Divers - La Nouvelle Tribune https://lnt.ma/categorie/non-classe/ Actualité économie - tout savoir sur les dernières infos économiques avec Lnt.ma : bourse, finance, entreprises,... Information économique marocaine et internationale en direct. Fri, 24 Apr 2026 16:18:00 +0000 fr-FR hourly 1 Location de voiture au Maroc : un guide complet pour vous aider à choisir la bonne formule https://lnt.ma/location-de-voiture-au-maroc-un-guide-complet-pour-vous-aider-a-choisir-la-bonne-formule/ Wed, 22 Apr 2026 14:51:15 +0000 https://lnt.ma/?p=545822 Vous avez un séjour de courte durée prévu pour un week-end à Marrakech ? Ou vous recherchez une solution de longue durée pour la flotte de votre entreprise ? Parce que le marché de la location automobile au Maroc a considérablement mûri et que faire son choix nécessite de prendre en compte de nombreux paramètres, […]

The post Location de voiture au Maroc : un guide complet pour vous aider à choisir la bonne formule appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Vous avez un séjour de courte durée prévu pour un week-end à Marrakech ? Ou vous recherchez une solution de longue durée pour la flotte de votre entreprise ? Parce que le marché de la location automobile au Maroc a considérablement mûri et que faire son choix nécessite de prendre en compte de nombreux paramètres, nous avons construit pour vous, en collaboration avec le groupe AVIS LOCAFINANCE, deux références du secteur, un guide pratique et exhaustif pour vous aider à y voir plus clair.

Tout d’abord, pourquoi louer plutôt qu’acheter au Maroc ?

La location automobile s’est imposée comme une alternative crédible à l’achat, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Pour un voyageur, c’est la flexibilité sans contrainte : pas d’immobilisation de capital, pas de dépréciation, pas de frais d’entretien imprévus. Pour une entreprise, c’est une logique de maîtrise budgétaire et d’externalisation des risques.

Au Maroc, le marché de la location voiture est porté par plusieurs moteurs : le tourisme en reprise post-Covid, la croissance du tissu d’entreprises nationales et internationales, et l’essor du voyage d’affaires. Des villes comme Casablanca, Marrakech, Agadir ou Tanger concentrent la majorité des besoins, mais le réseau d’agences couvre aujourd’hui l’ensemble du territoire.

En bref, ce qu’il faut retenir c’est que la location évite l’immobilisation de capital et les coûts cachés de l’achat, elle offre une flexibilité totale selon la durée et le besoin et en entreprise, la LLD transforme les coûts variables en charges fixes maîtrisées.

Location courte et moyenne durée : les avantages à faire appel à un leader comme AVIS

Présent au Maroc depuis plusieurs décennies, avec une flotte de plus de 5 000 véhicules, AVIS est la référence incontournable pour quiconque cherche à louer un véhicule fiable, disponible rapidement et en toute transparence. Le réseau AVIS couvre les principaux aéroports, centres-villes et zones d’activités du pays. Vous n’aurez donc aucun mal à couvrir tous vos besoins sur le territoire marocain.

AVIS propose une flotte récente et régulièrement renouvelée : berlines compactes, SUV familiaux, monospaces, véhicules utilitaires. Chaque véhicule est contrôlé, assuré et livré en parfait état. Les options de personnalisation (GPS, siège enfant, conducteur additionnel) sont disponibles à la réservation.

Avis propose des formules adaptées à la durée de votre besoin et à votre profil 

Formule Durée Profil idéal
Courte durée 1 jour à 29 jours Touriste, voyageur d’affaires, week-end
Moyenne durée 1 à 24 mois Mission longue, expatrié, projet temporaire

 

Avec un parcours digitalisé, la réservation s’effectue directement sur www.avis.ma, en quelques clics, 24h/24, avec confirmation immédiate. Pratique pour les décisions à l’avance autant que pour les voyages de dernière minute.

Surtout, AVIS Maroc a été élu Service Client de l’Année pour la 2ème année consécutive. Avec une note de 4,8/5 sur Trustpilot et 4,86/5 sur Google Reviews, AVIS Maroc figure parmi les mieux notées du secteur, une garantie non négligeable pour un consommateur averti. 

Du côté de la Location longue durée : LOCAFINANCE accompagne et s’adapte aux besoins des entreprises

La Location Longue Durée (LLD) s’adresse aux entreprises qui souhaitent doter leurs équipes de véhicules sans les contraintes liées à l’achat. LOCAFINANCE, filiale spécialisée du groupe Avis Locafinance, est le partenaire de référence des PME, grands comptes et administrations au Maroc avec plus de 100 clients.

Le principe de la LLD

L’entreprise signe un contrat sur 2 à 5 ans, pour un ou plusieurs véhicules. Un loyer mensuel fixe couvre le financement, l’entretien, l’assurance et, selon la formule, le carburant et les pneumatiques. À l’échéance, la flotte est renouvelée automatiquement. Simple et efficace !

LOCAFINANCE propose des avantages clés qui facilitent la gestion quotidienne de votre entreprise

  • Zéro immobilisation de capital
  • Visibilité budgétaire totale : loyer fixe tout inclus
  • Externalisation complète de la gestion administrative
  • Flotte toujours récente, toujours conforme
  • Loyers 100 % déductibles fiscalement
  • Assistance 24h/24 et 7j/7 partout au Maroc

Last but not least, LOCAFINANCE a été élu Service Client de l’Année pour la 4ème année consécutive, rien que cela ! Vous pouvez demander un devis LLD sur mesure directement sur www.locafinance.com.

Alors comment choisir sa location selon son profil ?

Le choix de la formule dépend de trois critères principaux : la durée d’utilisation prévue, votre profil d’utilisateur (particulier ou entreprise) et vos contraintes budgétaires.

Profil Durée Solution recommandée
Touriste / voyage d’affaires ponctuel Quelques jours AVIS – Location courte durée
Mission longue / expatrié 1 à 24 mois AVIS – Location moyenne durée
Entreprise / flotte commerciale 2 à 5 ans LOCAFINANCE – LLD
Profession libérale 2 à 5 ans LOCAFINANCE – LLD

 

Vous avez encore des questions ? Voici une FAQ pour vous répondre (FAQ)

  1. Quels documents faut-il pour louer une voiture au Maroc ? Il faut généralement un permis de conduire valide (français ou international accepté), une pièce d’identité ou passeport, et un moyen de paiement pour la caution. Les conditions varient selon l’agence et la durée de location.
  2. Peut-on louer une voiture au Maroc sans carte de crédit ? AVIS accepte plusieurs modes de paiement. Il est recommandé de se renseigner directement sur www.avis.ma pour connaître les options disponibles selon la formule choisie.
  3. Quelle est la différence entre location courte durée et LLD ? La location courte durée s’adresse aux particuliers et professionnels pour des besoins ponctuels (quelques jours à quelques mois). La LLD est un contrat pluriannuel destiné aux entreprises qui souhaitent externaliser la gestion de leur flotte automobile.
  4. Comment obtenir un devis LLD pour mon entreprise ? LOCAFINANCE propose des contrats sur mesure. Vous pouvez demander une étude personnalisée directement sur www.locafinance.com ou contacter un conseiller du réseau national.

LNT avec Avis Locafinance

The post Location de voiture au Maroc : un guide complet pour vous aider à choisir la bonne formule appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Éducation : la gestion financière entre au collège dès la prochaine rentrée https://lnt.ma/education-la-gestion-financiere-entre-au-college-des-la-prochaine-rentree/ Wed, 22 Apr 2026 13:03:29 +0000 https://lnt.ma/?p=545741 Une nouvelle matière arrive à l’école. Et elle concerne le quotidien. ——— Dès la prochaine rentrée, les collèges intègrent un nouveau module. L’éducation financière. Le guide pédagogique est présenté à Rabat ce mercredi. Donc, le projet entre en phase concrète. ——— Les élèves vont apprendre des notions clés. Gérer un budget. Comprendre les dépenses. Épargner. […]

The post Éducation : la gestion financière entre au collège dès la prochaine rentrée appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Une nouvelle matière arrive à l’école.
Et elle concerne le quotidien.

———

Dès la prochaine rentrée, les collèges intègrent un nouveau module.
L’éducation financière.

Le guide pédagogique est présenté à Rabat ce mercredi.
Donc, le projet entre en phase concrète.

———

Les élèves vont apprendre des notions clés.

Gérer un budget.
Comprendre les dépenses.
Épargner.

Donc, des compétences pratiques.
Directement utiles dans la vie réelle.

———

Le programme vise un objectif précis.

Préparer les jeunes.
Aux réalités économiques.

Car beaucoup entrent dans la vie active.
Sans bases financières solides.

———

Les cours seront adaptés au niveau collège.
Avec des exemples simples.
Et des situations concrètes.

Donc, l’apprentissage reste accessible.
Et progressif.

———

Cette initiative s’inscrit dans une tendance globale.

Plusieurs pays intègrent déjà ces notions.
Dans leurs systèmes éducatifs.

Donc, le Maroc suit une dynamique internationale.

———

Au-delà de l’école,
l’impact peut être large.

Mieux gérer son argent.
Éviter le surendettement.
Et développer une culture financière.

———

En résumé :
Avec l’introduction de l’éducation financière au collège, le système éducatif marocain franchit une étape vers un apprentissage plus concret, où comprendre l’argent devient une compétence essentielle pour naviguer dans une société de plus en plus économique et digitale.

The post Éducation : la gestion financière entre au collège dès la prochaine rentrée appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Messi guide l’Inter Miami vers une victoire renversante https://lnt.ma/messi-guide-linter-miami-vers-une-victoire-renversante/ Mon, 20 Apr 2026 14:59:43 +0000 https://lnt.ma/?p=545572 Lionel Messi offre une victoire spectaculaire à l’Inter Miami dans un match à rebondissements. —L’Inter Miami a remporté une victoire importante face aux Colorado Rapids sur le score de 3-2 le samedi 18 avril 2026 — La rencontre a été marquée par un scénario riche en rebondissements et une intensité jusqu’au bout du match — […]

The post Messi guide l’Inter Miami vers une victoire renversante appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Lionel Messi offre une victoire spectaculaire à l’Inter Miami

dans un match à rebondissements.


L’Inter Miami a remporté une victoire importante face aux Colorado Rapids

sur le score de 3-2 le samedi 18 avril 2026

La rencontre a été marquée par un scénario riche en rebondissements

et une intensité jusqu’au bout du match

Lionel Messi a été l’homme décisif de la soirée

en inscrivant un doublé

L’Argentin a permis à son équipe de renverser la situation

dans une rencontre longtemps disputée

Ce succès intervient dans un contexte de changement sur le banc

avec l’arrivée récente de Guillermo Hoyos

Il succède à Javier Mascherano

dont le départ a surpris les supporters

Ce premier match se termine donc sur une victoire

pour le nouvel entraîneur de la formation floridienne

L’Inter Miami confirme ainsi sa capacité à réagir

dans les moments clés de la saison

En résumé

un doublé de Lionel Messi permet à l’Inter Miami de s’imposer 3-2

et de réussir les débuts de son nouvel entraîneur

The post Messi guide l’Inter Miami vers une victoire renversante appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Roommates: a new Netflix series about friendship and conflicts https://lnt.ma/roommates-a-new-netflix-series-about-friendship-and-conflicts/ Fri, 17 Apr 2026 14:49:59 +0000 https://lnt.ma/?p=545455 On April 17, 2026, Netflix releases Roommates, a new series exploring shared living experiences in a modern urban setting. — The story follows a group of young adults navigating friendships, conflicts, ambitions, and the everyday challenges of city life. — Set in a contemporary metropolis, the series highlights how relationships evolve when different personalities, backgrounds, […]

The post Roommates: a new Netflix series about friendship and conflicts appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>

On April 17, 2026,

Netflix releases Roommates,

a new series exploring shared living

experiences in a modern urban setting.

The story follows a group of young adults

navigating friendships, conflicts, ambitions,

and the everyday challenges of city life.

Set in a contemporary metropolis,

the series highlights how relationships evolve

when different personalities, backgrounds, and lifestyles

are brought together under the same roof.

Through a mix of humor, tension, and emotional moments,

Roommates captures both the struggles and bonds

that naturally emerge from cohabitation.

Each episode explores new dynamics within the group,

showing how trust is built, tested, and sometimes broken

in shared living spaces.

In summary:

Roommates is a Netflix series

centered on friendship, conflict, and the realities

of everyday life in shared housing.

The post Roommates: a new Netflix series about friendship and conflicts appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
UE : Kaja Kallas réaffirme le soutien au plan d’autonomie marocain https://lnt.ma/ue-kaja-kallas-reaffirme-le-soutien-au-plan-dautonomie-marocain/ Fri, 17 Apr 2026 10:08:43 +0000 https://lnt.ma/?p=545380 Le dossier du Saharareste au cœur des équilibres diplomatiques. — Kaja Kallas,haute représentante de l’Union européenne, a réaffirmé ce 16 avril à Rabat le soutien de l’UEau plan d’autonomie proposé par le Maroc. — Elle a qualifié cette initiative de “sérieuse et crédible”, reprenant une positiondéjà exprimée par plusieurs partenaires internationaux. — Cette déclaration intervient […]

The post UE : Kaja Kallas réaffirme le soutien au plan d’autonomie marocain appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le dossier du Sahara
reste au cœur des équilibres diplomatiques.

Kaja Kallas,
haute représentante de l’Union européenne,

a réaffirmé ce 16 avril à Rabat

le soutien de l’UE
au plan d’autonomie proposé par le Maroc.

Elle a qualifié cette initiative

de “sérieuse et crédible”,

reprenant une position
déjà exprimée par plusieurs partenaires internationaux.

Cette déclaration intervient

dans un contexte diplomatique
où le Maroc renforce

ses alliances stratégiques
avec l’Europe
et d’autres acteurs majeurs.

Le plan d’autonomie

est présenté par le Maroc
comme une solution politique durable

pour résoudre le conflit.

Le soutien européen

renforce la position du Royaume
sur la scène internationale,

notamment dans ses relations
avec les institutions européennes.

Cette prise de position

s’inscrit dans une dynamique plus large

de rapprochement politique
et économique
entre le Maroc et l’UE.

En résumé :
L’Union européenne réaffirme son soutien au plan d’autonomie marocain.
Une position qui renforce le poids diplomatique du Maroc à l’international.

The post UE : Kaja Kallas réaffirme le soutien au plan d’autonomie marocain appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Madagascar : les signes d’un pouvoir sous pression https://lnt.ma/madagascar-les-signes-dun-pouvoir-sous-pression/ Fri, 10 Apr 2026 15:04:30 +0000 https://lnt.ma/?p=544904 À Madagascar, les signaux d’alerte se multiplient et dessinent une crise plus profonde qu’il n’y paraît. Ce qui pouvait encore être perçu comme une succession de tensions isolées s’apparente désormais à une fragilisation globale de l’État. Dans ce contexte, le colonel Michaël Randrianirina se retrouve confronté à un défi majeur : transformer une autorité encore […]

The post Madagascar : les signes d’un pouvoir sous pression appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
À Madagascar, les signaux d’alerte se multiplient et dessinent une crise plus profonde qu’il n’y paraît. Ce qui pouvait encore être perçu comme une succession de tensions isolées s’apparente désormais à une fragilisation globale de l’État. Dans ce contexte, le colonel Michaël Randrianirina se retrouve confronté à un défi majeur : transformer une autorité encore fragile en véritable capacité de contrôle.

Le volet sécuritaire constitue aujourd’hui l’un des indicateurs les plus préoccupants. La mise au jour d’un projet de déstabilisation impliquant des acteurs liés aux forces armées révèle des fractures internes qui, à l’échelle du continent, ont souvent précédé des basculements politiques majeurs. L’histoire récente de plusieurs pays africains rappelle qu’une armée divisée fragilise inévitablement le pouvoir en place.

Sur le terrain politique, la transition reste inachevée. Les rivalités persistent, les équilibres demeurent précaires et l’horizon de la présidentielle de 2027 agit déjà comme un facteur de crispation. Le pouvoir, lui, semble évoluer dans une logique réactive, alternant fermeté affichée et gestion au coup par coup, sans parvenir à imposer une trajectoire claire.

Mais au-delà des tensions visibles, c’est l’efficacité même de l’État qui interroge. Dysfonctionnements administratifs, centralisation excessive, lenteurs structurelles : autant de faiblesses qui limitent la capacité d’action publique. Cette réalité, observable dans plusieurs pays africains en transition, pèse directement sur la crédibilité des institutions et sur le positionnement international du pays.

Dans ce paysage, la corruption joue un rôle aggravant. Loin d’être un phénomène périphérique, elle s’inscrit au cœur des dynamiques de pouvoir et peut, dans certains cas, alimenter des logiques de déstabilisation. Ce glissement est particulièrement préoccupant, car il brouille la frontière entre mauvaise gouvernance et risque sécuritaire.

Autre variable clé : la jeunesse. Nombreuse, connectée et confrontée à un manque d’opportunités, elle devient un terrain de compétition politique. Les tentatives d’influence, parfois monnayées, traduisent une lutte pour capter une force sociale capable de faire basculer les rapports de force. Dans plusieurs contextes africains, cette jeunesse a déjà montré sa capacité à accélérer les crises comme à renverser des équilibres établis.

Parallèlement, l’opinion publique évolue. Les réseaux sociaux amplifient les critiques et la comparaison avec l’ère d’Andry Rajoelina commence à émerger dans le débat, signe d’un doute grandissant. Plus qu’une nostalgie, c’est surtout l’expression d’un besoin de lisibilité et de stabilité qui s’exprime.

Au final, Madagascar se trouve à un tournant. L’enjeu ne se limite plus à contenir des tensions ponctuelles, mais à éviter une dérive plus structurelle. Pour les autorités, le défi est clair : restaurer la cohésion, rétablir la confiance et imposer un cap. À défaut, le pays pourrait s’inscrire dans une trajectoire déjà observée ailleurs sur le continent, où l’accumulation des fragilités finit par ouvrir la voie à des ruptures brutales.

Les prochains mois seront déterminants. Car dans ce type de configuration, ce ne sont pas toujours les crises les plus visibles qui font basculer un pays, mais bien l’érosion progressive de l’autorité et de la confiance.

LNT avec Agences

The post Madagascar : les signes d’un pouvoir sous pression appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Pro Taghazout Bay 2026 consacre Janire Gonzalez Etxabarri et Adur Amatriain https://lnt.ma/pro-taghazout-bay-2026-consacre-janire-gonzalez-etxabarri-et-adur-amatriain/ Mon, 30 Mar 2026 15:53:54 +0000 https://lnt.ma/?p=544088 Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) et Adur Amatriain (EUK) ont remporté aujourd’hui le Pro Taghazout Bay, étape QS 4 000 de la World Surf League (WSL), au terme d’une semaine de compétition particulièrement intense face à un plateau relevé. La journée des finales s’est déroulée dans de nouvelles conditions de houle à Anza, avec des vagues de trois […]

The post Pro Taghazout Bay 2026 consacre Janire Gonzalez Etxabarri et Adur Amatriain appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) et Adur Amatriain (EUK) ont remporté aujourd’hui le Pro Taghazout Bay, étape QS 4 000 de la World Surf League (WSL), au terme d’une semaine de compétition particulièrement intense face à un plateau relevé. La journée des finales s’est déroulée dans de nouvelles conditions de houle à Anza, avec des vagues de trois à quatre pieds et de nombreuses opportunités de score sur les gauches comme sur les droites. La sélection des vagues s’est révélée déterminante, tandis que les manœuvres les plus engagées et les plus critiques ont été récompensées par les meilleures notes. Le Pro Taghazout Bay était co-sanctionné par les régions Afrique et Europe. Il constituait la dernière étape de la saison 2025/2026 des QS européens, et l’avant-dernière pour la région Afrique.

Une revanche accomplie pour Janire Gonzalez Etxabarri, sacrée sur le circuit QS européen

Il n’y a rien de plus fort qu’un retour au premier plan. Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) est enfin montée sur la plus haute marche du podium au Pro Taghazout Bay, un an après sa place de finaliste en 2025. Arrivée sur cette étape en troisième position du classement, la surfeuse a signé l’une de ses meilleures saisons, avec quatre finales disputées, une troisième place au Saquarema Pro Challenger Series et une médaille d’or aux World Surfing Games organisés au Salvador. Mais il fallait remonter à Pantin, en 2023, pour retrouver la trace d’un trophée QS soulevé par Etxabarri. Grâce à cette victoire, elle décroche le titre QS Europe 2025/2026 de la WSL et valide son billet pour les Challenger Series 2026.

« Je suis très heureuse de remporter cette victoire », a confié Etxabarri. « Je revenais d’une blessure qui m’a empêchée de disputer les deux dernières étapes des Challenger Series en fin de saison. Gagner ici, tout en décrochant le titre, a donc une saveur particulière. C’est une grande satisfaction et je me sens prête à entamer le travail pour la nouvelle saison. Nous avons une très belle équipe de surfeurs basques sur les Challenger Series, et je suis ravie de retrouver le circuit à plein temps. Je prends beaucoup de plaisir dans ce processus. »

Face à Alys Barton (GBR), particulièrement en forme, Janire Gonzalez Etxabarri a d’abord bâti son avance grâce à de puissantes manœuvres placées dans des sections critiques. Elle a ensuite franchi un cap en intensité sur une très belle droite, pour laquelle elle a obtenu un excellent 8,00 sur 10 après trois solides turns en backside. En finale, Barton n’est jamais véritablement parvenue à trouver le bon tempo et n’a pas réussi à recoller au score. Très appliquée dans sa gestion de la priorité, Etxabarri a ensuite privé la Britannique d’une bonne gauche avant d’améliorer encore son total avec un 6,83, scellant ainsi sa victoire avec 14,83 sur 20.

Alys Barton a réalisé une semaine remarquable, décrochant sa première finale sur le circuit QS depuis celle de Caparica l’an dernier. Arrivée au Maroc à la 12e place du classement, la Britannique signe la plus forte progression de l’épreuve en se hissant au 5e rang.

Adur Amatriain signe le meilleur résultat de sa carrière et décroche le titre QS européen

Adur Amatriain (EUK) a survolé la compétition tout au long de la semaine, enchaînant les excellentes notes et un surf particulièrement intelligent. Entraîné sur les Challenger Series par la légende basque Aritz Aranburu, Amatriain a fait preuve d’un grand sang-froid sous pression pour venir à bout de Justin Becret (FRA) au terme d’une demi-finale haletante. Ce succès lui a donné un supplément de confiance évident, qu’il a pleinement confirmé lors de la finale face à Conor Donegan Dos Santos (ESP). Arrivé sur cette étape à la 25e place du classement, Amatriain profite également de sa victoire pour s’adjuger le titre QS Europe.

« Je savais qu’il me fallait un grand résultat pour valider ma qualification aux Challenger Series », a expliqué Amatriain. « En revanche, je ne pensais pas du tout que le titre européen pouvait aussi se jouer pour moi. C’est une immense satisfaction et une très belle surprise. J’aborde cette nouvelle saison avec beaucoup d’enthousiasme. L’an dernier m’a énormément appris, et j’ai maintenant envie de m’appuyer sur cette expérience pour aller encore plus loin. Je suis vraiment impatient de découvrir ce que la suite me réserve. »

La finale a donné lieu à un duel particulièrement intense, Amatriain et Dos Santos se répondant vague après vague dans un face-à-face très rythmé. L’avantage a changé de camp à plusieurs reprises, avant qu’Amatriain ne creuse l’écart grâce à un 6,80 obtenu sur une très belle droite, marquée par des enchaînements fulgurants. C’est précisément cette vitesse d’exécution et cette intensité dans le surf qui ont fait la différence face à Dos Santos. Dans les toutes dernières secondes, l’Espagnol a bien failli renverser l’issue de la finale avec une superbe vague, mais il a encore fallu patienter quelques instants après le buzzer, le temps de voir tomber les notes. Au final, la victoire est revenue à Amatriain.

Conor Donegan Dos Santos a signé le meilleur résultat de sa carrière en disputant sa toute première finale sur le circuit QS. Le surfeur de Lanzarote a réalisé une très belle saison en 2025, sa dernière chez les juniors, et au vu de la prestation livrée aujourd’hui, il pourrait rapidement s’imposer comme l’un des sérieux prétendants du circuit QS dans les prochains mois.

Les qualifiés européens pour les Challenger Series sont désormais connus

Alors que la saison QS européenne touche à sa fin, la liste des surfeurs qualifiés pour les Challenger Series est désormais arrêtée. Les sept premiers du classement masculin et les quatre premières du classement féminin se qualifient automatiquement, tandis qu’une wildcard chez les hommes et une autre chez les femmes doivent encore être attribuées.

Pour l’Europe, les qualifiés aux Challenger Series 2026 sont Adur Amatriain (EUK), Guilherme Ribeiro (POR), Ido Hagag (WRL), Yago Dominguez (EUK), Sean Gunning (ESP), Conor Donegan Dos Santos (ESP), Tiago Carrique (FRA), Janire Gonzalez Etxabarri (EUK), Maria Salgado (POR), Alys Barton (GBR) et Ariane Ochoa (EUK).

Pendant que le circuit européen observe une courte pause, la région Afrique s’apprête à disputer sa prochaine et dernière étape avec la Royal St Andrews Rip Curl Cup QS 4 000, prévue à Port Alfred, en Afrique du Sud, du 3 au 6 avril 2026.

