout en Afrique.

Abordant les perspectives des relations bilatérales, il a indiqué que les deux pays se penchent sur l’élaboration d’un traité bilatéral, « le premier que la France signera avec un pays hors de l’Union européenne ».

« L’ambition est d’organiser notre avenir commun, dans un cadre unique, stable, ambitieux et adapté aux défis des prochaines décennies », a-t-il dit.

 

LNT avec Map

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Maroc-France : Onze accords signés à l’occasion de la Réunion de Haut Niveau https://lnt.ma/maroc-france-onze-accords-signes-a-loccasion-de-la-reunion-de-haut-niveau/ Thu, 16 Jul 2026 15:47:39 +0000 https://lnt.ma/?p=553305 Pour Aziz Akhannouch, cette réunion constitue la première traduction gouvernementale du nouveau cadre politique défini par les deux chefs d’État lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024. Le Chef du gouvernement a estimé que cette rencontre ne relevait pas d’une simple reprise des mécanismes de coopération existants, mais […]

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Pour Aziz Akhannouch, cette réunion constitue la première traduction gouvernementale du nouveau cadre politique défini par les deux chefs d’État lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024. Le Chef du gouvernement a estimé que cette rencontre ne relevait pas d’une simple reprise des mécanismes de coopération existants, mais marquait le passage à une mise en œuvre concrète d’une vision commune fondée sur une convergence politique renforcée, une confiance renouvelée et une ambition partagée.

Selon lui, les relations entre Rabat et Paris ont connu une accélération notable depuis octobre 2024, avec plus de quarante visites et rencontres de haut niveau réunissant gouvernements, institutions, collectivités territoriales, opérateurs économiques, universités et acteurs de la société civile. La présence de vingt-deux ministres marocains et français lors de cette réunion illustre, selon M. Akhannouch, le caractère exceptionnel de cette nouvelle dynamique.

Une coopération économique renforcée

Le Chef du gouvernement a également mis en avant la dimension économique du partenariat. Les onze nouveaux accords signés à Rabat viennent compléter les vingt-deux accords stratégiques conclus en octobre 2024, représentant un volume d’investissements d’environ 10 milliards d’euros.

Ces nouveaux instruments couvrent plusieurs secteurs, notamment la santé, les transports, l’aviation civile, la coopération décentralisée, l’enseignement, la promotion de la langue arabe, la culture, l’agriculture ainsi que d’autres domaines jugés stratégiques pour renforcer la complémentarité entre les économies marocaine et française.

Parmi les principaux accords figure la confirmation du financement de la Ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, une déclaration commune relative au partenariat dans le secteur de l’eau, un plan d’action triennal dans l’aviation civile, des accords de coopération culturelle, scientifique et agricole, ainsi que plusieurs conventions portant sur les infrastructures, les services postaux et la recherche agronomique.

En marge de la réunion plénière, plusieurs ministres des deux pays ont tenu des rencontres bilatérales afin d’approfondir les partenariats sectoriels.

Dans le domaine du transport, les discussions entre Abdessamad Kayouh et Philippe Tabarot ont porté sur le développement du transport routier international, la coopération maritime, les infrastructures aéroportuaires ainsi que la formation dans les métiers ferroviaires. Le ministre français des Transports a qualifié le Maroc de véritable « hub de mobilité » continental, saluant notamment les avancées réalisées dans le développement du réseau ferroviaire à grande vitesse.

Les ministres de l’Agriculture ont, pour leur part, confirmé leur volonté de poursuivre la feuille de route agricole commune, en mettant l’accent sur la recherche, l’innovation, la gestion durable de l’eau, la formation et les échanges scientifiques entre établissements marocains et français.

Dans le secteur du numérique, Amal El Fallah Seghrouchni et Anne Le Hénanff ont évoqué le développement d’une coopération autour de l’intelligence artificielle, de la souveraineté numérique, du cloud, de l’innovation, du soutien aux startups et du développement des compétences. Les deux responsables ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une intelligence artificielle de confiance, centrée sur l’humain et respectueuse des principes de sécurité et de protection de la vie privée.

Les ministres de la Culture ont également convenu de renforcer les échanges artistiques, la coopération cinématographique sur le continent africain ainsi que les partenariats avec l’Institut du Monde Arabe.

Sur le plan diplomatique, Aziz Akhannouch a estimé que le dialogue politique entre les deux pays n’avait « jamais été aussi dense ni aussi structuré », soulignant une convergence croissante sur les principaux dossiers régionaux et internationaux.

À l’ouverture des travaux, il a rappelé que le soutien de la France à l’intégrité territoriale du Royaume et à la marocanité du Sahara avait contribué à instaurer un climat de confiance renforcée entre les deux partenaires.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a, de son côté, qualifié cette réunion de « moment charnière » destiné à faire « changer d’échelle » les relations bilatérales. Il a souligné que les deux gouvernements souhaitaient transformer les engagements politiques en résultats concrets dans des domaines tels que la sécurité, la transition énergétique, les infrastructures, les mutations technologiques ou encore les défis africains.

À l’issue de la réunion, M. Lecornu a également réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté du Maroc sur son Sahara, qualifiant cette position d’« intangible » et rappelant les déclarations formulées par le président Emmanuel Macron dans son message adressé à Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de la Fête du Trône de 2024.

LNT

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Maroc-France : la 15e Réunion de Haut Niveau s’ouvre à Rabat https://lnt.ma/maroc-france-la-15e-reunion-de-haut-niveau-souvre-a-rabat/ Thu, 16 Jul 2026 10:29:31 +0000 https://lnt.ma/?p=553264 Arrivé mercredi soir à l’aéroport de Rabat-Salé pour une visite officielle, Sébastien Lecornu a été accueilli par Aziz Akhannouch. Le Premier ministre français a été salué par plusieurs membres du gouvernement marocain, parmi lesquels les ministres Ahmed El Bouari, Ryad Mezzour, Abdessamad Kayouh, Mustapha Baitas et Amal El Fallah Seghrouchni, ainsi que par le wali […]

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Arrivé mercredi soir à l’aéroport de Rabat-Salé pour une visite officielle, Sébastien Lecornu a été accueilli par Aziz Akhannouch. Le Premier ministre français a été salué par plusieurs membres du gouvernement marocain, parmi lesquels les ministres Ahmed El Bouari, Ryad Mezzour, Abdessamad Kayouh, Mustapha Baitas et Amal El Fallah Seghrouchni, ainsi que par le wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed El Yaacoubi.

Les travaux de cette 15e Réunion de Haut Niveau se tiennent dans le cadre du partenariat d’exception renforcé unissant le Maroc et la France. Précédée par plusieurs réunions bilatérales entre les membres des deux gouvernements, cette session vise à approfondir la coopération entre Rabat et Paris et à ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration dans plusieurs domaines stratégiques.

La rencontre devrait notamment être marquée par la signature de plusieurs accords destinés à donner un nouvel élan aux relations maroco-françaises.

Une forte mobilisation gouvernementale

La délégation marocaine réunit plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, ainsi que le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari.

Participent également aux travaux le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdeltif Loudyi, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, ainsi que le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hjira.

Du côté français, Sébastien Lecornu est accompagné d’une importante délégation ministérielle composée notamment du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, du ministre des Transports, Philippe Tabarot, de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, de la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, du ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier, ainsi que de la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, et de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit.

Cette 15e Réunion de Haut Niveau s’inscrit dans la relance des relations entre le Maroc et la France et doit permettre aux deux gouvernements de faire le point sur les principaux dossiers de coopération, tout en définissant de nouveaux axes de partenariat.

Les accords attendus devraient couvrir plusieurs secteurs, notamment l’économie, l’industrie, l’agriculture, les transports, le numérique, la culture, l’éducation et la défense.

LNT

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Gaza : le Maroc officialise sa participation à la Force internationale de stabilisation https://lnt.ma/bourita-le-maroc-participe-a-la-force-internationale-de-stabilisation-de-gaza/ Thu, 16 Jul 2026 10:20:14 +0000 https://lnt.ma/?p=553262 Le Maroc a signé mercredi à Rabat l’accord portant sur sa participation à la Force internationale de stabilisation de Gaza (ISF). La signature de cet accord, intervenue sur instructions royales, s’est faite entre le Maroc et le Conseil de Paix, qui encadre la participation du contingent marocain à la Force internationale de stabilisation de Gaza (ISF). […]

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Le Maroc a signé mercredi à Rabat l’accord portant sur sa participation à la Force internationale de stabilisation de Gaza (ISF). La signature de cet accord, intervenue sur instructions royales, s’est faite entre le Maroc et le Conseil de Paix, qui encadre la participation du contingent marocain à la Force internationale de stabilisation de Gaza (ISF).

Intervenant lors de la cérémonie de signature, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a indiqué que cette décision traduit avant tout « l’engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient et Son soutien au peuple palestinien frère ».

Selon le ministre, la participation marocaine à cette mission s’inscrit dans la continuité des initiatives menées par le Souverain en faveur de la cause palestinienne.

« La Vision Royale a toujours été cohérente », a affirmé M. Bourita, estimant qu’elle privilégie des solutions concrètes et pragmatiques tout en demeurant fidèle aux positions constantes et de principe du Royaume.

Le chef de la diplomatie marocaine a rappelé que cet engagement s’est notamment traduit, ces derniers mois, par l’acheminement, sur Hautes Instructions Royales, de plusieurs centaines de tonnes d’aide humanitaire et de matériel médical au profit des populations de Gaza.

Il a souligné que cette assistance avait emprunté un corridor terrestre exceptionnel, dont le Maroc a été le seul pays à négocier et à utiliser pour faire parvenir directement les secours aux populations palestiniennes.

Nasser Bourita a également mis en avant le rôle de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, qui poursuit, sous les Hautes Orientations Royales, plusieurs programmes de soutien en faveur des Palestiniens.

Ces actions concernent notamment la construction et la réhabilitation d’établissements scolaires, l’appui aux hôpitaux de Jérusalem-Est, l’octroi de bourses d’études aux étudiants palestiniens, la prise en charge d’orphelins ainsi que le financement d’activités génératrices de revenus destinées aux familles les plus vulnérables.

À cette occasion, le ministre a également réaffirmé la position constante du Maroc concernant le règlement du conflit israélo-palestinien.

Le Royaume continue de soutenir une solution à deux États, fondée sur la création d’un État palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité.

 LNT

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Législatives 2026 : l’organisation du scrutin entre dans sa phase opérationnelle https://lnt.ma/legislatives-2026-lorganisation-du-scrutin-entre-dans-sa-phase-operationnelle/ Wed, 15 Jul 2026 14:31:38 +0000 https://lnt.ma/?p=553204 À quelques mois des élections législatives de 2026, les préparatifs s’accélèrent. Réunies avec les responsables des partis politiques, les autorités ont présenté les principales mesures organisationnelles destinées à encadrer le scrutin, depuis la révision des listes électorales jusqu’aux nouvelles modalités de dépôt des candidatures et au financement des campagnes. L’activation de la Commission centrale de […]

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À quelques mois des élections législatives de 2026, les préparatifs s’accélèrent. Réunies avec les responsables des partis politiques, les autorités ont présenté les principales mesures organisationnelles destinées à encadrer le scrutin, depuis la révision des listes électorales jusqu’aux nouvelles modalités de dépôt des candidatures et au financement des campagnes. L’activation de la Commission centrale de suivi des élections, sur instructions royaoles, marque également une nouvelle étape dans le dispositif de supervision du processus électoral.

