Politique

Maroc, polisario, pourquoi la guerre est possible…

le 2 avril 2018


D’un coup quasiment, la tension est montée de plusieurs crans au cours du week-end dernier entre le Maroc et les séparatistes du polisario.
Le ministre des affaires étrangères, M. Nasser Bourita, le représentant permanent du Maroc à l’ONU, M. Omar Hilale et le chef du gouvernement, M. Saad Eddine El Othmani, ont, tour à tour, énoncé de solennelles mises en garde adressées aux mercenaires d’Alger qui se rendent coupables de graves provocations, d’abord à Guerguerate, mais aussi dans le no man’s land qui se situe entre les premières lignes des FAR et la frontière algérienne, au sud-est du Royaume.

Des provocations incessantes

Au poste frontière de Guerguerate, en direction de la Mauritanie voisine, des éléments armés du polisario entravent quotidiennement le passage de véhicules de transport de marchandises qui se dirigent vers le Sud, poursuivant des pratiques qui avaient occasionné des graves tensions tout au long de ces derniers mois et refusant de se plier aux injonctions de retrait prononcées par le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Également porteuse de menaces gravissimes, la volonté ouvertement affichée des dirigeants séparatistes de tenter d’accréditer la thèse fallacieuse d’un « État en zone libérée » dont les administrations seraient installées en lieu et place des postes d ‘observation occupés par la Minurso depuis 1991, à Bir Lahlou et à Tifariti.

On sait, en effet, que lors de la conclusion du cessez-le-feu en 1991, le Maroc avait accepté la création d’une zone tampon dans la région sud-est des provinces du Sud, à la condition que cette zone ne soit parcourue par aucun élément armé du polisario ou de l’armée algérienne, et placée sous la surveillance de la Minurso.

Aujourd’hui, les séparatistes annoncent que des « ministères de souveraineté », tel celui de la Défense, seront prochainement transférés des camps de Tindouf vers l’une des deux localités précitées.
Une telle décision constitue effectivement une violation abrupte des accords de cessez-le-feu et des engagements qui avaient été pris à l’époque sous la supervision des États-Unis et de la France.

Alger et le polisario, qui ont essuyé des revers diplomatiques successifs depuis le retour du Maroc au sein de l’Union africaine, cherchent visiblement à relancer la tension à moins d’un mois du rapport annuel que le Secrétaire général de l’ONU dresse devant le Conseil de Sécurité à chaque fin du mois d’avril en vue de proroger ou d’abroger le mandat de la Minurso.

Et, selon des indiscrétions « calculées », un draft de ce rapport donne à penser qu’il serait plutôt favorable au Maroc…
Devant une telle situation, le Royaume se trouve devant une triple option.

Les trois options

Il pourrait ignorer les manigances et projets provocateurs des mercenaires de Tindouf, se montrant ainsi insensible à l’esbroufe, en comptant sur la sagesse de M. Guterres et de l’esprit de responsabilité qui caractérise généralement les membres du Conseil de Sécurité.

Mais, inconvénient majeur, l’érection d’un « État souverain » à l’intérieur même des frontières du Maroc, reviendrait à accepter pour réalité ce qui n’est autre qu’une fiction et placerait les séparatistes sur le même rang que le Royaume, État constitué depuis plus de douze siècles ! Depuis novembre 1975 et la Glorieuse marche Verte, la souveraineté du Maroc sur les provinces du Sud n’a jamais été battue en brèche et il ne saurait être question d’accepter un tel fait accompli.

La seconde option serait de peser sur les décideurs onusiens et les membres permanents du Conseil de Sécurité afin qu’ils mettent en demeure les séparatistes et leurs « encadrants » de revenir à la raison en cessant leurs provocations dont la poursuite amènerait à l’irréparable.

Cette option semble être, si l’on mesure la fermeté et la solennité des mises en garde adressées par le Maroc (Bourita, Hilale et El Othmani) le week-end dernier et la mobilisation du front intérieur par partis politiques interposés, celle que le Royaume a choisi présentement d’activer.

Mais rien ne dit que les avertissements de nos officiels seront rapidement suivis d’effets, alors que l’échéance de la fin avril n’est plus éloignée.

Et les Marocains ne sont sans doute pas loin de penser que l’Algérie et sa marionnette de Tindouf ont fini par opter pour une crise ouverte afin d’obliger, volens, nolens, le Royaume à s’asseoir à la table des négociations, à la faveur d’une situation de crise majeure.

Mais, si comme dit l’adage, « le chamelier sait parfaitement à quoi pense le chameau », cette stratégie d’Alger et des mercenaires a été percée à jour par Rabat, on ne saurait exclure que notre pays, sûr de son bon droit et de l’effectivité de la violation par les séparatistes des accords de 1991, considérant qu’il s’agit bien d’un casus belli, prenne les mesures militaires conservatoires qu’une telle situation exige.

A l’heure d’aujourd’hui, on ne saurait donc exclure l’hypothèse d’une réaction vigoureuse et définitive du Maroc qui, par le biais des armes, mettrait fin à ces provocations du polisario, en nettoyant tout à la fois Guerguerate, Bir Lahlou et Tifariti.
Chacun sait que les FAR en ont les moyens, sinon l’ardent désir (!!!), et que le rapport de forces en leur faveur ne fait aucun doute.
Alors, « si vis pacem, para bellum »… (Si tu veux la paix, prépare la guerre).

Fahd YATA