Politique

Déconfinement, avant l’heure, c’est pas l’heure ?

le 12 mai 2020


 

À mesure que l’on s’approche de la date officielle du déconfinement, soit le 20 mai prochain, déclarations et interrogations se multiplient sur l’éventualité d’une prolongation de l’état de confinement imposé depuis la mi-mars.

Plusieurs raisons, fort valables au demeurant, expliquent cette incertitude qu’étayent notamment les derniers propos du ministre de la Santé, M. Aït Taleb, ou son homologue de l’Éducation nationale, M. Amzazi, qui ont, peu ou prou, indiqué que la période de confinement serait susceptible d’être étendue au-delà du 20 mai prochain.

En effet, si l’on constate que, grâce à Dieu, le taux des décès reste faible, soit 188 au 11 mai dernier, ce qui confirme la pertinence et la validité de toutes les mesures préventives prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, si les guérisons se comptent par milliers, si l’on constate que les services hospitaliers et notamment ceux de réanimation, ne sont pas engorgés, la progression des suspicions d’infection et de cas de Covid-19 se poursuit, avec une moyenne journalière supérieure à 150 cas/jour, dépassant à la date du 12 mai, les 6300 personnes.

Ce résultat est sans doute la conséquence de la multiplication des tests, le dépistage des « personnes-contact », mais aussi la découverte de clusters infectieux, dans les familles à cause de la promiscuité, les usines, etc.

Ce qui est sûr, néanmoins, c’est que l’épidémie n’a pas atteint ce fameux plateau qui permet de considérer que la progression de ce Coronavirus a été stoppée.

Alors, certes, il y a encore un délai de dix jours pleins avant le 20 mai, ce qui pourrait permettre d’obtenir le résultat sanitaire exigé pour la levée du confinement, mais au vu des réticences de certains officiels, le doute se fait de plus en plus fort.

Pourtant, au sein de la population et comme l’expriment les réseaux sociaux, une certaine lassitude se fait sentir, doublée de cette impatience que suscite l’approche de l’Aïd El Fitr, que nos concitoyens aimeraient bien célébrer en état de « liberté relative », mais sans la possibilité de quitter leurs lieux, villes et villages, de résidence.

De plus, dans les milieux économiques, surtout au sein du patronat et chez de nombreux salariés, chez les commerçants également,  la volonté d’une reprise est assurément là, prégnante, en raison des dégâts humains, financiers et autres, causés par ces semaines de confinement qui ont stoppé quasiment toutes les activités et la machine économique nationale.

C’est d’ailleurs en raison de situations similaires que le confinement a été levé dans une grande majorité de pays, malgré les craintes, parfois avérées, comme en Corée du Sud ou en Allemagne, de secondes vagues de la pandémie.

C’est ainsi un dilemme quasi cornélien qui se pose aux responsables publics, lesquels ont plusieurs fois précisé que leur priorité première est et restera la préservation de la santé de notre population.

Comment, au demeurant, contester une telle nécessité alors que l’on constate qu’il est bien souvent difficile de faire respecter les mesures de distanciation sociale, le port du masque ou encore l’interdiction des rassemblements, et tout particulièrement dans les endroits où le confinement est le plus difficile à respecter, c’est-à-dire les quartiers populaires et les zones d’habitat précaire où, objectivement, les citoyens éprouvent une impossibilité physique d’observer les mesures préventives élémentaires ?

Et si les services en charge de faire respecter ledit confinement, Police et Gendarmerie, n’étaient totalement mobilisés pour veiller au grain, on peut légitimement penser que le Covid-19 aurait causé des dégâts humains autrement importants et tragiques !

N’étant ni un officiel, ni un devin, on considèrera qu’en cette affaire, sensible au plus haut point donc, l’État et les pouvoirs publics sauront prendre la bonne décision, comme cela a été le cas dès le premier jour de cette terrible crise, sanitaire, économique et sociale !

Fahd YATA

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