Ces réunions interviennent alors que les premiers scénarios politiques commencent à se dessiner pour les prochaines législatives. Si plusieurs observateurs anticipent une compétition ouverte, nombre d’entre eux estiment que les équilibres partisans devraient connaître des ajustements plutôt qu’un bouleversement comparable à celui observé lors du scrutin de 2021.

Les préparatifs du scrutin se précisent

Les deux réunions organisées avec les chefs et responsables des partis politiques ont permis de faire le point sur l’ensemble des dispositifs organisationnels et opérationnels mis en place en vue des prochaines élections législatives.

Les représentants des formations politiques ont notamment été informés du bilan de l’opération de révision des listes électorales générales, menée entre le 15 mai et le 10 juillet 2026 sous la supervision des commissions administratives présidées par des magistrats.

Les échanges ont également porté sur les nouvelles modalités de dépôt des candidatures. Les autorités ont présenté une procédure reposant sur une plateforme électronique dédiée, destinée à faciliter les démarches administratives, tout en maintenant le dépôt des dossiers originaux auprès des autorités compétentes.

Les dispositions législatives et réglementaires relatives au financement public des campagnes électorales ont également été rappelées aux partis appelés à participer au scrutin.

L’un des principaux points abordés lors de ces rencontres concerne l’activation de la Commission centrale de suivi des élections, conformément aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Composée du ministre de l’Intérieur et du président du Ministère public, cette commission aura pour mission de veiller au bon déroulement des opérations électorales et d’assurer leur sécurité ainsi que leur intégrité à toutes les étapes du processus.

Ce dispositif sera décliné au niveau territorial à travers des commissions régionales, composées des Walis et des Procureurs généraux du Roi, ainsi que des commissions provinciales réunissant les gouverneurs et les Procureurs du Roi.

L’objectif affiché est d’assurer un suivi coordonné du processus électoral sur l’ensemble du territoire national.

À cette occasion, les dirigeants des partis politiques ont exprimé leur gratitude à Sa Majesté le Roi pour cette décision et ont réaffirmé leur engagement à contribuer au bon déroulement des prochaines élections.

Selon le communiqué, les discussions se sont déroulées dans un climat qualifié de positif, marqué par des échanges portant sur les conditions d’organisation du scrutin et sur les mesures susceptibles d’en garantir le bon déroulement.

LNT

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Le journaliste Ali Lmrabet remis en liberté après trois jours de garde à vue https://lnt.ma/le-journaliste-ali-lmrabet-remis-en-liberte-apres-trois-jours-de-garde-a-vue/ Wed, 15 Jul 2026 14:15:46 +0000 https://lnt.ma/?p=553193 Le journaliste et chroniqueur marocain Ali Lmrabet a été remis en liberté mercredi 15 juillet, au terme de trois jours de garde à vue, après avoir été entendu par le parquet de Casablanca dans le cadre d’une enquête portant sur des publications diffusées en ligne. Selon les informations rapportées par plusieurs médias marocains, l’intéressé demeure […]

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Le journaliste et chroniqueur marocain Ali Lmrabet a été remis en liberté mercredi 15 juillet, au terme de trois jours de garde à vue, après avoir été entendu par le parquet de Casablanca dans le cadre d’une enquête portant sur des publications diffusées en ligne. Selon les informations rapportées par plusieurs médias marocains, l’intéressé demeure toutefois sous le coup d’une enquête judiciaire.

L’affaire a débuté dimanche 12 juillet, lorsque Ali Lmrabet a été interpellé à son arrivée à l’aéroport de Tanger en provenance d’Espagne. D’après le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de Casablanca, cité notamment par nos confrères, cette interpellation a été effectuée sur la base de plusieurs avis de recherche émis antérieurement à son encontre.

Le ministère public a indiqué que le journaliste était recherché dans le cadre d’une enquête liée à la publication de contenus numériques contenant, selon les autorités judiciaires, des propos « diffamatoires et injurieux » visant des personnes et des institutions, ainsi que des expressions jugées outrageantes envers des organismes régis par la loi.

Sur instruction du parquet, Ali Lmrabet a ensuite été transféré au siège de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca, où il a été placé en garde à vue afin d’être auditionné sur les faits qui lui sont reprochés. Le parquet a précisé que cette mesure s’est déroulée sous son contrôle, dans le respect des garanties procédurales prévues par la loi ainsi que du principe de la présomption d’innocence.

Mercredi, le procureur du Roi a décidé de remettre le journaliste en liberté à l’issue de son audition. Selon les informations relayées par les médias marocains, cette décision intervient après la réalisation des actes d’enquête nécessaires, notamment l’audition de l’intéressé et des expertises techniques portant sur les éléments saisis. L’enquête se poursuit néanmoins, le parquet devant déterminer les suites judiciaires à donner au dossier.

Âgé de 67 ans, Ali Lmrabet réside principalement en Espagne et possède également la nationalité française. Ancien directeur de l’hebdomadaire satirique Demain, il est aujourd’hui actif sur les réseaux sociaux où il publie régulièrement des commentaires sur l’actualité marocaine.

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Législatives 2026 : Le Livre affûte ses armes… https://lnt.ma/legislatives-2026-le-livre-affute-ses-armes/ Wed, 15 Jul 2026 14:09:39 +0000 https://lnt.ma/?p=553190 Le BP du PPS a tenu en ce début de semaine sa réunion ordinaire, au cours de laquelle il a délibéré sur plusieurs questions politiques inscrites à son ordre du jour. Le bilan du Gouvernement Akhannouch est vivement critiqué.  A l’approche des échéances de septembre prochain, le torchon brûle entre les partis de la majorité […]

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Le BP du PPS a tenu en ce début de semaine sa réunion ordinaire, au cours de laquelle il a délibéré sur plusieurs questions politiques inscrites à son ordre du jour. Le bilan du Gouvernement Akhannouch est vivement critiqué.

 A l’approche des échéances de septembre prochain, le torchon brûle entre les partis de la majorité et de l’opposition. En plus du PJD qui prône un discours des plus acerbe à l’encontre de Akhannouch et des partis de la majorité, le PPS, lui aussi, hausse le ton.

Lors de sa dernière réunion, le Bureau politique a évoqué la clôture de la deuxième session de la dernière année de la onzième législature. À cet égard, le parti affirme que le bilan du Gouvernement durant son mandat qui s’achève, et malgré les quelques aspects positifs, a été globalement marqué par la poursuite du « favoritisme » des lobbies financiers au détriment des catégories vulnérables et des classes moyennes : « Il a été caractérisé par des échecs multiformes sur les plans économique, social, démocratique et de la gouvernance, ainsi que par une dépendance excessive à l’égard de la domination numérique, un mépris pour le rôle du Parlement et des autres acteurs institutionnels et sociétaux, et une récurrence de la corruption et des conflits d’intérêts », dit-on au PPS.

Et de poursuivre que par conséquent, le PPS  affirme que le bilan médiocre du Gouvernement fait de l’échéance du 23 septembre un moment démocratique crucial : « Il est essentiel de veiller à ce que cette expérience et ces choix politiques ne se reproduisent pas et de garantir, au contraire, la victoire de l’alternative démocratique progressiste portée par le Parti, ouvrant ainsi la voie à un avenir meilleur fondé sur la dignité, la justice sociale, l’équité territoriale et la vigueur économique ».

Par la même occasion, le parti a salué la performance et le bilan du groupe parlementaire du parti tout au long de la législature : « Cette performance a permis au groupe d’occuper une place de premier plan au sein de l’opposition institutionnelle, un rôle qu’il a assumé avec vigueur, audace et sens des responsabilités, en s’appuyant sur les positions du parti ainsi que sur son orientation nationale, démocratique et progressiste ».

Dans la même lancée, le BP réaffirme son soutien indéfectible à tous les candidats du parti et sa mobilisation totale pour assurer leur victoire lors de ces élections cruciales. Parallèlement, le Bureau a évoqué les préparatifs en cours pour la tenue de conférences régionales à Tanger, Nador, Khemisset, Guercif et Oujda. Il a également discuté de la programmation de réunions thématiques consacrées à la gouvernance, au tiers secteur (économie sociale et solidaire) et à l’éducation préscolaire, dans le cadre de la communication et de la consultation continues sur le programme du parti.

 

H.Z

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Maroc-France : Prolongations https://lnt.ma/maroc-france-prolongations/ Wed, 15 Jul 2026 13:17:12 +0000 https://lnt.ma/?p=553159 Il y a une semaine à peine, la France et le Maroc se faisaient face à Boston. Sept jours plus tard, les voici de nouveau l’un en face de l’autre, mais à Rabat cette fois, et sur un terrain où le tableau d’affichage ne raconte pas la même histoire. Ne nous méprenons pas sur la […]

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Il y a une semaine à peine, la France et le Maroc se faisaient face à Boston. Sept jours plus tard, les voici de nouveau l’un en face de l’autre, mais à Rabat cette fois, et sur un terrain où le tableau d’affichage ne raconte pas la même histoire.

Ne nous méprenons pas sur la portée de ce déplacement, encore moins au lendemain des célébrations de la Fête nationale du 14 juillet et de la défaite de la France en Coupe du Monde face à l’Espagne, autre partenaire de taille du Royaume. Que Sébastien Lecornu ait choisi Rabat pour son tout premier voyage officiel à l’étranger depuis son arrivée à Matignon, à l’automne dernier, et qu’il y débarque flanqué d’une douzaine de ministres, n’a rien d’une visite de courtoisie. On ne mobilise pas la moitié d’un gouvernement, on ne déplace pas les Affaires étrangères et l’Intérieur d’un même mouvement, pour une poignée de main protocolaire. En diplomatie, le choix de la première destination est toujours un message et celui-là est limpide, le Maroc est redevenu, pour Paris, une priorité.

Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir d’où l’on vient. Il n’y a pas si longtemps, en 2021 et 2022, la relation était à couteaux tirés. Paris réduisait de moitié les visas accordés aux Marocains, empoisonnant un peu plus la relation entre les chancelleries, et Rabat, loin de courber l’échine, bloquait le retour de ses ressortissants et se tournait vers d’autres partenaires européens. Puis à l’été 2024, la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara, au grand dam d’Alger, suivie de la visite d’État d’octobre ont remis les pendules à l’heure et permettent de célébrer aujourd’hui la relation bilatérale comme un « partenariat d’exception ».

Reste que ce rapprochement ne se lit plus dans le sens où on l’entendait autrefois. Les échanges commerciaux ont atteint un record de 14,8 milliards d’euros en 2024, plus du double de leur niveau de 2015. La France demeure le premier partenaire économique du Royaume, mais le Maroc est devenu son premier client et fournisseur sur le continent, absorbant à lui seul plus de 40 % des exportations françaises vers l’Afrique. Hub logistique et financier, porte d’entrée vers la zone de libre-échange continentale, ses ports s’imposent comme des voies de contournement stratégiques à l’heure où le détroit d’Ormuz se crispe. En clair, ce que la France vient chercher à Rabat, elle ne le trouve plus si aisément ailleurs.

Il y a d’ailleurs quelque chose de révélateur dans le contraste des situations. Le Premier ministre qui foule le tapis rouge marocain gouverne, chez lui, sous la menace permanente. Son budget 2026 n’est passé qu’à coups de 49.3 et de motions de censure repoussées de justesse, davantage grâce aux abstentions qu’aux adhésions. Il dirige une majorité dans une Assemblée fracturée où chaque texte se négocie bec et ongles. Le chef de gouvernement français vient donc aussi chercher au Maroc des victoires précieuses pour son front intérieur. De notre côté, notre chef de gouvernement qui va accueillir l’invité sur le tarmac et mener les négociations avec son homologue réalise certainement son dernier grand baroud d’honneur à l’approche des élections de septembre.

