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[Dossier spécial Blockchain] Partie 7 : Pas que le secteur bancaire…

par Omar Amrani | le 24 janvier 2017


Nous avons vu dans l’article précédent que la naissance de la technologie Blockchain était intimement liée à celle du Bitcoin. Cette monnaie crée par le mystérieux Satoshi Nakamoto n’a pas fini de faire parler d’elle et un brillant avenir lui est prédit.

Cependant, certains pionniers comme le canadien Vitalik Buterin, ont perçu un potentiel dans la Blockchain beaucoup plus large qu’une simple utilisation dans le secteur financier.

Grâce à sa plateforme collaborative Ethereum mais aussi à d’autres plateformes décentralisées de plus en plus nombreuses, des millions d’innovateurs et de startups dans le monde peuvent aujourd’hui utiliser la pleine puissance de la Blockchain dans des domaines très variés.

Des problématiques longtemps restées sans solutions, faute de technologie adéquate, sont en train d’être progressivement résolues en collaborant étroitement avec les autorités publiques et groupes privés.

Voici un petit aperçu des solutions déjà déployées (ou en cours de déploiement) sur le marché national et international…


Une industrie de l’art qui profite vraiment aux artistes

Actuellement, il existe un grand débat entre les défenseurs de la propriété intellectuelle (respect des droits d’auteurs, redevances aux labels, lutte contre le piratage, etc.) et ceux qui, au contraire, pensent que l’art doit être diffusé massivement sans discrimination pécuniaire pour les principaux intéressés (les créateurs et les consommateurs d’art).

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Quand on analyse le circuit traditionnel de l’industrie de la musique par exemple, il est facile de constater que la marge faite sur la production d’une œuvre artistique est largement acquise et répartie entre différents acteurs puissants (grands labels musicaux comme Sony, Universal, etc.), distributeurs (Apple Music, etc.), marketeurs, agences, etc..

Ces derniers possèdent en effet une force de négociation qui écrase en général l’artiste qui est à l’origine de celle-ci ! Ce dernier se retrouve donc au final avec une toute petite part du gâteau qu’il ne recevra que bien plus tard après la commercialisation de son œuvre.

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Cette problématique est encore plus accentuée à l’heure du numérique où les plateformes de streaming et autres Youtube posent de vrais challenges sur les business Model des artistes.

La blockchain et l’ubérisation pourrait redonner le contrôle aux artistes en leur permettant de décider à l’avance comment la marge bénéficiaire sera répartie !

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Il leur est désormais possible aujourd’hui d’enregistrer leur œuvre sur la Blockchain et d’y inscrire leurs conditions de mise sur le marché : cela peut-être du P2P, des partenariats exclusifs avec des prestataires ou encore via une plateforme dédiée.

Ils peuvent même décider de diffuser leurs œuvres gratuitement pour capitaliser plutôt sur les retombées médiatiques afin d’assoir leur popularité auprès de leurs fans enthousiastes !

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Le business Model serait certes différents (concerts, soirées privées, etc.) mais de plus en plus d’ artistes tentent aujourd’hui cette nouvelle approche.

Dans tous les cas, les modèles de mise sur le marche utilisant la Blockchain seraient plus justes pour l’artiste et permettraient malgré tout à tout le monde de bénéficier des retombées économiques d’un éventuel succès commercial.

La startup Ujo Music est un bon exemple de ce type d’utilisation de la Blockchain au profit des artistes.

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Un secteur de la santé mieux régulé

Le secteur de la santé dans les pays en voie de développement est souvent délaissé au profit d’autres secteurs jugés plus importants pour l’économie. Plusieurs études ont pourtant déjà démontré que les coûts indirects liés à une population en mauvaise santé (baisse de productivité, du moral des ménages, etc.) sont beaucoup plus importants que les dépenses directes en santé publique pour les traiter.

