[Dossier spécial Blockchain] Conclusion : Demain, tous « blockchainés » ?

par Omar Amrani | le 26 janvier 2017


La blockchain a fait couler beaucoup d’encre en 2016 non parce que c’était un mot à la mode (« Buzzword ») mais plutôt en raison des enjeux majeurs que cette nouvelle technologie implique !

En effet, le potentiel disruptif de la Blockchain permet d’envisager un bouleversement radical des organisations sociales et des secteurs économiques encore plus importants que ceux provoqués par Internet !

Opportunité pour certains, risque pour d’autres, cette technologie va, dans tous les cas, demain, tous nous « blockchainer… », c.a.d nous « libérer » de différentes contraintes majeures actuelles…


La majorité des secteurs sont « blockchainables » !

L’utilité de cette technologie s’étend à tout domaine où il est nécessaire de prouver la provenance d’un bien, d’un service ou d’une idée, de manière à ce que la traçabilité de ces derniers puisse être assurée à chaque étape, de la naissance ou de la fabrication à son utilisation finale.

tracabilité

Dans le commerce, la blockchain permet aux acheteurs de facilement vérifier que les produits qu’ils achètent ne sont pas des contrefaçons.

Lle géant de la distribution Walmart utilise ainsi cette technologie pour garantir à ses clients la traçabilité des produits périssables distribués dans ses hypermarchés.

Dans le milieu de l’éducation, les universités peuvent enfin lutter contre l’utilisation frauduleuse des faux diplômes.

L’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci) a mis en place un système de certification basée sur la blockchain : chaque étudiant ayant obtenu son diplôme se verra ainsi remettre une version papier de celui-ci mais aussi une version digitale ! (certifiée via la blockchain).

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Avec la Blockchain, fini les faux CV !

Comme nous l’avons vu dans les articles précédents, les gouvernements sont, eux aussi, en train d’explorer l’utilisation de la Blockchain pour simplifier, automatiser et transformer de nombreux documents légaux (contrats, titres fonciers, actes notariés, registres publics, etc.)

Pour avoir discuté avec le jeune startupeur Tarik Fadli, (fondateur de Algo Consulting) sur le sujet (e-service), il est apparu clairement que cette technologie pourra aussi apporter une surcouche de sécurité dans sa stratégie de dématérialisation des services publiques qu’il contribue à mettre en place avec les autorités.

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Santé, justice, éducation, environnement et tous les secteurs qui requièrent de la confiance et un suivi impartial ont désormais un outil puissant pour garantir à tous un meilleur futur.

Seuls le temps et la volonté politique des pays fera que la blockchain sera plus ou moins rapidement implémentée…

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La fin des structures de management verticales ?

Comme expliqué précédemment dans mes articles, le monde semble vouloir devenir de plus en plus collaboratif et open source : le partage, l’entraide et la coopération concurrencent aujourd’hui la compétition et l’individualisme pour la création de valeurs et d’innovations.

Au sein même des entreprises, le management vertical laisse progressivement place au management agile.

Ce dernier convient plus aux réalités socio-économiques actuelles car il permet une meilleure adaptabilité aux changements rapides de l’environnement.

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La Blockchain, par son caractère décentralisé, donne la possibilité d’imaginer un tout nouveau concept de gestion d’entreprise et de structures organisationnelles.

Ce concept, appelé DCO (organisation collaborative décentralisée), permettrait, en théorie, de reconsidérer la notion de travail et de partage de valeur.

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Une DCO peut être définie comme une « association libre d’individus au sein de communautés ouvertes, poursuivant un même objectif et fonctionnant selon des règles définies collectivement »

En effet, selon Philippe Honigman (CEO de Backfeed.cc, et fondateur de Ftopia.), cité par Bockchain France, « une DCO bien pensée engendrerait une plus grande fluidité (collaborer avec d’autres, pour un temps donné, au service d’un dessein commun ; rejoindre ou initier autant de projets qu’on en a l’envie et les capacités…), et ouverture du travail (par ex : ouvrir les projets à autant de contributeurs susceptibles d’y apporter de la valeur) ainsi qu’une meilleure organisation de celui-ci (soumettre librement des contributions ; favoriser la recomposition organique des équipes au fil de la vie des projets ; encourager la diversité des initiatives…).