En réalité, l’horizon de cette visite n’est pas la rencontre de haut niveau elle-même, la première du genre depuis 2019. Il est ailleurs, dans ce traité « d’exception » que les deux capitales appellent de leurs vœux, et dans la visite d’État de Mohammed VI en France, dont le principe a été acté en mai sans qu’aucune date ne soit avancée. Or le souverain marocain ne s’est plus rendu officiellement en France depuis mars 2000, cela fait déjà vingt-six ans.

On peut donc se satisfaire du contexte de cette visite mais il ne s’agit pas pour autant de céder à un excès de confiance. Bien que courtisé le Maroc a d’ailleurs prouvé sa lucidité et son pragmatisme diplomatique, les chantiers communs avec la France sont nombreux, et le pays a tout intérêt à ce que cette visite soit fructueuse pour les deux parties. Mais c’est justement cette réciprocité proche de l’équilibre qui donne un meilleur goût à cette nouvelle échéance entre les deux pays, et qui mérite d’être relevée.

Zouhair Yata

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Tribune libre – Loi 58-24 : vers un notariat nouvelle génération ? https://lnt.ma/tribune-libre-loi-58-24-vers-un-notariat-nouvelle-generation/ Mon, 13 Jul 2026 10:57:59 +0000 https://lnt.ma/?p=552983 Aya El Faria Médiatrice, arbitre international et étudiante chercheuse en droit privé.   Les Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tenues à Marrakech en octobre 2023, conjuguées à la sortie du Maroc de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en février 2023, ont marqué un tournant décisif dans […]

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Aya El Faria
Médiatrice, arbitre international et étudiante chercheuse en droit privé.

 

Les Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tenues à Marrakech en octobre 2023, conjuguées à la sortie du Maroc de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en février 2023, ont marqué un tournant décisif dans la trajectoire économique et institutionnelle du Royaume. Ces deux événements témoignent de l’alignement progressif du Maroc sur les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CFT).

Cette dynamique s’est concrétisée, à la fin du mois de mai 2026, par un engagement de la Banque mondiale dépassant 28,88 milliards de dollars américains, avec une attention particulière portée au secteur foncier et au développement urbain.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de loi 58-24, annoncé en octobre 2024. Celui-ci représente une opportunité d’intégrer les principes relatifs aux actifs numériques et aux registres distribués (DAPL), tout en posant les fondements d’un « notariat 2.0 ».

Le notaire ne saurait désormais se limiter à une fonction d’authentification. Il lui revient également d’intégrer les exigences de conformité internationale, de sécuriser les actifs numériques et d’accompagner des montages transnationaux toujours plus complexes.

Une interrogation s’impose alors : la loi 32-09 permet-elle de répondre à l’essor des actifs numériques ? Le projet de loi 58-24 constitue-t-il le véritable point de bascule vers un notariat pleinement adapté à l’économie numérique ?

Du financement public aux montages complexes

La Banque mondiale oriente désormais son action vers des instruments financiers hybrides, combinant partenariats public-privé (PPP) et mécanismes de garantie des risques. Le Programme de performance municipale, doté de 300 millions de dollars, illustre cette évolution : son déblocage est conditionné à la digitalisation des services et à l’amélioration de la gouvernance locale.

Sur le plan juridique, ces opérations s’inscrivent dans le cadre des Principes d’UNIDROIT de 2016 relatifs aux contrats du commerce international. Elles renforcent les obligations du notaire en matière de vérification, de conseil et de sécurisation des opérations, sa responsabilité devant désormais être appréciée également à l’aune des clauses d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) ainsi que des standards internationaux applicables.

Numérisation et cadre juridique des actifs numériques

Les Assemblées de Marrakech ont placé la transformation numérique parmi les priorités de développement. La Banque mondiale encourage ainsi le déploiement de registres fonciers distribués ainsi que le recours à la notarisation électronique.

Cette évolution s’appuie sur les Principes relatifs aux actifs numériques et aux registres distribués (DAPL), adoptés par UNIDROIT le 12 mai 2023, qui encadrent les actifs tokenisés et les contrats intelligents (smart contracts). Pour le notaire, la maîtrise de ces nouveaux référentiels devient indispensable afin de conférer une pleine sécurité juridique à ces opérations.

La mission fondamentale du notariat demeure inchangée : prévenir le litige et protéger le consommateur. Toutefois, le projet de loi 58-24 pourrait utilement compléter la loi 32-09 et jeter les bases de ce que l’on pourrait qualifier de « notariat 2040 ».

Le vide juridique actuel demeure significatif. La loi 32-09 ne comporte aucune disposition relative à la signature électronique, aux registres distribués ou aux preuves numériques. Si Bank Al-Maghrib interdit l’usage des cryptoactifs comme moyen de paiement, la question de leur transmission successorale reste, quant à elle, sans réponse clairement établie.

Face à cette évolution, le notaire est appelé à opérer une mutation profonde : passer du statut de simple certificateur à celui de garant des patrimoines numériques. Une interrogation illustre parfaitement cette transition : comment intégrer un portefeuille de cryptoactifs (wallet) dans un testament ? Les Principes DAPL, conjugués aux expériences étrangères, montrent que cette évolution est déjà engagée.

L’avant-projet de loi 42-25, publié le 5 août 2025, s’inscrit d’ailleurs dans cette même dynamique en visant à encadrer les actifs numériques, en cohérence avec les orientations du FMI, du Conseil de stabilité financière (FSB) et de la recommandation 15 du GAFI.

Regard comparé : Casablanca, Paris, New York

À Casablanca, le notaire demeure l’acteur central de la sécurité juridique immobilière. La sortie du Maroc de la liste grise ouvre désormais la voie à des montages financiers plus sophistiqués. Le vide juridique persistant en matière d’actifs numériques impose néanmoins d’anticiper ces évolutions en s’appuyant, dès à présent, sur les Principes DAPL.

À Paris, le modèle notarial de tradition latine s’est progressivement adapté aux évolutions technologiques. La loi PACTE de 2019 a intégré les actifs numériques ainsi que le régime des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). Les notaires français peuvent déjà intégrer des clauses relatives aux cryptoactifs dans certains actes de donation.

À New York, l’absence d’un notariat de type latin conduit à une répartition des fonctions entre avocats et escrow agents. Le régime BitLicense encadre les acteurs intervenant sur les cryptoactifs, tandis que l’Uniform Fiduciary Access to Digital Assets Act (UFADAA) organise la transmission successorale des actifs numériques par le recours à des fiducies numériques.

Le Maroc dispose aujourd’hui d’un double atout : un système notarial de tradition latine reconnu et une crédibilité internationale renforcée. L’enjeu n’est donc pas de reproduire un modèle étranger, mais de construire un modèle hybride conciliant les standards internationaux et les spécificités nationales.

Trois priorités essentielles

Les Assemblées de Marrakech et la sortie du Maroc de la liste grise redéfinissent progressivement les contours du notariat marocain. L’enjeu consiste désormais à garantir la sécurité juridique de flux financiers appelés à jouer un rôle structurant dans l’économie nationale.

Pour accompagner cette évolution, trois priorités apparaissent essentielles.

La première concerne la formation, avec un approfondissement de la maîtrise des Principes d’UNIDROIT, des Principes DAPL et des mécanismes d’arbitrage international.

La deuxième porte sur la sécurisation numérique, à travers la généralisation de la signature électronique et de la conservation des actes sur registres distribués.

Enfin, la troisième relève de l’organisation institutionnelle, avec la création de cellules spécialisées dans l’investissement international, dotées de procédures conformes aux exigences AML/CFT du contexte post-liste grise.

Le notaire qui saura intégrer ces nouveaux standards sera appelé à devenir bien davantage qu’un authentificateur d’actes : un acteur central de la confiance contractuelle et de la sécurisation des patrimoines dans l’économie numérique du XXIᵉ siècle.

 

 

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Élections : Les programmes électoraux des partis sous la loupe des féministes https://lnt.ma/elctions-les-programmes-electoraux-des-partis-sous-la-loupe-des-feministes/ Mon, 13 Jul 2026 09:50:36 +0000 https://lnt.ma/?p=552960 Dans le cadre de son action de plaidoyer en faveur de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) vient d’adresser à l’ensemble des partis politiques marocains une correspondance accompagnée de son étude intitulée « La situation et la place des femmes dans les programmes électoraux des partis […]

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Dans le cadre de son action de plaidoyer en faveur de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) vient d’adresser à l’ensemble des partis politiques marocains une correspondance accompagnée de son étude intitulée « La situation et la place des femmes dans les programmes électoraux des partis politiques lors des élections de 2021 ».

 Cette étude évalue la prise en compte des droits des femmes et du principe d’égalité. Elle met en lumière les avancées enregistrées, mais aussi les insuffisances qui continuent de limiter l’intégration effective de l’égalité dans les visions et engagements politiques, à l’approche des prochaines échéances électorales.

Les conclusions de cette étude montrent que, malgré des degrés d’engagement variables selon les partis, l’égalité entre les femmes et les hommes demeure insuffisamment intégrée comme principe structurant des programmes électoraux. Les droits des femmes restent marginalement pris en compte dans les orientations stratégiques, les priorités politiques et les propositions d’action, en décalage avec les dispositions de la Constitution, les engagements internationaux du Maroc, les orientations du Nouveau Modèle de Développement ainsi que les ODD.

Sur la base de ce constat, l’ADFM invite les partis politiques à prendre en considération les recommandations de cette étude pour élaborer leur futur programme. Elle les appelle à intégrer le principe de l’égalité dans l’ensemble de leurs politiques et propositions, à garantir une participation effective des femmes à l’élaboration des programmes électoraux et à ouvrir un véritable débat national permettant de faire de l’égalité et de l’effectivité des droits des femmes un pilier du projet démocratique et des politiques publiques.

‘‘Les partis politiques ont aujourd’hui une responsabilité majeure envers les citoyennes et les citoyens, en matière de veille et de suivi pour la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles et les engagements internationaux du Royaume. Pour ce faire il convient de transformer les déclarations de principe en engagements électoraux précis, mesurables, assortis de mécanismes de mise en œuvre, de suivi et de redevabilité’’, dit-on auprès de l’AFDM.

Et de poursuivre que pour renforcer la qualité du débat démocratique et promouvoir les droits des femmes comme une composante indissociable des droits humains, l’ADFM suivra avec attention le contenu des programmes électoraux et évaluera leur conformité aux principes d’égalité et de non-discrimination ainsi qu’aux revendications portées par le mouvement des femmes.

Ceci étant, les féministes de l’AFDM précisent que les prochaines élections constitueront un test décisif de la volonté des partis politiques de construire un Maroc fondé sur l’égalité, la justice et la dignité : ‘‘L’égalité entre les femmes et les hommes ne saurait être considérée comme une mesure accessoire : elle constitue un principe fondamental de la démocratie, un levier de développement durable et une condition essentielle de l’efficacité, de la cohérence et de l’équité des politiques publiques’’.

H.Z

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Projet de loi n° 66.23 : Le bras de fer entre Ouahbi et les avocats continue… https://lnt.ma/projet-de-loi-n-66-23-le-bras-de-fer-entre-ouahbi-et-les-avocats-continue/ Mon, 13 Jul 2026 09:45:22 +0000 https://lnt.ma/?p=552952 La justice du Royaume est à l’arrêt. La grève des avocats, entrée dans sa troisième semaine, paralyse les tribunaux et entraîne avec elle le report de nombreux procès, notamment criminels. Cette situation prolonge également  la détention préventive de plusieurs prévenus, aggrave l’engorgement des juridictions et retarde les décisions de justice. Mais que contient le texte […]

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La justice du Royaume est à l’arrêt. La grève des avocats, entrée dans sa troisième semaine, paralyse les tribunaux et entraîne avec elle le report de nombreux procès, notamment criminels. Cette situation prolonge également  la détention préventive de plusieurs prévenus, aggrave l’engorgement des juridictions et retarde les décisions de justice. Mais que contient le texte du Rniste Ouahbi pour qu’il soit autant contesté et rejeté par les avocats ? 

