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Boko Haram assassine 14 pêcheurs dans l’ouest du Tchad

le 18 décembre 2019


Au moins 14 personnes ont été tuées mardi dans un village de pêcheurs dans l’ouest du Tchad par des membres présumés du groupe jihadiste Boko Haram, qui multiplie ses attaques meurtrières aussi dans les autres pays riverains du lac Tchad: Niger, Nigeria et Cameroun.

Cette vaste étendue d’eau et de marécages est truffée d’îlots servant de repaires et de camps d’entraînement de Boko Haram, notamment sa branche qui a rallié le groupe Etat islamique, l’ISWAP (Etat islamique en Afrique de l’Ouest).

Et ce, malgré la présence d’une Force multinationale mixte (FMM), chargé de les combattre et comprenant des éléments des armées du Tchad, du Cameroun, du Nigeria, du Niger et du Bénin.

« Hier, des personnes sont venues attaquer des pêcheurs non loin du village de Kaiga, il y a eu 14 morts, 5 blessés et 13 personnes portées disparues, dont on ne sait pas si elles ont été enlevées par les assaillants », a expliqué au téléphone à l’AFP Imouya Souabebe, le préfet du département de Kaya, où se situe Kaiga.

Kaiga est situé à une soixantaine de km de la frontière du Nigeria, pays berceau de Boko Haram. « Nous savons que ce sont toujours les éléments de Boko Haram qui écument cette zone, ils sont donc à l’origine de cette attaque », a ajouté le préfet.

« Les assaillants sont venus en petit groupe dans un premier temps avant d’être renforcés pour attaquer les pêcheurs dans une zone appelée +zone rouge+, difficile d’accès », a-t-il précisé.

« Des pêcheurs ont été attaqués hier dans une zone rouge où la pêche est interdite », a confirmé à l’AFP le gouverneur de la Région du Lac, Noki Charfadine, qui parle, lui, d’au moins neuf morts.

« Ce sont des éléments de Boko Haram qui sont présents dans cette zone », a affirmé à l’AFP le porte-parole de l’armée tchadienne, le colonel Azem Bermandoa, lequel confirme l’attaque mais ne livre aucun bilan.

L’insurrection de Boko Haram est née au Nigeria, pays plongé dans un conflit entre l’armée et les groupes jihadistes qui a fait au moins 35.000 morts depuis 2009.

Le groupe, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché » en haoussa, langue la plus répandue dans le nord du Nigeria, a propagé ses violences au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins ou des cellules de Boko Haram, recrutant des combattants dans ces pays, ont essaimé.

En particulier dans la zone du lac Tchad, qui a perdu 90% de sa surface en 40 ans, est extrêmement difficile à contrôler pour les armées régulières et où l’ISWAP aurait regroupé quelques 3.000 combattants.

Au Tchad, quatre militaires ont été tués par ces jihadistes le 2 décembre dans l’attaque d’une de leurs positions sur les rives du lac. Ces derniers mois, nombre de civils ont été tués ou enlevés dans cette zone également, au Tchad et au Cameroun notamment.

Le 14 août, une kamikaze, de Boko Haram selon l’armée, avait tué six personnes en faisant exploser sa veste piégée dans la cour d’un chef traditionnel.

LNT avec agences