Elle permettrait aussi une méritocratie plus organique (par ex : acquérir de l’influence en proportion de ses contributions et de son alignement avec les valeurs des pairs) qui garantirait donc un partage plus juste de la valeur crée au sein de l’entreprise (par ex : rétribuer les contributions selon les évaluations des pairs). »

La Blockchain semble donc être aussi un outil puissant pour mettre en place avec succès le concept d »open innovation » qui intéresse de plus en plus de grandes entreprises actuellement mais qui a grandement besoin de mieux se structurer.

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Le concept d’Open Innovation.

Le futur est un internet décentralisé !

Comme expliqué dans le premier article de ce dossier spécial, plusieurs entreprises comme Uber ou Aibnb ont compris et exploité de manière trop capitaliste les valeurs de l’économie collaborative portées par les nouvelles générations (Y et Z) en se les accaparant et en les monopolisant.

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Ces startups, devenus aujourd’hui de véritables mastodontes financières, ne sont pas les seuls à profiter de l’effet réseau des communautés.

Les grandes entreprises IT tels que les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) par exemple, sont elles aussi dans ce modèle de capitalisme que l’on qualifie de sauvage et d‘injuste.

Le réseau social Facebook par exemple, génère un revenu gigantesque qui est uniquement distribué à Mark Zuckerbeg et ses associés actionnaires !

Aucune forme de rémunération pour les contributeurs de ce réseau, les utilisateurs Facebook, les pages, les groupes, qui sont pourtant au cœur du succès de celui-ci !

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Avec la Blockchain et son système ingénieux de crypto- tokens, la notion de communauté pourrait se concilier avec celle de rémunération.

En effet, lors de la naissance d’une plateforme ou d’un nouveau service web ou mobile sous blockchain, les fondateurs émettent des jetons numériques qui leur sont en général spécifiques. Ceux-ci demandent l’aide de contributeurs (mineurs, développeurs, rédacteurs, etc.) à qui ils octroient ces jetons pour les remercier des services rendus.

Plus tard, si la plateforme connait le succès, ces jetons qui sont en général produits en nombre limité, prendront évidemment de la valeur, ce qui fera forcément le bonheur de ceux qui y auront contribué le plus (ou/et qui continuent de le faire) !

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De manière générale, c’est donc tout le système d’Internet qui risque de progressivement changer. Les valeurs portées par les nouvelles générations devraient normalement s’imposer pour restructurer le web et le rendre plus juste et décentralisé !

Dans le prochain Internet, les gens pourront « se faire de l’argent » simplement en utilisant leur réseau social préféré !

C’est ça la puissance de la Blockchain !


En conclusion de ce dossier spécial Blockchain, je citerai les paroles de Don Tapscott, l’un des plus grands spécialistes du digital actuellement et qui parle de la Blockchain en ces termes :

« Il est difficile de prévoir jusqu’à quel point la révolution Blockchain nous mènera. Ce qui est certain en revanche, c’est que cette technologie disruptera absolument tous les secteurs de l’économie pour la simple raison qu’elle s’attaque au fondement des structures des organisations et qu’elle se trouve au coeur même de la création de valeur et de l’innovation »

Brian Behlendorf, un autre grand manitou du web (il en est l’un des fondateurs) et défenseur « farouche » de l’open source a récemment rejoint le projet Hyperledger, une association d’experts dont le but est d’améliorer l’architecture de cette nouvelle technologie.

Est-ce un signe annonciateur que le futur sera « scellé » ou devrais-je dire  « libéré » par la Blockchain ?

Seul l’avenir nous le dira…

N.B: Ce dossier spécial n’aurait pas pu être réalisé sans l’aide précieuse de Badr, Adil et Yassine (que j’ai déjà cité dans mes articles) ainsi que celle de Hicham Benbella d’IBM.

Si le sujet vous intéresse, voici des ressources très sérieux et fiables qui vous aideront à en comprendre les grands enjeux :

blockchainfrance.net, ethereum-france.com, bitcointalk.org, reddit.com/r/ethereum, coindesk.com, cointelegraph.com.


à propos de l’auteur :

Omar Amrani est un entrepreneur passionné d’innovation et d’éducation.

Il dirige un cabinet de formation et de conseil en innovation pour les grandes entreprises et les PME et enseigne le cours « Culture de l’innovation » à l’école Com’Sup à Casablanca.

Vous pouvez suivre ses articles sur la page Facebook de son blog Chroniques du futur

 

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