 Le bras de fer entre le ministère de la Justice et les Avocats se poursuit. À l’origine du conflit, ces derniers contestent les réformes législatives et fiscales introduites dans le projet de loi 66.23, qu’ils jugent défavorables. Ils réclament également un dialogue avec le gouvernement, un régime fiscal adapté, une meilleure protection sociale et la préservation des droits de la défense. Ils reprochent à Ouhabi sa démarche qualifiée de discriminatoire et loin de l’approche participative promise.

Globalement, les avocats marocains sont pour une réforme plus équitable. Dans ce sens, il est important de rappeler que le Conseil de la Concurrence recommande de supprimer la limite d’âge de 45 ans pour accéder à la profession d’avocat dans le cadre du projet de loi n° 66.23. Il préconise également l’organisation annuelle des concours d’entrée à l’Institut de formation des avocats, en remplacement de l’examen organisé tous les trois ans. Le Conseil propose aussi d’uniformiser les droits d’inscription autour d’un plafond national afin de réduire les écarts entre les barreaux et d’améliorer la transparence.

Du côté du département de la Justice, la nouvelle loi 66.23 relative à la profession d’avocat vient réviser et développer la loi 28.08 promulguée en 2008. Cette dernière constituait à l’époque une réforme importante, mais elle a montré, après plus de 17 ans, certaines lacunes et dysfonctionnements pratiques.

Et de poursuivre que ladite réforme comprend de principaux avantages sous une forme claire. Le premier avantages est au profit de l’avocat par rapport à la loi 28.08. La nouvelle loi, explique-t-on, vient améliorer les conditions d’accès à la profession de manière plus professionnelle : elle exige un Master, la réussite au concours d’accès à l’institut, puis l’accomplissement d’une période de formation et de stage organisée. « C’est une évolution notable par rapport à la loi 28.08 qui était moins exigeante sur ce point.  Elle prévoit également une voie spéciale et organisée pour les fonctionnaires des greffes titulaires d’un Master et justifiant de 15 ans d’ancienneté, avec passage d’un test d’évaluation. Cette question suscitait beaucoup de débats et de revendications sous l’empire de la loi 28.08 », poursuit-on.

Le département de la Justice rajoute dans ce sens que la nouvelle loi institue officiellement le « système de spécialisation professionnelle » selon lequel l’avocat peut obtenir un titre « d’avocat spécialisé » après une formation complémentaire, ce qui n’existait pas dans la loi 28.08. De quoi organiser aussi de manière plus claire la possibilité de créer des partenariats et des sociétés civiles professionnelles entre avocats, offrant ainsi un cadre juridique qui se veut plus souple qu’auparavant.

Toutefois, le texte de loi impose la « formation continue obligatoire » aux avocats, une revendication ancienne qui n’était pas organisée de façon contraignante dans la loi 28.08 : « Elle renforce également les garanties au cours de la procédure disciplinaire en accordant à l’avocat poursuivi des droits plus clairs d’accès au dossier et d’assistance ».

Par rapport au citoyen contribuable (le client), cet aspect constitue, selon le ministère de la Justice, l’une des améliorations les plus importantes. La nouvelle loi oblige à déposer les sommes des clients sur un compte « dépôts et consignations des avocats » avec contrôle de la Cour des Comptes. C’est une mesure essentielle après les nombreux problèmes de gestion des fonds des clients constatés sous la loi 28.08.

La loi impose l’existence d’un « Mandat écrit » entre l’avocat et le client comportant des mentions précises, ce qui réduit les litiges qui naissaient souvent de l’absence de document clair auparavant.  Elle oblige aussi l’avocat à délivrer un reçu lors de la réception de toute somme et accorde au client un mécanisme clair pour saisir le bâtonnier en cas de différend sur les honoraires.

Sur un autre registre, la loi veut améliorer l’organisation de « l’Aide judiciaire » et interdit plus clairement les conflits d’intérêts, devant offrir ainsi une meilleure protection au citoyen lorsqu’il fait appel à un avocat.

En somme, Abdellatif Ouhabi et son équipe continuent de défendre son texte. Il se veut déterminé. Les avocats, quant à eux, se disent également prêts d’aller jusqu’au bout dans leur mouvement. En attendant, les magistrats chôment et les justiciables ne savent plus à quel saint se vouer…

Mais ce qui est à retenir selon Ouahbi, c’est que cette réforme vient opérer un véritable saut qualitatif dans l’organisation de la profession en introduisant des concepts modernes en phase avec les évolutions actuelles : outils électroniques, spécialisation, formation continue. Cela doit contribuer à élever le niveau de la profession et à améliorer son image auprès des citoyens.

H.Z

 


Quelques avantages généraux et traitement des dysfonctionnements réels

La nouvelle loi traite plusieurs lacunes de la loi 28.08, notamment :

– La faiblesse du contrôle sur les fonds des clients.

– L’absence d’un système clair de spécialisation.

– L’absence de formation continue obligatoire.

– La faiblesse de l’organisation concernant les partenariats et les sociétés professionnelles.

– Le manque de transparence dans la relation entre l’avocat et le client.

 

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Le Maroc participe à la conférence de Mombasa sur le nexus entre paix, sécurité et développement en Afrique https://lnt.ma/le-maroc-participe-a-la-conference-de-mombasa-sur-le-nexus-entre-paix-securite-et-developpement-en-afrique/ Sun, 12 Jul 2026 15:22:59 +0000 https://lnt.ma/?p=552922 Le Maroc participe, les 11 et 12 juillet à Mombasa, au Kenya, à la deuxième Conférence politique sur le nexus entre la paix, la sécurité et le développement, organisée dans le cadre du Processus de Tanger. La délégation marocaine est conduite par l’ambassadeur Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de […]

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Le Maroc participe, les 11 et 12 juillet à Mombasa, au Kenya, à la deuxième Conférence politique sur le nexus entre la paix, la sécurité et le développement, organisée dans le cadre du Processus de Tanger. La délégation marocaine est conduite par l’ambassadeur Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la première conférence politique tenue à Tanger en octobre 2022, qui avait débouché sur l’adoption de la Déclaration de Tanger. Ce document a posé les bases d’une approche africaine intégrée reliant les enjeux de paix, de sécurité et de développement, en mettant l’accent sur la coordination des politiques publiques, le renforcement des partenariats et la réalisation de projets concrets.

Le Processus de Tanger comme cadre de coopération continentale

Au fil des années, le Processus de Tanger s’est imposé comme une plateforme de dialogue continentale consacrée aux interactions entre la paix, la sécurité et le développement en Afrique.

Il réunit plusieurs partenaires africains et internationaux, parmi lesquels la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et la Banque africaine de développement (BAD).

Cette deuxième conférence a pour objectif d’évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption de la Déclaration de Tanger et d’identifier des approches opérationnelles susceptibles de renforcer la mise en œuvre du nexus entre paix, sécurité et développement.

Intelligence artificielle, financement et transitions politiques

Les travaux sont structurés autour de cinq panels consacrés à plusieurs thématiques, notamment la mise en œuvre de la Déclaration de Tanger à travers des projets concrets, le rôle de l’intelligence artificielle et des innovations portées par les jeunes, l’articulation entre les dépenses de sécurité et les politiques de développement, les mécanismes de financement des projets liés au nexus ainsi que les enseignements tirés de l’accompagnement des transitions politiques complexes par l’Union africaine.

LNT

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Le Conseil de gouvernement adopte plusieurs textes relatifs à l’enseignement supérieur, à la météorologie et aux établissements publics https://lnt.ma/le-conseil-de-gouvernement-adopte-plusieurs-textes-relatifs-a-lenseignement-superieur-a-la-meteorologie-et-aux-etablissements-publics/ Fri, 10 Jul 2026 10:04:34 +0000 https://lnt.ma/?p=552874 Réuni jeudi à Rabat, le Conseil de gouvernement a approuvé plusieurs projets de loi et de décret portant sur l’enseignement supérieur, la gouvernance des établissements publics et le secteur de la météorologie, tout en procédant à plusieurs nominations à de hautes fonctions. Un nouveau cadre pour la désignation des responsables universitaires Le Conseil a adopté […]

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Réuni jeudi à Rabat, le Conseil de gouvernement a approuvé plusieurs projets de loi et de décret portant sur l’enseignement supérieur, la gouvernance des établissements publics et le secteur de la météorologie, tout en procédant à plusieurs nominations à de hautes fonctions.

Un nouveau cadre pour la désignation des responsables universitaires

Le Conseil a adopté deux projets de décret présentés par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.

Le premier, le projet de décret n°2.26.327, fixe le modèle du cahier des charges relatif à la candidature au poste de président d’une université publique ainsi que la composition et les modalités de fonctionnement de la commission chargée d’examiner les candidatures.

Selon le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, ce texte s’inscrit dans la mise en œuvre de l’article 50 de la loi-cadre n°59.24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique. Il vise à instaurer un cadre réglementaire unifié fondé sur les principes de mérite, d’égalité des chances, de transparence et de bonne gouvernance.

Le Conseil a également adopté le projet de décret n°2.26.329, qui fixe les règles applicables à la candidature aux fonctions de président d’un établissement universitaire.

Ce texte définit notamment les conditions de candidature, les pièces composant les dossiers ainsi que les modalités de leur dépôt et de leur examen, avec pour objectif d’améliorer la gouvernance des établissements universitaires et de promouvoir une gestion orientée vers la performance et les résultats.

Création de l’Agence marocaine de la météorologie et du climat

Le Conseil de gouvernement a également adopté le projet de loi n°05.26 relatif au système de la météorologie et du climat, portant création de l’Agence marocaine de la météorologie et du climat.

Présenté par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, ce texte vise à moderniser le cadre juridique du secteur en renforçant sa gouvernance et en clarifiant les responsabilités des différents intervenants.

Le projet entend également améliorer la production et la diffusion des données météorologiques et climatiques afin d’en faire un outil d’aide à la décision pour les politiques publiques, le développement durable et l’adaptation aux changements climatiques.

En revanche, l’examen du projet de loi relatif au système national intégré d’information sanitaire a été reporté à une prochaine réunion du Conseil.

Le LOARC appelé à devenir une société anonyme

Le Conseil a par ailleurs adopté le projet de loi n°03.26 portant transformation du Laboratoire officiel d’analyses et de recherches chimiques de Casablanca (LOARC) en société anonyme.

Présenté par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, ce texte s’inscrit dans la mise en œuvre de la réforme des établissements et entreprises publics prévue par la loi-cadre n°50.21 ainsi que dans le cadre des missions de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE).

Cette transformation vise à renforcer le positionnement du laboratoire dans le domaine des analyses physico-chimiques et à améliorer sa performance économique.

En revanche, le projet de loi relatif à la transformation de l’Office national des aéroports (ONDA) en société anonyme a été reporté afin de permettre un approfondissement des discussions.

Plusieurs nominations à de hautes fonctions

Conformément à l’article 92 de la Constitution, le Conseil de gouvernement a également approuvé plusieurs nominations.

Au ministère des Affaires étrangères, Omar Rabie a été nommé directeur des Affaires américaines, tandis que Nada Bakkali Hassani prend la direction de la diplomatie publique et des acteurs non étatiques.