Taghazout Bay consolide son partenariat avec la WSL

Le partenariat entre Taghazout Bay et la World Surf League remonte à 2020, avec l’organisation de deux compétitions, le Pro Taghazout Bay et le Junior Pro Taghazout Bay. Cette collaboration met en lumière le potentiel du littoral de Taghazout, reconnu à l’international pour la qualité de ses vagues et de ses spots de surf, notamment à Anchor Point. Elle contribue également à valoriser les talents marocains et à confirmer la capacité de la destination à accueillir des événements de haut niveau.

Taghazout Bay et la WSL s’inscrivent ainsi dans un partenariat structuré sur le long terme, avec l’ambition de renforcer la présence des compétitions internationales au Maroc et d’accompagner le développement de la discipline.

Située aux portes d’Agadir, Taghazout Bay est une destination touristique écoresponsable du sud du Maroc, déployée sur 4,5 kilomètres de littoral et offrant des vues panoramiques sur un arrière-pays riche et authentique. Soucieuse de préserver les ressources naturelles et la culture locale, la destination propose tout au long de l’année une offre diversifiée mêlant expériences balnéaires, culturelles, naturelles et écotouristiques. Taghazout Bay intègre également des composantes résidentielles et hôtelières, ainsi que plusieurs équipements de loisirs, à l’image du Musée de l’Argan et de diverses expériences culturelles et écotouristiques.

Taghazout Bay s’affirme également comme une destination de choix pour l’accueil de séminaires, d’événements internationaux et de festivals, portée par des infrastructures modernes, une capacité d’hébergement solide, la qualité de son offre hôtelière et un cadre inspirant où se rencontrent nature, authenticité et modernité. La destination bénéficie en outre de conditions naturelles exceptionnelles, avec des spots emblématiques comme Anchor Point, qui attirent chaque année des surfeurs venus du monde entier. Elle déploie enfin une offre structurée autour du sport, du bien-être, de la culture et du divertissement, avec un large éventail d’expériences balnéaires, culturelles, naturelles et écotouristiques accessibles tout au long de l’année.

Revivez le Pro Taghazout Bay

Le Pro Taghazout Bay s’est tenu du 22 au 29 mars 2026. Tous les temps forts de la compétition, ainsi que des contenus complémentaires, sont à retrouver sur  WorldSurfLeague.com et sur l’application gratuite de la WSL free WSL app.

L’édition 2026 du Pro Taghazout Bay a bénéficié du soutien de la Wilaya de la région Souss-Massa, de la commune de Taghazout, de la région Souss-Massa, de la Société de développement régional du tourisme Souss-Massa, de l’Office national marocain du tourisme, de Taghazout Bay, d’Afriquia Gaz, de Marsa Maroc, de Seat Maroc, du Radisson Blu Resort Taghazout Bay Surf Village, d’Aïn Atlas, de Butec, de 2M, de 2M Radio, de Hit Radio et de Radio Mars.

Résultats de la finale dames du Pro Taghazout Bay

  1. Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) – 14,83
  2. Alys Barton (GBR) – 11,33

Résultats de la finale hommes du Pro Taghazout Bay

  1. Adur Amatriain (EUK) – 13,40
  2. Conor Donegan Dos Santos (ESP) – 12,10

Résultats des demi-finales dames du Pro Taghazout Bay

Série 1 : Alys Barton (GBR) 11,16 bat Maria Salgado (POR) 4,77

Série 2 : Janire Gonzalez Etxabarri (EUK) 11,10 bat Maelys Jouault (FRA) 8,07

Résultats des demi-finales hommes du Pro Taghazout Bay

Série 1 : Adur Amatriain (EUK) 13,50 bat Justin Becret (FRA) 12,96

Série 2 : Conor Donegan Dos Santos (ESP) 11,27 bat Yago Dominguez (EUK) 10,60

The post Pro Taghazout Bay 2026 consacre Janire Gonzalez Etxabarri et Adur Amatriain appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
WHAT’S HOT TODAY — March 26, 2026 https://lnt.ma/whats-hot-today-march-26-2026/ Thu, 26 Mar 2026 14:48:14 +0000 https://lnt.ma/?p=543886  1. Global Trade Under Pressure The global trading system is facing its most serious disruption in decades. According to the head of the World Trade Organization,the system is experiencing its worst disturbances in over 80 years. Geopolitical tensions, including conflicts in multiple regions,are disrupting energy, food, and supply chains. This signals a deeper shift. The […]

The post WHAT’S HOT TODAY — March 26, 2026 appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
 1. Global Trade Under Pressure

The global trading system is facing its most serious disruption in decades.

According to the head of the World Trade Organization,
the system is experiencing its worst disturbances in over 80 years.

Geopolitical tensions, including conflicts in multiple regions,
are disrupting energy, food, and supply chains.


This signals a deeper shift.

The global economic order established after World War II
is now being challenged,
with rising protectionism and weakened multilateral cooperation.


 2. Europe Approves Migrant Transfer Centers

In Europe, a controversial decision has been approved.

The European Parliament has validated the creation of centers
to send migrants outside the European Union.


This reflects a tightening of migration policies,
as European countries seek new ways
to manage increasing migratory pressure.


 3. Rayane Bounida Joins Morocco

In sports, a new name is entering the national scene.

Rayane Bounida has officially joined the Moroccan national team
after validation by FIFA.


This move strengthens Morocco’s long-term strategy,
integrating young talents from the diaspora
into the national squad.


 4. UNESCO Highlights Morocco’s Education Progress

In Morocco, positive signals from the education sector.

UNESCO has praised the country’s efforts
in reducing school dropout and non-enrollment rates.


This reflects long-term reforms
aimed at improving access to education
and strengthening human capital.


 5. Challenges Persist for Alternative Sentences

Finally, on the justice front:

The implementation of alternative sentencing in Morocco
is still facing operational challenges.


Despite reforms aimed at reducing prison overcrowding,
logistical and structural constraints
continue to limit full deployment.


 FINAL TAKE

What connects today’s stories is a world in transition.

From global trade disruptions
to migration policy shifts,
and structural reforms in Morocco,

the system is evolving under pressure.


And whether it’s economic, social, or political,
one thing is clear:

adaptation is no longer optional —
it’s necessary.

The post WHAT’S HOT TODAY — March 26, 2026 appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
« Kalimat », le nouveau titre de Manal https://lnt.ma/kalimat-le-nouveau-titre-de-manal/ Tue, 24 Mar 2026 13:14:40 +0000 https://lnt.ma/?p=543760 L’artiste marocaine Manal revient avec «Kalimat», un titre à dimension émotionnelle qui s’impose déjà comme l’un des morceaux les plus attendus du moment. Déjà viral avant même sa sortie officielle, le morceau a suscité un intérêt notable, porté par un teasing diffusé sur les réseaux sociaux qui a eu de l’effet auprès du public. Dans […]

The post « Kalimat », le nouveau titre de Manal appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
L’artiste marocaine Manal revient avec «Kalimat», un titre à dimension émotionnelle qui s’impose déjà comme l’un des morceaux les plus attendus du moment.

Déjà viral avant même sa sortie officielle, le morceau a suscité un intérêt notable, porté par un teasing diffusé sur les réseaux sociaux qui a eu de l’effet auprès du public.

Dans ce titre, Manal aborde une dimension intime de l’amour, marquée par des sentiments difficiles à exprimer. Elle y incarne une femme confrontée à l’incapacité de traduire ses émotions face à l’être aimé, dans une relation où le silence prend une place significative.

À travers « Kalimat », l’artiste met en avant cette difficulté à exprimer ses sentiments, entre vulnérabilité et attachement.

Porté par une production contemporaine, le morceau associe douceur et intensité, illustrant l’approche artistique de Manal.

The post « Kalimat », le nouveau titre de Manal appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Ouijdane Qacami : « Il est essentiel de valoriser davantage la présence des femmes dans les métiers techniques et industriels » https://lnt.ma/entretien-avec-ouijdane-qacami-il-est-essentiel-de-valoriser-davantage-la-presence-des-femmes-dans-les-metiers-techniques-et-industriels/ Fri, 13 Mar 2026 12:53:31 +0000 https://lnt.ma/?p=543272 Propos recueillis par Selim Benabdelkhalek Ingénieure en génie civil, doctorante spécialisée dans la durabilité des matériaux et fondatrice de la startup STRUCMEDICA, Ouijdane Qacami incarne une nouvelle génération d’entrepreneures issues de la recherche scientifique. Lauréate du Prix Pépite 2025, qui distingue en France les jeunes créateurs de startups innovantes, elle développe une technologie de diagnostic […]

The post Entretien avec Ouijdane Qacami : « Il est essentiel de valoriser davantage la présence des femmes dans les métiers techniques et industriels » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Propos recueillis par Selim Benabdelkhalek

Ingénieure en génie civil, doctorante spécialisée dans la durabilité des matériaux et fondatrice de la startup STRUCMEDICA, Ouijdane Qacami incarne une nouvelle génération d’entrepreneures issues de la recherche scientifique. Lauréate du Prix Pépite 2025, qui distingue en France les jeunes créateurs de startups innovantes, elle développe une technologie de diagnostic automatisé des structures en béton destinée à améliorer la surveillance et la durabilité des infrastructures. Formée notamment à l’École des Ponts ParisTech, et engagée dans une thèse menée entre l’Université de La Rochelle, le Karlsruhe Institute of Technology et le centre d’innovation de Holcim, elle travaille à l’intersection du génie civil, du numérique et de la transition écologique. Dans cet entretien, elle revient sur la genèse de son projet entrepreneurial, les mutations technologiques à l’œuvre dans le secteur du BTP et le rôle que peuvent jouer les innovations issues de la recherche pour prolonger la durée de vie des infrastructures tout en réduisant leur empreinte carbone.

 

La Nouvelle Tribune : Vous êtes ingénieure en génie civil et doctorante travaillant sur la durabilité du béton, tout en ayant fondé la startup STRUCMEDICA. Comment votre parcours académique et entrepreneurial s’est-il construit, et à quel moment l’idée de transformer votre recherche en entreprise s’est-elle imposée ?

Ouijdane Qacami : Mon parcours s’est construit à l’intersection de la rigueur académique et du pragmatisme industriel. J’ai d’abord suivi des classes préparatoires et une formation paramilitaire au Maroc, une expérience qui m’a inculqué une forte culture de l’exécution, de la discipline et de la résilience.

Je suis ensuite devenue ingénieure en génie civil diplômée de l’École des Ponts ParisTech, tout en poursuivant un master spécialisé en matériaux de construction durables ainsi qu’un diplôme européen en résilience climatique. Aujourd’hui, je mène une thèse CIFRE sur la durabilité du béton, en collaboration avec l’Université de La Rochelle, le centre d’innovation de Holcim et le Karlsruhe Institute of Technology (KIT). En parallèle, j’ai complété ce parcours scientifique par une formation en entrepreneuriat à HEC Paris.

L’idée de STRUCMEDICA est née à la fois d’un vécu personnel et d’une observation professionnelle. Sur le plan personnel, j’ai grandi dans une région du Maroc où les séismes et les inondations sont relativement fréquents, et où les catastrophes naturelles liées à la fragilité des infrastructures font malheureusement partie du quotidien. Je me souviens particulièrement du séisme de 2004 dans le nord du Maroc : pendant plusieurs jours, ma famille et moi avons dormi dans une voiture par peur de rentrer dans notre appartement fragilisé. C’est à ce moment-là que j’ai développé une véritable fascination pour le génie civil et pour la manière dont les infrastructures peuvent protéger — ou au contraire mettre en danger — les populations.

Plus tard, lorsque j’ai eu l’opportunité de travailler sur la durabilité des structures lors de mon parcours professionnel puis de ma thèse, j’ai immédiatement saisi cette chance. Sur le plan professionnel, j’ai constaté que face au vieillissement des infrastructures, les méthodes de diagnostic traditionnelles restent très lentes, souvent destructives et coûteuses. Les analyses sont fragmentées et chronophages, ce qui fait que les diagnostics arrivent parfois trop tard.

L’idée de transformer cette recherche en entreprise a commencé à émerger au début de ma carrière chez Holcim en 2022. Elle s’est réellement imposée lorsque nos premiers prototypes ont été validés sur des projets pilotes. À ce moment-là, nous avons démontré une valeur opérationnelle concrète, notamment en matière de durabilité des infrastructures et de réduction de l’empreinte carbone.

 

Le secteur du BTP est souvent perçu comme traditionnel. En quoi les diagnostics structurels automatisés que vous développez représentent-ils une véritable mutation technologique du secteur ?

Aujourd’hui, l’évaluation de l’état d’une structure en béton repose principalement sur deux niveaux d’inspection. D’un côté, les inspections visuelles, qui permettent de repérer certains signes de dégradation mais qui restent limitées. De l’autre, des méthodes destructives lorsque l’on souhaite analyser la structure en profondeur, comme le carottage suivi de tests chimiques en laboratoire, par exemple avec la phénolphtaléine.

On peut comparer cela à une consultation médicale : l’inspection visuelle revient à observer un patient, tandis que le carottage équivaut à une prise de sang ou à une analyse biologique. Ces méthodes sont utiles, mais elles sont fragmentées, longues à mettre en œuvre et nécessitent parfois d’interrompre l’usage de l’infrastructure.

STRUCMEDICA propose une approche radicalement différente. Nous avons développé ce que l’on pourrait comparer à un stéthoscope pour les bâtiments. Notre technologie permet d’analyser la santé et le vieillissement d’une structure en béton de manière non destructive.

Concrètement, il s’agit d’une méthode de mesure rapide qui s’applique directement sur site et permet d’obtenir un diagnostic complet en une trentaine de minutes. L’outil fournit également des éléments d’aide à la décision pour les gestionnaires d’infrastructures, ce qui transforme profondément la manière dont les structures sont surveillées et entretenues.

 

L’automatisation des diagnostics structurels repose-t-elle principalement sur l’IA, sur des capteurs intelligents, ou sur l’intégration de plusieurs technologies ? Que change cette hybridation dans la manière de gérer les infrastructures ?

Elle repose avant tout sur l’intégration de plusieurs technologies. STRUCMEDICA combine un module matériel , composé de capteurs autonomes et connectés , avec une modélisation numérique de la physique des matériaux et une plateforme logicielle alimentée par l’intelligence artificielle.

Cette hybridation change profondément la manière de gérer les infrastructures. Les capteurs collectent des données sur la santé mécanique et chimique du béton, tandis que les modèles physiques et l’IA analysent ces informations pour interpréter l’état réel de la structure et anticiper l’évolution des dégradations.

Les résultats sont ensuite traduits en recommandations conformes aux normes et réglementations en vigueur. Pour les gestionnaires d’infrastructures, cela signifie passer d’une logique de maintenance réactive à une véritable maintenance prédictive.

Ils peuvent ainsi prioriser les interventions de manière objective, optimiser leurs budgets d’investissement et réduire l’empreinte carbone.

 

La révolution technologique actuelle est souvent associée au numérique. Pourtant, votre travail touche aux infrastructures physiques. Sommes-nous face à une convergence entre révolution numérique et transition écologique ?

Absolument, et c’est même le cœur de notre mission. Le secteur du BTP représente près de 40 % des émissions mondiales de CO₂. Historiquement, le manque d’outils rapides et accessibles pour mesurer l’état réel des structures a conduit à des décisions parfois radicales, comme la démolition et la reconstruction, faute d’informations précises sur la durabilité des bâtiments existants.

Grâce au numérique, nous pouvons aujourd’hui évaluer beaucoup plus finement la durée de vie réelle des infrastructures et identifier les solutions de réparation ou de prolongation d’usage.

Un aspect encore peu connu concerne la capacité du béton à refixer du CO₂ au cours de sa vie, via un phénomène de carbonatation. Notre méthode permet d’intégrer cette dimension et d’estimer la quantité de CO₂ déjà captée par le béton, ainsi que celle qu’il pourrait encore fixer à l’avenir.

Cette approche est particulièrement utile pour les analyses de cycle de vie (ACV) et pour l’évaluation des bétons bas carbone. Elle permet également aux industriels cimentiers d’accélérer l’innovation, en testant plus rapidement de nouvelles formulations de béton à la fois durables et à faible impact environnemental.

En ce sens, le numérique devient un outil clé pour préserver les infrastructures existantes et accélérer la transition écologique du secteur.

 

Les dispositifs comme le Prix Pépite sont présentés comme des catalyseurs d’innovation. Concrètement, en quoi ce type de reconnaissance change-t-il la trajectoire d’un projet scientifique ?

Ce type de reconnaissance joue un rôle déterminant, notamment lors du passage de la recherche académique à la création d’entreprise. Des prix comme le Prix Pépite apportent d’abord une validation externe très importante : ils confirment que le projet répond à un véritable besoin de marché.

Concrètement, cette reconnaissance offre une visibilité stratégique qui facilite l’accès aux réseaux industriels, institutionnels et financiers. Elle permet également d’accélérer certaines étapes clés du développement, comme la mise en place de projets pilotes avec des acteurs majeurs du secteur ou la structuration des premières opportunités de financement.

Ces dispositifs agissent donc comme des accélérateurs de trajectoire pour des innovations issues de la recherche.

 

Si l’on transpose ces enseignements au Maroc, quels leviers devraient être renforcés pour encourager l’entrepreneuriat scientifique, notamment féminin, dans des secteurs industriels stratégiques ?

Mon éducation au Maroc m’a transmis un fort sens du pragmatisme, de la débrouillardise et de la responsabilité collective face aux enjeux liés à notre environnement bâti.

Pour encourager l’entrepreneuriat scientifique, le premier levier consiste à renforcer les passerelles entre la recherche académique et l’industrie. Mon projet a pu émerger grâce à une thèse CIFRE impliquant des collaborations internationales entre la France, l’Allemagne et des partenaires industriels comme Holcim. Ce type de dispositif garantit que la recherche développée répond directement à des besoins concrets du marché.

Le deuxième levier concerne l’accompagnement des chercheurs vers l’entrepreneuriat : incubateurs, pôles de compétitivité, financements d’amorçage et formations à l’innovation sont essentiels pour aider les scientifiques à acquérir les compétences entrepreneuriales nécessaires. Il est crucial de penser au modèle économique dès le début et d’itérer rapidement pour créer des solutions adaptées aux besoins réels.

Enfin, concernant l’entrepreneuriat féminin, il est essentiel de valoriser davantage la présence des femmes dans les métiers techniques et industriels. Voir des femmes ingénieures diriger des projets dans des secteurs comme le BTP ou la deeptech contribue à briser certains plafonds de verre. Mettre en avant ces parcours permet d’inspirer d’autres vocations et de montrer que les femmes ont un rôle stratégique à jouer dans les innovations technologiques et climatiques.

The post Entretien avec Ouijdane Qacami : « Il est essentiel de valoriser davantage la présence des femmes dans les métiers techniques et industriels » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Spécial 8 Mars 2026 – SOMMAIRE https://lnt.ma/special-8-mars-2026-sommaire/ Fri, 06 Mar 2026 13:07:08 +0000 https://lnt.ma/?p=542845 Dans un monde où l’IA redéfinit l’emploi, où l’offshoring mute sous l’effet de l’automatisation, où les données deviennent la première ressource stratégique, la question n’est plus simplement celle de l’accès des femmes au numérique. Elle est celle de leur place dans la définition même des règles du jeu. Ce Spécial 8 mars 2026 ne célèbre […]

The post Spécial 8 Mars 2026 – SOMMAIRE appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Dans un monde où l’IA redéfinit l’emploi, où l’offshoring mute sous l’effet de l’automatisation, où les données deviennent la première ressource stratégique, la question n’est plus simplement celle de l’accès des femmes au numérique. Elle est celle de leur place dans la définition même des règles du jeu.

Ce Spécial 8 mars 2026 ne célèbre pas des trajectoires individuelles pour ce qu’elles ont d’exceptionnel. Il les interroge pour ce qu’elles révèlent d’un basculement en cours.

SOMMAIRE

  1. Au cœur des mutations technologiques globales : Le Maroc et ses Femmes
  2. Entretien avec Mme Amal El Fallah Seghrouchni : « Le Maroc doit inventer, avoir sa propre vision du numérique et la déployer »
  3. Les grands projets structurants du Ministère de la transition numérique
  4. Entretien avec Ilaria Carnevali, PNUD : « Pour les Femmes, s’engager dans le numérique, c’est contribuer à façonner le futur »
  5. Entretien avec Meyssane Alj Hakim, Micron Technology : « L’IA et l’automatisation ne se limitent pas à accélérer le rythme de l’entrepreneuriat, elles en redéfinissent la nature même »
  6. Entretien avec Fatima Bouayad et Dounia Boutaleb, fondatrices de Woma Health : “La technologie ne crée pas un modèle de vie, elle redonne aux femmes le pouvoir de choisir.”
  7. Entretien avec Dr. Kaoutar El Maghraoui, chercheuse principale, IBM Research AI : « Les équipes diversifiées produisent des solutions plus robustes, créatives et équitables »
  8. Entretien avec Manal Rommani : « Dans ce nouveau monde, le Maroc peut exporter de l’intelligence, pas seulement du travail »
  9. Entretien avec Benedicta Miranda : « Les programmes d’impact social ne sont plus périphériques, ils deviennent une composante essentielle »
  10. Entretien avec Majdouline El Idrissi : « La question n’est plus de savoir si les femmes peuvent diriger. Les preuves s’accumulent. »

The post Spécial 8 Mars 2026 – SOMMAIRE appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Manal Rommani : « Dans ce nouveau monde, le Maroc peut exporter de l’intelligence, pas seulement du travail » https://lnt.ma/entretien-avec-manal-rommani-dans-ce-nouveau-monde-le-maroc-peut-exporter-de-lintelligence-pas-seulement-du-travail/ Fri, 06 Mar 2026 13:06:23 +0000 https://lnt.ma/?p=542922 Entretien réalisé par Zouhair Yata Directrice des technologies d’intelligence artificielle et de transformation digitale chez ADP, Manal Rommani évolue depuis plusieurs années au cœur des grandes mutations technologiques qui redessinent les organisations et les chaînes de valeur. Entre automatisation, intelligence artificielle générative et recomposition du travail, elle observe de l’intérieur la transformation profonde des modèles […]

The post Entretien avec Manal Rommani : « Dans ce nouveau monde, le Maroc peut exporter de l’intelligence, pas seulement du travail » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien réalisé par Zouhair Yata

Directrice des technologies d’intelligence artificielle et de transformation digitale chez ADP, Manal Rommani évolue depuis plusieurs années au cœur des grandes mutations technologiques qui redessinent les organisations et les chaînes de valeur.

Entre automatisation, intelligence artificielle générative et recomposition du travail, elle observe de l’intérieur la transformation profonde des modèles économiques à l’œuvre.

Dans cet entretien, elle analyse les effets structurants de l’IA sur les entreprises, les compétences et la productivité, tout en esquissant les opportunités qui s’ouvrent pour des pays comme le Maroc dans cette nouvelle phase de l’économie numérique.

La Nouvelle Tribune : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ainsi que votre analyse des mutations technologiques en cours à la lumière de votre expertise ?

Manal Rommani : Mon parcours se situe à l’intersection de la technologie, de la stratégie et de la transformation des organisations.

J’ai commencé ma carrière dans le conseil, où j’ai accompagné de grands groupes dans leurs programmes d’automatisation et de transformation digitale.

Très tôt, j’ai été exposée à des sujets comme la RPA et l’automatisation intelligente, qui étaient encore émergents à l’époque.

Aujourd’hui, je suis Directrice des technologies d’intelligence artificielle et de transformation digitale chez ADP, où je travaille sur des programmes globaux autour de l’IA, de l’automatisation et de la data.

Mon rôle consiste à réfléchir à la manière dont ces technologies peuvent être intégrées au cœur des organisations pour transformer leurs opérations, leurs produits et leurs modèles de création de valeur.

Cette position me donne une perspective assez privilégiée pour observer les mutations technologiques qui sont en train de redessiner notre économie et notre rapport au travail.

Je ne serai pas la première à le dire, mais le monde est en train de changer à une vitesse assez bluffante.

Si je reviens une dizaine d’années en arrière, j’ai commencé ma carrière en travaillant sur la RPA, l’automatisation, la smart automation.

À cette époque, c’étaient des sujets d’intérêt dans certaines entreprises ou certains secteurs, mais ils restaient encore relativement ciblés.

Aujourd’hui, quand on observe le marché, les entreprises, les gouvernements, les stratégies nationales : la transformation digitale est devenue un enjeu central.

Et cette dynamique s’est encore accélérée avec l’arrivée de l’intelligence artificielle générative, des LLMs et des agents d’IA.

On ne parle plus simplement d’une évolution technologique.

On parle d’une redéfinition profonde de la manière dont la valeur est créée dans les organisations.

L’intelligence artificielle bouleverse déjà énormément d’aspects de notre économie : la manière dont les entreprises opèrent, la façon dont elles servent leurs clients, la manière dont nous travaillons et même notre rapport au travail.

Dans certains secteurs, elle va jusqu’à remettre en question l’essence même de certains modèles économiques.

Et je pense que les organisations qui rateront ce virage risquent d’en payer le prix très cher dans les années à venir.

Sur quels sujets ou projets travaillez-vous aujourd’hui, et en quoi sontils révélateurs des recompositions actuelles des chaînes de valeur technologiques ?

