SM le Roi Mohammed VI procède au lancement des travaux de restauration du musée "Al Batha" Photo MAP

Culture

Engagement du Roi Mohammed VI pour la Médina de Fès : Restauration du musée Al Batha et construction d’un musée de la culture juive

le 16 avril 2019


L’ancienne médina de Fès a été encore une fois mise à l’honneur lundi par la visite effectuée par  le Roi Mohammed VI à des sites historiques ayant fait l’objet de travaux de restauration dans le cadre des programmes de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne médina de la capitale spirituelle du Royaume.

Cette haute sollicitude royale envers la médina de Fès et ses habitants s’est manifestée de nouveau lundi à travers également le lancement par le Souverain des travaux de restauration du musée « Al Batha » et de construction d’un musée de la culture juive, deux projets qui s’inscrivent dans le cadre du programme complémentaire de mise en valeur de la médina de Fès (2018-2023) qui mobilise des investissements de l’ordre de 583 millions de dirhams.

Ce programme, qui confirme la volonté royale de faire de la réhabilitation des médinas des différentes villes du Royaume un chantier ouvert pour la préservation d’un pan inestimable du patrimoine national, porte sur la restauration de 11 monuments historiques et sites emblématiques, de 10 lieux de culte (mosquées et écoles coraniques), de 37 lieux de bien-être (hammams, fontaines et lieux sanitaires), la réhabilitation de 39 lieux d’artisanat et de commerce traditionnel, l’amélioration du paysage urbain et du cadre bâti (15 sites), ainsi que la réhabilitation de Dar Al Makina.

Ce programme d’envergure se trouve conforté par la mise en oeuvre d’un autre programme d’aménagement de parkings, de réhabilitation des espaces publics, et d’installation d’un dispositif d’information.

Doté d’une enveloppe budgétaire globale de 400 MDH, ce programme vise l’amélioration de l’accessibilité à l’ancienne médina à travers l’aménagement de huit parkings (Bab El Hamra, Bab Jdid, Bin Lamdoune, Oued Ezzhoun, Bab El Kissa, Ain Azelitine, Bab Boujloud, Sidi Bounafaâ) avec une capacité de près de 3.200 places, le pavage des routes sur 23 km, l’adressage des rues, ruelles, places et placettes dans la Médina de Fès et l’installation de bornes d’information au service des habitants , des visiteurs et des touristes.

Ces deux projets phares d’une enveloppe globale de 983 MDH s’inscrivent en parfaite continuité des programmes, déjà réalisés, de restauration des monuments historiques et de traitement des bâtiments menaçant ruine de la Médina de Fès et qui avaient porté sur la restauration de 27 monuments historiques, notamment des médersas, des fondouks, des ponts, des souks, des tanneries, et des bordjs.

Bénéficiant à plus de 1.600 personnes (artisans, commerçants, et étudiants), ces programmes ont également permis le traitement de plus de 2.200 édifices menaçant ruine dans l’ancienne médina de Fès, cette cité millénaire, inscrite en 1981 au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO, qui compte plusieurs monuments, notamment ses 9.000 maisons historiques, ses 11 medersas, ses 43 écoles coraniques, ses 83 mausolées, ses 176 mosquées, son université Al Quaraouiyine, ses 1.200 ateliers d’artisanat d’art et ses grandes tanneries traditionnelles.

Cette bienveillance du Souverain à l’égard du patrimoine national se manifeste aussi à travers le programme complémentaire de valorisation de la médina de Rabat (325 millions de dirhams), le programme de mise en valeur de l’ancienne médina de Marrakech (2018-2022), doté d’une enveloppe de 484 millions de dirhams, les deux programmes de réhabilitation et de valorisation des anciennes médinas de Salé (900 MDH) et de Meknès (800 MDH) et de deux autres programmes complémentaires pour les anciennes médinas de Tétouan (350 MDH) et Essaouira (300 MDH).

Il en est ainsi de la troisième phase du programme des habitats menaçant ruine, faisant partie intégrante du programme de réhabilitation de l’ancienne médina de Casablanca, dont le Souverain avait ordonné l’élaboration en mai 2018.

Ces programmes de nouvelle génération ont pour objectifs la valorisation de ces anciennes médinas, l’amélioration des conditions de vie de leurs habitants, la préservation de leur patrimoine architectural, matériel et immatériel, et la promotion de leur richesse culturelle authentique.

Mobilisant d’importants investissements, ces programmes visent également le renforcement de la dynamique de développement que connaissent ces cités historiques et de leur attractivité touristique et culturelle, la promotion de leur héritage civilisationnel et humain, outre l’amélioration substantielle des revenus des populations et le développement de l’économie sociale.