Au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, département de la Communication, Mustapha Amedjar a été nommé directeur de la communication et des relations avec les acteurs médiatiques.

Halima Ghiate a été nommée directrice des relations avec la société civile au ministère délégué chargé des Relations avec le Parlement.

Enfin, Kotayfa El Karkri a été désignée secrétaire générale du ministère délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration.

LNT

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Le gouvernement adopte un projet de décret relatif au nouveau passeport biométrique https://lnt.ma/le-gouvernement-adopte-un-projet-de-decret-relatif-au-nouveau-passeport-biometrique/ Fri, 10 Jul 2026 09:02:08 +0000 https://lnt.ma/?p=552859 Le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi à Rabat, le projet de décret n°2.26.551 modifiant le décret n°2-08-310 du 23 octobre 2008 instituant le passeport biométrique. Présenté par le ministre de l’Intérieur, ce texte s’inscrit dans le cadre de la modernisation du passeport marocain et du renforcement de ses dispositifs de sécurité. À l’issue de […]

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Le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi à Rabat, le projet de décret n°2.26.551 modifiant le décret n°2-08-310 du 23 octobre 2008 instituant le passeport biométrique. Présenté par le ministre de l’Intérieur, ce texte s’inscrit dans le cadre de la modernisation du passeport marocain et du renforcement de ses dispositifs de sécurité.

À l’issue de la réunion hebdomadaire du Conseil, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a indiqué que ce projet de décret accompagne le lancement d’une nouvelle génération de passeports biométriques destinée à renforcer la protection du document contre les risques de fraude et de falsification.

Selon le porte-parole du gouvernement, le nouveau passeport intègre les dispositions nécessaires à sa mise en œuvre tout en garantissant la continuité du système actuel. Les passeports biométriques déjà délivrés demeureront ainsi valables jusqu’à leur date d’expiration ou à leur remplacement par le nouveau modèle.

M. Baitas a également souligné que ce nouveau document de voyage reflète « l’identité marocaine dans ses multiples affluents », tout en répondant aux exigences internationales en matière de sécurité et de fiabilité des documents d’identité.

Il a précisé qu’un arrêté conjoint des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères viendra fixer les modalités pratiques de délivrance du nouveau passeport biométrique, notamment les formalités administratives et les conditions requises pour son obtention.

Par ailleurs, le Conseil de gouvernement a décidé de reporter à sa prochaine réunion l’examen du projet de décret n°2.25.631 modifiant et complétant le décret relatif aux conditions et modalités de fixation du prix public de vente des médicaments fabriqués localement ou importés. Ce report permettra d’intégrer les remarques formulées lors des discussions gouvernementales avant son adoption définitive.

LNT

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Stages de formation-insertion : le Parlement adopte une réforme axée sur l’inclusion des jeunes https://lnt.ma/stages-de-formation-insertion-le-parlement-adopte-une-reforme-axee-sur-linclusion-des-jeunes/ Wed, 08 Jul 2026 14:11:48 +0000 https://lnt.ma/?p=552719 La Chambre des conseillers a adopté, mardi en séance législative, à la majorité, le projet de loi n°51.25 modifiant et complétant le dahir portant loi n°1.93.16 relatif aux mesures d’encouragement des entreprises organisant des stages de formation-insertion. Le texte a été approuvé par 31 conseillers, tandis qu’un parlementaire a voté contre et un autre s’est […]

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La Chambre des conseillers a adopté, mardi en séance législative, à la majorité, le projet de loi n°51.25 modifiant et complétant le dahir portant loi n°1.93.16 relatif aux mesures d’encouragement des entreprises organisant des stages de formation-insertion.

Le texte a été approuvé par 31 conseillers, tandis qu’un parlementaire a voté contre et un autre s’est abstenu.

Présentant le projet, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a indiqué que cette réforme vise à élargir le dispositif aux jeunes non diplômés, afin de favoriser une meilleure égalité des chances entre les différentes catégories de demandeurs d’emploi.

Parmi les principales nouveautés introduites par le texte figure la réduction de la durée maximale du stage de formation-insertion à douze mois, contre vingt-quatre mois auparavant. Cette période ne sera pas renouvelable.

Le projet de loi prévoit également un mécanisme de responsabilisation des entreprises bénéficiaires. Celles qui n’intégreront pas définitivement au moins 60 % des stagiaires accueillis pourront être exclues du programme pendant une durée de six mois.

Le gouvernement entend ainsi renforcer la vocation du dispositif, en privilégiant une insertion durable des jeunes plutôt que le recours répété aux stages.

Une plus grande souplesse pour les bénéficiaires

La réforme introduit également la possibilité, pour un stagiaire, de poursuivre la durée restante de son stage auprès d’un autre employeur, dans la limite de la période maximale de douze mois.

Le nombre de bénéficiaires pouvant être accueillis par chaque entreprise sera désormais déterminé en fonction d’un pourcentage de son effectif salarié. Les modalités d’application seront fixées par voie réglementaire, avec pour objectif de prévenir les détournements du dispositif et d’en garantir une utilisation conforme à sa finalité.

Le texte ouvre également la possibilité d’identifier les personnes, diplômées ou non, rencontrant des difficultés particulières d’insertion professionnelle afin de mieux orienter les mesures d’accompagnement vers les publics les plus vulnérables.

Selon le gouvernement, cette évolution permettra de rendre les politiques d’emploi plus inclusives et de mieux répondre aux besoins des jeunes confrontés à des obstacles persistants d’accès au marché du travail.

Le projet de loi prévoit une application rétroactive de certaines dispositions aux contrats de stage conclus avec des personnes non diplômées entre le 1er janvier 2025 et la date de publication du texte au Bulletin officiel.

En revanche, les conventions de stage signées avec des bénéficiaires diplômés avant cette publication continueront d’être régies par les dispositions actuellement en vigueur.

LNT

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Avocats : le Parlement adopte définitivement le nouveau cadre juridique https://lnt.ma/avocats-le-parlement-adopte-definitivement-le-nouveau-cadre-juridique/ Wed, 08 Jul 2026 10:09:06 +0000 https://lnt.ma/?p=552716 La Chambre des conseillers a adopté, en deuxième lecture et à la majorité, le projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat, lors d’une séance législative tenue mardi. Le texte a été approuvé par 27 voix pour, sans aucune voix contre, tandis que quatre conseillers se sont abstenus. Présentant le projet devant […]

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La Chambre des conseillers a adopté, en deuxième lecture et à la majorité, le projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat, lors d’une séance législative tenue mardi. Le texte a été approuvé par 27 voix pour, sans aucune voix contre, tandis que quatre conseillers se sont abstenus.

Présentant le projet devant les parlementaires, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a indiqué que cette deuxième lecture fait suite aux amendements adoptés par la Chambre des représentants. Ces modifications concernent plusieurs dispositions du texte, notamment la réorganisation de certains articles et la mise à jour de leur numérotation, à la suite de l’intégration d’un nouvel article.

Parmi les principales évolutions figure la fixation d’un plafond de 10 % pour la retenue pouvant être opérée par le conseil du barreau sur une partie des honoraires des avocats, dans le cadre de la gestion des comptes de dépôts et consignations.

Le texte rétablit également à cinq ans le délai durant lequel un avocat peut demander sa réinscription au tableau de l’Ordre après une omission, à compter de la disparition de la cause ayant entraîné cette radiation temporaire. La nouvelle version supprime toutefois l’exception précédemment prévue pour les cas d’infirmité grave ou de maladie.

Une nouvelle composition des conseils des barreaux

Le projet de loi redéfinit également la composition des conseils des barreaux en fonction du nombre d’avocats inscrits.

Ainsi, les barreaux comptant entre 100 et 800 avocats disposeront de dix membres élus, ceux regroupant entre 801 et 2.000 avocats en compteront vingt, tandis que les barreaux dépassant 2.000 inscrits seront administrés par un conseil composé de trente membres élus.

Dans son rapport, la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme estime que le plafonnement de la retenue à 10 % sur les honoraires contribue à renforcer les mécanismes de solidarité et d’entraide au sein de la profession.

Le rapport souligne également que les produits financiers générés par les fonds déposés auprès de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), destinés à financer les charges sociales et les dépenses des barreaux, reviennent au titulaire du compte, conformément aux pratiques observées dans plusieurs systèmes juridiques comparés.

Les amendements adoptés apportent également des précisions sur les dispositions relatives à l’immunité de la défense. Selon la commission, la définition plus précise des notions juridiques figurant dans le texte vise à éviter les interprétations susceptibles de donner lieu à des poursuites disciplinaires injustifiées.

Le rapport rappelle que les procédures disciplinaires relèvent exclusivement des institutions professionnelles compétentes et doivent respecter les garanties d’un procès disciplinaire équitable.

LNT

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Profession d’adoul : le Parlement adopte le nouveau cadre juridique, sur fond de débat autour de la modernisation de la profession https://lnt.ma/profession-dadoul-le-parlement-adopte-le-nouveau-cadre-juridique-sur-fond-de-debat-autour-de-la-modernisation-de-la-profession/ Wed, 08 Jul 2026 10:00:37 +0000 https://lnt.ma/?p=552712 La Chambre des conseillers a approuvé, mardi, le projet de loi n°051.26 relatif à l’organisation de la profession d’adoul, un texte destiné à mettre le cadre juridique en conformité avec la décision rendue par la Cour constitutionnelle concernant la précédente loi n°16.22. Adopté par 26 voix pour, avec six abstentions, le projet introduit plusieurs ajustements […]

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La Chambre des conseillers a approuvé, mardi, le projet de loi n°051.26 relatif à l’organisation de la profession d’adoul, un texte destiné à mettre le cadre juridique en conformité avec la décision rendue par la Cour constitutionnelle concernant la précédente loi n°16.22. Adopté par 26 voix pour, avec six abstentions, le projet introduit plusieurs ajustements portant sur l’exercice de la profession, la discipline et la protection des usagers.

Présentant le texte devant les conseillers, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a expliqué que les amendements concernent notamment les articles 8, 53 et 69, ainsi que plusieurs dispositions transitoires destinées à garantir la continuité du service public de l’authentification adoulaire.

L’article 8 précise désormais qu’un adoul empêché d’exercer sa profession devra informer par écrit le président du Conseil régional dans un délai maximal de quinze jours, afin que la commission compétente puisse constater la fin de cette situation sans porter atteinte aux droits des usagers.

Le texte modifie également l’article 53 relatif à l’établissement d’actes concernant des personnes souffrant d’un handicap empêchant la communication verbale. Le recours à un interprète devient obligatoire lorsque la communication s’avère difficile, remplaçant des formulations jugées insuffisamment précises dans la version précédente.

Concernant les procédures disciplinaires, le gouvernement a revu la répartition des compétences afin de répondre aux observations formulées par la Cour constitutionnelle. Le procureur général du Roi sera désormais chargé uniquement de l’exécution des décisions disciplinaires, tandis que leur prononcé relèvera de la commission disciplinaire instituée auprès de l’autorité gouvernementale chargée de la Justice.

Une réforme inscrite dans un chantier plus large

L’adoption de cette nouvelle loi intervient dans un contexte de réflexion plus globale sur l’évolution de la profession d’adoul. Le Conseil de gouvernement avait adopté le projet quelques jours auparavant afin d’assurer les effets juridiques de la décision de la Cour constitutionnelle, conformément à l’article 134 de la Constitution.

Cette réforme s’inscrit également dans la continuité des travaux menés par plusieurs institutions. En mars 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait consacré un avis à la modernisation de la profession. Plus récemment, le Conseil de la concurrence a examiné les effets concurrentiels du projet de loi n°16.22, à la demande de la Chambre des représentants.