Pour simplifier, mon travail consiste à transformer, grâce à l’intelligence artificielle et aux technologies digitales, la manière dont les organisations fonctionnent : la façon dont elles travaillent, gèrent leurs opérations et servent leurs clients.

L’objectif est bien sûr de créer de la valeur et de générer des gains d’efficacité, mais surtout de préparer les organisations au monde de demain.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que ces transformations ne sont plus des initiatives d’innovation isolées.

Dans mon cas, elles sont directement intégrées au cœur de la stratégie de l’entreprise.

Aujourd’hui, mon organisation se situe au centre de la stratégie d’ADP.

Ce n’est pas une petite structure d’innovation ou un laboratoire technologique à la périphérie.

Et cela montre quelque chose d’important : l’intelligence artificielle et la transformation digitale ne sont plus des sujets expérimentaux.

Elles sont devenues des leviers stratégiques essentiels pour l’avenir des organisations.

Mais ce qui est intéressant, c’est que ces projets ne sont pas simplement des projets technologiques.

Ils révèlent une transformation beaucoup plus profonde des chaînes de valeur.

L’IA et l’automatisation déplacent progressivement la création de valeur : on passe d’une logique où la valeur reposait principalement sur l’exécution humaine à une logique où elle repose de plus en plus sur la capacité à concevoir, orchestrer et gouverner des systèmes d’intelligence numérique.

Autrement dit, les entreprises ne se contentent plus de digitaliser leurs activités : elles redéfinissent la manière dont elles opèrent, prennent des décisions et interagissent avec leurs clients.

Et cela reconfigure progressivement toute la chaîne de valeur technologique, depuis la production jusqu’à la relation client.

Sommes-nous selon vous face à une révolution technologique ou à une reconfiguration complète des modèles économiques et productifs ?

Je parlerais davantage d’une reconfiguration profonde que d’une rupture brutale.

Les révolutions technologiques passées remplaçaient des outils.

Celle-ci transforme la manière dont les décisions sont prises, dont l’information circule et dont les chaînes de valeur sont organisées.

Nous redessinons la façon dont le travail est structuré, plus que nous ne le digitalisons simplement.

Ce n’est pas seulement la technologie qui change, c’est l’architecture même du travail.

L’intelligence artificielle est souvent décrite comme un accélérateur. Accélérateur de quoi exactement selon votre expérience terrain ?

L’IA est un accélérateur de productivité, d’accès au savoir et de vitesse de décision.

Elle réduit drastiquement le temps entre une idée et son exécution.

Mais elle est aussi un accélérateur d’écarts : entre les organisations qui s’adaptent vite et celles qui tardent à le faire.

Je dirai que l’IA récompense l’agilité et la capacité d’apprentissage continu.

Elle n’avantage pas les plus grands, mais elle avantage les plus adaptables.

Quels métiers ou fonctions sont déjà en train de disparaître sans que les organisations ne l’assument pleinement ?

Je dirai que les métiers disparaissent rarement du jour au lendemain ; ils évoluent.

Les tâches répétitives, y compris cognitives, sont les plus exposées.

En revanche, on voit émerger des rôles hybrides mêlant expertise métier, compréhension technologique et esprit critique.

Le véritable risque n’est pas la disparition des emplois, mais l’obsolescence des compétences.

Le défi donc n’est pas de protéger les métiers, mais de faire évoluer les compétences.

Comment le Maroc peut-il s’inscrire durablement dans cette nouvelle phase industrielle ?

Le Maroc a historiquement été positionné sur le nearshore et l’offshore de talents.

Je pense qu’avec l’IA, une nouvelle opportunité émerge pour le Maroc : passer d’une exportation de main-d’œuvre à une exportation d’intelligence numérique.

Le Maroc peut devenir un hub de “digital workers” : des agents IA sectoriels, multilingues et spécialisés, au service de marchés internationaux.

Sa position géographique, sa jeunesse et sa culture linguistique sont des atouts stratégiques.

Dans ce nouveau monde le Maroc peut exporter de l’intelligence, pas seulement du travail.

En termes d’inclusivité, que dit selon vous la place croissante des femmes dans les écosystèmes technologiques et d’innovation des transformations profondes du rapport à la technologie et de son rôle dans la société ?

Pour moi la question de la place des femmes n’est pas seulement sociale, elle est structurelle.

Les systèmes d’IA reflètent ceux qui les conçoivent.

Plus les équipes sont diverses, plus les systèmes sont pertinents et équilibrés.

L’inclusion améliore la qualité des solutions technologiques.

Je dis toujours qu’encourager les femmes dans la tech, c’est améliorer la technologie elle-même.

Car l’inclusion n’est pas juste un sujet d’image mais plus un sujet de qualité des systèmes technologiques

The post Entretien avec Manal Rommani : « Dans ce nouveau monde, le Maroc peut exporter de l’intelligence, pas seulement du travail » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Majdouline El Idrissi : « La question n’est plus de savoir si les femmes peuvent diriger. Les preuves s’accumulent. » https://lnt.ma/entretien-avec-majdouline-el-idrissi-la-question-nest-plus-de-savoir-si-les-femmes-peuvent-diriger-les-preuves-saccumulent/ Fri, 06 Mar 2026 13:03:48 +0000 https://lnt.ma/?p=542923 Propos recueillis par Zouhair Yata De l’expérience fondatrice d’Uber au Maroc à l’expansion de Glovo sur plusieurs marchés africains, jusqu’à la création de la fintech Flouci, Majdouline El Idrissi a construit un parcours au cœur des transformations technologiques du continent. Dans cet entretien, elle revient sur les leçons tirées du déploiement des plateformes numériques en […]

The post Entretien avec Majdouline El Idrissi : « La question n’est plus de savoir si les femmes peuvent diriger. Les preuves s’accumulent. » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Propos recueillis par Zouhair Yata

De l’expérience fondatrice d’Uber au Maroc à l’expansion de Glovo sur plusieurs marchés africains, jusqu’à la création de la fintech Flouci, Majdouline El Idrissi a construit un parcours au cœur des transformations technologiques du continent. Dans cet entretien, elle revient sur les leçons tirées du déploiement des plateformes numériques en Afrique, sur les infrastructures encore manquantes pour permettre à l’innovation de passer véritablement à l’échelle, et sur le rôle que le Maroc peut jouer dans cette nouvelle phase de la révolution technologique. Un regard à la fois opérationnel et stratégique sur les mutations en cours, nourri par une expérience de terrain sur plusieurs marchés africains.

La Nouvelle Tribune : Votre parcours vous a menée d’Uber à Glovo, puis aujourd’hui à la fintech Flouci. Avec le recul, comment ces expériences vous ont-elles permis de comprendre la manière dont la technologie s’intègre – ou non – dans les réalités locales ?

Majdouline El Idrissi : Avec le recul, je me rends compte que tout mon parcours tourne autour d’une même question, même si je ne l’ai pas toujours formulée aussi clairement : comment construit-on de la technologie qui s’intègre réellement dans la vie des gens, au lieu d’arriver de l’extérieur et de finir par disparaître ?

J’ai commencé à me poser cette question très tôt dans ma carrière, quand j’ai rejoint Uber au Maroc. Pour moi, en tant que femme marocaine, le service répondait à quelque chose de très concret : avoir un moyen de transport sûr et fiable à n’importe quelle heure, ça changeait le quotidien. Et je voyais que ça le changeait aussi pour des milliers d’autres personnes.

En trois ans d’activité à Casablanca et Rabat, Uber avait réuni 19 000 utilisateurs réguliers et près de 300 chauffeurs actifs. La demande était là, le besoin était réel. Mais l’entreprise n’avait pas fait le travail nécessaire pour ancrer son modèle dans les réalités du pays. En février 2018, Uber a suspendu ses opérations au Maroc. Ce que j’ai retenu de cette expérience, c’est que le produit ne suffit pas. Un service peut être excellent et échouer s’il ne s’inscrit pas dans le tissu local.

Quand je suis arrivée chez Glovo la même année, j’ai porté cette leçon avec moi. J’ai rejoint Glovo quand nous n’étions que 300 dans toute l’entreprise. Quand j’ai quitté huit ans plus tard, nous étions plus de 3 000. Entre ces deux chiffres, il y a une histoire que j’ai vécue de l’intérieur, marché par marché.

J’ai lancé et développé le Maroc jusqu’à en faire l’un des cinq premiers marchés mondiaux de Glovo, avec une présence dans plus de trente villes. Ce qui me rend particulièrement fière, c’est que nous ne nous sommes pas contentés des grandes métropoles : nous sommes allés à Kénitra, à Béni Mellal, dans des villes où personne ne pariait sur la livraison à la demande.

Aujourd’hui, j’ai fait le choix de quitter cette trajectoire pour repartir de zéro. Je suis co‑fondatrice et COO de Flouci, une fintech qui construit l’infrastructure financière dont l’Afrique francophone a besoin : identification, paiements et crédit accessibles depuis un smartphone.

Votre passage de Glovo à Flouci révèle aussi une autre réalité : celle des infrastructures encore manquantes pour que la révolution technologique prenne pleinement son essor en Afrique. Quel diagnostic faites‑vous aujourd’hui ?

Mon passage de Glovo à Flouci est en lui-même un révélateur de là où en est réellement cette révolution tech sur le continent.

Chez Glovo, nous avions démontré que l’on pouvait bâtir des services technologiques performants en Afrique, à grande échelle, avec des équipes locales et des modèles adaptés. Mais au fil de mes huit années à travailler sur la croissance et les affaires globales pour plusieurs marchés africains, je me suis heurtée à chaque fois au même mur : l’infrastructure financière.

Comment développer un service de livraison quand la plupart des gens n’ont tout simplement pas de compte en banque ? Comment intégrer des commerçants quand le paiement par téléphone reste l’exception dans leur quotidien ?

C’est précisément ce à quoi Flouci s’attaque. L’idée n’est pas de copier ce qui existe en Europe ou aux États‑Unis. C’est de créer des solutions natives, pensées pour ces marchés dès le départ. Nos pays peuvent sauter directement certaines étapes.

La question n’est plus de savoir si la technologie peut fonctionner en Afrique. Ça, c’est prouvé. La question est désormais de savoir quelle infrastructure manque encore pour que tout le reste puisse se déployer.

Quelles sont, selon vous, les mutations technologiques les plus structurantes qui redessinent aujourd’hui l’écosystème africain de l’innovation ?

Trois mutations me semblent véritablement structurelles.

La première est la construction de l’infrastructure financière en Afrique francophone. La fintech représente aujourd’hui près de 45 % des financements levés par les startups africaines, mais l’Afrique francophone reste très en retard par rapport à l’Afrique anglophone.

La deuxième mutation concerne l’interopérabilité des systèmes de paiement. Le lancement du système PI‑SPI par la BCEAO permet désormais aux banques, fintechs, opérateurs de mobile money et institutions de microfinance de communiquer entre eux en temps réel.

La troisième mutation est ce que j’appelle le « leapfrog réglementaire ». Les pays africains qui avancent le plus vite inventent des cadres adaptés à leurs réalités plutôt que de copier les modèles européens ou américains.

Après avoir opéré dans plusieurs marchés africains, quels sont selon vous les facteurs qui permettent réellement à une transition technologique de réussir ?

Après avoir travaillé dans plusieurs marchés africains, je vois trois facteurs qui reviennent systématiquement.

Le premier est la qualité du dialogue entre les autorités et les acteurs de l’innovation. Les pays qui avancent sont ceux où il existe un échange réel entre régulateurs et entreprises.

Le deuxième est la capacité à dépasser les grandes villes. La transition technologique réussit lorsqu’elle atteint les populations là où elles vivent réellement.

Le troisième facteur est le capital humain. Les pays qui investissent dans leurs ingénieurs, leurs chefs de produit et leurs opérationnels construisent des écosystèmes qui leur appartiennent réellement.

On attribue souvent les résistances aux nouvelles technologies aux outils eux‑mêmes. Dans votre expérience, d’où vient réellement cette résistance au changement ?

D’expérience, la résistance ne vient presque jamais de la technologie. Elle vient des organisations, des habitudes et des modèles économiques en place.

La technologie peut être prête en quelques semaines. Ce qui prend du temps, ce sont les transformations organisationnelles : faire évoluer les cadres réglementaires, former les équipes, instaurer la confiance avec les commerçants ou les utilisateurs.

La véritable transformation n’est pas un projet informatique. C’est un changement de modèle opérationnel.

Le Maroc affiche aujourd’hui des ambitions fortes en matière de transformation numérique. Comment évaluez‑vous le chemin parcouru et quelles trajectoires vous semblent prioritaires pour la suite ?

Le chemin parcouru par le Maroc ces dernières années est remarquable. La stratégie Digital 2030, le programme Startup Venture Building doté de 700 millions de dirhams ou encore la progression du Royaume dans le Government AI Readiness Index témoignent d’une vision ambitieuse.

À partir de cette base, je vois plusieurs directions possibles. L’une concerne l’inclusion financière, avec la possibilité de permettre aux fintechs d’expérimenter davantage dans un cadre réglementaire sécurisé.

Une autre concerne le rôle de pont entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. Le Royaume peut devenir un hub naturel pour l’innovation à l’échelle du continent.

Enfin, il y a la formation. Le plan Digital 2030 prévoit la formation de 45 000 talents numériques par an, mais il faudra surtout former des profils capables de comprendre à la fois la technologie, la réglementation et le marché.

Enfin, à l’occasion du 8 mars, comment analysez‑vous l’évolution de la place des femmes dans les rôles stratégiques au sein des organisations technologiques et économiques ?

La montée en puissance des femmes dans des rôles stratégiques est réelle, mais elle reste fragile.

Ce qui change en profondeur, ce n’est pas seulement le nombre de femmes à des postes de direction. C’est la nature des responsabilités qu’on leur confie. De plus en plus de femmes pilotent aujourd’hui des opérations, gèrent des P&L ou dirigent des stratégies de croissance.

Dans la tech, les résultats sont mesurables et visibles. Quand les performances sont là, la compétence devient difficile à ignorer, peu importe qui la porte.

La question n’est plus de savoir si les femmes peuvent diriger. Les preuves s’accumulent. La vraie question est de savoir si nos organisations évoluent assez vite pour leur donner pleinement les moyens de le faire.

 

The post Entretien avec Majdouline El Idrissi : « La question n’est plus de savoir si les femmes peuvent diriger. Les preuves s’accumulent. » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Dr. Kaoutar El Maghraoui, IBM : « Les équipes diversifiées produisent des solutions plus robustes, créatives et équitables » https://lnt.ma/entretien-avec-dr-kaoutar-el-maghraoui-ibm-les-equipes-diversifiees-produisent-des-solutions-plus-robustes-creatives-et-equitables/ Fri, 06 Mar 2026 13:00:13 +0000 https://lnt.ma/?p=542919 Entretien réalisé par Selim Benabdelkhalek   Chercheuse principale au sein de l’organisation IBM Research AI, Dr. Kaoutar El Maghraoui évolue au cœur des transformations technologiques qui redéfinissent aujourd’hui l’économie numérique mondiale. Spécialiste des systèmes distribués, du calcul haute performance et du cloud, elle dirige notamment l’End-Use experimental AI testbed du IBM Research AI Hardware Center, […]

The post Entretien avec Dr. Kaoutar El Maghraoui, IBM : « Les équipes diversifiées produisent des solutions plus robustes, créatives et équitables » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien réalisé par Selim Benabdelkhalek

 

Chercheuse principale au sein de l’organisation IBM Research AI, Dr. Kaoutar El Maghraoui évolue au cœur des transformations technologiques qui redéfinissent aujourd’hui l’économie numérique mondiale.

Spécialiste des systèmes distribués, du calcul haute performance et du cloud, elle dirige notamment l’End-Use experimental AI testbed du IBM Research AI Hardware Center, un centre de recherche international dédié au développement d’infrastructures matérielles de nouvelle génération pour l’intelligence artificielle.

Ses travaux se situent à l’intersection des systèmes informatiques et de l’IA, un domaine stratégique où se jouent désormais les prochaines avancées de cette révolution technologique.

Formée à l’Université Al Akhawayn au Maroc avant de poursuivre un doctorat en informatique au Rensselaer Polytechnic Institute aux États-Unis, elle a construit un parcours scientifique qui la place aujourd’hui parmi les chercheurs reconnus dans le domaine des infrastructures de l’intelligence artificielle.

Parallèlement à ses activités de recherche industrielle, elle enseigne l’informatique à Columbia University et participe activement aux débats internationaux sur l’avenir de l’IA.

Très engagée dans la promotion des femmes dans les sciences et les technologies, notamment à travers Arab Women in Computing, Kaoutar El Maghraoui revient dans cet entretien sur les mutations technologiques en cours, les enjeux d’infrastructures de l’IA et les conditions nécessaires pour que des pays comme le Maroc puissent pleinement s’inscrire dans cette nouvelle phase industrielle.

La Nouvelle Tribune : Votre parcours vous a conduite de l’Université Al Akhawayn au Maroc à IBM Research AI aux États-Unis, en passant par un doctorat au Rensselaer Polytechnic Institute. Comment cette trajectoire internationale a-t-elle façonné votre lecture des transformations technologiques mondiales ?

Dr. Kaoutar El Maghraoui : Mon parcours a été à la fois réfléchi et profondément formateur, s’étendant de mes études d’ingénieur à l’Université Al Akhawayn, où j’ai également eu ma première expérience en tant qu’enseignante, à mes recherches doctorales en systèmes distribués au RPI, et jusqu’à la direction de recherches de pointe en IA chez IBM Research.

Ce parcours m’a apporté une perspective à plusieurs niveaux.

Au Maroc, j’ai pu constater directement comment la technologie peut être un puissant moteur de progrès social et économique.

Au RPI, j’ai été immergée dans les défis fondamentaux de l’informatique à grande échelle au moment même où Internet remodelait notre monde.

Chez IBM, je me suis concentrée sur la réalité industrielle du déploiement de l’IA à grande échelle, de la co-direction du Global Technology Outlook à mon rôle actuel dans le développement d’accélérateurs d’IA de nouvelle génération comme le Spyre d’IBM.

Cette trajectoire, qui inclut également l’enseignement en tant que professeure adjointe à l’Université de Columbia, me permet de voir le changement technologique non pas comme une vague monolithique, mais comme une force façonnée par les infrastructures locales, les écosystèmes de talents et les priorités économiques.

C’est cette vision holistique — du silicium au logiciel jusqu’à l’impact sociétal — qui éclaire chacune de mes décisions en matière de recherche et de leadership.

Vous travaillez à l’intersection des systèmes et de l’intelligence artificielle. Selon vous, cette nouvelle révolution industrielle se joue-t-elle davantage au niveau des algorithmes ou au niveau des infrastructures matérielles et logicielles qui les rendent possibles ?

C’est l’une des questions les plus critiques de notre domaine.

Au cours de la dernière décennie, l’accent a été mis sur les percées algorithmiques comme les transformers et les grands modèles de langage.

Mais nous avons atteint un point d’inflexion où l’infrastructure – tant matérielle que logicielle – est le principal goulot d’étranglement et, par conséquent, la nouvelle frontière de l’innovation.

Les coûts de calcul et d’énergie liés à l’entraînement et, de plus en plus, au déploiement de ces modèles deviennent insoutenables.

C’est précisément pourquoi mon travail, tant chez IBM que dans mes collaborations académiques comme le partenariat RPI-IBM pour l’avenir de l’informatique, est dédié à la co-conception matériel-logiciel.

On ne peut pas optimiser un algorithme indépendamment du silicium sur lequel il s’exécute.

Nous explorons des paradigmes tels que les architectures dataflow et le calcul analogique directement en mémoire, dont nous avons démontré qu’ils peuvent transformer fondamentalement l’économie énergétique de l’IA.

La prochaine vague d’innovations viendra de ceux qui sauront co-optimiser l’ensemble de la chaîne technologique: le modèle d’IA, le compilateur, le runtime et la puce elle-même.

Il ne s’agit pas d’algorithmes ou d’infrastructures ; il s’agit de leur intégration transparente et intelligente.

Vous dirigez l’End-Use experimental AI testbed du IBM Research AI Hardware Center. Que révèle ce travail sur l’évolution des besoins réels des entreprises en matière d’IA ?

En tant que responsable du Testbed Expérimental d’IA pour l’Utilisation Finale au sein du IBM Research AI Hardware Center, mon rôle est de combler le fossé entre notre recherche la plus avancée et les besoins réels des entreprises.

Le Centre adopte une approche holistique des matériaux innovants et de la conception de puces à l’ensemble de l’écosystème logiciel.

Le testbed de mon équipe est le lieu où cette innovation rencontre la réalité.

Nous mettons à l’épreuve des accélérateurs de nouvelle génération, comme notre nouvel accélérateur IBM Spyre optimisé pour l’inférence, avec de véritables cas d’usage réels d’entreprises et partenaires.

Ce travail livre un verdict clair : pour les entreprises, la valeur de l’IA réside moins dans l’intelligence brute d’un modèle que dans la fiabilité, le coût et la durabilité de l’ensemble du système.

La conversation ne porte pas seulement sur la performance, mais sur la performance par watt et la performance par dollar.

Avec l’essor des modèles fondamentaux, le coût de l’inférence explose, devenant rapidement le facteur dominant des dépenses totales en IA.

C’est pourquoi le travail de mon équipe sur l’optimisation des modèles pour Spyre, qui a impliqué une intégration profonde avec des frameworks comme PyTorch et vLLM, a été si critique et récemment récompensé par un IBM Outstanding Technical Achievement Award.

C’est aussi pourquoi je concentre mon cours de troisième cycle à Columbia sur l’apprentissage automatique évolutif et à haute performance.

Nous concevons pour un monde où l’IA n’est pas seulement puissante, mais aussi pratique, abordable et durable à déployer.

Selon vous, dans l’économie numérique actuelle, où se crée réellement la valeur : dans les modèles d’IA eux-mêmes ou dans la capacité à les intégrer efficacement dans des systèmes complexes et distribués ?

La valeur se crée dans le dernier kilomètre : l’intégration.

Bien que les modèles fondamentaux attirent une attention considérable, le modèle lui-même devient une commodité.

Le véritable avantage concurrentiel réside dans l’intégration de ces modèles dans des systèmes complexes du monde réel, d’une manière qui soit fiable, digne de confiance et efficace.

Un hôpital qui peut intégrer un outil de diagnostic par IA dans son parcours de soins, d’une manière en laquelle les médecins ont confiance et qui améliore les résultats pour les patients, crée une valeur immense.

C’est la partie difficile.

C’est ce que j’appelle « l’opérationnalisation de l’IA ».

Comme je le dis souvent à mes étudiants de Columbia, le modèle est le moteur, mais la valeur vient de la voiture entière : les pipelines de données, le MLOps, l’interface utilisateur, les garde-fous de sécurité et les boucles de feedback qui permettent une amélioration continue.

C’est pourquoi nous devons réorienter les investissements, non plus vers la simple construction de modèles plus grands, mais vers le renforcement de toute la discipline de l’ingénierie de l’IA et de l’intégration des systèmes.

Pour un pays comme le Maroc, qui ambitionne d’accélérer sa transformation numérique, l’enjeu principal est-il la formation des talents, la capacité à bâtir des infrastructures locales, ou l’intégration dans des écosystèmes internationaux ?

Ces trois dimensions sont profondément interdépendantes, mais le levier le plus fondamental est le talent.

Plus précisément, il s’agit de former une génération d’ingénieurs et de chercheurs qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA — des données et algorithmes aux systèmes et hardware.

Le Maroc a une forte tradition de formation d’excellents ingénieurs issus d’institutions comme Al Akhawayn, où j’ai moi-même étudié et enseigné.

Le défi consiste maintenant à créer des parcours stimulants pour que ces talents s’attaquent à des problèmes de pointe et construisent des carrières enrichissantes localement.

Bien que l’investissement dans les infrastructures soit crucial, il ne produit que des rendements limités sans le capital humain pour l’exploiter.

De même, l’intégration dans l’écosystème mondial n’est pas une option ; le Maroc doit être un créateur, et non un simple consommateur, d’innovation en IA.

Cela nécessite de construire des ponts solides entre ses universités, sa diaspora dynamique et les leaders technologiques mondiaux.

J’ai vu la puissance de tels ponts dans mon propre travail, à travers des partenariats comme la collaboration RPI-IBM et le Centre pour les Systèmes d’IA Émergents (CEAIS) à SUNY Albany.

C’est pourquoi je m’engage personnellement à aider à construire ces ponts pour le Maroc, que ce soit en donnant des conférences dans des universités comme l’ENSIAS et l’Université Hassan II, en servant de mentor pour des programmes comme Morocco 40 under 40, ou en prononçant le discours d’ouverture du premier Sommet Women in AI Morocco à Casablanca.

Il s’agit de créer un cercle vertueux d’innovation locale et de connexion mondiale.

Vous êtes très engagée dans la promotion des femmes en informatique, notamment à travers ArabWIC et la Grace Hopper Conference. La montée en puissance des femmes dans les disciplines technologiques modifie-t-elle, selon vous, la manière dont les priorités scientifiques et industrielles sont définies ?

Absolument.

L’expérience le montre clairement : les équipes diversifiées produisent des solutions plus robustes, créatives et équitables.

Lorsque les personnes qui définissent l’agenda de la recherche reflètent la diversité du monde dans lequel nous vivons, les questions elles-mêmes changent.

Nous voyons une plus grande attention portée à l’accessibilité, aux implications sociétales de l’IA et à ce qui me passionne profondément: l’IA durable.

