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L’éducation numérique, une question prioritaire pour la CNDP

le 23 novembre 2019


 L’éducation numérique notamment des mineurs représente une question prioritaire pour la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), a affirmé, vendredi à Marrakech, le responsable du département juridique au sein de cette instance nationale, Amine Byad.

M. Byad, qui présentait les missions de la CNDP lors d’un atelier organisé sous le thème « l’enfant dans la digitalisation : Comment mieux outiller l’enfant aux TICs » dans le cadre de la 16è édition du Congrès national des droits de l’enfant, a appelé à mieux outiller les enfants aux Technologies d’information et de communication pour les aider à tirer profit des énormes opportunités qu’offrent ces nouvelles technologies.

Les TIC regorgent d’opportunités pour les enfants et les jeunes en termes d’éducation, de formation et de savoirs, mais c’est aussi un monde plein de risques (usurpation d’identité, harcèlement et violence entre autres), a-t-il ajouté, soulignant l’importance de renforcer le dispositif national en matière de protection de la vie privée et des données à caractère personnel et ce, en intégrant des dispositifs spécifiques aux mineurs.

M. Byad a aussi mis l’accent sur la nécessité d’établir une feuille de route nationale associant tous les acteurs concernés en matière de protection des enfants sur la sphère digitale, d’appuyer et développer l’éducation au numérique et de responsabiliser les acteurs utilisant les données personnelles des mineurs.

Par ailleurs, ce cadre de la CNDP a relevé que le Maroc est doté d’un cadre juridique conforme aux standards internationaux visant à garder le contrôle sur les données à caractère personnel, indiquant que la refonte de la Loi 09-08, promulguée et entrée en vigueur depuis 2009, vient accompagner les mutations accélérées survenues ces dernières années.

Concernant l’éducation au numérique, M. Byad a mis l’accent sur les actions de la CNDP en matière de sensibilisation des jeunes et des enfants à travers des ateliers, la distribution de dépliants, la publication de bandes dessinées et l’organisation d’un prix dédié à cette thématique (Privacy Award-Prix national de la protection de la vie privée et des données à caractère personnel), qui est à sa 3ème édition cette année.

Et de faire savoir que la CNDP lancera prochainement une plateforme digitale dédiée à la protection de la vie privée des enfants et adolescents (Koun3labal), relevant que le congrès national des Droits de l’Enfant offre l’opportunité pour enclencher des partenariats entre la société civile, l’Observatoire National des droits de l’enfant (ONDE), le Parlement de l’enfant et les institutions concernées par les questions de l’enfance et des jeunes.

Le représentant du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a, pour sa part, noté l’impact « phénoménal » du digital sur la société marocaine.

En revanche, il a déploré « une faiblesse » des contenus audiovisuels adaptés à l’enfance qui risque de creuser le fossé entre l’enfant et son milieu.

Dans ce cadre, il a appelé à travailler davantage sur les contenus marocains dans le web afin de préserver la culture et l’identité nationales et à intégrer les TIC dans les programmes scolaires de manière systématique et généralisée.

L’enfant parlementaire, Mehdi Malakane, a souligné, de son côté, que l’éducation numérique figure parmi les questions les plus débattues au Parlement de l’enfant, étant donné que ce sujet intéresse et interpelle de façon quotidienne les enfants et les jeunes.

Et de relever que « la censure » sur les contenus marocains est devenue obligatoire dans certains cas où les utilisateurs abusent de la liberté d’expression sur Internet.

Tout en reconnaissant la difficulté de contrôler les contenus sur le web, il a appelé à éduquer aux TIC dès la petite enfance et à inculquer l’esprit critique susceptible de prémunir contre les risques inhérents à l’utilisation des TICs.

Organisée par l’ONDE, la 16ème édition du Congrès national des droits de l’enfant se veut l’occasion de célébrer les 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), de dresser le bilan de la situation de l’enfance depuis la ratification de la CIDE par le Maroc et de mobiliser les forces vives du Royaume pour mettre l’enfant au centre du nouveau modèle de développement.

Le Congrès national des droits de l’enfant, dans une démarche à la fois rétrospective et prospective, constitue cette année un événement d’envergure nationale et internationale auquel prennent part plus de 3.000 participants, parmi lesquels les membres de l’Exécutif, des responsables publics, des personnalités onusiennes, des représentants de la société civile et du secteur privé et les enfants eux-mêmes, notamment les enfants parlementaires qui célébreront, dans ce cadre, les 20 ans du Parlement de l’enfant.

Cet événement de portée internationale se veut aussi un plaidoyer en faveur de l’enfant, et s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle dynamique insufflée par l’ONDE pour catalyser les actions futures des hauts responsables et des experts de la question de l’enfance aux niveaux national et africain.

L’objectif ultime est d’ériger l’enfant en priorité nationale, en engageant les parties prenantes à adopter une nouvelle approche qui devra désormais être axée sur les résultats, avec pour finalité de faire de l’enfant, première richesse du pays et du Continent, un levier de développement.

Les conclusions et engagements qui seront pris à Marrakech constitueront une nouvelle feuille de route intégrée, permettant ainsi au Maroc d’optimiser son potentiel humain, véritable richesse immatérielle qui accompagne la réalisation de ses ambitions économiques, politiques, sociales et culturelles.

LNT avec MAP