Crédits : MAP

Économie et Finance

Les axes de la reprise économique déjà fixés !

le 29 avril 2020


La crise sanitaire du Covid-19 a doublement affecté l’économie marocaine !

En effet, celle-ci subit, d’une part, l’effet du choc exogène lié à la récession de l’économie mondiale qui affecte les secteurs et activités orientés vers l’extérieur, comme les exportations des métiers mondiaux du Maroc, les recettes touristiques, les transferts des MRE et les investissements directs étrangers. Et, d’autre part, elle connait un choc interne non moins important résultant des mesures sanitaires préventives qui ont entrainé un arrêt temporaire des activités orientées vers le marché intérieur.

De ce fait, et en plus de l’impact de la sévère sécheresse agricole de la campagne 2019-2020, l’économie marocaine est entrée en récession, pour la première fois depuis la fin des années quatre-vingt-dix.

Face à une telle crise, l’État, à travers, le ministère des finances, vient d’annoncer un plan d’actions pragmatiques pour une relance économique rapide qui s’articule autour de la préservation des fondamentaux de l’économie et la consolidation du budget public.

Sans vouloir prioriser l’axe économique, reconnaissons qu’il est très attendu par nombre d’entreprises et secteurs d’activité aujourd’hui en stand-by, suspendus aux décisions à venir pour sortir la tête de l’eau.

Certes, des mesures économiques ont été prises en parallèle de la crise sanitaire, pour en réduire les effets en faveur des acteurs économiques !

Mais M. Benchaaboun vient d’annoncer cette semaine devant le parlement des mesures de relance économique, pour la sortie du confinement fixée au 20 mai prochain.

Pour revenir rapidement sur les mesures d’accompagnement économiques, elles ont été prises en faveur des entreprises et de leurs salariés, des professions libérales et des ménages, acteurs économiques de première importance, en agissant sur le maintien de leurs activités et de leur pouvoir d’achat.

Mais aussi sur la capacité de notre économie à satisfaire ses besoins en termes de produits fondamentaux, alimentaires et énergétiques.

Cependant, parlons plutôt de relance économique, qui fait l’objet d’une réflexion engagée au niveau du Comité de Veille Economique, pour définir les mesures à mettre en place afin d’« assurer la résilience de l’économie marocaine face à la crise ».  Dans un discours au parlement, le ministre des finances, M. Benchaaboun, a carrément pris l’engagement d’une reprise basée sur « une rapidité et efficacité sous forme de prise de décisions et de leur mise en œuvre ».

En effet, il a été convenu par le Comité de Veille Economique, de mettre en place une méthodologie de réflexion proactive basée sur la définition de scénarii pouvant être mis en œuvre pour les deux prochaines étapes qui vont suivre la résorption de la crise sanitaire.

La première étape concerne le retour progressif des différents secteurs à l’exercice de leurs activités dans le cadre de la coordination avec la stratégie de levée de l’état d’urgence sanitaire, tandis que la deuxième étape porte sur la mise en œuvre des mécanismes appropriés et renouvelables qui permettront de mettre l’économie nationale sur la voie d’une croissance forte et durable. C’est cette seconde étape qui devrait déployer un plan de soutien fait d’arguments de politique économique à moyen terme.

Car, selon le ministre : « Il ne fait aucun doute que donner un nouveau départ solide à l’économie nationale ne se fera qu’en mobilisant les ressources nécessaires et en veillant à ce que la priorité soit donnée, dans leur utilisation, à l’économie nationale et au citoyen marocain ».

Alléluia ! Concrètement, la réflexion en question est déjà menée dans le cadre des réunions avec les différents départements ministériels, afin d’établir une gestion optimale des dépenses publiques dans cette période exceptionnelle, et de l’orienter vers les priorités liées à la gestion de la crise économique due à la pandémie du Coronavirus, et de fournir les conditions de décollage économique pour la phase post-crise à travers le soutien des entreprises nationales et du produit national et le maintien de la valeur ajoutée localement.

C’est, en effet, le point faible de l’économie marocaine qui, cette fois-ci, doit bénéficier d’une relance intérieure sans attendre les retombées de la reprise internationale.

L’approche de M. Benchaaboun qu’il qualifie de proactive est aussi inédite. Elle est issue de l’expérimentation récente au niveau de la crise sanitaire, qui sous la direction avisée de Sa Majesté le Roi, s’est concrétisée par « le dynamisme qui a émergé dans notre pays dans cette circonstance », affirme le ministre des finances.

Il faut en tirer des leçons nouvelles en matière de retour de l’esprit de citoyenneté responsable, ainsi que le renforcement des liens de solidarité.

Il s’agit de les perpétuer pour le rétablissement de la confiance dans ses multiples dimensions, sur le plan économique notamment.

Et M. Benchaaboun de préciser, qu’il faut en faire « la base du modèle de développement de notre pays » que la commission spéciale constituée pour définir les contours doit prendre en compte comme vraies bases expérimentales.

Ce qui lui permettra aussi de rester dans les temps et de finaliser ses propositions concrètes à fin juin, avec la fin de la crise sanitaire.

Les engagements du ministre des finances, en ces moments de grande difficultés vécues par les entreprises surtout celles en arrêt d’activité, constituent un vrai gage de confiance, essentielle à toute reprise économique.

L’accompagnement des entreprises en matière fiscale et encouragements à l’investissement, donnerait certainement un nouveau souffle à l’économie marocaine et un nouvel élan à l’entreprenariat que l’on doit encourager pour la création d’emplois.

Si c’est le cas, la crise sanitaire qui a commencé par entrainer une grave crise économique sans précédent dans notre pays, pourrait, au final, lui servir sur le moyen et long terme !

Afifa Dassouli