Un camion de la police équipé d'un canon projetant un liquide bleu vif asperge les manifestants, le 20 octobre 2019 dans le quartier de Tsim Sha Tsui, à Hong Kong © AFP DALE DE LA REY

International

Hong Kong : Premières excuses officielles de la police

le 21 octobre 2019


La police de Hong Kong a officiellement présenté ses excuses lundi, pour la première fois depuis le début en juin du mouvement de contestation, après avoir projeté la veille sur une mosquée de la teinture bleue pendant une opération de dispersion de manifestants.

« Immédiatement après l’incident, les représentants de la police ont présenté leurs sincères excuses au principal imam et aux dirigeants de la communauté musulmane », a déclaré devant la presse Cheuk Hau-yip, le commandant régional des forces de l’ordre du district de Kowloon Ouest.

Les responsables de cette mosquée, le plus grande de l’ancienne colonie britannique, située sur la péninsule de Kowloon, ont dit aux journalistes avoir accepté ces excuses, tout comme celles de la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam.

Dans un communiqué diffusé dimanche, la police avait simplement affirmé que cet édifice religieux avait été touché par erreur.

De son côté, « Mme Lam a présenté des excuses pour la projection par inadvertance » de teinture, a fait savoir lundi son bureau dans un communiqué.

– Carrie Lam à la mosquée –

Accompagnée du chef de la police Stephen Lo, elle a effectué le même jour une brève visite dans cette mosquée, le tout en présence d’un important dispositif de sécurité.

L’entrée de l’édifice a été aspergée par un camion de la police équipé d’un canon projetant un liquide bleu vif, suscitant alors la colère de la communauté musulmane et des manifestants.

Cette teinture, mélangée à une solution poivrée brûlant la peau, permet d’identifier les manifestants, mais laisse les rues et les bâtiments maculés de bleu.

Sur des images vidéo, on peut voir un camion de la police se garant à l’extérieur de la mosquée au moment où avaient lieu des affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Après avoir marqué un temps d’arrêt, l’engin se met à pulvériser un liquide bleu en direction d’une demi-douzaine de journalistes et de personnes présents dans la rue, à l’extérieur de l’édifice religieux.

Ce petit groupe est visé à deux reprises et une partie de la teinture atteint les marches et l’entrée du bâtiment.

– Nouvelles violences –

La mosquée originale de Kowloon a été construite à la fin du XIXe siècle pour accueillir les soldats musulmans des Indes britanniques.

Reconstruite au début des années 1980, elle demeure un centre important pour la communauté musulmane hongkongaise, qui compte environ 300.000 fidèles.

Dimanche, Hong Kong a connu une nouvelle journée de violences, pour le vingtième week-end consécutif.

Des dizaines de milliers de personnes ont pris part à un rassemblement non autorisé mais pacifique.

Très vite, les choses ont dégénéré quand des militants radicaux ont jeté des cocktails Molotov et des pierres sur un poste de police, des sociétés chinoises et des stations de métro.

Les forces de l’ordre ont répliqué en faisant usage de canons à eau, de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Les affrontements ont duré toute la nuit.

Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et autres actions quasi-quotidiennes pour dénoncer un recul des libertés, mais aussi les ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de cette région semi-autonome.

Après l’interdiction par les autorités, début octobre, du port du masque au cours des manifestations, l’ex-colonie britannique a connu une flambée de violences, avec de nombreux actes de vandalisme ciblant des sociétés accusées de soutenir le gouvernement local loyal au pouvoir central chinois.

LNT avec Afp