Dans son analyse, le Conseil de la concurrence rappelle que le marché marocain de l’authentification repose principalement sur les adouls, les notaires et, dans une moindre mesure, les avocats agréés.

Les adouls disposent de l’exclusivité en matière de statut personnel des musulmans, tandis que le marché immobilier demeure partagé avec les notaires, ces derniers étant davantage présents sur les opérations portant sur le foncier immatriculé.

Selon les données citées par le Conseil, le Maroc comptait en 2025 quelque 3.399 adouls répartis dans 1.387 offices, contre 1.735 notaires. Les adouls ont établi 845.545 actes durant l’année, dont près de 35 % concernaient le statut personnel, tandis que les notaires ont traité 680.764 actes, représentant un volume financier estimé à 180 milliards de dirhams.

Le Conseil de la concurrence estime toutefois que plusieurs contraintes continuent de limiter la compétitivité de la profession. Parmi elles figurent l’impossibilité pour les adouls de recevoir les dépôts financiers liés aux transactions, contrairement aux notaires, ainsi que la complexité des procédures d’établissement et d’homologation des actes, qui allongent les délais.

L’institution relève néanmoins plusieurs avancées introduites par le projet de loi, notamment la généralisation de la signature électronique, l’archivage numérique des actes, le renforcement des règles déontologiques, l’instauration d’une assurance professionnelle obligatoire, ainsi que la modernisation des conditions d’accès et de formation.

Elle recommande cependant d’aller plus loin en renforçant l’interconnexion numérique entre les différentes administrations concernées, en développant la réception des actes à distance par visioconférence sécurisée, en créant progressivement un mécanisme de gestion des dépôts par les adouls et en adaptant les règles d’organisation des offices aux réalités territoriales.

Quelques mois auparavant, le CESE avait lui aussi appelé à accélérer la transformation numérique de la profession, à renforcer la formation des adouls et à accompagner l’évolution de leurs missions.

LNT

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Pourquoi le Maroc a déjà gagné https://lnt.ma/pourquoi-le-maroc-a-deja-gagne/ Tue, 07 Jul 2026 10:21:04 +0000 https://lnt.ma/?p=552617 Quelques jours nous séparent encore de ce quart de finale qui, déjà, appartient à l’histoire, le Maroc face à la France, sur les pelouses américaines de cette Coupe du monde 2026. Le pays entier retiendra son souffle. Mais, que le ballon roule dans un sens ou dans l’autre, une certitude s’impose à qui veut bien […]

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Quelques jours nous séparent encore de ce quart de finale qui, déjà, appartient à l’histoire, le Maroc face à la France, sur les pelouses américaines de cette Coupe du monde 2026. Le pays entier retiendra son souffle. Mais, que le ballon roule dans un sens ou dans l’autre, une certitude s’impose à qui veut bien regarder au-delà du seul tableau d’affichage, le Maroc a déjà gagné.

La première victoire est la plus visible, et pourtant la plus vertigineuse, le parcours lui-même. Voir une nation africaine et arabe s’installer, une fois encore, parmi les huit meilleures équipes de la planète n’a rien d’anodin. Ce qui pourrait passer pour une habitude naissante demeure, dans l’histoire du football mondial, un exploit d’une rareté insigne. Et derrière cette régularité, il n’y a pas de hasard. Il y a le travail concret, massif, patient de la Fédération Royale Marocaine de Football ; il y a les investissements consentis, les infrastructures bâties, les académies et les générations formées loin des projecteurs. Cette constance au sommet est, à elle seule, une victoire, celle d’une vision qui porte aujourd’hui ses fruits sous les yeux du monde.

La deuxième victoire est celle de la diaspora et de sa communion avec le peuple resté au pays. Elle s’incarne dans ces joueurs dont les parents ont un jour pris le chemin de l’émigration, en Europe notamment, et qui reviennent porter haut les couleurs nationales, faisant la fierté des Marocains d’ici comme de ceux de là-bas. Elle vit aussi dans ces centaines de milliers de supporters établis à l’étranger, qui trouvent dans chaque match l’occasion d’exprimer un patriotisme intact, par-delà les frontières et les distances. Ce que le football révèle ici dépasse le football, un peuple qui dispersé sur tous les continents, se retrouve entier autour d’un même drapeau.

La troisième victoire est celle de l’image du pays. Une image qui n’avait nul besoin d’être améliorée, mais qui se trouve, une fois encore, confortée, celle d’une terre de valeurs, d’accueil, de bienveillance et d’ouverture. Après le Qatar, c’est désormais chez l’Oncle Sam que des millions de spectateurs découvrent la ferveur contagieuse de notre équipe nationale et de ses supporters. Cette chaleur qui déborde des tribunes, ce mélange de fierté et d’élégance, cette joie qui rassemble bien au-delà des seuls Marocains. Voilà le plus beau des ambassadeurs, celui qu’aucune campagne de communication ne saurait égaler.

La quatrième victoire est celle de retrouver la France aussi loin dans la compétition. Pays ami, pays proche, partenaire de tant de chantiers communs, la France n’en demeure pas moins l’ancienne puissance colonisatrice. Et cette confrontation, sur le terrain comme dans les esprits, remet symboliquement les pendules à l’heure pour tous ceux qui, hélas, continuent de croire à une quelconque préséance de Paris sur Rabat. D’égal à égal, dans la diplomatie comme sur la pelouse, le Maroc et la France s’affrontent et se respectent. C’est précisément ce respect mutuel, entre deux nations qui se regardent enfin les yeux dans les yeux, qui fait toute la différence.

La cinquième victoire, enfin, engage l’avenir. En s’imposant durablement parmi les sélections les plus performantes, en s’affirmant comme une véritable nation de football (plus, osons le dire, que bien des amateurs de soccer), le Maroc conforte une légitimité déjà acquise, celle de coorganiser en 2030, la prochaine Coupe du monde. Ce que le Royaume s’apprête à accueillir, il l’aura d’abord mérité sur le terrain, par la vérité du jeu et la constance des résultats.

Alors, au bout du compte, ce sont les dieux du football qui trancheront l’issue de la rencontre. Comme l’a rappelé Achraf Hakimi, Mbappé est peut-être son ami, mais pas sur le terrain. Le résultat, nul ne le connaît encore, et c’est là toute la beauté de ce sport. Mais en tout état de cause, et quel que soit le score au coup de sifflet final, une chose est sûre, le Maroc a déjà gagné.

 

Zouhair Yata

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BCIJ : Dix suspects arrêtés dans un coup de filet antiterroriste majeur https://lnt.ma/bcij-dix-suspects-arretes-dans-un-coup-de-filet-antiterroriste-majeur/ Mon, 06 Jul 2026 14:07:17 +0000 https://lnt.ma/?p=552529 Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) a annoncé, lundi, avoir mis en échec des projets terroristes qu’il qualifie d’« extrêmement dangereux » et à un stade avancé de préparation, attribués à une cellule bénéficiant d’un soutien logistique et opérationnel de la branche sahélienne de l’organisation État islamique (Daech). Selon un communiqué du BCIJ, cette opération […]

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Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) a annoncé, lundi, avoir mis en échec des projets terroristes qu’il qualifie d’« extrêmement dangereux » et à un stade avancé de préparation, attribués à une cellule bénéficiant d’un soutien logistique et opérationnel de la branche sahélienne de l’organisation État islamique (Daech).

Selon un communiqué du BCIJ, cette opération a été menée sur la base de renseignements fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Des interventions simultanées ont été conduites à Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi, aboutissant à l’interpellation de dix personnes soupçonnées d’être impliquées dans ce projet terroriste. Parmi les personnes arrêtées figurent un ancien détenu poursuivi dans le cadre de la législation antiterroriste ainsi qu’un mineur.

Les arrestations font suite à plusieurs opérations de surveillance et d’investigation menées par les services spécialisés. Les autorités indiquent que les suspects sont soupçonnés d’avoir planifié des actions visant à porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national.

Les perquisitions effectuées aux domiciles des mis en cause ont permis la saisie d’armes blanches, de tenues militaires, de documents à caractère extrémiste détaillant notamment des procédés de fabrication d’engins explosifs, ainsi que de supports numériques. Les enquêteurs ont également découvert deux enregistrements contenant un texte d’allégeance à l’organisation État islamique et des menaces explicites visant le Maroc.

Dans le cadre de la poursuite des investigations, une perquisition menée dans un entrepôt situé à Inezgane a conduit à la découverte d’un véhicule tout-terrain dont le réservoir aurait été modifié pour fonctionner au gaz butane. Selon le BCIJ, ce véhicule aurait pu être utilisé dans le cadre d’un attentat-suicide ou d’une attaque à la voiture-bélier contre des installations sensibles.

Face à cette découverte, un dispositif de sécurité a été immédiatement déployé. Les habitants résidant à proximité de l’entrepôt ont été évacués avant l’intervention d’une équipe spécialisée dans le déminage relevant de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), qui a procédé à l’inspection du véhicule à l’aide de robots téléguidés et d’équipements spécialisés afin d’en évaluer la dangerosité.

Les investigations menées dans cet entrepôt ont également permis la saisie de plusieurs bonbonnes de gaz butane, d’autocuiseurs, dont certains remplis de clous et reliés à des câbles électriques, d’un poste à souder, de composants électriques ainsi que de substances chimiques solides et liquides qui feront l’objet d’analyses techniques afin d’en déterminer la nature et l’usage prévu.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les membres de cette cellule auraient prêté allégeance au dirigeant de l’organisation État islamique et entretenu récemment des contacts directs avec des responsables de sa branche active dans la région sahélo-saharienne. D’après le BCIJ, ces derniers leur auraient demandé de rester au Maroc afin d’y exécuter des projets terroristes, plutôt que de rejoindre les zones d’implantation de l’organisation à l’étranger.

Les enquêteurs indiquent également que le responsable présumé de la cellule aurait réparti les rôles entre les différents membres. Certains auraient été chargés de sélectionner les cibles potentielles, d’autres d’assurer les opérations de repérage et de surveillance, tandis qu’un troisième groupe aurait eu pour mission d’acquérir les équipements et les substances nécessaires à la préparation des attaques.

Les personnes majeures interpellées ont été placées en garde à vue, tandis que le mineur est maintenu sous surveillance dans le cadre de l’enquête judiciaire menée par le BCIJ sous la supervision du parquet compétent en matière de terrorisme. Les investigations se poursuivent afin de préciser les liens des suspects avec la branche africaine de l’organisation État islamique et d’identifier d’éventuelles ramifications de cette cellule, tant au niveau national qu’international.

LNT

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Profession d’avocat : la Commission de la justice adopte en deuxième lecture le projet de loi https://lnt.ma/profession-davocat-la-commission-de-la-justice-adopte-en-deuxieme-lecture-le-projet-de-loi/ Fri, 03 Jul 2026 10:11:39 +0000 https://lnt.ma/?p=552379 La Commission de la justice, de la législation, des droits de l’homme et des libertés à la Chambre des représentants a adopté, jeudi en deuxième lecture, le projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat. Le texte a été approuvé à la majorité par 17 voix pour et 5 contre, sans abstention, […]

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La Commission de la justice, de la législation, des droits de l’homme et des libertés à la Chambre des représentants a adopté, jeudi en deuxième lecture, le projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat. Le texte a été approuvé à la majorité par 17 voix pour et 5 contre, sans abstention, après l’intégration d’une série d’amendements apportés à la version adoptée par la Chambre des conseillers.

Présentant les modifications retenues, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a indiqué que 34 amendements avaient été retenus parmi plus de 200 propositions formulées par les conseillers parlementaires. Ces modifications portent notamment sur les conditions d’accès à la profession, les modalités de son exercice, les relations entre l’avocat et son client, ainsi que la composition des conseils de l’Ordre.

