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Le conseil exécutif de l’UA ouvre sa 33eme session ordinaire, centrée sur la corruption

le 28 juin 2018


Le Conseil exécutif de l’Union africaine a entamé, jeudi à Nouakchott, les travaux de sa 33eme session ordinaire en prélude au 31eme sommet de l’UA placé sous la thématique «Gagner la lutte contre la corruption : un chemin durable vers la transformation de l’Afrique».

La 33eme session ordinaire du conseil exécutif se tient avec la participation des pays membres, dont le Maroc représenté par une délégation conduite le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, chargé de la Coopération africaine, M. Mohcine Jazouli, et comprenant notamment la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Mme Mounia Boucetta.

L’ordre du jour de cette session de deux jours porte sur l’examen du rapport de la 36eme session ordinaire du Comité des représentants permanents de l’Union africaine (COREP), le projet de budget de l’Union africaine de 2019, l’état de mise en oeuvre du thème de l’année « vaincre la corruption: une voie durable pour la transformation de l’Afrique ».

Les travaux porteront également sur l’examen des rapports des comités du conseil exécutif et des comités ad-hoc, du rapport de la commission sur la situation humanitaire en Afrique et du rapport sur l’accueil du centre africain de développement des ressources minérales (CADRM).

Les ministres africains vont également examiner des projets d’instruments juridiques et élire quatre juges de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, cinq membres de la commission de l’UA pour le droit international, quatre membres du comité africain d’expert sur les droits et le bien-être de l’enfant et un vice-président du conseil de l’université panafricaine (UPA).

Cette session examinera aussi l’ordre du jour de la 31eme session ordinaire de la conférence de l’Union africaine (1er et 2 juillet) placée sous la thématique “2018 année de combattre la corruption, une option viable pour la transformation de l’Afrique”.

Dans une allocution à l’ouverture de cette session, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a souligné qu’au cours des mois écoulés, la Commission a poursuivi l’action engagée dans le cadre de la réforme de l’Union, se réjouissant du consensus auquel les Etats membres sont parvenus sur cette question.

M. Faki Mahamat a, d’autre part, évoqué un des volets importants de la réforme institutionnelle à savoir le financement de l’Union. “Même si le chemin à parcourir reste encore long, nous pouvons légitimement tirer fierté des avancées enregistrées. En effet, 23 Etats membres appliquent déjà ou sont sur le point d’appliquer la taxe de 0,2 pc sur les importations éligibles”, a-t-il dit, ajoutant que sans autonomie financière, “notre ambitieux agenda 2063 ne sera qu’un catalogue de bonnes intentions et notre prétention au leadership continental et à l’appropriation africaine rien d’autre qu’un voeu pieux”.

L’engagement des Etats membres à assumer une charge plus grande dans le financement de l’Union doit aller de pair avec une gestion rigoureuse de nos ressources, fondée sur une reddition des comptes des plus transparente, exigeantes et crédibles, a insisté le président de la Commission de l’UA.

Revenant sur la thématique de ce sommet, M. Faki Mahamat a rappelé que cette année a été déclarée “année de lutte contre la corruption”.”Nous devons redoubler d’efforts pour éradiquer ce fléau. Une action multiforme est ici requise”, a-t-il insisté.

L’Afrique perd au minimum 50 milliards de dollars par an du fait des flux financiers illicite, a-t-il déploré, notant qu’il est évident que la rétention de ces ressources sur le continent aiderait grandement à financer son développement.

Evoquant les conflits et crises politiques dans certaines zone du continent, le président de la Commission de l’UA a souligné que « l’objectif de faire taire les armes à l’horizon 2020 doit mobiliser pleinement nos énergies », exhortant tous les Etats membres encore confrontés au fléau des conflits et crises politiques à s’engager résolument sur la voie du dialogue et compromis .

De son côté, la secrétaire générale adjointe de l’ONU et secrétaire exécutive la commission économique pour l’Afrique, Vera Songwe, a noté que la lutte contre la corruption est effectivement une voie durable vers la prospérité des populations africaines.

“La corruption est un phénomène ancien et mondial, dont les coûts et les implications sont multidimensionnels et substantiels. Nous devons donc être conscients que le continent ne serait pas en mesure de tirer parti des possibilités de transformation promises par les divers cadres de développement régionaux et mondiaux si le fléau de la corruption persiste”, a-t-elle relevé.

La responsable onusienne a noté que la corruption affecte environ 70 pc des marchés publics en Afrique et gonfle le coût des contrats de 20 à 30 pc.

Les flux financiers illicites contribuent à la perte de l’effet multiplicateur pour la croissance et la création d’emploi, a-t-elle indiqué, faisant observer que sans les flux financier illicite, les stocks de capital de l’Afrique aurait augmenté d’environ 60 pc et le PIB par habitant de 15 pc.

Le ministre mauritanien des Affaires étrangères et de la coopération, M. Smail Ould Cheikh Ahmed a, pour sa part, indiqué que le sommet de Nouakchott intervient dans un contexte particulier pour le continent et l’organisation panafricaine, relevant l’importance majeure de la lutte contre la corruption qui constitue le thème de ce 31eme sommet.

La lutte contre la corruption exige des réformes radicales et des stratégies claires et pratiques, a-t-il notamment souligné.

LNT avec MAP