Mon intérêt pour le matériel écoénergétique et pour faire fonctionner des modèles puissants sans supposer des budgets énergétiques infinis est une priorité scientifique, mais aussi éthique.

Les communautés les plus vulnérables aux effets négatifs de la technologie sont souvent les moins représentées dans sa création.

C’est pourquoi des organisations comme ArabWIC, où je suis vice-présidente mondiale, et la Grace Hopper Conference, où j’ai été co-présidente générale, sont si essentielles.

Il ne s’agit pas seulement d’équité; il s’agit d’excellence.

La technologie que nous construisons reflète les priorités et les angles morts de ses créateurs.

En élargissant le cercle des bâtisseurs, nous améliorons la qualité et la pertinence de la technologie elle-même.

C’est un principe que je m’efforce d’incarner au quotidien, que ce soit dans mon rôle de direction chez IBM, dans la salle de classe à Columbia, ou dans mon mentorat actif au sein de ces communautés mondiales.

The post Entretien avec Dr. Kaoutar El Maghraoui, IBM : « Les équipes diversifiées produisent des solutions plus robustes, créatives et équitables » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Fatima Bouayad et Dounia Boutaleb, fondatrices de Woma Health : « La technologie ne crée pas un modèle de vie, elle redonne aux femmes le pouvoir de choisir » https://lnt.ma/entretien-avec-fatima-bouayad-et-dounia-boutaleb-fondatrices-de-woma-health-la-technologie-ne-cree-pas-un-modele-de-vie-elle-redonne-aux-femmes-le-pouvoir-de-choisir/ Fri, 06 Mar 2026 12:51:33 +0000 https://lnt.ma/?p=542912 Entretien réalisé par Zouhair Yata Ancienne consultante en stratégie passée par McKinsey & Company puis membre du Comex du PMU, et elle-même ancienne patiente de FIV, Fatima Bouayad a fondé Woma Health avec Dounia Boutaleb, spécialiste de la transformation de secteurs complexes et de l’accès aux droits en santé. Ensemble, elles ont choisi d’attaquer un […]

The post Entretien avec Fatima Bouayad et Dounia Boutaleb, fondatrices de Woma Health : « La technologie ne crée pas un modèle de vie, elle redonne aux femmes le pouvoir de choisir » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien réalisé par Zouhair Yata

Ancienne consultante en stratégie passée par McKinsey & Company puis membre du Comex du PMU, et elle-même ancienne patiente de FIV, Fatima Bouayad a fondé Woma Health avec Dounia Boutaleb, spécialiste de la transformation de secteurs complexes et de l’accès aux droits en santé.

Ensemble, elles ont choisi d’attaquer un angle mort persistant des systèmes de soins européens : l’accès fluide, transparent et humain aux parcours de fertilité, notamment la congélation d’ovocytes pourtant autorisée et prise en charge en France.

Dans cet entretien, elles défendent une conviction claire : la technologie n’est pas un simple outil d’optimisation, mais un levier de souveraineté pour les femmes, capable de corriger des retards historiques, de rendre visibles des biais systémiques et de redéfinir la place des femmes dans les décisions qui concernent leur propre santé.

La Nouvelle Tribune : Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel et sur la genèse de Woma Health ?

Fatima Bouayad : Je ne viens pas d’un milieu entrepreneurial. J’ai grandi dans une famille plutôt averse au risque, mais où la valeur du travail était centrale.

J’ai commencé ma carrière dans le conseil en stratégie, où j’ai passé sept ans sur des projets complexes, notamment en santé publique en Afrique francophone.

Mon tout premier projet chez McKinsey portait sur la stratégie de planification familiale au Sénégal, l’accès à la contraception.

Douze ans plus tard, je travaille sur un sujet qui semble presque opposé, la fertilité, mais qui a exactement le même sens : redonner aux femmes le pouvoir de choisir.

J’ai ensuite rejoint le Comex du PMU, où j’avais la charge du P&L online. C’est vraiment cette expérience qui m’a donné la confiance nécessaire pour entreprendre.

La genèse de WoMA est à la fois professionnelle et personnelle.

Je suis une ancienne patiente de FIV. J’ai découvert un système opaque, lent et déshumanisé.

WoMA est née de cette conviction : utiliser la technologie pour rendre les parcours de fertilité plus fluides, plus rapides et (paradoxalement) plus humains.

Dounia Boutaleb : Si je devais résumer mon parcours en une phrase, je dirais que j’ai toujours cherché à transformer des secteurs d’activité pour les rendre plus efficaces et plus orientés vers ceux qui en ont besoin.

Ce fil rouge, je l’ai retrouvé dans des contextes très différents, mais c’est en observant les parcours de vie des femmes autour de moi que j’ai mesuré un paradoxe criant : les moments les plus déterminants de leur vie, construire une famille, arbitrer entre projet professionnel et projet intime, sont aussi les moins structurés, les moins accompagnés.

En France, la loi est pourtant claire : la congélation d’ovocytes est autorisée et intégralement prise en charge par la Sécurité sociale pour toutes les femmes entre 29 et 37 ans.

Un droit réel, acquis.

Mais dans les faits ?

Des délais pouvant aller jusqu’à 3 ans dans les centres publics, une information fragmentée, des démarches opaques.

WoMA s’attaque aujourd’hui à ce problème précis, l’accès au parcours de congélation, avec la vocation de résoudre, à grande échelle, les problèmes d’accès et d’accompagnement des parcours de fertilité en Europe.

En quoi ce projet illustre-t-il, selon vous, la manière dont la technologie accompagne des évolutions sociétales plus larges ?

Fatima : Je considère la congélation d’ovocytes comme une avancée comparable à l’arrivée de la pilule contraceptive dans les années 60.

Ce sont des innovations scientifiques qui ne changent pas seulement la médecine, elles redessinent la place des femmes dans la société.

La congélation d’ovocytes permet aujourd’hui de dissocier, partiellement, le temps biologique du temps social.

Elle élargit le champ des possibles : construire une carrière, entreprendre, rencontrer la bonne personne, ou devenir mère plus tard, sans que l’horloge biologique ne soit une contrainte immédiate.

La technologie n’impose pas un modèle de vie.

Elle donne du choix.

Et c’est ce que nous avons gagné par rapport à nos mères et nos grands-mères : le droit de choisir.

Dounia : WoMA est une réponse à un moment charnière : celui où les femmes, de plus en plus nombreuses à occuper des espaces de décision, revendiquent aussi une autorité pleine sur leur vie reproductive, et se heurtent à des systèmes qui n’ont pas évolué à la même vitesse qu’elles.

Pendant des décennies, la santé des femmes a été rarement pensée à partir de l’expérience vécue.

Ce que nous vivons aujourd’hui est un changement de paradigme : les femmes ne veulent plus subir leurs parcours de santé, elles veulent les piloter.

Elles attendent des outils à la hauteur de cette exigence.

La technologie, dans ce contexte, joue un rôle de catalyseur.

Elle relie des étapes qui s’ignoraient, rend transparent ce qui était opaque, réduit des délais qui n’étaient plus acceptables.

Mais la technologie seule ne change rien si elle n’est pas portée par une vision humaine.

Ce que nous avons construit chez WoMA, c’est avant tout un parcours, pas une interface.

Chaque fonctionnalité répond à une frustration réelle, à une question restée sans réponse, à un moment de décision où les femmes se retrouvaient seules.

La technologie rend ce droit concret.

L’humain lui redonne sa dignité.

À travers Woma Health, observez-vous que la technologie permet aujourd’hui de corriger des angles morts historiques des systèmes de santé ?

Fatima : Les deux.

La technologie met en lumière un retard historique du système de santé vis-à-vis des femmes.

Un ouvrage comme Invisible Women de Caroline Criado Perez montre bien comment, pendant des décennies, la recherche médicale a principalement été menée sur des hommes, considérés comme le standard par défaut.

Cela a créé des angles morts : symptômes mal identifiés, protocoles peu adaptés, sous-investissement chronique dans la santé féminine.

La technologie, et en particulier la data, permet aujourd’hui de rendre ces biais visibles, mesurables, donc incontestables.

Et une fois qu’on peut mesurer un problème, on peut commencer à le corriger.

Dounia : Les deux, et l’un ne va pas sans l’autre.

Les systèmes de santé modernes ont accompli des avancées considérables, mais ils ont été construits selon des logiques qui ont longtemps marginalisé les temporalités spécifiques des femmes.

Leurs fenêtres biologiques, leurs arbitrages professionnels, leur charge mentale face à des parcours non balisés.

Ce n’est pas un oubli anodin : c’est un angle mort systémique.

Ce que fait la technologie, c’est rendre cet angle mort visible et actionnable.

Quand une femme découvre qu’elle devra attendre 18 mois pour un premier rendez-vous dans un centre de congélation d’ovocytes, alors que sa fenêtre d’éligibilité est limitée dans le temps, ce n’est pas une anomalie administrative.

C’est le symptôme d’une sous-estimation profonde et durable d’un enjeu biologique, social et démographique.

C’est là que WoMA devient transformatrice : en transformant ce parcours de la combattante en un parcours fluide, personnalisé, respectueux des contraintes et des projets de vie de chaque femme.

Ce projet vous a-t-il amenées à porter un regard différent sur la place réelle des femmes dans les processus de décision liés à la santé et à l’innovation ?

Fatima : Je dirais plus qu’un regard différent : une volonté inébranlable de changer les choses.

Les femmes ne sont pas aujourd’hui à la table de décision, ni dans la recherche, ni dans le financement, ni dans la conception des outils censés les accompagner.

La mission de WoMA est exactement de renverser cela : remettre la femme au cœur de son propre parcours.

Elle vit dans son corps depuis des années, c’est un savoir précieux, qu’on a trop longtemps négligé.

Et ma conviction profonde, c’est qu’en partant d’elle, on ne complique pas le parcours, on le fluidifie, on le simplifie, on l’humanise.

C’est cette vision que je partage avec Dounia, et c’est, je crois, notre vrai super pouvoir pour transformer le système en profondeur.

Dounia : Oui, et de manière parfois inconfortable.

Construire WoMA a été un miroir.

Nous avons mesuré à quel point les décisions structurantes en santé reproductive ont été prises, pendant des décennies, sans intégrer l’expérience vécue des premières concernées.

Pas par malveillance, souvent, mais par une absence de représentation qui avait fini par se normaliser.

Pour vous donner un exemple concret : nous avons réalisé que de nombreuses femmes découvraient l’option de préservation de fertilité sur le tard, parce qu’à aucun moment dans leur parcours médical, cette option ne leur avait été présentée de manière claire et proactive pour leur permettre de décider en connaissance de cause.

Ce projet nous a aussi exposées à une autre réalité : même lorsqu’une femme porte une solution innovante sur un sujet qui touche directement d’autres femmes, elle doit encore convaincre que le sujet est légitime, que le marché est réel, que l’enjeu est stratégique.

Nous l’avons vécu.

Et cela nous a renforcées dans notre conviction que WoMA n’est pas seulement une plateforme de santé, c’est un acte de positionnement : placer les femmes au centre, non pas comme bénéficiaires passives, mais comme actrices souveraines de leurs parcours.

Pensez-vous que les technologies numériques peuvent transformer durablement la manière dont les besoins spécifiques des femmes sont pensés, financés et intégrés dans les politiques publiques et privées ?

Fatima : Oui, je suis optimiste.

Nous représentons 50 % de la population mondiale, c’est un marché colossal que les investisseurs commencent enfin à prendre au sérieux.

La femtech lève de plus en plus de fonds, et les données le confirment.

Mais au-delà du marché, ce que la technologie permet, c’est de rendre visible ce qui était invisible.

Les données de santé des femmes ont été historiquement sous-collectées, sous-analysées.

Aujourd’hui, notre plateforme WoMA permet de collecter ces données, d’identifier les blocages dans les parcours et de les fluidifier.

Sur les politiques publiques, j’attends deux choses : qu’elles investissent davantage dans la recherche en santé féminine, et qu’elles créent un cadre qui facilite l’innovation.

Dounia : Oui, à condition que les volontés politiques et privées suivent.

La technologie peut faire beaucoup : révéler des besoins qui étaient invisibles parce que non mesurés, structurer des parcours jusqu’ici chaotiques, produire des données utiles pour éclairer des décisions publiques, et démontrer qu’il existe un marché là où on supposait qu’il n’y en avait pas.

WoMA génère chaque jour des signaux concrets sur ce que vivent les femmes dans leurs parcours de fertilité, le type de données qui devrait informer les politiques de santé publique et les stratégies RH des entreprises.

Mais pour que cette transformation soit durable, les outils numériques doivent être reconnus comme des leviers structurels.

Cela implique des financements publics ambitieux, des cadres réglementaires adaptés et des entreprises qui intègrent ces enjeux dans leurs politiques non pas pour la communication, mais pour la rétention des talents et l’égalité réelle.

En tant que fondatrices, quels freins structurels avez-vous identifiés lorsque l’innovation touche à des sujets longtemps considérés comme secondaires ou invisibles ?

Fatima : Pour moi il y a deux freins structurels, mais je les vois évoluer.

Le premier frein, c’est que la médecine reproductive a longtemps été très technique, très protocolaire, avec peu de place pour l’accompagnement humain.

Mais la profession évolue, et on voit émerger une nouvelle génération de praticiens, plus à l’écoute, plus dans une approche globale de la patiente et je suis convaincue que WoMA contribue à cette évolution.

Le deuxième frein, c’est le tabou.

La fertilité, la PMA, la ménopause, sont des sujets dont on ne parle pas, ou peu, dans les cercles familiaux, amicaux, médiatiques.

Résultat : les femmes (et nous en rencontrons tous les jours) se retrouvent seules face à des parcours complexes, sans repères, sans information, parfois sans même savoir que des solutions existent.

Mais là encore, les choses bougent vite.

La parole se libère, les médias en parlent.

On avance.

Dounia : Plusieurs, et certains nous ont surprises par leur persistance.

Il y a d’abord un inconfort culturel autour de la santé reproductive : parler de fertilité, de congélation d’ovocytes, de PMA dans un contexte professionnel ou institutionnel reste encore perçu comme quelque chose d’intime, presque inapproprié.

Ce tabou a un coût réel, il ralentit les décisions, rend les financements plus prudents, et oblige à consacrer une énergie considérable à légitimer le sujet avant même de pouvoir en parler du fond.

Il y a ensuite une sous-valorisation économique persistante.

La Femtech attire structurellement moins de capital que d’autres segments du numérique en santé, alors même que les femmes représentent 80 % des décisions de consommation en santé.

Ce paradoxe dit quelque chose de profond sur la manière dont les marchés perçoivent encore les besoins féminins : comme des marchés de niche, alors qu’ils sont universels.

Enfin, la question de la monétisation dans la santé reste complexe.

Faire payer un accompagnement dans ce domaine suscite encore un malaise, comme si la santé ne devait pas avoir de prix, ou comme si l’accompagnement n’en valait pas un.

Les mentalités évoluent, mais lentement.

WoMA travaille précisément à démontrer que la valeur créée, en temps gagné, en sérénité retrouvée, en décisions mieux éclairées, est réelle et mesurable.

Si l’on se projette, que dit selon vous l’émergence de projets comme Woma Health de l’évolution des attentes des femmes et, plus largement, des transformations sociétales en cours ?

Fatima : Ce que dit la croissance de WoMA, c’est que les femmes ne se satisfont plus d’un système qui les a longtemps traitées en spectatrices de leur propre santé.

Elles veulent comprendre, décider, agir, et elles sont prêtes à investir pour ça.

Elles arrivent chez WoMA avec une angoisse, face à un parcours opaque, solitaire, chronophage.

Et repartent le plus souvent apaisées, délivrées même, en nous disant une chose : Merci d’exister.

Dounia : Elle dit que quelque chose d’irréversible est en train de se passer.

Les femmes ne souhaitent plus être spectatrices de leur propre biologie ou de leurs propres droits.

Elles veulent anticiper, planifier, décider, avec les mêmes outils et le même niveau d’information que dans n’importe quelle autre sphère de leur vie professionnelle ou personnelle.

La fertilité n’est plus un sujet intime réservé au silence ou à la honte.

C’est devenu un enjeu public : démographique, économique, social.

Les entreprises commencent à le comprendre, certaines politiques publiques aussi, mais le rythme reste insuffisant face à l’urgence biologique que vivent des milliers de femmes chaque année.

Ce que dit WoMA, au fond, c’est qu’il n’est plus acceptable de traiter les besoins spécifiques des femmes comme des questions secondaires à résoudre plus tard.

« Plus tard » a un coût biologique, humain et sociétal.

Et la technologie, quand elle est bien conçue et bien portée, peut réduire ce coût, significativement.

The post Entretien avec Fatima Bouayad et Dounia Boutaleb, fondatrices de Woma Health : « La technologie ne crée pas un modèle de vie, elle redonne aux femmes le pouvoir de choisir » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Meyssane Alj Hakim, Micron Technology : « L’IA et l’automatisation ne se limitent pas à accélérer le rythme de l’entrepreneuriat, elles en redéfinissent la nature-même » https://lnt.ma/entretien-avec-meyssane-alj-hakim-micron-technology-lia-et-lautomatisation-ne-se-limitent-pas-a-accelerer-le-rythme-de-lentrepreneuriat-elles-en-redefinissent-la/ Fri, 06 Mar 2026 12:43:45 +0000 https://lnt.ma/?p=542908 Entretien réalisé par Zouhair Yata Ingénieure formée entre l’Europe et les États-Unis, aujourd’hui à la tête de la planification intégrée des ventes et des opérations chez Micron Technology, Meyssane Alj Hakim observe les mutations technologiques depuis l’un des épicentres stratégiques de l’économie mondiale : les semi-conducteurs. De la High Bandwidth Memory au service de l’intelligence […]

The post Entretien avec Meyssane Alj Hakim, Micron Technology : « L’IA et l’automatisation ne se limitent pas à accélérer le rythme de l’entrepreneuriat, elles en redéfinissent la nature-même » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien réalisé par Zouhair Yata

Ingénieure formée entre l’Europe et les États-Unis, aujourd’hui à la tête de la planification intégrée des ventes et des opérations chez Micron Technology, Meyssane Alj Hakim observe les mutations technologiques depuis l’un des épicentres stratégiques de l’économie mondiale : les semi-conducteurs. De la High Bandwidth Memory au service de l’intelligence artificielle à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, elle décrypte une révolution qui ne se joue pas seulement dans les algorithmes, mais dans l’architecture industrielle, la gouvernance des écosystèmes et la capacité des nations, dont le Maroc, à transformer l’innovation en levier de souveraineté et de croissance inclusive.

La Nouvelle Tribune : Pour commencer, pouvezvous nous présenter votre parcours professionnel et les champs d’expertise à partir desquels vous observez aujourd’hui les mutations technologiques et économiques mondiales ?

Meyssane Alj Hakim :

Ingénieure de formation et cadre dirigeante dans le secteur des semiconducteurs, je dirige aujourd’hui la planification intégrée des ventes et des opérations (SCOP) chez Micron Technology aux États-Unis.

Forte de plus d’une décennie d’expérience dans la Silicon Valley, notamment chez Intel, Facebook (devenu Meta) et Micron, j’ai développé une expertise pointue en planification stratégique, en gestion des chaînes d’approvisionnement et en optimisation des opérations industrielles.

Cette expérience m’offre un poste d’observation privilégié sur les grandes mutations technologiques et économiques mondiales, notamment en matière de transformation numérique et d’intégration de l’intelligence artificielle au service des opérations.

Née en Belgique de parents ambassadeurs marocains, j’ai vécu en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique tout en restant profondément ancrée dans mes racines marocaines.

Cet héritage, nourri par des valeurs familiales comme la résilience, la curiosité, la créativité et l’esprit de service, a forgé ma vision du leadership.

Diplômée d’Arts et Métiers ParisTech puis de l’Université de Californie à Berkeley, j’ai choisi de me spécialiser dans la planification industrielle dans les semiconducteurs, un domaine méconnu mais essentiel, véritable « héros silencieux » derrière tant d’innovations du quotidien.

Au fil de ma carrière, j’ai mené d’importantes initiatives stratégiques et d’excellence opérationnelle, de l’intégration réussie d’une unité commerciale de plus d’un milliard de dollars chez Micron à la fierté de représenter mon organisation lors de l’ouverture de la séance du NASDAQ en 2024.

Citoyenne du monde maîtrisant quatre langues, je suis convaincue que la diversité des perspectives et la collaboration internationale sont des moteurs d’innovation.

Guidée par ma passion pour la planification et mes racines marocaines comme boussole, je m’attache à transformer la complexité globale en opportunités de croissance, tout eninspirant la nouvelle génération à poursuivre ses ambitions sans frontières.

Aujourd’hui, sur quels types de projets ou d’enjeux travaillez-vous concrètement, et en quoi illustrent-ils selon vous les transformations profondes liées au numérique et à l’intelligence artificielle ?

Aujourd’hui, je pilote la planification intégrée de l’offre et de la demande pour l’ensemble des produits mémoire et stockage (Memory and Storage) de Micron Technology, dans un contexte de transformation industrielle accélérée par le numérique et l’intelligence artificielle.

Concrètement, je suis responsable de la répartition de la production mondiale, dispersée sur plusieurs usines en construction ou en expansion, en fonction des besoins du marché, des capacités de fabrication, et des priorités stratégiques de l’entreprise.

L’un des projets les plus emblématiques de cette transformation est notre travail sur la High Bandwidth Memory (HBM), une technologie de mémoire avancée essentielle pour les workloads liées à l’intelligence artificielle, notamment dans les domaines du calcul haute performance, de l’entraînement de modèles de langage de grande taille, ou encore de l’inférence en temps réel.

La HBM est au cœur des architectures informatiques de nouvelle génération, et sa planification nécessite une orchestration fine entre ingénierie, fabrication, finance et stratégie commerciale.

Ces projets illustrent parfaitement les mutations profondes du secteur industriel à l’ère du numérique.

D’une part, la complexité croissante des chaînes d’approvisionnement mondiales impose une prise de décision rapide, intégrée et fondée sur les données.

D’autre part, l’essor de l’IA transforme nos outils et nos méthodes : nous développons des systèmes de décision augmentée, intégrant l’automatisation et l’intelligence artificielle pour améliorer la précision des prévisions, optimiser l’utilisation des ressources, et libérer du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.

En somme, mes responsabilités actuelles incarnent cette convergence entre industrie, technologie et intelligence artificielle.

Elles traduisent mon ambition de construire des écosystèmes opérationnels agiles, interconnectés et intelligents, capables de répondre aux défis d’un monde en mutation rapide, tout en créant de la valeur durable pour l’entreprise et la société.

Selon vous, dans l’économie numérique actuelle, où se crée réellement la valeur, et où le discours masque-t-il encore une réalité plus fragile ?

Dans l’économie numérique actuelle, la création de valeur se fonde avant tout sur la capacité à exploiter les données, les plateformes numériques et les réseaux.

Ces ressources permettent d’accroître considérablement la productivité, de stimuler l’innovation et de transformer en profondeur les modèles économiques traditionnels.

En améliorant l’efficacité des processus de production, en réduisant les coûts de transaction et en facilitant l’émergence de nouveaux produits et services à haute valeur ajoutée, le numérique agit comme un puissant moteur de croissance économique.

La valeur se crée également grâce à la démocratisation de l’accès aux marchés via les plateformes en ligne (commerce électronique, FinTech, services numériques, etc.).

Celles-ci intègrent un large éventail d’acteurs, notamment les start-ups et PME digitales, au sein d’écosystèmes entrepreneuriaux dynamiques, tant au niveau national qu’international.

L’ouverture de ces plateformes vers de nouveaux marchés s’accompagne d’une réduction de nombreux coûts traditionnels (logistique, intermédiation, communication) et contribue à améliorer l’efficience des services publics, notamment grâce au développement de l’e- gouvernement qui modernise les administrations.

Cependant, cet optimisme autour du numérique peut masquer une réalité plus fragile.

Une fracture numérique persistante, à la fois territoriale (entre zones urbaines et rurales) et sociale (entre catégories de population), fait que certains groupes n’ont pas accès aux mêmes opportunités numériques, ce qui creuse des inégalités en termes d’accès à l’information, aux emplois et aux services en ligne.

Parallèlement, l’essor du numérique s’accompagne de risques accrus en matière de cybersécurité, de protection des données personnelles et de respect de la vie privée.

Ces menaces peuvent entamer la confiance des utilisateurs et des entreprises envers les technologies numériques.

À ces défis s’ajoutent des obstacles structurels comme l’insuffisance de certaines infrastructures, le déficit de compétences numériques dans la population active, ainsi que des cadres réglementaires parfois inadaptés au rythme rapide de l’innovation.

L’économie numérique génère indéniablement de la valeur en boostant l’efficacité et l’innovation, mais ses bénéfices restent inégalement répartis et conditionnés à la levée de plusieurs fragilités.

Une croissance durable et inclusive grâce au numérique exige des mesures d’accompagnement appropriées : diminution de la fracture numérique, renforcement des infrastructures, amélioration des compétences digitales de la maind’œuvre, et mise en place d’un cadre juridique et réglementaire solide pour sécuriser les échanges.

Faute de ces conditions, le discours sur les promesses du numérique risque de masquer la persistance de vulnérabilités économiques et sociales sous-jacentes.

L’IA et l’automatisation transforment-elles la nature même de l’entrepreneuriat ou essentiellement sa vitesse d’exécution ?