Parmi les principales dispositions adoptées figure le maintien de la limite d’âge fixée à 45 ans pour l’accès au concours de l’Institut de formation des avocats. La commission a ainsi rejeté l’amendement introduit par la Chambre des conseillers qui proposait de relever ce plafond à 50 ans. Le texte conserve donc la version initialement adoptée par la Chambre des représentants.

En revanche, les députés ont approuvé l’élargissement des filières universitaires habilitées à présenter le concours d’accès à l’Institut de formation des avocats, en intégrant les diplômés des facultés de charia aux côtés de ceux des facultés de droit. Soutenue par le ministre de la Justice, cette disposition a toutefois suscité des réserves de plusieurs membres de la commission, qui ont estimé que cette formation ne constituait pas un apport spécifique pour l’exercice de la profession.

Les discussions ont également porté sur le régime applicable aux fonctionnaires du corps des greffes souhaitant intégrer la profession. Si un amendement prévoyait de les dispenser du certificat d’aptitude professionnelle et du stage après quinze années d’ancienneté, la commission a finalement adopté à l’unanimité une proposition du ministre imposant le maintien d’une épreuve d’évaluation destinée à vérifier les compétences ainsi que les aptitudes professionnelles et déontologiques des candidats.

Le texte réduit par ailleurs de cinq à trois ans la durée d’ancienneté requise pour permettre aux enseignants-chercheurs de plaider devant la Cour de cassation après leur inscription au tableau de l’Ordre des avocats. Une disposition spécifique autorise également les fonctionnaires du corps des greffes inscrits au tableau de l’Ordre à exercer devant cette juridiction après six années d’ancienneté.

La commission a également adopté plusieurs modifications relatives à l’organisation de la profession. Le bâtonnier sera désormais tenu de notifier la liste des avocats habilités à plaider devant la Cour de cassation au ministère de la Justice, ainsi qu’au premier président et au procureur général du Roi près cette juridiction. Les députés ont également remplacé, dans le texte, la notion d’« entrave à l’audience » par une formulation visant « tout acte de nature à porter atteinte à l’ordre de l’audience ou à entraver la continuité de ses travaux ».

L’article 57-1, consacré au compte des dépôts et règlements des avocats, a donné lieu à un débat entre majorité et opposition sur la possibilité de soumettre ce compte au contrôle de la Cour des comptes afin de vérifier la régularité des opérations financières qui y sont enregistrées.

S’agissant de la gouvernance des Ordres, la commission a maintenu le système de représentation en trois catégories prévu dans la version initiale du projet de loi, contrairement au dispositif à deux catégories adopté par la Chambre des conseillers. Le texte prévoit ainsi que 40 % des sièges reviennent aux avocats inscrits depuis plus de vingt ans, 50 % à ceux justifiant de dix à vingt ans d’ancienneté et 10 % à ceux comptant entre cinq et dix ans d’exercice.

Enfin, les députés ont validé une nouvelle composition des conseils de l’Ordre garantissant une représentation minimale de chaque cour d’appel relevant de l’Ordre. Le nombre de membres élus sera fixé à dix lorsque l’Ordre compte entre 100 et 800 avocats, à vingt entre 801 et 2.000 avocats et à trente lorsque leurs effectifs dépassent 2.000 inscrits.

LNT

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Maroc-Kenya : la Chambre des conseillers et le Sénat kényan renforcent leur coopération parlementaire https://lnt.ma/maroc-kenya-la-chambre-des-conseillers-et-le-senat-kenyan-renforcent-leur-cooperation-parlementaire/ Wed, 01 Jul 2026 10:15:44 +0000 https://lnt.ma/?p=552208 La Chambre des conseillers et le Sénat de la République du Kenya ont signé, mardi à Rabat, un mémorandum d’entente visant à renforcer leur coopération parlementaire et à approfondir les relations institutionnelles entre les deux pays. Le document a été signé par le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Ould Errachid, et le président […]

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La Chambre des conseillers et le Sénat de la République du Kenya ont signé, mardi à Rabat, un mémorandum d’entente visant à renforcer leur coopération parlementaire et à approfondir les relations institutionnelles entre les deux pays.

Le document a été signé par le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Ould Errachid, et le président du Sénat kényan, Amason Jeffah Kingi, dans le cadre des efforts engagés pour développer le dialogue parlementaire bilatéral.

Renforcer le dialogue entre les deux institutions

À travers cet accord, les deux institutions s’engagent à consolider le dialogue parlementaire et à donner une nouvelle impulsion aux relations de coopération entre le Maroc et le Kenya.

Le mémorandum prévoit le développement d’initiatives conjointes ainsi que le renforcement des échanges entre les deux chambres sur les plans législatif, institutionnel et technique.

L’objectif est notamment de favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques en matière d’action parlementaire, tout en encourageant la mise en œuvre de programmes de coopération communs.

Des échanges institutionnels élargis

Les deux parties se sont également engagées à renforcer les mécanismes de coopération à travers leurs structures administratives et législatives permanentes.

Cette coopération s’appuiera notamment sur les groupes d’amitié parlementaires, les commissions spécialisées ainsi que les unions parlementaires régionales, continentales et internationales auxquelles appartiennent les deux institutions.

L’accord prévoit également le développement d’initiatives communes destinées à approfondir les relations institutionnelles et à les inscrire dans un partenariat multidimensionnel.

Le mémorandum met enfin l’accent sur le renforcement de la concertation entre les deux institutions lors des différentes rencontres parlementaires régionales, africaines et internationales.

LNT

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Sécheresse : le gouvernement mobilise 20 MMDH pour soutenir l’agriculture et l’élevage https://lnt.ma/secheresse-le-gouvernement-mobilise-20-mmdh-pour-soutenir-lagriculture-et-lelevage/ Wed, 01 Jul 2026 10:09:26 +0000 https://lnt.ma/?p=552204 Le gouvernement a consacré des budgets exceptionnels et mis en œuvre plusieurs programmes d’urgence afin de faire face aux conséquences des années successives de sécheresse et aux tensions sur les marchés internationaux. Présentant, mardi devant la Chambre des conseillers, les grandes lignes de l’approche gouvernementale en matière de souveraineté alimentaire, le Chef du gouvernement, Aziz […]

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Le gouvernement a consacré des budgets exceptionnels et mis en œuvre plusieurs programmes d’urgence afin de faire face aux conséquences des années successives de sécheresse et aux tensions sur les marchés internationaux. Présentant, mardi devant la Chambre des conseillers, les grandes lignes de l’approche gouvernementale en matière de souveraineté alimentaire, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a dressé le bilan des mesures engagées en faveur des agriculteurs, des éleveurs et du pouvoir d’achat des ménages.

Un soutien de 20 milliards de dirhams aux filières agricoles

Lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, placée sous le thème de « l’approche gouvernementale intégrée pour la réalisation de la souveraineté alimentaire », Aziz Akhannouch a indiqué que les différents programmes de soutien ont mobilisé une enveloppe globale de 20 milliards de dirhams.

Selon lui, ces interventions ont permis d’alléger les charges pesant sur les agriculteurs et les producteurs, tout en soutenant les filières végétales et animales affectées par les conditions climatiques difficiles.

Le dispositif a notamment porté sur la mise à disposition d’environ 27 millions de quintaux d’orge subventionnée ainsi que de 8,5 millions de quintaux d’aliments composés destinés aux éleveurs bovins et au secteur avicole.

Le gouvernement a également accordé des aides aux filières de la tomate, de la pomme de terre et de l’oignon, tout en soutenant les campagnes agricoles 2023-2025 à travers les semences et les engrais.

Dans ce cadre, 650.000 tonnes d’engrais phosphatés et trois millions de quintaux d’engrais azotés subventionnés ont été distribués au profit de plus de 160.000 agriculteurs. Le renforcement des capacités financières du Crédit Agricole du Maroc a également été engagé afin d’améliorer l’accès des exploitants au financement.

Un programme de 12 milliards de dirhams pour reconstituer le cheptel

Le Chef du gouvernement a par ailleurs rappelé que, conformément aux Hautes Orientations Royales, l’Exécutif a lancé un programme de reconstitution du cheptel national doté d’un budget de 12 milliards de dirhams.

Ce dispositif repose notamment sur l’octroi d’un soutien financier direct aux éleveurs et sur un recensement national du cheptel, qui a permis d’établir une base de données recensant près de 1,2 million d’éleveurs.

Aziz Akhannouch a précisé que ce programme accorde une priorité particulière aux petits agriculteurs et aux petits éleveurs. Il prévoit également des mesures d’allègement de leur endettement ainsi que des actions destinées à préserver les brebis et les chèvres reproductrices afin de réduire les coûts de production et d’améliorer les revenus des ménages ruraux.

Mesures fiscales et compensation

Le gouvernement a également adopté plusieurs mesures exceptionnelles pour soutenir l’approvisionnement du marché national, notamment la suspension des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le bétail destiné à l’abattage et à l’engraissement, ainsi que sur plusieurs produits de première nécessité.

Selon Aziz Akhannouch, ces dispositions ont été accompagnées par une mobilisation de 135,6 milliards de dirhams au profit de la Caisse de compensation entre 2021 et la fin de l’année 2025.

Le Chef du gouvernement estime que cet effort financier a contribué à garantir un approvisionnement régulier du marché national tout en limitant les coûts de production dans plusieurs filières.

Soutenir le pouvoir d’achat

Aziz Akhannouch a enfin souligné que l’élargissement du dispositif d’aide sociale directe, désormais accordée à 3,9 millions de familles représentant près de 12 millions de personnes, a constitué un levier complémentaire pour soutenir la consommation des ménages et contenir l’inflation alimentaire.

Selon lui, l’ensemble de ces mesures traduit l’engagement du gouvernement à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, tout en renforçant la résilience du secteur agricole face aux effets des changements climatiques et aux perturbations des marchés internationaux.

LNT

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La BEI renforce son partenariat avec le Maroc et mobilise 365 millions d’euros pour les infrastructures https://lnt.ma/la-bei-renforce-son-partenariat-avec-le-maroc-et-mobilise-365-millions-deuros-pour-les-infrastructures/ Wed, 01 Jul 2026 10:02:41 +0000 https://lnt.ma/?p=552200 La Banque européenne d’investissement (BEI) a célébré à Rabat les vingt ans de sa présence au Maroc et près d’un demi-siècle de partenariat avec le Royaume, réaffirmant sa volonté d’accompagner les priorités de développement du pays. Cette célébration a été marquée par la signature de nouveaux accords de financement d’un montant global de 365 millions […]

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La Banque européenne d’investissement (BEI) a célébré à Rabat les vingt ans de sa présence au Maroc et près d’un demi-siècle de partenariat avec le Royaume, réaffirmant sa volonté d’accompagner les priorités de développement du pays. Cette célébration a été marquée par la signature de nouveaux accords de financement d’un montant global de 365 millions d’euros destinés à renforcer la résilience des infrastructures routières et ferroviaires.

La cérémonie s’est déroulée en présence de la présidente de la BEI, Nadia Calviño, de la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, du chef adjoint de la délégation de l’Union européenne (UE) au Maroc, Daniele Dotto, ainsi que de représentants des secteurs bancaire et privé.

Un partenariat appelé à se renforcer

Intervenant à cette occasion, Nadia Fettah a mis en avant les perspectives de renforcement de la coopération entre le Maroc et la BEI, notamment en matière d’investissement, de mobilisation du secteur privé et d’accompagnement des grandes priorités de développement du Royaume.

