Les autorités marocaines ont engagé ces derniers jours des opérations préventives de dératisation dans plusieurs infrastructures portuaires et aéroportuaires du nord du Royaume, dans un contexte de vigilance sanitaire internationale autour du Hantavirus, après le signalement de cas à l’étranger, notamment sur un navire de croisière en Méditerranée occidentale.
Selon des informations relayées par des sources concordantes, ces campagnes concernent notamment les ports de Tanger, Tanger Med, Tétouan et Al Hoceima, ainsi que certaines infrastructures aéroportuaires de la région. Ces interventions s’inscrivent dans un dispositif de prévention anticipatif, à l’approche de la saison estivale, période marquée par une hausse significative des flux de voyageurs, notamment avec le retour des Marocains résidant à l’étranger et l’arrivée de touristes.
Les opérations menées portent principalement sur la dératisation des réseaux d’égouts, des canalisations et de certains espaces sensibles, les rongeurs étant identifiés comme principaux vecteurs de transmission du Hantavirus à l’être humain. D’autres actions de lutte contre les nuisibles auraient également été engagées dans certains quartiers urbains, notamment à Tanger, dans le cadre de mesures élargies de salubrité publique.
Ces initiatives interviennent alors que plusieurs épisodes récents ont attiré l’attention sur ce virus. Des cas ont été rapportés en France et aux États-Unis, tandis qu’un foyer d’infection a été signalé à bord d’un navire de croisière aux Canaries, suscitant une attention médiatique et sanitaire accrue.
Le Hantavirus appartient à une famille de virus principalement transmis à l’homme par contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs excrétions. Selon les formes virales en circulation, l’infection peut provoquer des syndromes respiratoires ou des atteintes rénales, avec des niveaux de gravité variables. Toutefois, les autorités sanitaires internationales soulignent que le mode de transmission diffère fortement de celui des virus respiratoires à propagation massive comme le SARS-CoV-2.
Dans ce contexte, plusieurs pays ont renforcé leurs dispositifs de surveillance, tandis que les organisations sanitaires internationales suivent l’évolution de la situation.
Au Maroc, les responsables sanitaires affichent un discours rassurant. Mohamed Elyoubi, directeur de l’Épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a récemment indiqué que le risque d’introduction du Hantavirus sur le territoire national demeurait extrêmement faible.
Le responsable a précisé que les cas détectés à bord du navire concerné restent limités, avec seulement quatre infections recensées, tandis que les autres passagers identifiés comme cas contacts ont été placés sous surveillance sanitaire.
Selon lui, aucun citoyen marocain ne figure parmi les personnes concernées, et aucun passager du navire n’est attendu au Maroc dans l’immédiat.
Mohamed Elyoubi a également assuré que le Royaume dispose déjà des mécanismes nécessaires pour faire face à une éventuelle alerte sanitaire. Un protocole de prise en charge serait opérationnel, incluant l’identification des laboratoires chargés des analyses, les procédures de détection des cas suspects ainsi que les dispositifs de quarantaine si nécessaire.
Les mesures engagées par les autorités semblent relever davantage d’une approche préventive que d’une réponse à une menace immédiate. La mobilisation des services sanitaires et des collectivités locales traduit une logique d’anticipation, dans un contexte où les mouvements transfrontaliers s’intensifient.
Cette posture s’inscrit dans la continuité des dispositifs de veille sanitaire renforcés depuis les précédentes crises internationales, avec une attention particulière portée aux points d’entrée stratégiques du territoire.
À ce stade, les experts sanitaires internationaux appellent à éviter toute dramatisation excessive. Contrairement à certaines craintes relayées sur les réseaux sociaux, aucun scénario de propagation comparable à celui observé lors de la pandémie de Covid-19 n’est actuellement envisagé.
LNT
