Société

Insijam, un échange d’expériences et de success stories

par Asmaa Loudni | le 28 janvier 2017


C’est en présence de plusieurs personnalités de la société civile et des invités de marque que le mouvement associatif «Les citoyens» a organisé, vendredi 26 janvier, son premier Citizen Lab «Insijam», au Studio des Arts Vivants de Casablanca.

L’objectif à travers Insijam est de mobiliser des participants politiques, économiques, culturelles, médiatiques, etc., autour des enjeux du «Mieux Vivre Ensemble» et de problématiques clés, à savoir l’Education, la Croissance et l’Emploi, la Démocratie et les Droits de l’Homme.

Invités à lancer cette première édition, Ghita Lahlou, présidente du mouvement, Leila Bennis, Abdellah Tourabi et Adnane Addioui, tous membres fondateurs, ont rappelé aux présents les valeurs du mouvement, ses buts, et le choix du concept «Insijam» qui sous-entend selon Ghita Lahlou «harmonie, entente et unisson».

«Nous souhaitons à travers nos expérience respectives et à travers les expériences avec nos amis africains et nos amis internationaux partager la bonne gouvernance, la bienveillance et la générosité pour être dans cette vision du mieux vivre ensemble», a-t-elle souligné.

L’événement, qui a débuté par une enquête vidéo réalisée par Nabil Ayouch, a enchainé sur des expériences internationales et d’autres locales racontées par des intervenants de marques et illustrées par des témoignages en vidéo très émouvants.

 

3 thématiques, 6 expériences

 

« Quel modèle éducatif pour un pays africain en phase d’émergence ? » était la première thématique traitée lors de ce Citizen Lab. Deux expériences réussies ont ainsi été présentées. La première est internationale, présentée par Seema Bansal, directrice associée du Boston Consulting Groupe Inde, et spécialiste de l’éducation et du développement social.

Cette dernière a exposé la stratégie mise en œuvre auprès de l’Etat d’Harayana pour l’amélioration de son offre éducative publique. Seema Bansal a souligné que le système indien était similaire au système marocain, avec des classes surpeuplées et des élèves qui quittaient l’école très tôt pour travailler dans les champs ou autres.

Cet Etat indien, qui compte 15 000 écoles, 10 000 enseignants et 2,2 millions d’enfants, a vu la qualité de son éducation évoluer en l’espace de 2 ans grâce à la transformation de ses écoles publiques.

L’autre expérience est locale, présentée par Ahmed Salmi Mrabet, directeur de l’école Hjrat Nhal, dans la région de Tanger. Le témoignage de M. Mrabet démontre comment, avec de petits moyens, on peut créer un modèle inédit d’éducation accessible à tous. Son école, en plus de suivre une pédagogie écologique, propose des horaires adaptés aux enfants du village en leur libérant du temps, pour qu’ils puissent aider leurs parents sans pour autant abandonner leur scolarité. L’école offre même des cours d’alphabétisation et des formations continue pour les enseignants.

La deuxième thématique gravitait autour de la croissance et de l’emploi avec un témoignage de Rachid Mendili, guide touristique, à l’origine de l’initiative Tizi n’Oucheg et Ahmed Benabadji, fondateur des Open Villages. Le premier a transformé son village berbère sans électricité, ni eau courante ou école en un village autonome grâce à l’implication des habitants. Un défi qu’il s’était lancé il y a vingt ans, et qu’il voit aujourd’hui se réaliser. Le second, installé dans les environs de Marrakech, a été très vite sensibilisé aux efforts des habitants de Tizi N’oucheg. Il a participé à la propulsion de ce village et décidé de faire le tour du monde avec sa femme et leurs 5 enfants à la découverte de communautés rurales qui, à l’instar du village de Tizi N’oucheg, ont fait le choix de l’autonomie. Une aventure qu’il a généreusement partagée avec l’audience.

En introduction à la 3ème et dernière thématique, qui a porté sur la démocratie et les droits de l’homme, l’actrice marocaine Amal Ayouch a présenté une courte séquence théâtrale sur la femme marocaine.

Intervenu sur cette thématique, Ghazi Gheraïri, professeur de droit constitutionnel et ambassadeur de Tunisie auprès de l’Unesco, a parlé de la constitution tunisienne post Printemps Arabe et du rôle joué par le peuple dans son élaboration. Pour sa part, Mme Aicha Ech-Chenna, Présidente de l’Association Solidarité Féminine, a lancé un appel au gouvernement et à l’opinion publique pour revoir le statut de la femme célibataire au Maroc, mais surtout celui des enfants nés hors mariage.

La séance a été conclue par l’intervention de Mo Ibrahim, entrepreneur anglo-soudanais, membre du Comité consultatif régional pour l’Afrique à la London Business School, qui a parlé de la gouvernance et du travail effectué par sa fondation Mo Ibrahim.

Ces 3 thématiques traitées ont été approfondies lors de workshops organisés avec la participation d’invités «inspirants» dans le but d’élaborer des «livres blancs».

 

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