Elon Musk, le patron de Tesla, au premier jour de son procès pour diffamation à Los Angeles le 3 décembre 2019 © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP Apu Gomes

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Victoire judiciaire pour Elon Musk, acquitté de diffamation

le 9 décembre 2019


Le fantasque patron de Tesla, Elon Musk, a enregistré vendredi une victoire judiciaire à Los Angeles, où il a été acquitté de diffamation pour un tweet dans lequel, à l’été 2018, il avait qualifié de « mec pédo » un spéléologue britannique.

Il a fallu moins d’une heure de délibérations au jury pour acquitter le milliardaire né en Afrique du Sud dans l’affaire très médiatisée qui l’opposait à Vernon Unsworth, un Britannique qui l’avait accusé d’avoir fait « un coup de pub » en envoyant un sous-marin de sa conception pour secourir des enfants prisonniers d’une grotte en Thaïlande.

Le spéléologue, qui avait participé à l’opération de sauvetage, avait réclamé un peu plus tôt vendredi devant le jury 190 millions de dollars d’indemnités pour diffamation, estimant que sa réputation avait été salie.

« Ma foi dans l’humanité est restaurée », a déclaré Elon Musk après l’annonce du verdict. « Le jury ne s’est pas trompé », a ajouté son avocat Alex Spiro.

L’un des avocats du spéléologue, Mark Stephens, a au contraire exprimé sa déception, pointant l’énorme somme d’argent dont M. Musk avait disposé pour organiser sa défense. « J’espère juste que personne n’aura à traverser cela et affronter M. Musk à l’avenir », a déclaré l’avocat du plaignant.

Vernon Unsworth s’est lui-même dit désolé du verdict, mais a affirmé qu’il respecterait la décision du jury.

– « Tyran milliardaire » –

Les avocats de l’accusation et de la défense ont joué des partitions bien différentes lors de leurs plaidoiries respectives vendredi.

Un autre avocat de Vernon Unsworth, Lin Wood, a estimé que les 190 millions de dollars d’indemnités demandées étaient l’équivalent d’une « forte tape sur les doigts » pour le milliardaire et que cela l’empêcherait de « lancer à nouveau une bombe nucléaire dans la vie d’un autre individu ».

En 90 minutes de prise de parole devant le tribunal fédéral de Los Angeles, M. Wood a dressé le portrait d’un « tyran milliardaire » en l’opposant à son client, un homme d’origine modeste dont la vie a été bouleversée par les projecteurs braqués sur cette querelle très médiatisée.

L’avocat d’Elon Musk, M. Spiro, a au contraire dit aux jurés que M. Unsworth essayait de tirer profit de la médiatisation de l’affaire, qui se résumait selon lui à « une dispute entre deux personnes ».

« C’était simplement une insulte », a insisté Me Spiro.

– Tweet vengeur –

Vernon Unsworth avait, dans une interview à la chaîne de télévision CNN, qualifié de « coup de pub » la mission montée par Elon Musk pour libérer les enfants en Thaïlande. Il y disait notamment que le submersible était inadapté et que le milliardaire pouvait « se le mettre là où ça fait mal ».

Le patron de Tesla et de SpaceX avait répliqué sur Twitter en employant le terme de « mec pédo » (« pedo guy ») pour désigner M. Unsworth.

Elon Musk avait présenté ses excuses quelques jours après les messages en cause, qu’il avait effacés. Il a renouvelé ses excuses lors du procès, qui s’était ouvert mardi à Los Angeles.

Le sexagénaire avait lui réaffirmé que l’homme d’affaires avait bel et bien voulu faire « un coup de pub ».

Les avocats de M. Musk plaidaient que les tweets vengeurs du dirigeant de 48 ans constituaient seulement une « insulte » proférée dans le cadre d’une dispute entre les deux hommes, mais qu’il ne s’agissait pas à proprement parler de diffamation, M. Musk n’ayant pas voulu dire « littéralement » que M. Unsworth était pédophile.

Mercredi, le spéléologue s’était dit « humilié et sali » à vie par Elon Musk.

LNT avec Afp