Economie

Les prêts participatifs, une option sérieuse pour la recapitalisation des PME

par Afifa DASSOULI | le 13 octobre 2020


L’Entreprise, en général et de par le monde, après avoir résisté à l’arrêt de son activité suite au confinement, n’aurait pu survivre à la crise économique qui s’en est suivie sans l’aide de l’État !

Ce dernier a fait jouer sa garantie pour faire profiter ces acteurs économiques de crédits de soutien pour préserver leur trésorerie et ramer à contre-courant d’une rétraction de la demande et de l’offre concomitante.

Cette aide publique qui se compte en milliards est plus au moins importante selon les pays, la santé financière de leur tissu entrepreneurial et la place de l’informel dans leur économie.

C’est pourquoi, malgré les efforts déployés par les États et avec la crise sanitaire qui perdure, les faillites d’entreprises se multiplient en dépit des plans de relance déployés pour renforcer le soutien public.

Une des raisons de ce lâcher prise se trouve dans la faiblesse structurelle de leurs capitaux propres. En effet, celle-ci trouve son origine dans la réglementation juridique des entreprises qui en autorise la création avec un capital minimum dérisoire, comme c’est le cas au Maroc où, selon la nature juridique, personnelle, sociétaire de personnes ou anonyme, il va de 10 000 à 100 000 dirhams environ.

Puis, l’activité de ces entreprises de petite taille profite souvent à l’entrepreneur fondateur, qui s’offre la liberté de vivre sur le dos de son entreprise au lieu de la re-capitaliser par les bénéfices réalisés.

C’est pourquoi, la sortie de crise pour ces acteurs économiques est conditionnée par leur recapitalisation.

L’on sait que dans le cadre du plan de relance de 120 milliards de dirhams, l’État marocain en réserve une partie à cet effet sachant que la transformation actuelle des crédits du court terme au moyen terme, 7 ans, reste une solution conjoncturelle que ne renforceront pas les capitaux propres de l’entreprises et donc sa santé financière, mais bien au contraire aggravera son endettement et détériorera le rapport de ses dettes à ses capitaux, ce qui justement l’affaiblit et précipite sa faillite.

En France, pour prendre un exemple d’un partenaire qui inspire souvent notre pays, le dispositif utilisé porte sur les prêts participatifs aux PME et TPE.

Il s’agit de consolider la structure financière des petites et moyennes entreprises, mais aussi de soutenir celles plus fragiles, qui font face au remboursement des prêts garantis par l’État.

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, prévoit une réunion clé avec les banques le 19 octobre prochain, pour mettre au point un plan plan de 10 à 20 milliards d’euros de prêts participatifs.

Ce dispositif de fonds propres portera sur des prêts subordonnés de long terme, courant sur une durée supérieure à sept ans.

Ces prêts participatifs doivent être construits sur la base d’un équilibre entre le coût pour les entreprises, le niveau de risque pour les banques et la rémunération des investisseurs du fonds qui va les porter.

Ces outils de financements, prêts participatifs, ont été utilisés lors de la crise de 2008 dans des secteurs particuliers.

Comme beaucoup d’autres, cet instrument de 2008, représente une nouvelle source de financement assimilée à des fonds propres, qui pourrait aider les entreprises à rebondir dans le contexte de crise actuel.

Sa caractéristique est que, d’une part, il n’est pas considéré comme de la dette du point de vue de l’analyse financière, et de l’autre, le prêt participatif reste un prêt, qui doit être remboursé.

De ce fait, son remboursement n’intervient qu’après celui de toutes les autres dettes de l’entreprise.
En cas de problème, il sera remboursé en dernier. Le prêt participatif ne confère aucun droit de vote au prêteur et il est accordé moyennant un intérêt fixe, qui peut être même majoré d’une participation au bénéfice net de l’emprunteur.

Le plus important, c’est qu’il est assorti du statut de quasi-fonds propres et permet ainsi d’améliorer la structure financière de l’entreprise, sans procéder à une augmentation de capital.

C’est en ce sens qu’il s’agirait d’un outil de relance pour les entreprises marocaine.

Si, né de la crise financière de 2008, il est repris en 2020 au Maroc, dans le cadre de la crise sanitaire, un tel instrument permettra de mettre à niveau les entreprises de notre pays nées sous-capitalisées, pour des acteurs économiques plus forts et plus résilients face aux crises qui font naturellement partie de leur vie.

Certes, un dispositif d’appui, de sauvegarde et de restructuration financière des entreprises, est prévu dans le plan de relance économique de M. Benchaâboun et le plan d’investissement du Fonds Mohammed VI prévoit la recapitalisation des PME.

Les prêts participatifs peuvent en être un véhicule idoine aux côtés d’autres comme le capital-risque …

Afifa Dassouli