Non seulement l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation augmentent considérablement la rapidité d’exécution des processus entrepreneuriaux, mais elles transforment également la nature même de l’entrepreneuriat.

Autrement dit, ces technologies agissent à la fois sur la vitesse de réalisation des tâches et sur la manière fondamentale dont les entreprises sont créées et gérées.

Traditionnellement, la fondation d’une entreprise requérait de rassembler de multiples compétences spécialisées dans des domaines comme le développement technologique, la finance, le marketing, la vente ou la production.

Aujourd’hui, l’accès à des outils d’IA et d’automatisation peu coûteux et performants permet d’automatiser une part importante de ces fonctions.

Il est désormais possible pour un entrepreneur, même avec des ressources humaines limitées, de prototyper un produit, d’analyser un marché, de gérer la relation client ou d’optimiser les opérations internes grâce à des algorithmes et des logiciels intelligents.

Cette évolution bouleverse profondément le rôle et les compétences de l’entrepreneur.

La réussite d’un projet ne repose plus uniquement sur la capacité à mobiliser de vastes équipes, mais de plus en plus sur l’aptitude à orchestrer les technologies disponibles, à exploiter les données et à prendre des décisions éclairées en un temps record.

En abaissant les barrières à l’entrée, l’IA permet l’émergence d’un plus grand nombre de microentreprises et de start-ups agiles.

De nombreuses idées innovantes peuvent ainsi se concrétiser beaucoup plus rapidement, favorisant une diversité accrue d’initiatives entrepreneuriales.

Par ailleurs, l’adoption massive de l’IA et de l’automatisation accélère sans conteste la vitesse d’exécution des projets.

Les cycles de développement et de mise sur le marché des produits sont raccourcis, et l’amélioration continue devient plus aisée grâce à l’analyse des données en temps réel.

La personnalisation de masse des offres est désormais envisageable, entraînant des gains de productivité et de compétitivité significatifs pour les entreprises qui maîtrisent ces technologies.

Toutefois, cette accélération s’accompagne de défis nouveaux sur les plans économique, social et éthique.

Sur le plan économique et social, l’automatisation menace certains emplois, obligeant à repenser la formation professionnelle et la reconversion des travailleurs pour éviter un creusement des inégalités.

Sur le plan éthique, la délégation de décisions à des algorithmes soulève des questions de responsabilité en cas d’erreur, tandis que les biais algorithmiques inhérents à certaines IA peuvent perpétuer des discriminations involontaires.

De plus, une dépendance excessive aux technologies et aux plateformes numériques pose la question de la souveraineté technologique et de la résilience des entreprises face aux risques techniques ou de cybersécurité.

L’IA et l’automatisation ne se limitent pas à accélérer le rythme de l’entrepreneuriat, elles en redéfinissent la nature même en transformant les modèles d’affaires et les compétences requises pour réussir.

Il s’agit donc de changements profonds, porteurs d’opportunités immenses, en termes d’efficacité, de créativité et d’accès à l’entrepreneuriat, mais aussi de défis structurels.

L’impact final de l’IA et de l’automatisation dépendra de la manière dont les entrepreneurs, les travailleurs et les décideurs s’adapteront et encadreront ces technologies afin d’en maximiser les avantages tout en en maîtrisant les risques, pour une transformation résolument responsable, inclusive et durable.

Quelles erreurs structurelles observez-vous le plus souvent dans les écosystèmes émergents qui cherchent à reproduire des modèles internationaux ?

Les écosystèmes entrepreneuriaux dans les pays émergents qui tentent de copier des modèles internationaux à succès commettent fréquemment plusieurs erreurs structurelles pouvant freiner leur développement.

Parmi les plus courantes figurent l’inadaptation aux réalités locales, la dépendance excessive vis-à-vis de l’étranger, le mimétisme au détriment de l’innovation et la surestimation des succès importés.

Premièrement, une inadéquation aux réalités locales est souvent observée.

Des modèles conçus pour des marchés disposant d’infrastructures solides, d’un fort pouvoir d’achat ou d’un écosystème numérique mûr sont appliqués tels quels dans des contextes locaux très différents.

Cette transposition sans adaptation aboutit à des solutions déconnectées des besoins et des contraintes spécifiques des consommateurs et entreprises locaux, limitant leur pertinence et leur impact.

Deuxièmement, la reproduction de modèles étrangers engendre fréquemment des dépendances structurelles vis-à-vis de l’extérieur.

Les écosystèmes émergents deviennent dépendants de technologies, de capitaux ou de plateformes développés à l’étranger, ce qui limite leur autonomie stratégique.

Une telle dépendance peut les rendre vulnérables aux changements externes (évolution de la réglementation internationale, décisions d’acteurs étrangers) et entraver leur capacité à forger leur propre voie de développement.

Troisièmement, un mimétisme excessif conduit à un appauvrissement de l’innovation locale.

En se fixant pour objectif prioritaire d’imiter un modèle étranger qui a réussi, parfois dans l’espoir de revendre rapidement la start-up à un grand groupe international, les entrepreneurs négligent de proposer des solutions réellement innovantes et adaptées au contexte local.

Ce manque de différenciation affaiblit leur proposition de valeur et réduit leurs chances de succès à long terme sur leur propre marché.

Quatrièmement, on constate souvent une surestimation du succès des modèles importés.

Nombre de jeunes entreprises supposent qu’une idée plébiscitée à l’international aura automatiquement le même accueil chez elles.

Ce présupposé peut conduire à sous-estimer la nécessité de réaliser des études de marché approfondies, d’adapter le produit aux préférences culturelles locales ou de prendre en compte les contraintes réglementaires et logistiques du pays.

En résultent des projets mal calibrés, dont l’échec aurait pu être évité avec une meilleure prise en compte du contexte national.

La reproduction de modèles internationaux peut offrir un élan initial aux écosystèmes émergents en fournissant un canevas éprouvé et en facilitant l’apprentissage de bonnes pratiques.

Cependant, cette stratégie d’imitation ne constitue pas une solution durable.

Pour assurer un développement pérenne, les acteurs de ces écosystèmes doivent passer de l’imitation à l’appropriation des modèles importés, puis à la création de leurs propres modèles hybrides.

En combinant le meilleur des expériences internationales avec une innovation ancrée dans les réalités et les besoins locaux, les écosystèmes émergents pourront édifier une croissance plus solide, autonome et résiliente à long terme.

Si le Maroc veut convertir cette révolution technologique en levier économique durable, quel(s) angle(s) reste(nt) aujourd’hui sous exploité ?

Pour que le Maroc transforme pleinement la révolution technologique en un levier de croissance économique durable, plusieurs angles d’action peuvent être exploités.

Il est évident que le Maroc a entrepris d’importantes réformes en faveur d’une croissance plus inclusive, plus résiliente et plus respectueuse des ressources.

Malgré tout, ces efforts, bien qu’encourageants, peuvent être renforcés étant donné certaines faiblesses structurelles : une innovation locale encore limitée, une transition technologique lente et des lacunes de gouvernance dans plusieurs secteurs publics clés.

Plusieurs axes méritent d’être exploités davantage.

Premièrement, l’inclusion numérique d’une plus large part de la population, tant en zones urbaines que rurales, doit être une priorité.

L’accès aux infrastructures digitales de qualité et la diffusion des compétences numériques sur le territoire n’est pas achevée ni complète.

Sans un effort soutenu pour réduire la fracture numérique et former les citoyens aux outils technologiques, une partie de la population, notamment en milieu rural ou parmi les catégories défavorisées, risque d’être laissée pour compte de la révolution technologique.

Deuxièmement, une coopération plus étroite entre le secteur public et le secteur privé est nécessaire.

Si des partenariats existent déjà, ils manquent parfois de coordination et d’envergure.

En renforçant ces synergies, l’innovation pourrait être stimulée et mieux orientée vers les besoins concrets de l’économie nationale.

Par exemple, une co-construction des politiques numériques entre l’État, les entreprises technologiques et les start-ups permettrait d’accélérer la diffusion des nouvelles technologies et de maximiser leur impact.

Troisièmement, l’intégration des universités et des centres de recherche dans le tissu économique pourrait être intensifier.

Actuellement, la recherche académique marocaine est encore loin de l’entreprise.

En favorisant le transfert de technologie et la création d’innovations issues des laboratoires de recherche locaux, le Maroc pourrait accroître sa capacité à créer des solutions adaptées à ses défis spécifiques.

Encourager les collaborations entre chercheurs, entrepreneurs et pouvoirs publics, ainsi que développer des incubateurs et des programmes de RCD communs, contribuerait à dynamiser l’écosystème technologique.

Quatrièmement, il convient d’augmenter substantiellement le financement de la recherche et de l’innovation.

Les investissements publics et privés en RCD restent modestes par rapport aux ambitions.

Un effort financier accru via des fonds dédiés, des incitations fiscales ou des partenariats internationaux, permettrait de soutenir davantage de projets innovants, notamment dans des domaines stratégiques comme l’agriculture intelligente, les énergies renouvelables, la santé connectée ou la digitalisation de l’industrie.

Enfin, une meilleure synergie et cohérence entre toutes les initiatives liées à la transformation technologique est indispensable.

De nombreux programmes et stratégies (numériques, industrielles, éducatives, etc.) existent déjà, mais ils gagneraient à être alignés sur une vision nationale unifiée.

En rationalisant et en coordonnant ces efforts, le Maroc s’assurerait que chaque projet technologique s’inscrit dans un cadre global au service d’objectifs de développement communs.

Afin de convertir durablement la révolution technologique en moteur de développement, le Maroc doit exploiter ces leviers encore sous-utilisés.

L’inclusion numérique de l’ensemble de la population, le renforcement du partenariat publicprivé, l’essor de l’innovation locale adossée à la recherche, l’intensification du financement dédié et une meilleure coordination stratégique sont autant d’angles à développer.

C’est à ce prix que les avancées technologiques pourront soutenir une croissance pérenne, inclusive et bénéfique pour l’ensemble de la société marocaine.

Comment évaluez-vous le potentiel du Maroc face aux mutations en cours et aux tendances mondiales ?

Le Maroc bénéficie de nombreux atouts qui lui confèrent un potentiel important pour faire face aux mutations technologiques, économiques et géopolitiques mondiales en cours.

Son positionnement géographique stratégique, à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du Moyen-Orient, facilite son intégration dans les échanges internationaux ainsi que son insertion dans les chaînes de valeur mondiales.

Le Maroc s’est imposé comme un pôle industriel régional dans des secteurs porteurs tels que l’automobile, l’aéronautique ou encore les services externalisés (offshoring).

Parallèlement, le Maroc a pris une longueur d’avance en Afrique dans la transition énergétique, en investissant précocement et massivement dans les énergies renouvelables, l’emblématique complexe solaire Noor Ouarzazate illustre cet engagement.

Ces réalisations, combinées à des réformes visant une meilleure gouvernance économique et à l’essor d’un capital humain jeune et qualifié, nous offrent une base solide pour s’adapter aux grandes tendances mondiales et en tirer parti.

Cela étant dit, la capacité du Maroc à concrétiser pleinement ce potentiel dépend de plusieurs conditions majeures.

Premièrement, il est indispensable de poursuivre et d’amplifier l’investissement dans le capital humain.

Cela implique de renforcer l’éducation et la formation, en particulier dans les filières scientifiques, technologiques et numériques, afin de doter la nouvelle génération des compétences requises par les métiers d’avenir.

Deuxièmement, on doit accélérer la transformation numérique à tous les niveaux.

Malgré des progrès, la digitalisation de l’économie marocaine peut être mieux structurée, que ce soit dans les entreprises, l’administration publique ou les services, afin d’améliorer la productivité et l’innovation.

Troisièmement, la poursuite d’une gouvernance plus inclusive et agile est cruciale.

Une meilleure coordination entre l’État, le secteur privé, les universités et la société civile permettrait de concevoir et de mettre en œuvre des politiques mieux adaptées aux réalités du terrain, garantissant que les bénéfices des transformations en cours soient partagés par l’ensemble de la population.

Quatrièmement, il est nécessaire de moderniser et d’adapter le cadre juridique et réglementaire aux nouvelles réalités (économie numérique, protection des données, commerce en ligne, intelligence artificielle, etc.) afin de sécuriser l’environnement des affaires et d’encourager l’innovation.

Enfin, le Maroc peut être parmi les pionniers à définir une vision stratégique de long terme pour guider son développement technologique et économique.

L’élaboration d’une feuille de route cohérente intégrant les innovations majeures dans tous les secteurs (éducation, santé, agriculture, industrie, énergie…) permettraient de prioriser les investissements et les réformes, assurant que les mutations globales se traduisent par un progrès durable et inclusif à l’échelle nationale.

Le Maroc possède un potentiel manifeste pour tirer avantage des transformations mondiales en cours, et ce potentiel peut atteindre sa pleine mesure s’il s’appuie sur des bases renforcées.

En investissant résolument dans le capital humain, en intensifiant la numérisation de l’économie, en améliorant la gouvernance et le cadre institutionnel, et en s’armant d’une vision stratégique à long terme, le Maroc pourra non seulement s’adapter aux évolutions globales, mais aussi jouer un rôle proactif dans l’économie mondiale de demain.

Que dit selon vous l’émergence de nouvelles formes d’entrepreneuriat technologique de l’évolution des attentes des femmes visàvis du travail, et plus largement des transformations sociétales en cours ?

L’essor de nouvelles formes d’entrepreneuriat technologique féminin illustre clairement une évolution des attentes professionnelles des femmes, tout en s’inscrivant dans le contexte de transformations sociétales plus vastes.

De plus en plus de femmes aspirent à davantage d’autonomie économique, de reconnaissance et de flexibilité dans leur vie professionnelle, et l’entrepreneuriat technologique apparaît comme un moyen de répondre à ces aspirations.

D’une part, les nouvelles opportunités offertes par le numérique permettent aux femmes de conquérir une autonomie économique et une reconnaissance sociale accrues.

Grâce aux plateformes digitales, aux réseaux sociaux professionnels et aux outils technologiques accessibles, il est plus facile de créer son entreprise ou de développer un projet innovant sans nécessairement disposer de ressources financières ou d’appuis institutionnels importants.

Cela permet à bon nombre de femmes d’exprimer leur esprit d’entreprise, de valoriser leurs compétences et de s’affranchir partiellement des hiérarchies ou des freins qu’elles peuvent rencontrer dans d’autres structures professionnelles.

D’autre part, ces formes d’entrepreneuriat répondent à une forte demande de flexibilité du travail.

L’utilisation des technologies numériques et la possibilité de travailler à distance ou selon des horaires modulables offrent aux femmes une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Cette souplesse est particulièrement importante dans des sociétés où les femmes assument souvent une part disproportionnée des responsabilités domestiques et parentales.

L’entrepreneuriat technologique féminin propose ainsi un modèle alternatif au salariat classique, mieux adapté aux attentes contemporaines d’équilibre et d’épanouissement personnel.

Par ailleurs, l’augmentation du nombre de femmes créant des entreprises technologiques signale un vrai changement culturel.

Elle montre que les normes sociales et professionnelles évoluent vers une plus grande diversité et une plus large acceptation des femmes dans des rôles de leadership et d’innovation.

Les femmes entrepreneures en technologie deviennent des modèles pour les générations futures, contribuant à modifier les perceptions sur les métiers et à promouvoir l’égalité des chances dans le monde du travail.

Cependant, bien que ces tendances soient encourageantes, il reste de nombreuses barrières à surmonter pour que l’entrepreneuriat technologique tienne pleinement ses promesses d’émancipation pour les femmes.

Cellesci se heurtent encore à des difficultés d’accès aux financements, ainsi qu’à des stéréotypes qui peuvent limiter leur crédibilité dans le secteur technologique.

De plus, l’absence de réseaux de mentorat et de soutien adaptés, tout comme les procédures administratives, peuvent freiner leurs initiatives entrepreneuriales.

La montée en puissance de l’entrepreneuriat technologique féminin traduit l’évolution des attentes des femmes envers le travail : quête d’indépendance, volonté de flexibilité et recherche de sens.

Elle s’inscrit plus largement dans une transformation sociétale où l’on valorise de plus en plus l’initiative individuelle et l’égalité des chances.

Néanmoins, pour que cette tendance devienne un véritable facteur de transformation sociale et économique, il est crucial de lever les obstacles restants.

Cela passe par des politiques d’accompagnement plus volontaristes (formations dédiées, dispositifs de financement spécifiques), la promotion de modèles féminins de réussite dans la tech, et une évolution des mentalités en faveur d’une plus grande égalité dans l’opportunité entrepreneuriale.

C’est grâce à cela que l’entrepreneuriat technologique au féminin pourra pleinement contribuer à redéfinir le travail et à stimuler un changement sociétal durable.

The post Entretien avec Meyssane Alj Hakim, Micron Technology : « L’IA et l’automatisation ne se limitent pas à accélérer le rythme de l’entrepreneuriat, elles en redéfinissent la nature-même » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Ilaria Carnevali, PNUD : « Pour les Femmes, s’engager dans le numérique, c’est contribuer à façonner le futur » https://lnt.ma/entretien-avec-ilaria-carnevali-pnud-pour-les-femmes-sengager-dans-le-numerique-cest-contribuer-a-faconner-le-futur/ Fri, 06 Mar 2026 12:19:43 +0000 https://lnt.ma/?p=542903 Représentante Résidente du PNUD au Maroc depuis septembre 2024, Ilaria Carnevali cumule plus de vingt ans d’expérience au sein du système onusien. Gouvernance, égalité des sexes, résilience, financement du développement, de l’Ukraine au Niger, du Mozambique à la Mauritanie, son parcours est celui d’une professionnelle du développement, engagée sur les fronts les plus exigeants du […]

The post Entretien avec Ilaria Carnevali, PNUD : « Pour les Femmes, s’engager dans le numérique, c’est contribuer à façonner le futur » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Représentante Résidente du PNUD au Maroc depuis septembre 2024, Ilaria Carnevali cumule plus de vingt ans d’expérience au sein du système onusien. Gouvernance, égalité des sexes, résilience, financement du développement, de l’Ukraine au Niger, du Mozambique à la Mauritanie, son parcours est celui d’une professionnelle du développement, engagée sur les fronts les plus exigeants du développement humain.

Aujourd’hui à Rabat, elle accompagne le Maroc, à travers le programme Pays du PNUD, dans une phase stratégique de sa transformation numérique, y compris un projet d’appui à l’établissement du Morocco Digital for Sustainable Development Hub (D4SD Hub), une initiative sous leadership nationale, lancée conjointement avec le ministère de la Transition numérique.

Pour cette édition spéciale, elle revient sur les ambitions de ce hub régional, les conditions d’un numérique réellement inclusif, et le rôle clé que les femmes doivent y jouer.

Propos recueillis par Afifa Dassouli

La Nouvelle Tribune : Madame Ilaria Carnevali, en tant que représentante des Nations Unies pour le développement (PNUD), pouvez-vous expliquer ce qui vous a conduite à travailler sur des enjeux de transformation digitale à l’échelle régionale, en particulier dans le cadre du Digital for Sustainable Development Hub lancé conjointement avec le ministère de la Transition numérique et le PNUD ?

Mme Ilaria Carnevali : Au niveau mondial, le PNUD considère désormais le numérique et l’intelligence artificielle comme des accélérateurs majeurs du développement humain, à condition qu’ils soient gouvernés de manière inclusive, éthique et orientée vers l’impact.

Le Rapport mondial sur le développement humain 2025 du PNUD, qui a par ailleurs confirmé l’inclusion du Maroc dans le groupe de Pays à indice de développement humain élevé, rappelle un constat central : l’IA progresse rapidement, mais le développement humain, lui, marque le pas. Les écarts entre pays à très haut IDH et pays à faible IDH se creusent à nouveau, et les gains de développement ralentissent à l’échelle mondiale.

Dans ce contexte, la transformation digitale ne peut pas être abordée comme un simple chantier technologique. Pour le PNUD, il s’agit avant tout d’un levier de politiques publiques, permettant d’améliorer l’efficacité de l’action publique, d’élargir l’accès aux services essentiels, et de renforcer la capacité des États à faire des choix éclairés au service de leurs citoyens.

Au Maroc, cet engagement s’inscrit dans une trajectoire de long terme. En effet, dès 2016, le PNUD, qui travaille toujours en appui aux priorités nationales de développement, a accompagné les premières réformes liées à la digitalisation de l’administration.

Cette dynamique s’est fortement accélérée durant la période COVID, lorsque le numérique est devenu un outil indispensable pour assurer la continuité des services publics et renforcer la résilience institutionnelle, et s’est poursuivie avec une dynamique très positive, suivant les investissements croissants du Royaume en la matière, de la Stratégie Maroc Digital 2030, à un focus accru sur l’IA sur la base des résultats des assises nationales de l’IA en 2025 qui ont jeté les bases d’un engagement stratégique dans ce domaine, avec des partenariats clés et des initiatives phare lancées par le Royaume dans la dernière année.

Le D4SD Hub s’inscrit dans cette continuité, en accompagnement àune ambition nationale claire : faire du digital un levier de transformation au service des citoyens, tout en positionnant le Maroc comme un acteur engagé dans les dynamiques régionales et internationales autour de l’utilisation du digital pour des solutions de développement. Il traduit aussi une conviction forte du PNUD : le numérique doit être gouverné, et non simplement adopté.

Le D4SD Hub ambitionne de faire du Maroc une plateforme régionale pour une transformation digitale inclusive, éthique et à fort impact. Concrètement, sur quels chantiers travaillez-vous aujourd’hui et que révèlent-ils de l’état réel de la révolution numérique dans l’espace afro-arabe ?

Le D4SD Hub s’inscrit dans une dynamique portée en premier lieu par le Maroc, qui a engagé des réformes ambitieuses en matière de transformation digitale, d’intelligence artificielle et de modernisation de l’action publique.

Dans ce cadre, le D4SD constitue un levier stratégique pour structurer et amplifier cette vision. Il vise à consolider la gouvernance de la donnée et de l’IA, à soutenir l’innovation publique et à renforcer la cohérence des initiatives digitales à l’échelle nationale et régionale.

Le PNUD y joue un rôle de facilitateur et de partenaire technique, en appui à une ambition marocaine clairement affirmée : faire du digital un vecteur de souveraineté, d’efficacité administrative et d’inclusion sociale.

Au-delà de ses dimensions opérationnelles, le D4SD Hub porte également une ambition plus structurante : contribuer à repenser les modalités du multilatéralisme à l’ère de l’intelligence artificielle, en favorisant un dialogue renforcé entre l’Afrique et le monde arabe. À travers le D4SD Hub, le Maroc ne se limite pas à accélérer sa propre transformation ; il se positionne également comme une plateforme de coopération régionale, capable de fédérer d’autres expertises africaines et arabes autour d’une vision partagée d’un numérique responsable, souverain et orienté vers le développement durable.

Le Hub met l’accent sur l’intelligence artificielle appliquée à des secteurs clés comme la santé, l’éducation ou la gouvernance. Selon vous, quelles mutations technologiques auront un impact structurel durable, au-delà de l’effet d’annonce autour de l’IA ?

L’impact structurant de l’IA dépend moins de ses performances techniques que des choix collectifs qui orientent son usage.

Le dernier Rapport sur le développement humain du PNUD montre clairement que l’IA peut accélérer le développement, mais aussi creuser les inégalités si elle n’est pas accompagnée de politiques adaptées. Aujourd’hui, l’écart d’usage entre pays reste considérable, ce qui souligne que l’enjeu principal est celui des capacités et de la gouvernance.

Trois transformations majeures se dégagent. La première est le passage à une décision publique fondée sur les données : lorsqu’elle est bien gouvernée, l’IA permet aux institutions d’anticiper les besoins, d’améliorer la qualité des services et de renforcer la transparence. La deuxième concerne l’intégration de l’IA dans des secteurs à fort impact humain : santé, éducation, protection sociale, climat. Le Rapport montre que près de deux tiers des personnes interrogées dans le monde s’attendent à utiliser l’IA dans ces domaines dans l’année à venir, y compris dans les pays à faible et moyen IDH. Enfin, la troisième transformation est celle de la gouvernance : l’IA ne peut pas être laissée aux seules dynamiques de marché ou d’innovation privée. Le PNUD plaide pour des cadres inclusifs, transparents et responsables, capables de préserver l’agence humaine.

Je crois que le D4SD Hub contribuera à une réponse structurée à ces enjeux, en renforçant les capacités des institutions, en favorisant l’apprentissage collectif et en accompagnant l’intégration responsable de ces technologies.

Le projet affiche une ambition forte en matière de leadership féminin à travers le programme Women Leading Ethical AI. Comment éviter que cette dimension ne reste symbolique et s’assurer qu’elle transforme réellement les rapports de pouvoir dans l’écosystème technologique ?

Les inégalités de genre dans le numérique ne relèvent pas seulement de l’accès, mais aussi des rôles, du pouvoir et de la prise de décision. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, les femmes restent sous-représentées dans les filières STEM et dans la conception des systèmes d’IA, ce qui a des conséquences directes sur les biais intégrés dans ces technologies.

Le D4SD Hub s’inscrit dans une approche structurelle : il ne s’agira pas seulement de former des femmes aux compétences techniques, mais de leur donner les outils pour se positionner là où les décisions sont prises, dans les administrations, les instances de régulation, les écosystèmes d’innovation.

