Ouverture des travaux du Forum de l’intelligence artificielle en Afrique.

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Conférence UNESCO : L’Intelligence artificielle au service du développement de l’Afrique

le 13 décembre 2018


L’intelligence artificielle (IA) incarne une « fabuleuse » opportunité pour l’Afrique dans sa course pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), a souligné mercredi, à Benguerir, le ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saïd Amzazi.

Intervenant à la cérémonie d’ouverture du Forum sur l’intelligence artificielle en Afrique, M. Amzazi a indiqué que l’IA peut constituer un outil puissant de transformation des organisations, des marchés et des produits, qu’il s’agisse d’améliorer l’efficacité des systèmes de santé africains ou des actes courants de la vie quotidienne, de conjuguer développement économique et préservation de l’environnement ou d’assurer la compétitivité des organisations africaines face à une mondialisation devenue numérique.

L’IA contribuera aussi à rendre le savoir accessible à tous les Africains et tout au long de la vie et en matière de santé, elle peut s’avérer précieuse sur notre continent en matière de préservation de l’environnement, et dans la diffusion d’informations et de solutions, notamment à travers la télémédecine, a-t-il insisté, relevant que l’IA est une « véritable manne » qui incarne l’un des leviers majeurs qui permettra aux jeunes africains de s’ouvrir sur le monde à distance plutôt que de fuir leurs pays.

L’éclosion de ce véritable écosystème d’innovation s’est naturellement accompagnée de l’explosion du nombre de start-ups africaines, s’est-il réjoui, notant que l’Afrique a vu émerger un tissu entrepreneurial dynamique et plutôt jeune.

Toutefois, a-t-il poursuivi, il convient de se préparer dès à présent à relever les défis relatifs au développement de l’IA dans les pays africains.

Il s’agit, a-t-il expliqué, de savoir préserver nos jeunes talents développeurs et de tout faire afin de limiter la captation de ces derniers par les géants du numérique, et de se pencher sur le développement des formations en intelligence artificielle, qui restent encore trop rares sur le continent au regard de ses potentialités.

Il convient aussi, a-t-il ajouté, de préparer dès le plus jeune âge les futures générations à cette immersion numérique et à la transformation radicale des métiers et des méthodes de travail existants.

« Cela suppose évidemment d’investir massivement non seulement dans les TIC dès l’école primaire et tout au long de la formation jusqu’au supérieur, mais aussi de former à l’éthique liée au numérique parce que nous avons besoin aussi que nos futurs concitoyens soient pleinement conscients des dangers inhérents au numérique », a-t-il expliqué.

Il a par ailleurs, noté que l’IA est aussi génératrice d’inquiétude pour une grande majorité des populations, car celle-ci pourrait menacer la vie privée et les données personnelles, détruire des emplois en remplaçant les humains par des robots, ou encore serait en passe de déshumaniser les interactions dans le domaine professionnel, médical et éducatif.

En effet, avec le développement de l’automatisation et de l’intelligence artificielle, les études de l’OCDE parlent de 66 millions d’emplois, soit 14% des emplois actuels, qui pourraient disparaître durant la prochaine décennie dans les pays riches.

M. Amzazi a en outre, félicité l’UNESCO pour son initiative d’appeler à la mise en place d’un « Forum africain des associations d’intelligence artificielle en Afrique ».

Concernant le Maroc, il a indiqué que pour favoriser le développement de l’IA, le Centre National pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) s’est récemment doté d’un HPC High Performance Computing de 700 cœurs, premier Datacenter universitaire au niveau national, destiné à offrir aux différents établissements d’enseignement supérieur et de recherche marocains des capacités de calcul de très haute performance, et pourra de ce fait être utilisé d’une façon mutualisée et à distance par l’ensemble des chercheurs marocains.

« Nous ambitionnons dans un futur proche d’en augmenter la puissance afin d’en faire un datacenter également accessible aux chercheurs Africains », a-t-il ajouté.

Et de faire savoir qu’au Maroc, le Ministère de l’éducation et celui de l’Industrie, vont lancer très prochainement un appel à projet à hauteur de 50 millions de dh afin d’impulser une dynamique de recherche en IA dans différents domaines en conditionnant la soumission des différents projets des équipes de 12 recherches à l’établissement d’un partenariat avec l’industrie.

Organisé par l’UNESCO et l’université Mohammed VI Polytechnique en partenariat avec les Etats membres de l’UNESCO, l’Union africaine (UA), les Communautés économiques régionales (CER) en Afrique, l’Office chérifien des phosphates (OCP) et sa Fondation, Microsoft Afrique, le Centre international de la communication culturelle de Chine, ce forum comporte des sessions plénières et des ateliers thématiques, qui orienteront la réflexion sur les différentes dimensions de l’IA dans le contexte africain.

Il révélera aussi l’intérêt de l’IA en tant que levier de développement et mettra notamment en exergue l’importance des politiques publiques dans le développement éthique de la nouvelle technologie.

LNT avec MAP