Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana le 15 septembre 2018 présentant selon elle la DCA syrienne ripostant à des tirs israéliens visant Damas © SANA/AFP/Archives Handout

International

Syrie : Bombardements au sud de Damas imputés à Israël

le 30 novembre 2018


L’armée israélienne a bombardé plusieurs secteurs au sud de Damas, a affirmé vendredi une ONG, dans ce qui serait les premiers raids de l’Etat hébreu depuis septembre lorsqu’un avion russe avait été abattu accidentellement par la DCA syrienne suite à des tirs israéliens.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de raids menés jeudi soir par Israël au sud de la capitale, et de tirs de la DCA syrienne.

Les médias syriens ont évoqué des tirs anti-aériens contre des cibles « hostiles », alors qu’Israël n’a pas confirmé avoir mené de raids mais démenti que ses avions aient été touchés par la DCA.

Selon Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH, les forces israéliennes ont bombardé « durant une heure » deux positions dans le sud de la province de Damas, dont un secteur où se trouveraient stockées des armes iraniennes.

Israël a effectué de très nombreuses frappes en Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011, visant des forces envoyées par l’Iran ou les combattants du mouvement chiite Hezbollah, les deux grands ennemis de l’Etat hébreu.

Selon l’OSDH, deux missiles ont touché Kesswa, dans la banlieue sud de Damas, où se trouvent « des dépôts d’armes appartenant au Hezbollah Libanais ainsi qu’aux forces iraniennes ».

Un autre a touché le secteur de Harfa, où est situé un centre militaire syrien, a ajouté l’ONG basée au Royaume-Uni et qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie.

– « Dépôts de roquettes » –

A Kesswa, « les dépôts qui ont été ciblés sont utilisés pour stocker temporairement des roquettes jusqu’à ce qu’elles soient transférées autre part », a précisé M. Abdel Rahmane.

« Il semble que les Israéliens aient obtenu des renseignements selon lesquels des armes étaient récemment arrivées là », selon lui.

Aucune information n’était dans l’immédiat disponible au sujet d’éventuels dégâts matériels ou victimes.

De son côté, l’agence de presse officielle syrienne Sana a indiqué que l’attaque avait été déjouée et n’a pas fait état de pertes.

« Notre défense anti-aérienne est entrée en action et a visé des objectifs hostiles au-dessus de la région de Kesswa », a indiqué Sana, ajoutant qu’ils avaient « tous » été détruits.

Cette formulation est souvent utilisée par le régime syrien pour désigner des avions ou des missiles israéliens.

Une source militaire citée par le quotidien pro-gouvernemental al-Watan a déclaré qu' »en dépit de son intensité, l’agression n’a réalisé aucun de ses objectifs et tous les engins ennemis ont été abattus ».

L’armée israélienne n’a pas confirmé explicitement l’implication de son aviation dans ces nouvelles frappes, affirmant cependant qu’aucun de ses appareils n’avait été touché.

« Les informations rapportant qu’un avion ou qu’un quelconque engin aéroporté des forces de défense israéliennes a été touché sont fausses », a indiqué l’armée dans un communiqué.

Selon ce texte, un missile sol-air syrien a été tiré en direction d’une zone inhabitée du plateau du Golan mais il n’était pas clair si l’engin a visé la partie de ce territoire occupée par l’Etat hébreu.

Le secteur de Kesswa, dans la banlieue de Damas, avait déjà été visé en mai par des frappes israéliennes, qui avaient tué des combattants des Gardiens de la Révolution iraniens et de milices chiites pro-iraniennes, selon l’OSDH.

« C’est la première fois que la défense anti-aérienne syrienne entre en action depuis la chute de l’avion russe » en septembre dernier, a indiqué M. Abdel Rahmane.

La DCA syrienne était intervenue le 17 septembre en vue d’intercepter des missiles israéliens visant des dépôts de munitions dans la province de Lattaquié (nord-ouest), abattant alors par erreur un appareil de la Russie, alliée du régime syrien.

– Batteries S-300 –

Quinze militaires russes à bord de l’appareil avaient été tués et l’incident avait provoqué des tensions entre la Russie et Israël.

L’armée russe avait accusé les pilotes israéliens de s’être servis de l’avion russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens après avoir mené leur raid en Syrie, ce qu’a nié l’Etat hébreu.

La Russie a depuis annoncé de nouvelles mesures visant à protéger son armée, dont le renforcement de la défense antiaérienne syrienne, avec des batteries S-300 et le brouillage des communications d’avions se trouvant à proximité.

Damas avait affirmé en octobre que la livraison de ce matériel ferait « réfléchir sérieusement » Israël avant qu’il ne mène de nouveaux raids.

Il était cependant impossible d’affirmer si les batteries S-300 ont été utilisées par la Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi.

Après l’incident de septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré que son pays continuerait à combattre la présence iranienne en Syrie.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie, la guerre en Syrie, qui a fait plus de 360.000 morts, est devenue au fil des ans très complexe avec l’implication de groupes jihadistes, de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé.

LNT avec Afp