L’IA n’est pas neutre. Elle reflète les choix, les valeurs et les priorités de celles et ceux qui la conçoivent. Renforcer le leadership féminin dans l’IA, c’est donc à la fois un enjeu d’équité, de qualité des politiques publiques et de performance des systèmes numériques.

Au regard de votre expérience, où se situe aujourd’hui le principal frein à la transformation digitale dans nos pays, dans les capacités technologiques, dans les financements, ou dans la gouvernance et les cultures organisationnelles ?

Les analyses du PNUD au niveau mondial montrent que le principal frein n’est ni technologique ni financier. Il réside dans la gouvernance, les cultures organisationnelles et la capacité à conduire le changement.

La transformation digitale suppose de repenser les pratiques, de renforcer la coordination entre acteurs et d’adopter des approches plus agiles. Il s’agit avant tout d’un processus de conduite du changement. C’est précisément dans cette dimension que le PNUD intervient, en accompagnant les institutions pour structurer ces transitions dans la durée.

Le dernier Rapport sur le développement humain 2025 du PNUD met en évidence des écarts importants dans l’accès et l’usage de l’IA : dans certains pays à revenu élevé, près de deux personnes sur trois utilisent déjà ces technologies, contre environ 5 % dans les pays à faible revenu.

Ces écarts illustrent que l’enjeu central n’est pas uniquement technologique, mais bien lié à la capacité des États à structurer leurs écosystèmes numériques et à investir dans les compétences. Le rapport souligne également le risque d’une nouvelle divergence mondiale, où les différences en matière de capacités institutionnelles et de gouvernance pourraient se traduire par des écarts croissants de performance économique et de développement. Si l’adoption de l’IA est extrêmement rapide (plus d’un milliard d’utilisateurs en quelques années) son impact dépendra avant tout des choix politiques et des cadres de gouvernance mis en place.

Que révèle selon vous le fait qu’un hub régional de cette nature soit porté depuis Rabat, de l’évolution du positionnement stratégique du Maroc dans les mutations technologiques globales ?

Le Rapport 2025 insiste sur le risque d’une nouvelle divergence mondiale, liée aux capacités institutionnelles et à la gouvernance de l’IA. En portant un hub régional depuis Rabat, le Maroc peut contribuer à réduire cette fracture, en offrant un espace de dialogue, de partage et de coconstruction pour l’Afrique et le monde arabe.

Cela positionne le Royaume non seulement comme un utilisateur de technologies avancées, mais comme un acteur normatif et stratégique du numérique au service du développement humain, ce que démontrent également d’autres engagements du pays au niveau multilatéral, comme le rôle de leadership joué par le Royaume dans la préparation de la résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU adoptée en 2024.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes femmes marocaines qui souhaitent s’engager dans le digital et les technologies ?

Je leur dirais d’abord que leur place est pleinement légitime dans ces domaines, et qu’elles ont un rôle essentiel à jouer dans la transformation en cours. Le digital et l’intelligence artificielle ne sont pas seulement des secteurs techniques, ce sont des espaces où se dessinent les sociétés de demain. Le Maroc dispose aujourd’hui d’un écosystème en pleine évolution. S’engager dans le numérique, c’est contribuer à façonner ce futur.

Il est important d’oser, de se former et de s’engager, mais aussi de porter une vision : celle d’un numérique inclusif, éthique et ancré dans les réalités locales et les besoins concrets des citoyennes et citoyens.

Le numérique et l’intelligence artificielle sont des espaces de pouvoir et de transformation. Osez les saisir !

The post Entretien avec Ilaria Carnevali, PNUD : « Pour les Femmes, s’engager dans le numérique, c’est contribuer à façonner le futur » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Les grands projets structurants du Ministère de la transition numérique https://lnt.ma/les-grands-projets-structurants-du-ministere-de-la-transition-numerique/ Fri, 06 Mar 2026 12:08:12 +0000 https://lnt.ma/?p=542898 “AI Made in Morocco” et l’architecture nationale IA (souveraineté, innovation, impact) Dans le cadre du programme AI Made in Morocco, et la stratégie Maroc Digital 2030, le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration structure une dynamique nationale visant à développer une intelligence artificielle « made in Morocco », à renforcer […]

The post Les grands projets structurants du Ministère de la transition numérique appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
“AI Made in Morocco” et l’architecture nationale IA (souveraineté, innovation, impact)

Dans le cadre du programme AI Made in Morocco, et la stratégie Maroc Digital 2030, le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration structure une dynamique nationale visant à développer une intelligence artificielle « made in Morocco », à renforcer l’innovation endogène et à réduire la dépendance technologique vis-à-vis de l’extérieur.

Cette dynamique s’appuie sur une approche qui considère l’IA non comme un simple outil, mais comme un choix stratégique de long terme, destiné à renforcer la compétitivité, la souveraineté et la capacité du pays à déployer des solutions concrètes et mesurables au service de la société et de l’économie.

Cette orientation se décline à travers le programme AI Made in Morocco, conçu comme le cœur opérationnel de la transformation numérique. La feuille de route repose sur trois socles complémentaires.

D’abord, un socle de souveraineté et de confiance, fondé sur la construction d’un cadre de confiance et de régulation, le développement d’une infrastructure de calcul souveraine, ainsi que la mise en place d’une plateforme des communs numériques comprenant une Data Factory et une Forge logicielle nationale.

Ensuite, des moteurs d’innovation et de compétitivité qui visent à stimuler la production de solutions nationales : modèles de langage adaptés aux réalités marocaines, développement du capital humain, financement deeptech et développement territorial de l’innovation, en particulier à travers le réseau des Instituts JAZARI.

Enfin, un axe d’impact, d’adoption et de rayonnement qui s’appuie sur la coopération internationale et la diplomatie technologique, le pilotage et la mesure de la performance, ainsi que l’accompagnement au changement, afin de passer d’expérimentations isolées à des solutions déployables, utiles et évaluables.

La journée « AI Made in Morocco », organisée le 12 janvier 2026 à Rabat, a constitué un jalon déterminant dans cette trajectoire. Elle a acté le lancement de dispositifs structurants appelés à devenir des leviers centraux de développement : un réseau national de centres d’excellence en IA, les Jazari Institutes, et un laboratoire de recherche et développement en intelligence artificielle « Mistral AI & MTNRA », destiné à ancrer la R&D et les capacités de co-développement dans une logique de souveraineté, de transfert de compétences et de passage à l’échelle.


Réseau JAZARI : innovation territoriale, formation, recherche appliquée et déploiement dans les 12 régions

Les « Jazari Institutes » constituent l’ossature d’une innovation à base de technologies émergentes, pensée pour être ancrée dans les territoires et connectée aux besoins concrets des régions.

Le dispositif est structuré autour de JAZARI ROOT, qui assure la gouvernance et la coordination avec les instituts régionaux organisés sous forme de groupements d’intérêt public. L’ambition est de bâtir un écosystème fondé sur l’excellence scientifique, la recherche appliquée et l’innovation, en reliant universités, administrations, startups et PME autour de projets concrets en intelligence artificielle.

Le lancement officiel de « Jazari Root » a marqué l’émergence du socle institutionnel du réseau, parallèlement à la signature, le 12 janvier 2026, d’accords structurants rassemblant l’ensemble des partenaires concernés par son déploiement à l’échelle nationale.

La vocation de JAZARI est double : produire de la compétence et produire de la solution.

D’une part, les instituts ont pour mission de consolider la recherche scientifique, de stimuler l’innovation technologique et de mobiliser l’IA afin d’accélérer la digitalisation de l’administration publique tout en garantissant l’interopérabilité des systèmes.

D’autre part, ils constituent des plateformes régionales de formation, de recherche appliquée et d’innovation partagée, conçues pour faire émerger des solutions à fort impact local et national, en cohérence avec les priorités de développement.

Dans cette logique, l’innovation territoriale est un axe structurant : l’objectif est d’éviter une concentration de l’innovation dans quelques pôles et de la rapprocher des territoires, en partant de problématiques réelles et en visant le déploiement effectif.

Cette dynamique est renforcée par un effort dédié au capital humain. L’École de l’intelligence artificielle et des sciences des données joue un rôle central en assurant un pipeline continu de talents certifiés pour les secteurs public et privé.

Les formations comprennent des licences professionnelles, des masters ainsi que des programmes intensifs de type bootcamps, fondés sur l’apprentissage par la pratique.

L’école contribue également à diffuser l’expertise en IA et en data science au sein de l’administration, via des programmes de montée en compétences destinés aux cadres.

L’impact du réseau JAZARI est appelé à être suivi au moyen d’indicateurs portant sur la production scientifique, le nombre de solutions développées et déployées, la montée en compétences des talents formés et la contribution des projets aux priorités nationales et régionales, avec l’ambition de positionner JAZARI comme un véritable dispositif national d’innovation territoriale.


R&D “Mistral AI & MTNRA” : communs numériques, open-weights et industrialisation de l’IA de confiance

Parmi les annonces majeures du 12 janvier 2026 figure le lancement du laboratoire de recherche et développement en intelligence artificielle « Mistral AI & MTNRA », dans le cadre d’un mémorandum d’entente conclu entre le ministère et Mistral AI, acteur de premier plan de l’IA générative.

Ce partenariat est présenté comme stratégique à double titre : il renforce l’insertion du Maroc dans les écosystèmes mondiaux de l’innovation, tout en reposant sur une approche qui maximise la souveraineté technologique grâce au recours à l’open source et aux modèles open-weights. Cette orientation permet de déployer et d’opérer des modèles localement, de réduire le verrouillage technologique lié aux plateformes fermées et de faciliter l’auditabilité ainsi que la sécurisation des solutions, considérées comme des prérequis essentiels pour les usages publics et les secteurs sensibles.

Le laboratoire a pour ambition d’instaurer une coopération pérenne en matière de R&D, à travers des échanges scientifiques réguliers, des ateliers, des séminaires, des sessions de co-conception et des programmes de renforcement des compétences. Les travaux porteront sur le co-développement de briques technologiques, la réalisation de prototypes et de preuves de concept, l’évaluation et la robustification de modèles, ainsi que la production de livrables techniques et méthodologiques.

L’ouverture des modèles est, dans ce cadre, un accélérateur décisif, puisqu’elle rend possible la construction de communs numériques — outils, composants, référentiels d’évaluation et modèles sectoriels — réutilisables par l’ensemble de l’écosystème, qu’il s’agisse des administrations, des startups, des PME ou des acteurs industriels. Le ministère assurera la supervision stratégique de cette coopération et son intégration dans la stratégie nationale, avec un objectif clair : en faire un levier concret de transfert de compétences, d’industrialisation et de passage à l’échelle, au service d’une IA utile, de confiance et adaptée au contexte marocain.


Inclusion, équité territoriale et programmes à impact : hackathons, briques souveraines, infrastructures

Le ministère inscrit l’adoption de l’IA dans une logique d’équité territoriale et d’inclusion, en considérant que l’innovation ne doit pas se concentrer dans quelques pôles, mais être au plus près des territoires et des besoins réels.

Cette approche se traduit d’abord par le rôle structurant des Instituts JAZARI, réseau de centres d’excellence déployé dans les 12 régions et orchestré par JAZARI Root, conçu comme un espace d’expérimentation encadrée où des solutions sont conçues à partir de besoins concrets — services essentiels, agriculture, eau, tourisme ou environnement — avec un objectif de déploiement réel.

L’équité repose aussi sur une souveraineté technologique inclusive. L’objectif n’est pas uniquement d’utiliser l’IA, mais de maîtriser des briques critiques et de garantir un accès effectif dans les langues et pour tous les publics, y compris les plus vulnérables.

Cette orientation se traduit par le développement de briques souveraines, notamment la reconnaissance vocale multilingue arabe/darija/amazigh, un OCR sécurisé pour les documents officiels, et des modèles linguistiques adaptés au contexte marocain. Elle se traduit également par la préparation de modèles sectoriels dédiés à des domaines tels que l’e-gouvernement, la justice, la santé, l’éducation ou l’énergie, afin de soutenir les missions publiques.

En parallèle, l’investissement dans les infrastructures — capacités de calcul, cloud et data centers — vise à démocratiser l’accès à la puissance de calcul, condition nécessaire pour éviter une IA à deux vitesses.

Enfin, l’inclusion suppose une gouvernance rigoureuse : transparence, responsabilité, non-discrimination et protection des droits sont intégrées dès la conception et vérifiées en continu. C’est le sens de l’initiative de co-construction d’un cadre de confiance en partenariat avec la CNDP, de la mise en place de mécanismes d’évaluation et de suivi de la performance des services publics numériques, et des actions d’accompagnement au changement, incluant la démystification, la co-conception avec les usagers et des relais territoriaux d’appui.


Cadre juridique et IA responsable : Digital X.0, framework IA responsable et culture numérique

Dans le cadre du programme AI Made in Morocco, la construction d’une IA de confiance — souveraine, responsable et éthique — constitue une priorité.

Le ministère travaille à la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire dédié à l’intelligence artificielle, répondant simultanément à la protection des citoyens et de leurs droits, à la sécurité et à la souveraineté des données, et à la nécessité d’offrir de la visibilité aux investisseurs, entreprises et innovateurs pour encourager l’adoption dans un environnement sécurisé.

Cette approche est présentée comme une « troisième voie » : alignée sur les standards internationaux, mais proportionnée et adaptée aux priorités nationales, afin d’éviter à la fois la dépendance à des modèles fermés et une sur-régulation freinant l’innovation.

Concrètement, cette structuration est portée par le projet de loi Digital X.0, élaboré en coordination avec la CNDP, la DGSN, la DGSSI et l’ADD, et conçu en cohérence avec les cadres existants, notamment la loi 09-08 relative à la protection des données personnelles et la loi 05-20 en matière de cybersécurité.

En parallèle, le MTNRA et la CNDP travaillent à un framework national d’IA responsable, cadre de référence pour des plateformes reposant sur des LLM intégrant les spécificités marocaines — langue, culture, cadre juridique et identité numérique souveraine — afin de mettre à disposition des citoyens, des entreprises et des administrations des outils d’IA générative et conversationnelle sécurisés, performants et respectueux des droits fondamentaux.

Cette structuration est complétée par une dimension de sensibilisation et de prévention via l’initiative « Culture numérique et protection des enfants en ligne », qui promeut des usages sûrs, éthiques et responsables.


Capital humain, jeunesse et emploi

JobInTech, doctorat, AI Master Junior, Génération IA & IoT Maroc, offshoring

Le développement des talents constitue une priorité majeure, traduite par plusieurs programmes complémentaires couvrant l’ensemble de la chaîne : formation accélérée, excellence scientifique, initiation précoce et employabilité.

JobInTech se positionne comme une locomotive pour renforcer la production de talents au service de l’écosystème numérique national. Les formations qualifiantes, d’une durée de quatre à six mois, visent les jeunes diplômés souhaitant approfondir leurs compétences digitales ou se reconvertir vers les métiers du numérique.

Les parcours couvrent des domaines clés tels que :

  • la cybersécurité
  • l’intelligence artificielle
  • le développement logiciel
  • l’analyse de données

L’objectif est de former 14 000 apprenants sur trois ans, avec une couverture progressive de toutes les régions.

En parallèle, un effort est engagé en faveur de l’excellence scientifique. À l’horizon 2027, 568 bourses de doctorat seront financées dans les domaines liés à l’IA, aux données, au cloud et à la cybersécurité.

Depuis 2025, 150 doctorants bénéficient déjà de ce programme assorti d’une bourse mensuelle de 7 000 dirhams sur trois ans.

Le programme AI Master Junior, lancé en mars 2025, vise les jeunes de 8 à 18 ans et se déploie progressivement à partir de 12 Maisons de Jeunes couvrant les 12 régions.

Un second volet, en partenariat avec la FRMF, bénéficiera à près de 200 000 jeunes à travers les centres de formation des clubs.

Un autre programme, « Génération IA et IoT Maroc », vise à former 1 200 jeunes scientifiques par an dès 2026, selon une approche pratique orientée projets.

Enfin, la valorisation du capital humain s’inscrit aussi dans le développement du secteur de l’offshoring, avec l’ambition d’atteindre 40 milliards de dirhams d’exportations et 270 000 emplois à l’horizon 2030.


Projet stratégique IDARATI X.0 et mise en place d’une Wallet nationale numérique souveraine

Dans le cadre de ses missions de réforme de l’administration publique et d’amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens, le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration a lancé le projet de développement de l’application « IDARATI X.0 ».

Cette nouvelle génération de la plateforme existante vise à instaurer un accès unifié, intelligent et intégré aux services numériques publics.

Le projet ambitionne de dépasser les approches techniques fragmentées pour mettre en place une méta-application structurante, permettant de rapprocher durablement l’administration du citoyen.

Il repose sur la création d’un environnement numérique cohérent garantissant une expérience utilisateur fluide, personnalisée et sécurisée, fondée sur l’interopérabilité des systèmes publics.

Le projet adopte strictement les principes de « Privacy by Design » et de « Security by Design », intégrant la protection des données personnelles et la sécurité informatique dès la conception.

Le cœur de cette architecture repose sur l’adoption d’une Wallet nationale numérique souveraine, intégrée dans une infrastructure digitale sécurisée et interconnectée avec l’identité nationale souveraine incarnée par la carte nationale d’identité électronique.

Lors de la première phase de déploiement, plusieurs institutions publiques et entreprises se sont engagées dans cette initiative.

Institutions publiques

  • Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication
  • Ministère du Transport et de la Logistique
  • Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie
  • Agence Nationale de la Sécurité Routière
  • Caisse Nationale de Sécurité Sociale

Entreprises partenaires

  • IDAKTO
  • SHAREID
  • La Marocaine Electronique des E-Services

D’autres institutions et entreprises sont appelées à rejoindre progressivement cette initiative, appelée à constituer un pilier central de la modernisation administrative et de la consolidation de la confiance numérique publique.

 

The post Les grands projets structurants du Ministère de la transition numérique appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Mme Amal El Fallah Seghrouchni : « Le Maroc doit inventer, avoir sa propre vision du numérique et la déployer » https://lnt.ma/entretien-avec-mme-amal-el-fallah-seghrouchni-le-maroc-doit-inventer-avoir-sa-propre-vision-du-numerique-et-la-deployer/ Fri, 06 Mar 2026 11:48:51 +0000 https://lnt.ma/?p=542880 Mme Amal El Fallah Seghrouchni est Ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, depuis octobre 2024. Docteure en informatique et professeure universitaire, elle est reconnue pour son expertise en intelligence artificielle et en systèmes multi-agents. Avant son entrée au gouvernement, elle présidait le Centre […]

The post Entretien avec Mme Amal El Fallah Seghrouchni : « Le Maroc doit inventer, avoir sa propre vision du numérique et la déployer » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Mme Amal El Fallah Seghrouchni est Ministre déléguée auprès du Chef du Gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, depuis octobre 2024. Docteure en informatique et professeure universitaire, elle est reconnue pour son expertise en intelligence artificielle et en systèmes multi-agents.

Avant son entrée au gouvernement, elle présidait le Centre international d’intelligence artificielle du Maroc, centre de catégorie 2 sous l’égide de l’UNESCO, basé à l’UM6P, et dédié au développement d’une IA responsable au service de l’Afrique.

À la tête du département de la Transition numérique, elle pilote la mise en œuvre de la stratégie Maroc Digital 2030, qui vise à accélérer la transformation numérique de l’administration, à renforcer l’inclusion digitale, à structurer l’écosystème technologique national et à préparer le déploiement de la 5G dans le cadre des grandes échéances à venir.

Son action s’inscrit également dans la modernisation des services publics à travers le programme Idarati X.0, destiné à améliorer l’expérience usager, à simplifier les démarches administratives et à renforcer l’interopérabilité des services numériques de l’État.

À la tête de ce portefeuille stratégique, elle revient dans cet entretien sur l’ambition marocaine en matière de souveraineté numérique, les réformes engagées et les défis structurels d’une transformation appelée à redessiner en profondeur le rapport entre l’État, l’économie et le citoyen.

Entretien réalisé par Afifa Dassouli

La Nouvelle Tribune : Madame la ministre, l’intérêt du Maroc pour le numérique s’inscrit dans une tendance mondiale, mais votre approche est pragmatique puisqu‘elle porte sur l’implémentation du numérique au Maroc en tant que pays émergent, dans l’objectif de procéder à une transition comme le dit le plan 2030. Au-delà de la numérisation des administrations, pouvez-vous présenter à nos lecteurs vos projets et réalisations dans le cadre de l’ambitieux plan en question ?

Madame la ministre, Amal El Fallah Seghrouchni : Tout d’abord, ce qu’il faut savoir c’est que dans beaucoup de discours de Sa Majesté, le numérique revient en force et en particulier dans celui de 2022, dans lequel il a fait état de nouveaux modes de consommation et de production grâce à la digitalisation.

La stratégie Maroc numérique 2030, qui était attendue depuis la création de notre ministère en 2021, a été lancé en septembre 2024. Elle se base sur deux axes que sont la réforme de l’administration et l’économie numérique.

De mon point de vue, ce mariage entre l’administration et le numérique, est vraiment précoce. L’Allemagne par exemple, n’a commencé à le faire que l’année dernière, en réunissant ces deux départements. Alors que beaucoup d’autres pays, ne combinent pas ces deux fonctions. Car si le numérique est un outil au service de l’administration. Cette dernière en a besoin pour se moderniser.

Pour ce qui est de la réforme de l’administration, elle intervient à plusieurs niveaux. D’abord, sur la partie purement administrative, pour simplifier les procédures, faire en sorte qu’on demande moins de papiers aux citoyens et lui délivre des attestations ou des documents administratifs en exigeant moins de déplacements. Donc, réformer l’administration, c’est aussi repenser la mise en place des procédures, en prenant en compte les réglementations construites au fil des années. Alors que l’administration est beaucoup plus ancienne que le numérique, et qu’elle se constitue de strates.

Je vais vous donner un exemple. Pour la création d’une crèche, nous avons dû travailler en premier sur la simplification de la procédure de création en essayant de réduire au maximum le nombre de documents demandés à cet effet, pour raccourcir la bonne procédure à numériser.

Donc, le premier niveau purement administratif qui s’impose est de rationaliser les procédures. Le passage à la mise en œuvre est le second palier qui lui implique le numérique qui permettra de télécharger un document au lieu de le déposer ou le retirer de l’administration.

Après, la première étape qui consiste à simplifier et repenser les procédures et la seconde pour simplifier la vie aux citoyens, intervient une troisième, que les gens ne voient pas et qui consiste à concrétiser le processus informatique pour simplifier les procédures. Numériser, consiste à traduire dans le langage des machines, les procédures définitives en les optimisant.

C’est là-dessus que nous travaillons et c’est là-dessus que nous impliquons l’intelligence artificielle.

De bout à bout cette réforme de l’Administration est sous ma responsabilité avec un département dédié de 300 personnes qui travaille sur une feuille de route pour réformer l’administration. Quand, un autre département du ministère est en charge quant à lui de la numérisation.

Justement, où en sont les réformes des différentes administrations ? Pouvez-vous nous partager les résultats concrétisés ?

Dans les faits, le Ministère de la transition numérique et de la réforme de l’administration a bien avancé dans la réforme de l’administration. Nous avons commencé par créer un site, portail national qui regroupe tous les services administratifs pour centraliser toutes les demandes et répondre aux demandes des citoyens. Celui-ci qui se nomme Idarati.ma regroupe aujourd’hui plus de 600 services et vient de donner naissance grâce à des technologies émergentes à idarati x.0.

Il s’agit d’un portefeuille numérique que chacun peut avoir sur son téléphone portable et qui contient ses propres documents administratifs. Donc Idarati.ma reste la version web et idarati x.0 sera la version smartphone.

Ainsi, ces avancées permettent un accès à l’administration et à tous ses services. Les e-services ou les services électroniques sont de plus en plus utilisés par les citoyens.

Mais on peut se demander si les citoyens sont armés pour utiliser le numérique, télécharger des documents, etc.

Là, on est sur une autre question celle de la fracture numérique parce tous les citoyens ne sont pas bien outillés. Malgré le passage à la fibre et à la 5G qui élargit la connectivité des 3 opérateurs téléphoniques, certains Marocains ne savant pas interroger une application, utiliser le login et le mot de passe, télécharger des documents…

Que faites-vous pour corriger ces insuffisances ? Sont-elles concentrées dans certaines zones territoriales ?

Le ministère entreprend justement des campagnes de sensibilisation avec de la formation. Mais aussi, a mis en place des relais numériques et projetons pour idarati, la mise en place de bornes. Ces bornes seront placées dans les instituts Jazari par exemple et dans certains lieux comme les agences bancaires, lieux propices aux relais numériques.

Déjà aujourd’hui, on peut payer nos factures téléphoniques et autres sur des bornes destinées à cet effet sans avoir à se rendre aux guichets des opérateurs.

Sachant que notre démarche s’exerce toujours sur les 12 régions du pays où nous avons déjà créé les instituts Jazari et organisons le Hackathon, un concours national dans lequel les gens vont s’investir, développer des outils et des services sur le web.

Il s’agit de 2 000 participants qui vont développer des outils numériques pour résoudre les problèmes de leur territoire relatif à l’assainissement, la sûreté, l’éducation, la santé. L’un des 11 sujets, porte sur la préservation de la dignité humaine et les droits des citoyens dans l’espace numérique face aux fake news. Nous demandons aux citoyens d’innover, de trouver des solutions que nous pouvons concrétiser, une formation pour les jeunes de leur régions.

