Économie et Finance

3 Africains sur 4 vivent dans des conditions déplorables, selon la BAD

le 13 février 2017


L’édition 2016 du rapport Perspectives économiques en Afrique est le fruit d’une collaboration étroite entre la Banque africaine de développement (BAD), le Centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

À l’instar des éditions précédentes, ce rapport 2016 passe en revue la performance économique récente de l’Afrique et formule des projections à moyen terme pour le continent dans sa globalité, mais aussi pour les différentes régions et pour chacun des 54 pays qui le composent. Il approfondit la rigueur d’analyse des rapports précédemment publiés et fait apparaître le caractère unique de cette publication pour le continent et l’impact qu’elle a à travers l’Afrique et au-delà.

Malgré une conjoncture internationale défavorable et des chocs régionaux, les performances économiques de l’Afrique sont restées solides en 2015. La croissance du PIB en volume devrait s’établir à 3.6 %, soit mieux que la moyenne mondiale (3.1 %) et la zone euro (1.5 %), confirmant ainsi la deuxième place du continent, derrière l’Asie de l’Est, pour la rapidité de sa progression. L’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) affiche une croissance plus soutenue que la moyenne africaine en 2015, à 4.2 %, emmenée par l’Afrique de l’Est, en tête avec un taux de 6.3 %. L’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest ont toutes connu des performances supérieures à 3 %, tandis que l’Afrique du Sud progressait à un rythme moyen de 2.2 %.

Des résultats contrastés

La croissance moyenne du continent devrait rester modérée en 2016, à 3.7 %, avant de s’accélérer à 4.5 % en 2017 – des prévisions tributaires de la vigueur de l’économie mondiale et du redressement progressif des cours des produits de base.

En 2015, l’Afrique a bénéficié d’apports financiers extérieurs estimés à 208 milliards de dollars, dont les transferts des migrants représentaient le flux le plus important.

Confirmant l’appréciation positive de la communauté internationale, les gouvernements africains ont pu faire appel aux marchés internationaux de capitaux en émettant des obligations souveraines. Mais les vents contraires de l’économie mondiale et des risques spécifiques à certains pays ont provoqué une légère hausse des taux d’intérêt. Tous les pays africains ne sont pas affectés de la même manière par la conjoncture internationale : les pays riches en ressources voient leurs recettes publiques chuter, tandis que les pays importateurs de pétrole bénéficient d’un recul de l’inflation doublé d’un allégement des pressions sur les comptes courants. Certains pays affichent d’importants déficits budgétaires sur fond de durcissement des conditions financières internationales.

Cette résilience de la croissance africaine est due en partie à des facteurs intérieurs, comme la consommation et l’investissement privés ou le développement des infrastructures publiques.

Les conditions de la résilience économique

À moyen terme, la poursuite de l’amélioration de l’environnement des affaires et l’expansion rapide des marchés régionaux pourraient constituer deux nouvelles sources de croissance pour le continent. L’essor du commerce intra-régional notamment traduit l’élargissement des perspectives de diversification offertes aux producteurs africains.

L’Afrique peut aussi compter sur un atout important : la jeunesse de sa population. Mais pour en tirer pleinement parti, les gouvernements doivent mettre en place et en œuvre des politiques adaptées.

Pour que cette résilience contribue à améliorer significativement la vie des Africains, les gouvernements doivent œuvrer avec détermination à accélérer la croissance économique et à la rendre plus inclusive.

Trois Africains sur quatre (contre un être humain sur cinq à l’échelle mondiale) vivent toujours dans des conditions déplorables. Pour atteindre les objectifs de développement fixés par les institutions africaines et la communauté internationale, les pays africains doivent approfondir les réformes structurelles et réglementaires, favoriser la stabilité macroéconomique et s’atteler aux problèmes d’approvisionnement énergétique afin de lever les obstacles à la transformation économique. Conjuguées à des investissements dans les secteurs sociaux, ces mesures amélioreront les perspectives des jeunes et des femmes.

Extraits du Rapport Perspectives économiques en Afrique, 2016, (BAD, OCDE, PNUD)