Ils se déclinent notamment à travers la réhabilitation des sites historiques d’activités économiques (Foundouks, ateliers, souks), des mosquées, des écoles coraniques et de musées, le traitement des édifices menaçant ruines, l’amélioration de l’accessibilité à ces médinas via l’aménagement de parkings, la rénovation du système de signalisation et la mise en place d’un système d’information électronique pour le renforcement de l’offre touristique.

Les programmes de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne médina de Fès sont de nature à donner une forte impulsion au développement socio-économique de cette cité millénaire, a souligné, lundi, le ministre du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, M. Mohamed Sajid.

Le ministre, qui s’exprimait en marge de la visite du Roi Mohammed VI à plusieurs projets réalisés dans le cadre des programmes de réhabilitation et de mise en valeur de l’ancienne médina de Fès, a relevé que cette ville jouit d’un « patrimoine extraordinaire’’, qui est en train d’être mis en valeur aujourd’hui grâce à l’impulsion du Souverain, qui accorde une attention particulière à la réhabilitation du patrimoine et à la restructuration des anciennes médinas que ce soit à Fès ou ailleurs.

« Le tourisme chez nous ne peut fonctionner que si nous nous focalisons sur notre richesse, notre civilisation, notre patrimoine et notre culture, et c’est ce qui est en train d’être démontré à Fès’’, a-t-il poursuivi.

Notant que la réhabilitation de la médina de Fès est en train d’attirer davantage de visiteurs, M. Sajid a estimé que « toutes les villes historiques connaissent aujourd’hui un regain d’attractivité grâce à ces actions de mise en valeur’’.

Pour sa part, le président de la Fondation nationale des musées (FNM), Mehdi Qotbi, a qualifié d’initiative ‘’exceptionnelle’’ la restauration du musée Al Batha et la construction d’un musée de la culture juive, dont le lancement des travaux a été donné lundi par  le Roi Mohammed VI.

‘’Le Maroc est en train de lancer un message fort au monde, selon lequel la coexistence entre les Marocains et toutes les autres religions est une réalité’’, a souligné M. Qotbi dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie de lancement des travaux de restauration du musée Al Batha et de construction du musée de la culture juive. ‘’Après le message de paix qui était la visite du Pape, le Maroc, sous la conduite de SM le Roi, est en train de lancer un message au monde, car nous avons besoin de ce message pour la diffusion de la paix et de l’amour entre les êtres et entre les cultures’’, a-t-il dit.

De son côté, le directeur du musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et chargé de la réhabilitation des musées, Abdelaziz El Idrissi, a souligné que le projet de réhabilitation du musée Al Batha, l’un des monuments historiques les plus anciens de Fès et l’un des importants musées au niveau national, et la création du musée de la culture juive constituent un ‘’grand pas visant à donner une impulsion à la ville et mettre la lumière sur le rôle joué par le Maroc à travers les siècles dans le développement de la civilisation islamique, au vu de ses liens avec l’Afrique et l’Europe’’.

Il a qualifié de ‘’très importante’’ l’initiative de créer un musée dédié à la culture juive, l’un des affluents de l’identité marocaine, ajoutant que le Maroc est l’un des pays pionniers en matière de préservation des identités plurielles, conformément à l’esprit de la Constitution, consacrant la diversité des composantes et affluents de la culture et l’identité marocaines.

Le nouveau musée des arts de l’Islam sera le premier du genre au niveau de la Méditerranée et constituera une fierté pour le Maroc, dans la mesure où il va couvrir toutes les époques depuis la création de l’Etat marocain, s’est-il félicité.

L’initiative du Roi Mohammed VI de créer un musée de la culture juive est d’une portée symbolique « absolument extraordinaire’’, a affirmé, lundi, le Secrétaire général du Conseil des Communautés Israélites du Maroc (CCIM), Serge Berdugo.

« Créer ce lieu de mémoire dans une ville berceau de la civilisation marocaine, où l’empreinte du judaïsme marocain a été des plus marquantes, montre le dessein du Souverain de voir que tous le courants qui ont irrigué la civilisation marocaine soient présents’’, a déclaré M. Berdugo en marge de la cérémonie de lancement des travaux de restauration du musée « Al Batha » et de construction d’un musée de la culture juive.

Il s’est dit « certain » que ce musée aura un rôle symbolique d’une ‘’très grande valeur à l’extérieur’’, en ce sens que ‘’les gens viendront voir comment, pendant des centaines d’années, juifs et musulmans vivaient paisiblement au Maroc et créaient un art de vivre-ensemble’’.

‘’Comme l’a souligné SM le Roi dans son discours au moment de recevoir le Pape François, dans un monde qui manque autant de repères, le Maroc balise la voie vers une véritable tolérance sans aucune ambiguïté’’, a-t-il souligné.

M. Berdugo a ajouté qu’’’ensemble, nous allons nous atteler à montrer tous les bijoux de la civilisation marocaine pour que le monde entier puisse se rendre compte encore une fois de ce que sera le Maroc de demain’’.

LNT avec dépêches Map