Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

Société

Une mesure impopulaire, mais nécessaire…

le 21 mai 2020


Ce qui était prévisible déjà depuis la fin de la semaine dernière est arrivé !

M. Saad Eddine El Othmani, chef du gouvernement, a annoncé, lundi 18 mai devant les chambres parlementaires, la prolongation de la période de confinement jusqu’au 10 juin prochain, soit trois semaines de plus.

On peut se douter qu’une telle annonce aura fortement déçu une grande partie de nos concitoyens, d’autant qu’elle est intervenue dans la dernière ligne droite du Ramadan, à quelques jours de l’Aïd donc.

Mais était-il possible de faire autrement ?

Au vu des résultats atteints dans la lutte contre le Coronavirus, remarquables dans l’absolu mais insuffisants pour déclarer la fin de l’épidémie ou, du moins, sa baisse dans des proportions acceptables, les pouvoirs publics n’avaient certainement pas d’autre choix.

Et l’on peut penser qu’un déconfinement, même partiel, à la veille du mois sacré, aurait entraîné une relance des infections, notamment dans les grandes villes, lesquelles, comme Casablanca surtout, ont recensé de nouveaux foyers ces derniers jours !

Cette décision, forcément impopulaire, puise sa justification dans la volonté officielle de préserver avant toute chose la santé des Marocaines et des Marocains, ce que nombreux, malheureusement, ne comprennent toujours pas !

On sait que depuis quelques temps déjà, les dispositions préventives ordonnées par les autorités ont été souvent bafouées, violées, notamment dans des quartiers populaires défavorisés où les conditions de logement et la promiscuité rendent très difficiles le respect des normes de distanciation sociale, auxquelles il faut parfois ajouter l’insouciance de la jeunesse ou le manque de conscience de certains.

Il est clair qu’un sentiment de ras-le-bol étreint des millions de personnes dans notre pays, et c’est donc sur les raisons premières de la prolongation du confinement que les autorités doivent communiquer, expliquer, convaincre, en sus des mesures de contrôle renforcées.

Notre pays, qui a réussi à contenir de façon exemplaire la propagation du virus, salué un peu partout dans le monde pour sa politique sanitaire, ne peut se permettre une relance massive des infections, une seconde vague dévastatrice alors que la première n’est même pas éteinte.

Quelle serait, dans une telle perspective, le jugement que l’on porterait sur les pouvoirs publics si El Othmani, par complaisance ou calcul politicien, rejetant les avis des experts, avait décidé un déconfinement à la date initialement prévue, le 20 Mai ?

Lorsque l’on est en charge de responsabilités publiques, il faut savoir être impopulaire quand c’est l’intérêt supérieur du pays et de notre peuple qui est en cause.

Certes, on comprend les raisons des opérateurs économiques, des PME et TPME, des commerçants, qui ont énormément souffert du confinement.

On sait déjà que la crise économique et sociale qui a rejoint la crise sanitaire a causé d’énormes dégâts, parfois même irrémédiables.

La nécessité d’une reprise est absolument nécessaire, mais certainement pas dans n’importe quelles conditions…

Acceptons, de bonne ou mauvaise grâce, cette nouvelle épreuve et mobilisons-nous pour élever la prise de conscience de nos concitoyens afin que le 10 juin, Inch’Allah, le confinement sera enfin levé sur tout le territoire national !

Fahd YATA