Le Ministère public marocain affirme renforcer sa vigilance face aux évolutions des pratiques susceptibles de porter atteinte à l’intégrité des processus électoraux, notamment celles liées à l’usage des outils numériques et de l’intelligence artificielle.
Intervenant à Marrakech à l’ouverture de la 10e Conférence internationale sur les droits de l’Homme et les lois électorales, le secrétaire général de la présidence du Ministère public, Ahmed El Ouali Alami, a indiqué que l’institution judiciaire veille à lutter contre toutes les formes de criminalité électorale, y compris celles commises via les médias numériques ou à travers des technologies d’intelligence artificielle.
Selon lui, cette démarche vise à garantir la sécurité et la transparence du processus électoral, tout en préservant le cadre démocratique. Il a expliqué que le Ministère public a également intégré la dimension technologique dans ses mécanismes de suivi des affaires électorales, notamment à travers le développement d’applications dédiées au traitement de ces dossiers, dans l’objectif d’améliorer l’efficacité du travail judiciaire.
Cette prise de position intervient dans un contexte international marqué par l’accélération des transformations numériques et l’intégration croissante des technologies dans la vie publique. Ahmed El Ouali Alami a relevé que, dans plusieurs expériences internationales, les outils numériques ont contribué à faciliter la participation politique et à moderniser certains aspects de l’organisation électorale.
Les risques liés à la désinformation et aux manipulations numériques
Le responsable judiciaire a toutefois insisté sur les défis associés à cette évolution. Il a notamment mis en garde contre la diffusion de contenus trompeurs susceptibles d’influencer l’opinion publique et de compromettre le principe d’égalité des chances entre acteurs politiques.
Selon lui, l’utilisation d’algorithmes capables d’orienter les contenus ou d’exercer une influence illicite sur le comportement électoral soulève de nouvelles interrogations juridiques et institutionnelles. Il a estimé que ces mutations imposent une adaptation des mécanismes de régulation afin de protéger l’intégrité des processus démocratiques.
Ahmed El Ouali Alami a souligné que cette approche vise à maintenir un équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la nécessité de prévenir les formes de manipulation susceptibles d’altérer la sincérité du scrutin.
Organisée pour la première fois au Maroc à l’initiative du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec l’Academia Lider en Formacion Avanzada (ALFA), cette conférence réunit durant deux jours magistrats, experts, responsables institutionnels, représentants d’organismes électoraux, universitaires et spécialistes des droits humains et du numérique.
Les discussions portent sur les transformations que connaît le champ électoral sous l’effet du développement accéléré des technologies numériques et de l’intelligence artificielle.
Les participants sont appelés à examiner plusieurs enjeux, parmi lesquels l’adaptation des cadres juridiques et institutionnels, la protection des données personnelles, la lutte contre la désinformation et les discours de haine, ainsi que les conditions d’un usage éthique et responsable de l’intelligence artificielle dans les processus électoraux.
LNT
