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Mort de Soleimani: des dizaines de milliers de manifestants à Téhéran contre Washington

le 3 janvier 2020


Des dizaines de milliers de personnes manifestent vendredi à Téhéran pour dénoncer les « crimes » américains, a constaté un journaliste de l’AFP, après la mort d’un haut commandant iranien tué dans un raid américain à Bagdad.

Après la prière, une foule d’Iraniens a envahi les rues du centre de la capitale, scandant « Mort à l’Amérique » et brandissant des portraits de Qassem Soleimani.

Ce dernier était à la tête de la force al-Qods, entité en charge des opérations extérieures au sein des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne. Il a été tué tôt vendredi à Bagdad.

Femmes et hommes, parfois âgés, ont défilé en brandissant notamment des portraits du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« L’axe du mal, ce sont les Etats-Unis, le leitmotiv de la religion et du Coran est: mort à l’Amérique », ont-ils scandé en choeur.

« Ô leader de notre Révolution, condoléances, condoléances », ont-ils poursuivi.

Parmi les manifestants, un groupe d’hommes ont troué un drapeau américain avant de le brûler.

« Le monde entier va réaliser qui est le terroriste », a affirmé à Ali Bakchi, un homme religieux âgé.

« Le cher leader de la Révolution a répondu (aux Etats-Unis) de manière très intelligente et précise. Et la nation iranienne va résister », a-t-il déclaré à l’AFP.

Des hommes se tenaient en marge de la procession, certains éclatant en sanglots.

Parmi les manifestants, figurait Mohsen Rezai, ancien commandant des Gardiens de la Révolution et actuellement à la tête du Conseil de discernement, institution clé du système politique iranien.

– « Aimé du peuple » –

Des dizaines de membres des Gardiens de la Révolution, vêtus de tenues kaki, ont également participé à la procession à Téhéran.

« Je pense que les Etats-Unis ont pris un grand risque et vont obtenir une réponse », a déclaré à l’AFP un membre des Gardiens, qui n’a donné que son nom, Qassemi.

« Je ne pense pas qu’une guerre va éclater. Ils n’ont pas été assez courageux pour entrer en conflit direct avec nous. Je pense que nous les écraserons », a-t-il poursuivi.

L’agence de presse officielle Irna a rapporté des défilés similaires à travers le pays, notamment dans les villes de Chiraz (sud), Arak et Yazd (centre).

La mort de Soleimani, devenu ces dernières années une haute personnalité publique en Iran, a aussi provoqué des rassemblements dans sa ville natale, Kerman (centre), d’après Irna.

Des images diffusées par la télévision d’Etat montrent des rassemblements dans d’autres villes, comme à Tabriz, où des femmes vêtues de tchadors pleuraient.

Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, Qassem Soleimani, qui a joué un rôle important dans le combat contre les jihadistes, est l’homme clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient.

Il a renforcé le poids diplomatique de Téhéran, notamment en Irak et en Syrie, deux pays où les Etats-Unis sont engagés militairement.

Pour une étudiante à Téhéran s’identifiant simplement comme Khansari, « les Etats-Unis ont montré l’étendue de leur faiblesse et de leur défaite dans la région, en tuant le général (Soleimani), qui est tant aimé du peuple ».

« Tout le peuple d’Iran est Qassem Soleimani. Et cela a uni le pays de nouveau », a-t-elle poursuivi.

LNT avec Afp