Montage créé le 19 juin 2019 à Londres de photographies des principaux candidats à Downing Street: de G à D le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt, le député conservateur Boris Johnson, les ministres de l'Environnement Michael Gove et de l'Intérieur Sajid Javid © AFP STF

International

Objectif Downing Street : Place aux deux finalistes

le 20 juin 2019


Les députés conservateurs britanniques déterminent jeudi qui se mesurera à Boris Johnson dans le sprint final de la course à la succession de la Première ministre Theresa May, jusqu’ici dominée de la tête et des épaules par l’exubérant champion des pro-Brexit.

Boris Johnson, tenant d’un Brexit dur, ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, a survolé les premiers tours de vote des députés tory, dont le troisième mercredi en récoltant 143 voix sur 313. Ce scrutin doit désigner les deux prétendants finalistes au poste de chef du Parti conservateur, à qui reviendront les clefs du 10 Downing Street, mais aussi l’épineux dossier du Brexit, programmé pour le 31 octobre.

Face à Boris Johnson, intouchable, trois candidats se disputent la deuxième place: les ministres des Affaires étrangères Jeremy Hunt, de l’Environnement Michael Gove, et de l’Intérieur Sajid Javid. Les résultats des 4e et 5e tours de vote prévus jeudi doivent être annoncés vers 12H00 GMT et 17H00 GMT.

Au cours des prochaines semaines, les finalistes sillonneront le pays pour présenter leur programme aux 160.000 membres du Parti conservateur, qui doivent les départager d’ici la fin juillet.

Mais là encore, le suspense semble bien mince: pour « la plupart de ses collègues », il est « maintenant presque inévitable que (Boris Johnson) soit le prochain Premier ministre britannique », souligne le quotidien The Guardian.

– Une mission: le Brexit –

Jeudi matin, Londres bruissait de rumeurs de tractations et autres manoeuvres ourdies par tel ou tel candidat. Selon le Telegraph, les partisans de Boris Johnson tenteraient de faire dérailler la campagne de Michael Gove, une revanche après que ce dernier eut saboté la tentative du premier de remporter Downing Street en 2016. « C’est un moment grave. Nous n’avons pas besoin de ce genre de combine », a tonné la ministre du Travail Amber Rudd, sur la BBC, en appelant M. Johnson à démentir ces informations.

La mise en oeuvre du Brexit sera la priorité absolue du nouveau chef de l’exécutif, trois ans après le référendum de juin 2016 qui avait vu les Britanniques voter à 52% en faveur de ce divorce historique. Incapable d’y parvenir, usée par les critiques incessantes et complots dont elle a fait l’objet au sein des tories, Theresa May a démissionné le 7 juin de ses fonctions de chef du Parti conservateur, après trois rejets successifs par les députés de l’accord de retrait qu’elle a négocié avec Bruxelles.

Dans un pays déboussolé par ces atermoiements, Boris Johnson joue la carte de sauveur du Brexit, et se dit prêt à ferrailler pour renégocier cet accord, quand bien même Bruxelles a exclu cette éventualité. Lors d’un débat télévisé mardi soir, il a répété sa volonté de faire sortir son pays de l’Union européenne d’ici le 31 octobre, quitte à partir sans accord avec l’UE, sans s’engager toutefois à « garantir » un Brexit à cette date.

– Rempart –

Politicien habile et charismatique à l’ambition dévorante, Boris Johnson, 55 ans, jouit du soutien de nombreux militants de la base du Parti conservateur, qui voient en lui le chef idoine pour remettre le Brexit sur les rails. Et même si ses gaffes à répétition et son discours aux accents populistes agacent ses pairs, beaucoup le considèrent à présent comme un rempart au Parti du Brexit de l’europhobe Nigel Farage, grand vainqueur des dernières élections européennes au Royaume-Uni, et à l’opposition travailliste de Jeremy Corbyn.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt, lointain deuxième après le tour de vote de mercredi (54 voix), se pose en alternative « sérieuse », mettant en avant ses succès d’entrepreneur et sa longue carrière politique. Comme Michael Gove, il estime qu’un nouveau report du Brexit pourrait être nécessaire si un accord avec Bruxelles était à portée de main.

Le ministre des Finances Philip Hammond ajoutera jeudi son grain de sel lors d’un discours devant des représentants du secteur bancaire, fustigeant ceux qui mettent en péril la « prospérité » du Royaume-Uni en brandissant la menace d’un « no deal », selon des extraits communiqués par ses services.

LNT avec Afp