Quels sont les benchmarks internationaux de votre politique et vos partenaires internationaux ?

Chercher des benchmarks signifie voir et étudier tout ce qui se fait ailleurs. Nous sommes en train de benchmarker, et l’avons fait sur l’Europe qui est une institution sur le numérique et en termes de protection des données. La Chine, elle, a une vision du numérique différente et les Etats-Unis encore une autre vision.

Je prône un numérique responsable et inclusif, qui répond aux besoins du Maroc et de l’Afrique parce qu’on est un hub digital arabo-africain, comme nous le proposent le Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD.

Car benchmarker, c’est une chose. Mettre en place des solutions, en est une autre. En conséquence, nous sommes en train de développer notre cadre juridique, notre méta-application, notre wallet avec une vision maroco-marocaine sur la base de collaborations et avec des conventions.

Le Maroc a ses spécificités qu’il faut les prendre en compte, celles du rural, de nos valeurs sociales qui rejettent certaines choses. Sachant qu’aujourd’hui, toute l’Afrique, ne possède que 1,5% de capacité de stockage mondiale. Et ne représente que 0,5% de la production scientifique mondiale.

Au Maroc, par rapport au niveau de la connaissance commune partagée de nos citoyens, à nos problématiques dont la question de sûreté alimentaire, un taux de pauvreté encore élevé, il faut qu’on ait une vision propre. Nous devons réfléchir à ce que l’on peut faire par rapport à nos moyens en se conformant à nos spécificités.

Le Maroc doit inventer, avoir sa propre vision du numérique et la déployer.

Madame la Ministre, votre seconde mission porte sur le développement de l’économie numérique au Maroc, où en est-on depuis votre prise de fonctions en octobre 2024 ?

En effet, nous développons l’économie numérique et avons à ce titre déjà lancé deux instruments très importants.

Le premier, c’est Venture Building, VB, à travers lequel, nous donnons des bourses pour appuyer toutes sortes d’initiatives, sous forme d’incitations.

Le deuxième instrument c’est VC, Venture Capital qui consiste à accompagner les start-up, en les faisant financer par des fonds d’investissement et intervenons nous-mêmes par Tamwilcom qui est notre intermédiaire financier, puisque c’est notre budget.

À ce titre nous intervenons également en partenariat avec la CDG et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Notre ministère détient un budget important de 1,3 milliards de dirhams pour contribuer au financement ou au co-financement des projets qu’il lance. Ceux-ci sont apportés par 9 fonds d’investissements sélectionnés sur un très grand nombre de 49. Et sur les 9, il y a 4 fonds d’investissements américains.

Au-delà du financement des start-up, nous les appuyons en leur permettant de s’intégrer aux réseaux internationaux pour leur ouvrir d’autres voies de croissance interne et externe.

Le meilleur exemple est le GITEX Africa, le salon numérique qui se tient chaque année à Marrakech. C’est un grand évènement technologique qui rassemble des experts, des gouvernements, entreprises et investisseurs du monde entier. En 2025, le GITEX a réuni plus de 200 de nos startups et accueilli 50 000 visiteurs.

De même, nous accompagnons nos starts up à d’autres évènements similaires comme le Web Summit, au Portugal et au Qatar et même au MEDAYS. Une start-up ne peut souvent pas participer à ces évènements parce que les coûts sont exorbitants, nous les prenons donc en charge.

Et, n’oublions pas que nous avons des technoparks, sous la tutelle du ministère qui accompagnent de bout en bout les start-ups.

À cela s’ajoute notre soutien de l’offshoring, qui à fin 2024, rapportait 26,22 milliards de dirhams d’export, en augmentation de 3,5% au premier semestre 2025. L’offshoring, est très important pour le Maroc, 1 200 entreprises sont installées dans des zones dédiées à travers le Royaume.

Mme Seghrouchni, comment le Maroc se positionne-t-il vis-à-vis de ses pairs dans le numérique ? Et à quel point l’IA est-elle centrale dans vos projets ?

Le Maroc a été classé récemment troisième au niveau de l’Afrique sur les écosystèmes d’entrepreneuriat. Il a dépassé l’Égypte et la Tunisie qui nous devançaient.

Et sur un autre volet, il a gagné 14 places dans le classement mondial de la préparation des gouvernements à l’adoption de l’IA et est considéré comme le 5ème pays africain le plus préparé à l’IA. Sur 25 pays, il était le 111ème en 2024 et se trouve aujourd’hui à la 87ème place.

À la faveur du développement de l’IA, sachez que l’on multiplie les laboratoires de R&D avec des entreprises comme Oracle, Nokia, Mistral, One Point, pour faire face à l’évolution du offshoring qui mute vers un nouveau modèle déjà en cours de mise en œuvre, où les call centers sont amenés à disparaitre.

Parce qu’avec l’IA générative, un robot répond mieux tout le temps sur un temps long donc plus besoin d’humain. Une étude du Kenya a montré qu’en 2032, la main-d’œuvre la moins chère en Afrique sera plus chère que le robot.

Mais le nouvel offshoring cherche des compétences pointues au Maroc comme les ingénieurs. Et un nouveau écosystème s’impose avec la création des laboratoires de R&D comme celui signé avec Oracle en juin dernier avec 640 ingénieurs marocains embauchés.

Et aussi, le Maroc cible la formation de 100 000 ingénieurs de bon niveau par an, en créant de nouvelles formations dans les facultés et écoles d’ingénieurs.

Nous avons ainsi lancé 568 doctorats dans les universités. Et avons créé des laboratoires, comme le CIC avec la DGSSI, sur l’IA et la cybersécurité ou l’innovation en IA, en septembre 2025. Nous finançons donc la formation pour la montée en maturité technologique.

À ce titre, nous lançons actuellement une formation Ramadan, gratuite sur deux ans, pour une promotion de 1 200 jeunes par an, avec embauche à l’appui, dans le cadre d’un engagement.

D’ici 2030, on aura 10 000 nouveaux ingénieurs formés, qui sauront fabriquer des capteurs made in Morocco et peut être dans une seconde étape des semi-conducteurs.

Nous ciblons également d’intégrer des BAC plus 2 en les intégrant dans ces cycles de formation, ce qui permettrait d’éponger le chômage de la jeunesse.

En conclusion, à quel rythme le plan Maroc Numérique de 2030 avance-t-il ?

À mon sens, qualité ne rime pas avec lenteur. Bien au contraire, l’exigence qualitative suppose aujourd’hui rapidité et efficacité. Aller vite est essentiel : c’est ce qui crée une dynamique, génère de l’émulation et stimule l’ensemble de l’écosystème. Nous avons besoin d’un rythme soutenu pour faire progresser tous les chantiers.

C’est pourquoi, pour bâtir le Digital 2030, nous redoublons — parfois même triplons — d’efforts afin d’atteindre nos objectifs.

Le défi est d’autant plus important qu’il est transversal. Toutes les administrations n’évoluent pas au même niveau de maturité numérique, et la coordination entre institutions aux réalités différentes constitue un exercice complexe.

Dans ce contexte, nous ne pouvons pas nous permettre la latence. Il est impératif de prendre des décisions claires et de les mettre en œuvre rapidement, en réduisant au maximum les délais d’exécution.

Au-delà des infrastructures et des classements internationaux, l’enjeu est avant tout celui d’une vision, d’une souveraineté assumée et d’une capacité réelle d’exécution. L’ambition est claire : faire en sorte que le Maroc ne subisse pas la révolution technologique mondiale, mais qu’il y prenne pleinement part, selon ses propres priorités.

The post Entretien avec Mme Amal El Fallah Seghrouchni : « Le Maroc doit inventer, avoir sa propre vision du numérique et la déployer » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Au cœur des mutations technologiques globales : Le Maroc et ses Femmes https://lnt.ma/au-coeur-des-mutations-technologiques-globales-le-maroc-et-ses-femmes/ Fri, 06 Mar 2026 11:26:49 +0000 https://lnt.ma/?p=542859 Il est des moments dans l’histoire où les transitions ne sont plus sectorielles, mais systémiques. Nous vivons l’un de ces moments. L’intelligence artificielle, la donnée, la connectivité généralisée, la robotisation des services, la transformation des modèles économiques et administratifs redessinent simultanément les rapports de pouvoir, les chaînes de valeur et les hiérarchies géopolitiques. Ce n’est […]

The post Au cœur des mutations technologiques globales : Le Maroc et ses Femmes appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Il est des moments dans l’histoire où les transitions ne sont plus sectorielles, mais systémiques. Nous vivons l’un de ces moments. L’intelligence artificielle, la donnée, la connectivité généralisée, la robotisation des services, la transformation des modèles économiques et administratifs redessinent simultanément les rapports de pouvoir, les chaînes de valeur et les hiérarchies géopolitiques. Ce n’est pas une révolution parmi d’autres, c’est une recomposition du monde.

Dans ce nouvel ordre technologique en gestation, une question centrale se pose pour les pays émergents : subir ou structurer. Le Maroc a fait le choix d’entrer dans cette transformation avec une ambition assumée. La stratégie Maroc Digital 2030, la structuration d’une architecture nationale d’IA, le programme AI Made in Morocco, le déploiement des Instituts JAZARI dans les douze régions, le partenariat stratégique autour du laboratoire « Mistral AI & MTNRA », la mise en place d’une Wallet numérique souveraine à travers IDARATI X.0, ne sont pas des annonces isolées, ces programmes dessinent une colonne vertébrale.

Dans l’entretien qu’elle nous a accordé dans cette édition spéciale, la ministre Amal El Fallah Seghrouchni rappelle une conviction structurante : le Maroc ne peut pas simplement importer des modèles numériques conçus ailleurs. Il doit inventer le sien car les enjeux dépassent la technique, ils relèvent de la souveraineté. Mais la souveraineté numérique ne se décrète pas. Elle se construit par la gouvernance, la formation, l’investissement, la régulation et surtout par la capacité d’exécution.

L’IA, si elle n’est pas encadrée, peut accentuer les inégalités au lieu de les réduire. La révolution technologique n’est pas neutre. Elle reflète les structures de pouvoir existantes. C’est ici que le sens de ce Spécial 8 mars prend toute sa profondeur. Car au cœur de ces mutations globales, la question n’est pas uniquement technologique. Elle est sociale, politique et civilisationnelle. Qui conçoit les systèmes ? Qui les finance ? Qui les régule ? Qui en bénéficie ?

Les femmes ont longtemps été absentes des lieux où se décident les orientations technologiques majeures. Absentes des tables de financement, sous-représentées dans la recherche, marginalisées dans la conception des outils. Les conséquences sont mesurables : biais algorithmiques, angles morts en santé, sous-investissement chronique dans les problématiques spécifiques aux femmes.

Dans un monde où l’IA redéfinit l’emploi, où l’offshoring mute sous l’effet de l’automatisation, où les données deviennent la première ressource stratégique, la question n’est plus simplement celle de l’accès des femmes au numérique. Elle est celle de leur place dans la définition même des règles du jeu.

Le Maroc, aujourd’hui, se positionne comme hub digital arabo-africain. Il investit dans les talents, multiplie les doctorats, lance des programmes comme JobInTech, AI Master Junior, Génération IA & IoT Maroc. Mais la bataille est aussi culturelle et se joue dans les représentations, dans l’éducation précoce, dans l’accès au capital, dans la légitimité accordée aux femmes porteuses de solutions technologiques.

Ce Spécial 8 mars 2026 ne célèbre pas des trajectoires individuelles pour ce qu’elles ont d’exceptionnel. Il les interroge pour ce qu’elles révèlent d’un basculement en cours. Le monde est entré dans une nouvelle révolution industrielle dont l’intelligence artificielle en est l’accélérateur et la donnée le carburant. Mais la gouvernance en sera l’arbitre.

Et, si le Maroc veut convertir l’essai et transformer l’opportunité en levier de développement durable, il devra articuler trois exigences : souveraineté technologique, inclusion réelle et leadership assumé. Or, ce leadership ne pourra être complet sans la pleine participation des femmes aux choix structurants qui façonnent l’économie numérique, la santé de demain, les services publics intelligents et les architectures de données souveraines.

Une fois encore, ces enjeux témoignent du fait que le 8 mars n’est pas un rituel symbolique, commercial et marketing, mais bel et bien un marqueur fort de nos sociétés de demain.

Zouhair Yata

The post Au cœur des mutations technologiques globales : Le Maroc et ses Femmes appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Guerre en Iran, “Sheikh Mat” https://lnt.ma/guerre-en-iran-sheikh-mat/ Mon, 02 Mar 2026 00:00:54 +0000 https://lnt.ma/?p=542514 Personne ne peut dire qu’on ne l’avait pas vu venir. Depuis des mois, les signaux s’accumulaient, les positions se durcissaient, et les négociations avec l’Iran servaient moins de processus diplomatique sincère que de cadre narratif pour légitimer l’inévitable. Ce week-end, l’inévitable a eu lieu. Les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l’Iran. Et […]

The post Guerre en Iran, “Sheikh Mat” appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Personne ne peut dire qu’on ne l’avait pas vu venir. Depuis des mois, les signaux s’accumulaient, les positions se durcissaient, et les négociations avec l’Iran servaient moins de processus diplomatique sincère que de cadre narratif pour légitimer l’inévitable. Ce week-end, l’inévitable a eu lieu. Les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l’Iran. Et comme toujours dans ce Moyen-Orient qui ne respire plus, l’événement est à la fois brutal dans sa forme et parfaitement cohérent dans sa logique.

Pour comprendre ce qui se joue, il faut commencer par où la carte se lit le mieux : le détroit d’Ormuz. Ce couloir minuscule, vingt-et-un kilomètres de large à son point le plus étroit, concentre à lui seul près de 20% de la production mondiale de pétrole, dont celle des Émirats et de l’Arabie saoudite. Surtout, la Chine y fait transiter pas moins de 45% de sa consommation énergétique.

L’Iran, pays riverain, en est le gardien naturel et potentiellement le verrou. Après l’épisode vénézuélien, il ne faut pas être grand clerc pour saisir que Washington est engagé dans une séquence de sécurisation systématique des ressources stratégiques mondiales. Le pétrole du Golfe, comme celui d’Amérique latine, est trop précieux pour rester dans des mains que l’Oncle Sam juge peu fréquentables.

Il faut dire aussi que le calendrier intérieur américain n’était pas anodin. L’affaire Epstein, que l’administration s’évertuait à minimiser, continuait de polluer l’agenda médiatique avec une constance que les communicants de la Maison-Blanche ont eu beaucoup de mal à contenir. Les auditions du Congrès, dont celle caricaturale à souhait de l’Attorney General, les comparutions médiatisées du couple Clinton, les “excuses” de Bill Gates, l’arrestation du Prince Andrew, la démission fracassante du patron du Forum de Davos, autant de déflagrations qui ont agité l’opinion sans produire, curieusement, la cascade de mises en accusation que des révélations de cette ampleur auraient dû normalement engendrer. Dans ce contexte, une opération militaire d’envergure présente l’avantage immédiat de recalibrer l’agenda. Ce n’est jamais une coïncidence.

Pour Israël, c’est une autre histoire, bien plus ancienne et bien plus existentielle. L’Iran a fait de la destruction de l’État hébreu une profession de foi, de Khomeini à Khamenéï, sans jamais en démordre. Mais au-delà de la rhétorique, l’objectif de Tel Aviv en frappant Téhéran à travers cet accord avec Washington n’est pas seulement de neutraliser un adversaire direct, c’est de couper la tête du serpent pour décapiter tout l’écosystème qu’il finance. Le Hezbollah, principal bras armé de l’Iran dans la région, se retrouve ainsi orphelin de son parrain, du moins pour un temps. Au Liban comme dans la bande de Gaza, ce repositionnement offre à Israël des marges de manœuvre qu’il n’avait pas depuis des années.

Par ailleurs, les fissures du front intérieur iranien étaient déjà visibles. Les attaques ciblées des mois précédents, combinées au soutien apparent aux mouvements contestataires réprimés dans le sang fin 2025, avaient considérablement affaibli un régime qui, comme toutes les dictatures, présentait un front extravagant de cohésion face à l’ennemi tout en étant érodé de l’intérieur.

Dans la grande fracture entre monde sunnite et monde chiite qui structure depuis des siècles la géopolitique de la région, la mise à genoux de Téhéran ne provoque aucun déchiroir chez les capitales arabes alliées des États-Unis. C’est au contraire un soulèvement discret de la tête. Riyàd, Abu Dhabi, le Caire avaient leurs propres contentieux avec l’Iran, ses proxies, ses ambitions hégémoniques régionales. Pour ces pays, l’opération américano-israélienne fait une partie du travail qu’ils n’auraient pas pu ou voulu faire eux-mêmes.

Certains s’insurgent, à raison, de cet unilatéralisme. Mais l’unilatéralisme est mort depuis longtemps ; il était simplement en observation dans quelques discours d’amphithéâtres multilatéraux. Quand la Russie dénonce l’illégalité au regard du droit international, on aurait envie de lui rappeler ce qu’elle fait en Ukraine depuis des années. Quand la Chine plaide pour le respect des souverainetés, on pense à Taiwan, à la mer de Chine méridionale. Et le Conseil de sécurité de l’ONU, paralysé par ses droits de véto n’est plus qu’une scène de théâtre où de grandes puissances déclarent leurs bonnes intentions avant d’aller faire ce qu’elles avaient décidé de faire. La guerre en Irak, les annexions russes dans le Caucase et en mer Noire l’ont prouvé par le passé. L’épisode iranien le confirme aujourd’hui.

Pour le Maroc, le contexte n’est pas neutre non plus. En 2018, Rabat avait rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran, après avoir documenté le soutien explicite de l’Iran à la RASD et au Polisario, avec le relais du Hezbollah et la complicité affichée de la Mouradia d’Alger. L’Iran qualifiait conjointement avec nos voisins le Maroc de “puissance occupante” sur son propre territoire saharien. L’affaiblissement du régime iranien n’est donc pas, pour Rabat, une abstraction géopolitique.

Il reste pourtant une question que personne ne peut esquiver, celle de ce qui vient après. Les épisodes d’intervention militaire dans cette région du monde ont une longue et douloureuse tradition de lendemains qui déchantent. L’Irak en 2003 en est la leçon la plus cuisante. Détruire un régime est infiniment plus simple qu’assurer la transition qui suit. Ce qu’il faut donc espérer maintenant, c’est que l’escalade régionale reste contenue et que, dans ce tumulte, le peuple iranien soit enfin le grand gagnant de l’équation.

Après plus de cinquante ans de dictature théocratique, de privations, de répression et de sanctions occidentales qui ont appauvri et étouffé une nation aux apports civilisationnels parmi les plus anciens de l’humanité, les Iraniens méritent mieux que d’être le simple terrain de jeu des ambitions des autres. Pourvu, que les femmes iraniennes retrouvent leur liberté. Que les emprisonnés, les exécutés, les exilés, soient enfin réhabilités. Que ce grand peuple se retrouve, lui-même, hors du joug de ses geôliers.

Il y a une ironie cruelle dans tout cela, que l’Histoire retiendra peut-être. Les échecs ont été inventés en Perse et c’est de là que vient l’expression “Sheikh Mat” (le roi est mort) qui a traversé les siècles pour devenir l’“échec et mat” que le monde entier connaît. Avec la mort de Khamenei, le plateau est renversé. Reste à savoir qui ramassera les pièces, et dans quel ordre.

Zouhair Yata

The post Guerre en Iran, “Sheikh Mat” appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
L’Iran dénonce des « mensonges » après des accusations de Trump sur ses programmes nucléaire et balistique https://lnt.ma/liran-denonce-des-mensonges-apres-des-accusations-de-trump-sur-ses-programmes-nucleaire-et-balistique/ Wed, 25 Feb 2026 10:58:42 +0000 https://lnt.ma/?p=542303 L’Iran a rejeté mercredi les accusations du président américain Donald Trump, qui a affirmé devant le Congrès que Téhéran développait des missiles capables de frapper les États-Unis et poursuivait des « ambitions nucléaires » militaires. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a dénoncé sur X « de gros mensonges » concernant le programme […]

The post L’Iran dénonce des « mensonges » après des accusations de Trump sur ses programmes nucléaire et balistique appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
L’Iran a rejeté mercredi les accusations du président américain Donald Trump, qui a affirmé devant le Congrès que Téhéran développait des missiles capables de frapper les États-Unis et poursuivait des « ambitions nucléaires » militaires.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a dénoncé sur X « de gros mensonges » concernant le programme nucléaire et balistique iranien. Téhéran réaffirme ne pas chercher à se doter de l’arme atomique, tout en défendant son droit au nucléaire civil.

Ces échanges interviennent à la veille de nouveaux pourparlers prévus jeudi à Genève sous médiation omanaise. Donald Trump a dit privilégier la voie diplomatique, tout en avertissant qu’il ne laisserait pas l’Iran acquérir l’arme nucléaire. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé qu’un accord était « à portée de main », à condition que la diplomatie prévale.

En parallèle, des manifestations étudiantes ont repris à Téhéran, sur fond de divergences persistantes sur le bilan de la répression des troubles survenus en janvier.

 

LNT

The post L’Iran dénonce des « mensonges » après des accusations de Trump sur ses programmes nucléaire et balistique appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
La Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo « rasd » https://lnt.ma/la-bolivie-suspend-sa-reconnaissance-de-la-pseudo-rasd/ Tue, 24 Feb 2026 11:07:55 +0000 https://lnt.ma/?p=542189 La Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo « rasd ». Cette position a été exprimée dans un communiqué publié à l’issue d’un entretien téléphonique tenu, ce lundi, entre M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et son homologue bolivien, M. Fernando Aramayo, […]

The post La Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo « rasd » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
La Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo « rasd ».

Cette position a été exprimée dans un communiqué publié à l’issue d’un entretien téléphonique tenu, ce lundi, entre M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger et son homologue bolivien, M. Fernando Aramayo, ministre des Affaires étrangères de l’État plurinational de Bolivie.

« L’Etat plurinational de Bolivie, agissant en pleine conformité avec la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité et réaffirmant son soutien au processus politique conduit sous les auspices des Nations Unies, a procédé à un réexamen souverain de sa politique étrangère. À l’issue de cet examen, la Bolivie a décidé de suspendre ses relations diplomatiques avec l’entité dénommée république arabe sahraouie démocratique (RASD) et de mettre fin à tout contact officiel avec celle-ci, relevant qu’elle n’est pas reconnue comme État membre de l’Organisation des Nations Unies », lit-on dans le communiqué.

« Cette décision s’inscrit dans la volonté de la Bolivie de contribuer de manière constructive aux efforts internationaux visant à parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique et durable, fondée sur le compromis, conformément aux paramètres établis par les Nations Unies », poursuit le communiqué.

La décision de suspension de la reconnaissance de la « rasd » par la Bolivie ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre le Royaume du Maroc et ce pays d’Amérique Latine.

Selon le communiqué, les deux pays ont également convenu de rétablir les relations diplomatiques et d’entamer les procédures nécessaires en vue de l’établissement de missions diplomatiques résidentes à La Paz et à Rabat.

 

LNT avec Map

The post La Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo « rasd » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le Prince Moulay Ismaïl à l’honneur au Maroc et à l’international https://lnt.ma/le-prince-moulay-ismail-a-lhonneur-au-maroc-et-a-linternational/ Tue, 17 Feb 2026 11:43:52 +0000 https://lnt.ma/?p=541755 Le nom du Prince Moulay Ismaïl résonne aujourd’hui bien au-delà des frontières.Une figure historique marocaine, dont la mémoire a été célébrée dans un grand événement culturel dédié à la grandeur du patrimoine du royaume. Cette célébration a rassemblé des intellectuels, historiens et amateurs du patrimoine marocain autour d’une exposition qui explore la vie, l’héritage et […]

The post Le Prince Moulay Ismaïl à l’honneur au Maroc et à l’international appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le nom du Prince Moulay Ismaïl résonne aujourd’hui bien au-delà des frontières.
Une figure historique marocaine, dont la mémoire a été célébrée dans un grand événement culturel dédié à la grandeur du patrimoine du royaume.

Cette célébration a rassemblé des intellectuels, historiens et amateurs du patrimoine marocain autour d’une exposition qui explore la vie, l’héritage et les exploits de Moulay Ismaïl, l’un des souverains les plus emblématiques de l’histoire du Maroc.
Les participants ont souligné la profondeur de son influence politique, sociale et militaire sur le développement du pays.

La mise en lumière de cette figure historique vise à renforcer chez les jeunes générations une fierté culturelle et une connexion avec les racines du royaume.
Elle rappelle aussi l’importance de valoriser l’histoire marocaine dans un contexte où les nations multiplient les initiatives pour promouvoir leur héritage.

Au-delà du simple hommage,
cet événement est une invitation à redécouvrir une période clé de l’histoire du Maroc,
et à réfléchir à la manière dont le passé continue d’influencer le présent.

Et maintenant, une vraie question demeure :
quelles autres figures de notre histoire méritent d’être célébrées à leur juste valeur ?