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Lorsque la santé de la population n’est pas priorisée dans la politique d’un pays, cela laisse une opportunité pour des acteurs peu scrupuleux de profiter de la précarité et des faiblesses de celle-ci : contrebande de médicaments, corruption dans les hôpitaux, vol et pertes de dossiers médicaux, etc.

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Un autre problème récurrent lié à une mauvaise gestion de la politique de santé est celui du remboursement des malades. Celui-ci n’est pas toujours effectué de manière systématique et prend souvent beaucoup trop de temps pour une population déjà démunie.

La blockchain viendrait résoudre là aussi une grande partie de ces problèmes.

En effet, en instaurant par exemple un système universel garantissant la traçabilité des médicaments, la fraude pourrait disparaitre très facilement tandis qu’une gestion automatisée des prestations médicales (via des smart contracts) mettant en collaboration les centres de santé avec les assureurs permettrait, elle, de garantir le paiement des remboursement des malades sans aucune démarche de leur part !

Enfin, les dossiers médicaux des patients peuvent être enregistrés eux aussi dans la Blockchain permettant ainsi à toutes les personnes (médecin, proches, etc.) ayant reçu l’autorisation de les consulter (via un système de clé privé unique du patient) de prendre connaissance de l’historique de l’état de santé du malade et d’opérer en toute confiance.

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L’enregistrement des dossiers médicaux permet aussi d’assurer aux personnes malades que leur documents ne seront jamais perdus ou exploités par des usurpateurs mal intentionnés.

L’Estonie, pays pionnier dans la technologie Blockchain s’est déjà engagé dans cette voie pour enregistrer un million de dossiers médicaux de ses citoyens.

Une autre utilisation bénéfique dans le secteur de la santé de la Blockchain est la sécurisation et la valorisation de la recherche scientifique. Cette dernière peut désormais s’effectuer en toute transparence car les personnes peuvent partager leurs données de santé avec des laboratoires de recherche ou des universités tout en sachant exactement ce que ces derniers en feront.

La startup Blockchain Health Co. propose aujourd’hui ce service :

Blockchain Health Co.

 Cadastre : une réappropriation impartiale des terrains

Selon un récent rapport de la Banque Mondiale, près de 90 % des terres rurales africaines ne sont pas encore enregistrés et de nombreux citadins n’ont donc pas encore d’adresse officielle ! Il en résulte de nombreux conflits fonciers qui viennent se rajouter à d’autres conflits majeurs en Afrique.

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Les reconnaissances des propriétaires des terrains se font traditionnellement à « vue d’œil » par des chefs de village dont la connaissance, le respect et l’expérience font offices de garantie pour les parties.

Mais qu’advient-il lorsque ces derniers décèdent ou sont dans l’incapacité de gérer les conflits ?

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Au Ghana, l’ONG Bitland travaille à résoudre ce gros problème en utilisant la Blockchain.

La Blockchain, en tant que registre à la fois transparent et sécurisé, permet en effet d’enregistrer dans une base de donnée officielle toutes les coordonnées foncières en utilisant la géolocalisation !

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Une fois les données du terrain enregistrées sur le cadastre de la ville, il est impossible de les en sortir. Cela évite ainsi tout risque de vol, d’exploitation ou de piratage des données des terrains. Les plus riches ne pourront donc plus s’octroyer les biens des plus pauvres en toute impunité.

Bitland projette de signer un contrat de 4 ans avec le gouvernement pour couvrir la totalité du pays, et est déjà en discussion pour s’étendre à d’autres États.


Au travers de ces quelques exemples d’utilisation de la Blockchain, nous avons vu que cette dernière pouvait servir à solutionner de nombreux problèmes de société que d’autres technologies n’ont pas réussi à faire avant elle.

La puissance de la Blockchain est telle qu’elle nous oblige à repenser complétement nos modèles de gouvernance et de gestion des structures organisationelles. C’est ce que nous verrons dans le prochain et dernier article de notre dossier spécial…

→ Conclusion

Omar Amrani.

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