Société

Chaque année, 5 000 Marocains succombent des suites de l’Hépatite C

le 28 juillet 2020


Le 28 juillet de chaque année, le monde revient sur l’hépatite pour rappeler de tristes constats : 400 000 Marocains vivent avec le virus de l’hépatite C ; 5 000 Marocains meurent chaque année des suites du virus de l’hépatite C ; l’industrie pharmaceutique marocaine produit et commercialise le traitement « Antiviraux à Action Directe » (AAD), mais seule une minorité de Marocains a la possibilité de se l’offrir. Selon l’étude menée dans le cadre du projet de plaidoyer pour l’accès universel au traitement de l’hépatite C, réalisée par l’ALCS et Coalition PLUS, l’accès au traitement au Maroc permettra de sauver plus de 71.000 vies, prévenir 140.000 nouvelles infections d’ici 2050, prévenir la survenue de cancer chez 37.375 Marocains, et prévenir la cirrhose décompensée chez 29.814 Marocains. Cela permettra également d’épargner 20% des coûts totaux relatifs à la prise en charge médicale et soulager le budget de l’Etat et des citoyens en évitant un coût relatif à la prise en charge de l’infection et de ses complications estimées entre 44 à 52% du produit national brut.  C’est pourquoi, l’ALCS recommande le lancement urgent du plan stratégique national qui sommeille dans les tiroirs du ministère de la Santé depuis 2016, ainsi que le lancement urgent de l’appel d’offre d’achat des AAD qui connait de fréquentes annulations au sein du ministère de la Santé, la baisse du coût du diagnostic et des médicaments génériques, et enfin la prise en charge du diagnostic et du traitement par le RAMED et sa généralisation aux populations vulnérables. En plus des recommandations précédemment citées, il apparait important de permettre aux médecins généralistes de suivre les personnes nouvellement infectées par le virus de l’hépatite C (et ne présentant aucun signe de complication ou de comorbidité). Grâce à l’implication des médecins généralistes, le processus de prise en charge des personnes affectées par le VHC serait accéléré. Comme le ministère de la Santé s’appuie sur les associations communautaires pour lutter contre le VIH/Sida, il devrait en faire de même pour la riposte contre l’hépatite C. Par ailleurs, l’ALCS mobilise déjà ses volontaires qui sont formés sur la sensibilisation, le dépistage, le diagnostic de l’hépatite virale C …Les personnes dépistées ne peuvent majoritairement pas se soigner puisque le traitement n’est toujours pas disponible dans les structures publiques. Dès lors qu’il le sera, le dépistage sera accéléré et les milliers de personnes infectées pourront être définitivement soignées. L’ALCS s’est également rapprochée des parlementaires et a plaidé en faveur d’un financement spécial du plan stratégique national de lutte contre les hépatites virales dans les lois de Finance 2019 et 2020. Cette action de plaidoyer a permis d’augmenter le budget de la prise en charge de l’hépatite C dans le régime d’assistance médicale pour les personnes socio économiquement vulnérables.

HZ