Tenue de la première réunion de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement

Politique

Commission Benmoussa, déjà la litanie des vœux pieux ?

le 6 janvier 2020


Au second jour de l’année nouvelle, la Commission Benmoussa s’est officiellement mise à l’œuvre en entamant l’audition de plusieurs partis politiques et syndicats.
Et si la première, (à tout seigneur, tout honneur ?), a permis au PJD d’exposer ses vues et idées pour un nouveau modèle de développement, la suite de ces « hearings » a très vite montré les limites d’un tel exercice.

En effet, on ne peut manquer de s’interroger sur l’utilité de ces auditions, destinées, selon les dépêches de « notre mère nourricière » l’agence MAP, à éclairer les membres de la Commission sur les points de vue et propositions des forces vives du pays.

A notre connaissance, l’ensemble des partis politiques, les syndicats, les ONG de la société civile, le patronat et nombre d’organisations professionnelles ont déjà fait connaître, notamment par le dépôt de mémorandums au Cabinet royal, leurs idées et recommandations pour ce nouveau modèle de développement.

Des documents écrits existent donc et en grand nombre assurément.

Est-il ainsi nécessaire de tout reprendre à zéro ?

De plus, on a le sentiment que l’image projetée des travaux de cette commission d’experts s’avère décevante parce que l’opinion publique est dans l’attente d’un processus extraordinaire, au sens premier du mot, qui justifierait la légitimité de cette assemblée constituée d’esprits brillants en quête d’un process de développement original et innovant, basé sur des recommandations royales très claires.

Au lieu de quoi, on nous sert la sempiternelle litanie des vœux pieux exprimés par des organisations qui, pour nombre d’entre elles et notamment celles appartenant au sérail politique, ont largement prouvé les limites de leurs compétences !

Car, si les travaux de la Commission Benmoussa devaient se limiter à la collecte d’idées et suggestions déjà connues pour les restituer dans un rapport final qui serait remis en juin prochain, cela aboutirait à une immense déception au sein de l’opinion publique.

Hardiesse, inventivité et imagination devraient caractériser la démarche de cet éminent aréopage, mais ses premiers pas ne semblent pas indiquer que tel est le chemin suivi…
Alors, s’il est positif que ladite commission travaille dans la transparence, en informant régulièrement de ses activités, on espérera néanmoins que son action ne se limitera pas à écouter des avis, aussi censés qu’ils soient.

Et qu’il soit permis d’adresser à M. Chakib Benmoussa et à ses pairs une petite recommandation : ÉTONNEZ-NOUS !

Fahd YATA