Économie et Finance

Le PIB britannique se replie de 0,2% avant le Brexit

le 9 août 2019


L’économie britannique a souffert au deuxième trimestre avant le Brexit, avec une baisse de 0,2% du PIB à cause de perturbations dans la gestion des stocks des entreprises.

Présentant ces chiffres vendredi, l’Office des statistiques nationales (ONS) a souligné qu’il s’agissait du premier repli du produit intérieur brut (PIB) du pays depuis le quatrième trimestre 2012.

Début 2019, les entreprises ont du constituer des stocks en prévision du Brexit, prévu initialement le 29 mars. Comme ce départ a été repoussé, les sociétés ont écoulé ces stocks supplémentaires au printemps et ont, de surcroît, diminué leurs investissements.

Malgré cette baisse du PIB au deuxième trimestre, le Royaume-Uni n’est toutefois pas en récession car il faudrait pour cela deux trimestres consécutifs de repli. Les données sur le troisième trimestre seront donc particulièrement scrutées lors de leur publication cet automne.

Quoi qu’il en soit, cette contraction de l’activité est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement fraîchement installé du Brexiter Boris Johnson, qui a promis que le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne le 31 octobre – qu’un accord de sortie ait été conclu ou pas avec l’UE.

« Les fondamentaux de l’économie britannique sont solides – les salaires augmentent, le chômage est au plus bas », a assuré toutefois le nouveau ministre des Finances, Sajid Javid qui a inscrit cette contre-performance dans le contexte d’un ralentissement économique généralisé au plan mondial.

« Le gouvernement est déterminé à apporter de la certitude à la population et aux entreprises sur le Brexit – c’est pourquoi nous disons clairement que le Royaume-Uni va quitter l’UE le 31 octobre », a-t-il martelé.

Plusieurs organisations économiques de poids dont la Banque d’Angleterre ont averti cependant des conséquences économiques négatives d’un départ abrupt et sans accord, qui entraînerait l’érection immédiates de barrières douanières et non-tarifaires entre le Royaume-Uni et le continent.

« Il est vital que le gouvernement fasse tout pour éviter un Brexit sans accord », ont clamé les Chambres de commerce britannique vendredi après la publication des données sur la croissance.

Le problème pour M. Johnson et son équipe est que l’activité du pays, une des plus prospères économies européennes, est en train de flancher avant même le Brexit.

– Services au ralenti –

Commentant le premier semestre, l’ONS juge que « le PIB et ses composants sont très volatils depuis le début de l’année, ce qui reflète les changements d’activité liés à la date initiale du départ de l’UE ».

De nombreuses entreprises s’étaient en effet organisées en pensant que le Brexit aurait bien lieu, comme prévu, le 29 mars. Mais l’échéance a été reportée deux fois, du fait du refus de la Chambre des communes de voter l’accord de sortie négocié par la Première ministre d’alors, Theresa May, avec Bruxelles.

L’industrie automobile a été particulièrement touchée et a arrêté un certain nombre d’usines en avril du fait de ces changements successifs de plan, qui ont perturbé sa planification. D’autres secteurs manufacturiers ont été atteints et, au final, la production industrielle a diminué de 1,4%.

Le secteur de la construction a aussi vu son activité se replier de 1,3%, les promoteurs hésitant à se lancer face aux incertitudes que le Brexit fait peser sur les prix de l’immobilier.

Les services ont, pour leur part, à peine augmenté leur cadence: +0,1%, leur plus faible hausse depuis trois ans. Il s’agit de loin du pan le plus important de l’économie britannique, avec de puissants secteurs comme la finance, la distribution et les transports.

La livre a piqué du nez à la publication des chiffres et atteint son plus bas niveau en deux ans face à l’euro.

LNT avec Afp