La ministre a rappelé la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays ainsi que les réformes engagées sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour renforcer la résilience et l’attractivité de l’économie nationale. Elle a également souligné le rôle du secteur privé comme partenaire essentiel de cette transformation, tout en saluant la contribution de la BEI au financement de projets structurants.

De son côté, Nadia Calviño a réaffirmé que le Maroc demeure un partenaire stratégique aussi bien pour la BEI que pour l’Union européenne. Elle a indiqué que les financements de l’institution visent à soutenir des projets favorisant une prospérité partagée et le bon voisinage dans la région, tout en exprimant la volonté de renforcer davantage cette coopération au cours des prochaines années.

Les échanges ont également porté sur les moyens d’accroître la mobilisation des investissements, notamment à travers l’initiative Team Europe, ainsi que sur les perspectives ouvertes par le Nouveau Pacte pour la Méditerranée.

Deux accords pour les infrastructures de transport

En marge de cette célébration, le Maroc et la BEI ont conclu deux nouveaux accords de financement totalisant 365 millions d’euros pour soutenir les réseaux ferroviaire et autoroutier.

Le premier accord prévoit un prêt de 50 millions d’euros accordé à l’Office national des chemins de fer (ONCF), complété par une subvention de 15 millions d’euros de l’Union européenne. Ce financement est destiné au projet de réhabilitation du réseau ferroviaire.

Le second accord concerne un prêt de 300 millions d’euros accordé à la Société nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) pour financer un programme consacré au renforcement de la résilience des infrastructures autoroutières.

Selon les signataires, ces investissements visent à améliorer la mobilité, renforcer la sécurité et la résilience des réseaux de transport, tout en soutenant l’intégration régionale et les échanges économiques entre l’Europe et l’Afrique.

À cette occasion, Nadia Calviño a souligné que ces nouveaux financements illustrent l’entrée dans une nouvelle phase du partenariat entre la BEI, l’Union européenne et le Maroc. Elle a rappelé que la mission de la Banque dans le Royaume repose sur la promotion d’une prospérité partagée, du progrès social et de la résilience, à travers des investissements structurants.

Pour sa part, Nadia Fettah a estimé que ces accords témoignent de la qualité d’une coopération qui dépasse désormais la logique du financement projet par projet pour s’inscrire dans une vision commune en faveur d’un développement plus inclusif, d’une plus grande équité sociale et d’un renforcement des liens entre l’Europe et le continent africain.

Le chef adjoint de la délégation de l’Union européenne au Maroc, Daniele Dotto, a également mis en avant la solidité des relations entre le Royaume et l’UE, rappelant que les institutions européennes travaillent conjointement au financement d’infrastructures résilientes et au soutien du développement économique marocain.

LNT

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Le Maroc élu commissaire de la Commission africaine de l’énergie nucléaire https://lnt.ma/le-maroc-elu-commissaire-de-la-commission-africaine-de-lenergie-nucleaire/ Sat, 27 Jun 2026 15:25:27 +0000 https://lnt.ma/?p=551978 Le Maroc a été élu, vendredi à l’unanimité, commissaire de la Commission africaine de l’énergie nucléaire (AFCONE) pour un mandat de trois ans, à l’occasion de la 7ᵉ Conférence des États parties au Traité de Pelindaba, organisée au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. Cette élection intervient dans le cadre des travaux de la conférence […]

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Le Maroc a été élu, vendredi à l’unanimité, commissaire de la Commission africaine de l’énergie nucléaire (AFCONE) pour un mandat de trois ans, à l’occasion de la 7ᵉ Conférence des États parties au Traité de Pelindaba, organisée au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba.

Cette élection intervient dans le cadre des travaux de la conférence consacrée au traité instituant une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique. Elle confie au Royaume un siège au sein de l’organe de l’Union africaine chargé de veiller à l’application de ce traité.

Selon les organisateurs, cette désignation reflète la confiance accordée au Maroc pour contribuer aux travaux de l’AFCONE sur les questions liées à la paix, à la sécurité et au développement sur le continent.

Le Royaume met en avant son expérience dans l’utilisation pacifique des technologies nucléaires, notamment dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la gestion des ressources en eau et de la sécurité alimentaire. Ces applications constituent l’un des axes de sa coopération avec plusieurs pays africains.

Les fonctions de commissaire au sein de l’AFCONE couvrent des dimensions techniques, diplomatiques et stratégiques, l’instance étant chargée de promouvoir la mise en œuvre du Traité de Pelindaba et de soutenir les États africains dans le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire.

Le Maroc participe à cette conférence par une délégation conduite par l’ambassadeur, représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Mohamed Arrouchi. La délégation comprend également des représentants du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) ainsi que de l’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques (AMSSNuR).

LNT

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ONU : Omar Hilale relaie les priorités africaines lors du 80e anniversaire de la Charte des Nations Unies https://lnt.ma/onu-omar-hilale-relaie-les-priorites-africaines-lors-du-80e-anniversaire-de-la-charte-des-nations-unies/ Sat, 27 Jun 2026 15:24:38 +0000 https://lnt.ma/?p=551976 L’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, est intervenu vendredi au nom du Groupe africain lors de la cérémonie marquant le 80e anniversaire de la signature de la Charte des Nations Unies, organisée au siège de l’ONU à New York. S’exprimant devant l’Assemblée générale, le diplomate a rappelé que, lors de […]

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L’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, est intervenu vendredi au nom du Groupe africain lors de la cérémonie marquant le 80e anniversaire de la signature de la Charte des Nations Unies, organisée au siège de l’ONU à New York.

S’exprimant devant l’Assemblée générale, le diplomate a rappelé que, lors de la signature de la Charte, les peuples africains n’avaient pas encore accédé à l’indépendance et ne disposaient pas de représentation dans les instances internationales. Selon lui, les principes consacrés par ce texte fondateur ont néanmoins constitué le socle juridique et moral des mouvements de libération sur le continent.

Omar Hilale a souligné que la Charte des Nations Unies a fourni à l’Afrique les instruments nécessaires pour construire son avenir, réaffirmant l’attachement du continent aux principes de l’égalité souveraine des États, du règlement pacifique des différends et de l’interdiction du recours à la force.

Le représentant du Maroc a également mis en avant la contribution des pays africains aux activités des Nations Unies. Il a cité l’engagement des contingents africains dans les opérations de maintien de la paix, la participation des diplomates du continent aux négociations sur l’Agenda 2030, le Pacte pour l’avenir et le financement du développement, ainsi que la présence de juristes africains au sein de plusieurs juridictions internationales, notamment la Cour internationale de Justice, la Cour pénale internationale et le Tribunal international du droit de la mer.

Évoquant la signature de la déclaration « UN80 », il a appelé les États membres à traduire cet engagement symbolique en mesures concrètes, notamment à travers une réforme de l’architecture financière internationale tenant compte du poids économique et démographique de l’Afrique et répondant aux défis liés à l’endettement. Il a également plaidé pour une réforme du processus « ONU 80 » permettant de renforcer les capacités de l’Organisation sans réduire les mandats ni les ressources consacrés aux pays en développement.

Le diplomate a par ailleurs rappelé la contribution du Groupe africain à l’adoption, en mars dernier, d’une résolution de l’Assemblée générale sur l’examen de la mise en œuvre des mandats des Nations Unies. Selon lui, cette initiative a permis de préserver un équilibre entre les trois piliers de l’Organisation – paix et sécurité, développement et droits humains – conformément aux principes de la Charte.

Abordant la question de la gouvernance mondiale, Omar Hilale a estimé que le Conseil de sécurité ne reflète plus les réalités géopolitiques actuelles. Il a rappelé que l’Afrique, qui compte plus d’un milliard d’habitants et concentre une grande partie des dossiers examinés par le Conseil, ne dispose toujours d’aucun siège permanent ni du droit de veto.

À ce titre, il a réitéré l’appel du Groupe africain, fondé sur le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, en faveur d’une réforme globale du Conseil de sécurité destinée à corriger ce qu’il a qualifié d’« injustice historique ».

Cette séance commémorative s’est déroulée en présence du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, et de la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock.

LNT

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Alerte précoce : une feuille de route 2027-2029 présentée pour renforcer la prévention des risques naturels https://lnt.ma/alerte-precoce-une-feuille-de-route-2027-2029-presentee-pour-renforcer-la-prevention-des-risques-naturels/ Sat, 27 Jun 2026 15:23:12 +0000 https://lnt.ma/?p=551974 Une feuille de route nationale couvrant la période 2027-2029 a été présentée vendredi à Casablanca afin de renforcer les systèmes d’alerte précoce face aux risques hydrométéorologiques. Élaboré dans le cadre de la consultation nationale sur l’initiative « Early Warnings for All » (EW4ALL), ce programme prévoit un investissement estimé à près de 2 milliards de […]

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Une feuille de route nationale couvrant la période 2027-2029 a été présentée vendredi à Casablanca afin de renforcer les systèmes d’alerte précoce face aux risques hydrométéorologiques. Élaboré dans le cadre de la consultation nationale sur l’initiative « Early Warnings for All » (EW4ALL), ce programme prévoit un investissement estimé à près de 2 milliards de dirhams sur trois ans.

Le document s’inscrit dans le prolongement des recommandations formulées lors de cette consultation nationale et repose sur un plan d’action structuré autour de quatre axes visant à améliorer les capacités nationales en matière de prévention, de prévision, d’alerte et de préparation face aux catastrophes naturelles.

Le premier pilier porte sur le renforcement de la connaissance des risques hydrométéorologiques. Il prévoit notamment la mise en place d’une gouvernance nationale des données, la généralisation de la cartographie des aléas, de l’exposition et de la vulnérabilité, ainsi que l’intégration des projections climatiques dans les évaluations des risques.

Le deuxième axe est consacré au renforcement des capacités de prévision. Il prévoit la création d’un Centre national de prévision des crues, la modernisation et la densification des réseaux de stations météorologiques, hydrologiques et maritimes, le déploiement de capteurs intelligents ainsi que l’amélioration des modèles de prévision météorologique et hydrologique.

La feuille de route comprend également un troisième pilier dédié à l’amélioration des dispositifs de diffusion des alertes. Les mesures envisagées concernent l’harmonisation des protocoles d’alerte entre les différentes institutions, l’élaboration d’un catalogue national de messages normalisés et le déploiement d’un système national d’alerte par téléphonie mobile.

Le quatrième pilier vise à renforcer la préparation des populations et des territoires face aux catastrophes. Il prévoit des campagnes nationales de sensibilisation, l’intégration progressive de la gestion des risques dans les programmes éducatifs, le renforcement de la résilience des infrastructures critiques ainsi que l’élaboration de plans territoriaux de réponse aux situations d’urgence.

La mise en œuvre de cette stratégie sera pilotée par un dispositif de gouvernance réunissant les principaux acteurs concernés, sous une coordination conjointe de la Direction générale de la météorologie (DGM) et de la Direction de la gestion des risques naturels (DGRN).

À l’issue de la consultation nationale, les participants ont adopté la Déclaration de Casablanca, réaffirmant leur engagement à accompagner la mise en œuvre de cette feuille de route et de son plan d’action prioritaire pour la période 2027-2029.

Lors de la séance de clôture, le directeur général de la météorologie, Mohamed Dkhissi, a indiqué que cette consultation avait permis de construire une vision commune autour d’un système national d’alerte précoce multirisques, intégré et centré sur les populations.

Il a souligné que les recommandations formulées constituent le socle de la feuille de route, appelant à renforcer la gouvernance, la connaissance des risques, les capacités d’observation ainsi que les mécanismes de diffusion des alertes.

LNT avec MAP

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