The post Le Prince Moulay Ismaïl à l’honneur au Maroc et à l’international appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Botola Pro : le Raja freiné par les blessures et les résultats en dents de scie https://lnt.ma/botola-pro-le-raja-freine-par-les-blessures-et-les-resultats-en-dents-de-scie/ Tue, 17 Feb 2026 11:43:14 +0000 https://lnt.ma/?p=541771 Le championnat marocain de Botola Pro Inwi continue de réserver des surprises et des retournements de situation. Après un match nul décevant contre l’Union Yacoub El Mansour, le Raja de Casablanca doit faire face à une mauvaise nouvelle : l’un de ses joueurs clés, Adam Nafati, s’est blessé, souffrant d’une déchirure partielle à la cuisse […]

The post Botola Pro : le Raja freiné par les blessures et les résultats en dents de scie appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le championnat marocain de Botola Pro Inwi continue de réserver des surprises et des retournements de situation.

Après un match nul décevant contre l’Union Yacoub El Mansour, le Raja de Casablanca doit faire face à une mauvaise nouvelle : l’un de ses joueurs clés, Adam Nafati, s’est blessé, souffrant d’une déchirure partielle à la cuisse gauche suite à ce match difficile.

Cette blessure n’est pas anecdotique.
Le milieu offensif était un élément central du jeu du Raja, et son absence pendant environ trois semaines, selon le communiqué officiel du club, va obliger l’entraîneur à revoir ses plans tactiques et à trouver des solutions pour compenser la perte d’efficacité offensive.

Et ce contre-temps arrive à un moment où les résultats du club ne sont pas encore à la hauteur des attentes :
le Raja n’a remporté qu’une seule victoire depuis la reprise du championnat, avec deux matchs nuls et une défaite récente qui ont perturbé sa course vers le haut du classement.

L’absence de Nafati va forcément peser,
d’autant que la Botola Pro 2025-2026 est plus serrée que jamais, avec plusieurs équipes en évidence et prêts à profiter du moindre faux pas pour grimper au classement.

Pour le Raja, la bataille n’est donc pas seulement sportive…
c’est une épreuve de gestion de crise, où chaque point et chaque effectif disponible comptent double.

Et maintenant, une seule question :
le Raja saura-t-il surmonter cette tempête et revenir plus fort…
ou cette blessure risque-t-elle de freiner sa course vers le titre ?

The post Botola Pro : le Raja freiné par les blessures et les résultats en dents de scie appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba : face aux putschs, une ligne ferme se confirme https://lnt.ma/sommet-de-lunion-africaine-a-addis-abeba-face-aux-putschs-une-ligne-ferme-se-confirme/ Mon, 16 Feb 2026 17:11:30 +0000 https://lnt.ma/?p=541739 À Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026, s’est tenue la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA). Sous les thèmes centraux de la paix, de la sécurité et de la primauté du droit, les dirigeants africains ont réaffirmé une position collective contre tout changement de pouvoir anticonstitutionnel, soulignant […]

The post Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba : face aux putschs, une ligne ferme se confirme appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
À Addis-Abeba, les 14 et 15 février 2026, s’est tenue la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA). Sous les thèmes centraux de la paix, de la sécurité et de la primauté du droit, les dirigeants africains ont réaffirmé une position collective contre tout changement de pouvoir anticonstitutionnel, soulignant que le respect des constitutions reste le socle de l’action panafricaine.

Condamnation claire des coups d’État

À la clôture du sommet, l’UA a réitéré son engagement en faveur d’une « tolérance zéro » face aux changements de gouvernement hors Constitution. Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a rappelé que l’organisation n’accepterait « aucune violation de l’ordre constitutionnel », soulignant que la stabilité du continent dépend du respect strict des institutions.

Cette position s’appuie sur les instruments normatifs de l’UA, qui considèrent tout changement anticonstitutionnel comme une menace directe pour la paix et la sécurité continentales.

João Lourenço : cohérence et diplomatie pragmatique

Le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço, à la présidence tournante de l’UA depuis février 2025, a été central dans l’élaboration et la défense de cette ligne ferme. Au terme du sommet, il a transmis la présidence au président burundais Évariste Ndayishimiye, dans un contexte où la protection des constitutions africaines redevenait un enjeu stratégique.

Durant son mandat, Lourenço a rappelé que la tenue d’élections après un putsch ne garantit pas automatiquement le rétablissement de l’ordre constitutionnel ni la légitimité de la transition. Lors des débats à Addis-Abeba, plusieurs chefs d’État ont insisté sur l’importance de ne pas banaliser le recours à la force pour accéder au pouvoir.

Le 11 janvier 2026, sa rencontre avec Andry Rajoelina a illustré cette cohérence entre parole et acte : en accueillant le président malgache, Lourenço a montré que la fermeté de l’UA s’accompagne d’un dialogue encadré, capable de rester constructif sans compromettre les principes fondamentaux.

Madagascar : isolement et conditions strictes

Le cas de Madagascar demeure emblématique de la ligne dure de l’UA. Après la prise de pouvoir par les forces armées en octobre 2025, le Conseil de paix et de sécurité a suspendu Madagascar de toutes ses instances et activités jusqu’au rétablissement complet de l’ordre constitutionnel, conditionné à l’organisation d’élections présidentielles libres et crédibles.

Présente au sommet de l’UA, la délégation malgache, conduite par Christine Razanamahasoa, a tenté d’accéder aux réunions préparatoires et aux séances officielles, mais sans succès, et a dû attendre près de cinq heures avant d’obtenir un contact très limité. Les sièges réservés à Madagascar sont donc restés vacants et le chef de la junte militaire n’a pas été invité aux travaux officiels. Même lors de cette brève audience en marge du sommet, le message de l’UA est resté clair : aucun retour à la normale sans progrès tangibles vers la restauration constitutionnelle. Madagascar restera donc totalement isolé diplomatiquement tant que le pouvoir restera assuré par un mutin et qu’aucune élection n’aura permis de rétablir l’ordre constitutionnel.

Toute tentative de récupération d’image par des gestes symboliques ou des publications hors cadre ne modifie pas la position officielle de l’UA, qui maintient une pression constante pour faire respecter la feuille de route conjointe avec la SADC.

Une stratégie ferme et pragmatique

La session de février 2026 a confirmé que l’Union africaine défend avec détermination les normes constitutionnelles et les processus démocratiques, tout en adaptant sa réponse aux particularités de chaque État. La normalisation des transitions anticonstitutionnelles ne peut être automatique et doit être conditionnée à des progrès tangibles et vérifiables vers le rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel.

En combinant sanctions ciblées, isolement diplomatique et dialogue institutionnel encadré, l’UA montre que la fermeté peut s’articuler avec le pragmatisme nécessaire à la résolution des crises. La paix, la stabilité et l’unité africaines ne pourront être garanties que si le respect des constitutions est réel et durable, et tout retour à la pleine participation continentale reste strictement subordonné à cet engagement. Dans ce cadre, la situation de Madagascar représente un test majeur pour la crédibilité et l’efficacité de l’Union africaine.

LNT avec dépêches 

 

The post Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba : face aux putschs, une ligne ferme se confirme appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Transport ferroviaire: l’ONCF lance une réduction de 50 % pour les personnes en situation de handicap https://lnt.ma/transport-ferroviaire-loncf-lance-une-reduction-de-50-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap/ Mon, 02 Feb 2026 17:30:23 +0000 https://lnt.ma/?p=540875 L’Office national des chemins de fer (ONCF) a procédé, à compter de lundi, à la mise en service effective de la carte de réduction pour les voyages par trains au profit des personnes en situation de handicap, a annoncé le Secrétariat d’État à l’Insertion sociale. Dans un communiqué, le Secrétariat d’Etat précise que cette carte […]

The post Transport ferroviaire: l’ONCF lance une réduction de 50 % pour les personnes en situation de handicap appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
L’Office national des chemins de fer (ONCF) a procédé, à compter de lundi, à la mise en service effective de la carte de réduction pour les voyages par trains au profit des personnes en situation de handicap, a annoncé le Secrétariat d’État à l’Insertion sociale.

Dans un communiqué, le Secrétariat d’Etat précise que cette carte permet aux personnes en situation de handicap, ainsi qu’aux accompagnateurs des personnes malvoyantes, de bénéficier d’une réduction de 50% sur les prix des billets de train, conformément à l’accord de partenariat signé le 2 décembre dernier, entre le ministère de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, le Secrétariat d’État à l’Insertion sociale et l’ONCF.

À ce jour, le Secrétariat d’État à l’Insertion sociale a reçu 5.022 demandes de carte via la plateforme en ligne « IDMAJ », précise le communiqué, faisant savoir que 3.220 cartes ont été traitées et imprimées, outre la remise de 2.027 cartes aux centres d’orientation et d’assistance aux personnes en situation de handicap relevant de l’Entraide Nationale dans les différentes provinces du Royaume, afin de les distribuer aux bénéficiaires concernés.

Les personnes en situation de handicap souhaitant bénéficier de cette carte peuvent déposer leur demande via la plateforme https://idmaj.social.gov.ma/ , rappelle-t-on.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Secrétariat d’État à l’Insertion sociale en vue de faciliter l’accès aux services pour les personnes en situation de handicap, promouvoir les principes d’équité et d’égalité des chances, et garantir leur intégration sociale et leur pleine participation à la société, conformément aux Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste et le Glorifie, conclut le communiqué.

 

LNT avec Map

The post Transport ferroviaire: l’ONCF lance une réduction de 50 % pour les personnes en situation de handicap appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Corruption et contrebande: Enquête de la BNPJ visant 24 suspects, dont des agents publics https://lnt.ma/corruption-et-contrebande-enquete-de-la-bnpj-visant-24-suspects-dont-des-agents-publics/ Fri, 30 Jan 2026 10:03:13 +0000 https://lnt.ma/?p=540700 La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a ouvert, jeudi, une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent, en vue de vérifier des actes criminels imputés à 24 personnes, dont six policiers, six fonctionnaires relevant d’une brigade locale de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) et deux éléments des douanes, […]

The post Corruption et contrebande: Enquête de la BNPJ visant 24 suspects, dont des agents publics appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a ouvert, jeudi, une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent, en vue de vérifier des actes criminels imputés à 24 personnes, dont six policiers, six fonctionnaires relevant d’une brigade locale de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) et deux éléments des douanes, pour leur implication présumée dans l’abstention d’accomplir des actes relevant de leurs fonctions à des fins de corruption, d’abus d’influence, ainsi que de complicité dans la contrebande de marchandises et de produits étrangers.

Dans un communiqué, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) indique que les services de la DGST avaient fourni des informations précises faisant état de l’implication présumée de certains fonctionnaires dans la violation des procédures de contrôle du passage des marchandises au niveau du port de Tanger Ville, à travers l’abus d’influence par des interventions en faveur de certaines personnes afin d’éviter le contrôle douanier, en contrepartie de commissions financières à titre de corruption.

Les investigations et enquêtes menées ont permis d’identifier plusieurs personnes ayant bénéficié de ces actes présumés de complicité en vue de contourner les opérations de contrôle douanier, ainsi que de déterminer les fonctionnaires présumés impliqués dans ces infractions et actes criminels, précise la même source.

Les suspects ont été soumis aux procédures de l’enquête judiciaire sur instruction du parquet compétent, afin de déterminer le degré et l’étendue de leur implication dans les infractions et crimes commis, ajoute le communiqué, notant que les investigations se poursuivent pour identifier l’ensemble des auteurs, complices et bénéficiaires des actes criminels commis.

 

LNT avec Map

The post Corruption et contrebande: Enquête de la BNPJ visant 24 suspects, dont des agents publics appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien Foundever : « Le Maroc reste un hub de référence dans le BPO » https://lnt.ma/entretien-foundever-le-maroc-reste-un-hub-de-reference-dans-le-bpo/ Mon, 26 Jan 2026 12:41:56 +0000 https://lnt.ma/?p=540536 Dans cet entretien, Reda Nejjar, Vice-Président des Opérations au Maroc, et Wassim El Warzazi, Directeur du Hub Maroc chez Foundever, évoquent les évolutions récentes du secteur du BPO au Maroc et à l’international, ainsi que les orientations de l’entreprise face à ces transformations. Selon vous, quelles sont les principales évolutions du secteur BPO au Maroc […]

The post Entretien Foundever : « Le Maroc reste un hub de référence dans le BPO » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Dans cet entretien, Reda Nejjar, Vice-Président des Opérations au Maroc, et Wassim El Warzazi, Directeur du Hub Maroc chez Foundever, évoquent les évolutions récentes du secteur du BPO au Maroc et à l’international, ainsi que les orientations de l’entreprise face à ces transformations.

Selon vous, quelles sont les principales évolutions du secteur BPO au Maroc et à l’international ces dernières années ?

Reda Nejjar : Le secteur du BPO vit une transformation de fond, portée par trois dynamiques majeures.

D’abord, on passe d’un modèle centré sur les volumes à un modèle orienté création de valeur : les marques attendent des partenaires capables d’optimiser, d’orchestrer et de réinventer l’expérience client tout au long du parcours.

Ensuite, l’IA, l’automatisation et la data jouent désormais un rôle clé : elles permettent de rendre les opérations plus prédictives, plus fluides et plus personnalisées, tout en renforçant la place de l’humain dans les moments qui comptent vraiment.

Enfin, les donneurs d’ordre exigent des partenaires plus responsables : conformité, sécurité, impact social et durabilité deviennent des critères stratégiques.

Dans ce contexte, le Maroc reste un hub de référence : un positionnement géographique strategic, des talent multilingue, proximité culturelle et un écosystème structuré qui permet de tenir les promesses de marque de nos clients tout en montant en gamme.

Comment Foundever Maroc ajuste-t-elle sa stratégie pour répondre à ces transformations et rester compétitive ?

Reda Nejjar : Foundever au Maroc, a engagé une stratégie claire autour de l’ambition globale du groupe : être un partenaire stratégique capable d’aider les marques à garder leurs promesses. Nous développons des expertises à plus forte valeur ajoutée et combinons les forces de nos équipes avec la technologie et la data pour optimiser et réinventer les opérations CX. Cela se traduit par des standards élevés de qualité, de gouvernance et de sécurité, ainsi qu’une organisation résiliente et agile. En parallèle, nous investissons fortement dans nos collaborateurs, en renforçant leurs compétences, leur accompagnement et leurs perspectives d’évolution, afin qu’ils puissent offrir des expériences à la fois performantes, empathiques et durables.

Quels outils digitaux ou innovations avez-vous intégrés pour améliorer les services et l’expérience client ?

Wassim Elwarzazi : L’intégration des outils digitaux chez Foundever au Maroc vise à construire un véritable écosystème d’expérience, dans lequel chaque interaction devient une source d’apprentissage pour améliorer en continu la relation client. Nous utilisons des solutions d’analytics et de pilotage en temps réel, des technologies d’automatisation ciblée et des outils d’assistance augmentée qui soutiennent les conseillers dans leur performance quotidienne. L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui permettre de se concentrer sur les moments qui comptent vraiment pour les clients. En interne, la digitalisation des parcours RH, du recrutement au développement des compétences, apporte davantage de fluidité, de transparence et d’engagement.

Quels défis majeurs rencontrez-vous dans le contexte actuel du BPO et comment les surmontez-vous ?

Wassim Elwarzazi :  Les défis actuels concernent principalement l’accès aux talents, l’évolution rapide des compétences et des attentes clients de plus en plus fortes en matière de qualité, flexibilité et continuité de service. Nous y répondons en renforçant notre agilité, en travaillant en partenariat étroit avec nos clients et en donnant à nos équipes les moyens d’évoluer grâce à la formation continue et à la mobilité interne. L’intégration progressive de l’IA et de la data soutient cette dynamique en améliorant la prise de décision et la performance. Nous considérons ces défis non pas comme des contraintes, mais comme des opportunités pour accélérer la transformation, renforcer la confiance des marques et créer un véritable momentum sur le long terme.

Propos recueillis par Asmaa Loudni  

The post Entretien Foundever : « Le Maroc reste un hub de référence dans le BPO » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
LEMO : indicateurs trimestriels au 30 septembre 2025 https://lnt.ma/lemo-indicateurs-trimestriels-au-30-septembre-2025/ Fri, 28 Nov 2025 09:36:54 +0000 https://lnt.ma/?p=538309 The post LEMO : indicateurs trimestriels au 30 septembre 2025 appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>

The post LEMO : indicateurs trimestriels au 30 septembre 2025 appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Casablanca : présentation en avant-première de la nouvelle BMW iX3 au Maroc https://lnt.ma/casablanca-presentation-en-avant-premiere-de-la-nouvelle-bmw-ix3-au-maroc/ Thu, 27 Nov 2025 10:14:57 +0000 https://lnt.ma/?p=538260 La nouvelle BMW iX3 a été présentée pour la première fois au Maroc lors d’une avant-première organisée à Casablanca par Smeia, importateur exclusif de la marque, avant son exposition au Festival International du Film de Marrakech à partir du 28 novembre. Dévoilée en septembre 2025 au salon IAA Mobility de Munich, la BMW iX3 est […]

The post Casablanca : présentation en avant-première de la nouvelle BMW iX3 au Maroc appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
La nouvelle BMW iX3 a été présentée pour la première fois au Maroc lors d’une avant-première organisée à Casablanca par Smeia, importateur exclusif de la marque, avant son exposition au Festival International du Film de Marrakech à partir du 28 novembre.

Dévoilée en septembre 2025 au salon IAA Mobility de Munich, la BMW iX3 est le premier modèle de la famille Neue Klasse à être montré au public marocain. L’événement de Casablanca, tenu le 25 novembre, a permis à des invités et clients de découvrir le véhicule et d’échanger avec des équipes techniques de Smeia. Le carnet de commandes est ouvert, alors que la commercialisation effective est annoncée pour le printemps 2026.

À partir du 28 novembre, la nouvelle iX3 est exposée au Sofitel de Marrakech dans le cadre du Festival International du Film de Marrakech, dont Smeia – BMW est transporteur officiel depuis dix ans.

100 % électrique, la BMW iX3 intègre la technologie BMW eDrive de sixième génération. Le constructeur annonce une autonomie pouvant atteindre jusqu’à 805 km et une capacité de recharge rapide jusqu’à 400 kW. Le modèle repose sur une nouvelle architecture électronique et inaugure l’interface numérique BMW Panoramic iDrive, appelée à être déployée sur une large gamme de véhicules de la marque.

Sur le plan des dimensions, la iX3 affiche une longueur de 4 782 mm, une largeur de 1 895 mm et une hauteur de 1 635 mm. Elle reprend les codes de la gamme BMW X dans un format de véhicule à vocation polyvalente. Le travail sur l’aérodynamisme permet d’atteindre un coefficient de traînée de 0,24.

L’habitacle a été conçu pour accueillir cinq passagers. Le volume de coffre s’établit à 520 litres et peut atteindre 1 750 litres une fois la banquette arrière rabattue. Un compartiment de 58 litres supplémentaire est intégré à l’avant. Le modèle peut être équipé, en option, d’un crochet d’attelage électrique escamotable.

La iX3 peut être proposée avec la finition M Sport, qui ajoute notamment des éléments extérieurs spécifiques en noir brillant, ainsi que des sièges et un volant de type M à l’intérieur. Le véhicule peut également recevoir le pack d’éclairage extérieur BMW Iconic Glow, qui inclut une calandre illuminée et des séquences lumineuses d’accueil et de départ associées à différents modes d’ambiance.

À l’intérieur, l’organisation du poste de conduite privilégie une présentation épurée, centrée sur le conducteur, tout en visant un confort homogène pour l’ensemble des passagers. La planche de bord dite “flottante”, les surfaces vitrées généreuses et, en option, un toit panoramique avec vitrage à confort thermique contribuent à apporter davantage de lumière dans l’habitacle. La console centrale a été redessinée pour intégrer rangements et commandes de manière simplifiée.

L’interface BMW Panoramic iDrive repose sur le nouveau BMW Operating System X, combinant affichages, gestion de l’éclairage, design sonore et ergonomie dans une logique intégrée. Des sons de conduite et signaux sonores spécifiques ont été développés pour cette nouvelle génération de véhicules, dans le cadre de la ligne Neue Klasse.

Sur le plan mécanique, la BMW iX3 50 xDrive est animée par deux moteurs électriques développant une puissance cumulée de 345 kW (469 ch) et un couple de 645 Nm. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h en 4,9 secondes et une vitesse maximale de 210 km/h. La transmission intégrale électrique associe un moteur synchrone à excitation externe sur l’essieu arrière et un moteur asynchrone compact sur l’essieu avant.

La technologie BMW eDrive de sixième génération s’appuie sur une batterie haute tension à cellules cylindriques et une architecture 800 V. Sur une borne rapide 800 V en courant continu, la iX3 peut, selon les données communiquées, récupérer jusqu’à 372 km d’autonomie en 10 minutes et passer de 10 à 80 % de charge en 21 minutes. En courant alternatif, la puissance de charge atteint 11 kW de série et 22 kW en option. Le modèle propose également des fonctions de charge bidirectionnelle, permettant d’alimenter des équipements externes (Vehicle-to-Load) ou de stocker de l’énergie pour un usage domestique (Vehicle-to-Home).

La commercialisation de la nouvelle BMW iX3 au Maroc est prévue entre avril et mai 2026. Les tarifs annoncés débutent à 765 000 MAD pour la version iX3 xDrive 50 et à 852 000 MAD pour la version iX3 xDrive 50 M Sport. Une borne de recharge 22 kW est annoncée comme étant offerte dans le cadre de cette offre de lancement.

LNT

The post Casablanca : présentation en avant-première de la nouvelle BMW iX3 au Maroc appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Casablanca accueille la première édition de “The 24H Run”, un relais collectif sur 24 heures https://lnt.ma/casablanca-accueille-la-premiere-edition-de-the-24h-run-un-relais-collectif-sur-24-heures/ Mon, 08 Sep 2025 13:01:38 +0000 https://lnt.ma/?p=534080 Les 13 et 14 septembre, le complexe sportif L’Idéal (Bourgogne) abritera “The 24H Run”, premier relais collectif de 24 heures organisé au Maroc. Conçu et co-organisé par Pikala et Bonzai, l’événement bénéficie du soutien de Nike en tant que sponsor officiel, la marque étant distribuée au Maroc par Hudson Morocco. Le format met l’équipe au […]

The post Casablanca accueille la première édition de “The 24H Run”, un relais collectif sur 24 heures appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Les 13 et 14 septembre, le complexe sportif L’Idéal (Bourgogne) abritera “The 24H Run”, premier relais collectif de 24 heures organisé au Maroc. Conçu et co-organisé par Pikala et Bonzai, l’événement bénéficie du soutien de Nike en tant que sponsor officiel, la marque étant distribuée au Maroc par Hudson Morocco.

Le format met l’équipe au centre : douze coureurs par formation se relayeront sans interruption, de midi à midi. L’équipe totalisant la plus grande distance remportera le challenge, assorti d’un chèque de 15.000 dirhams. Destinée aux clubs, associations, entreprises et groupes d’amis, l’épreuve entend conjuguer performance et cohésion. « Nous souhaitons offrir au Maroc une expérience sportive où l’endurance s’exprime en équipe. C’est une première qui associe dépassement de soi et force du collectif », souligne Amal Adyel, cofondatrice de Pikala.

Au-delà de la compétition, l’organisateur annonce une ambiance continue, de jour comme de nuit, rythmée par musique, animations et happenings pour mobiliser le public autour des participants. « Le 24H Run est pensé comme un moment fédérateur pour Casablanca. C’est un projet qui conjugue sport, partage et visibilité pour la scène sportive locale », indique Samia Antari, Partner et directrice générale adjointe de Bonzai.

Les inscriptions sont ouvertes sur le site officiel the24hour-run.ma, où les équipes peuvent s’enregistrer et consulter les modalités de participation et le règlement de l’épreuve. L’organisation précise que la logistique a été pensée pour faciliter la rotation des relayeurs et offrir un cadre sécurisé aux athlètes comme aux spectateurs.

LNT

The post Casablanca accueille la première édition de “The 24H Run”, un relais collectif sur 24 heures appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
3ᵉ édition du Forum du Migrant à Fquih Ben Salah : un appel à renforcer le rôle des MRE dans le développement local et régional https://lnt.ma/3%e1%b5%89-edition-du-forum-du-migrant-a-fquih-ben-salah-un-appel-a-renforcer-le-role-des-mre-dans-le-developpement-local-et-regional/ Wed, 13 Aug 2025 13:50:58 +0000 https://lnt.ma/?p=533438 Dans le cadre de la célébration de la Journée Nationale du Migrant, la province de Fquih Ben Salah a accueilli, les 9, 10 et 11 août 2025, la troisième édition du Forum du Migrant. Un événement organisé en partenariat avec des acteurs civils et institutionnels, sous la supervision du Gouverneur de la province et avec […]

The post 3ᵉ édition du Forum du Migrant à Fquih Ben Salah : un appel à renforcer le rôle des MRE dans le développement local et régional appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Dans le cadre de la célébration de la Journée Nationale du Migrant, la province de Fquih Ben Salah a accueilli, les 9, 10 et 11 août 2025, la troisième édition du Forum du Migrant. Un événement organisé en partenariat avec des acteurs civils et institutionnels, sous la supervision du Gouverneur de la province et avec la participation d’un large éventail de compétences marocaines résidant à l’étranger.

Cette édition a été marquée par la présence de personnalités officielles, dont la Première Vice-Consule générale du Royaume à Milan – Italie, invitée d’honneur de cette Journée Nationale, ainsi que des représentants des services déconcentrés, des associations de la société civile au Maroc et à l’étranger, d’importants opérateurs institutionnels et privés, et de nombreux membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger. Une ambiance qui a illustré la solidité des liens entre la patrie et ses enfants à travers le monde.

Le forum a également rendu hommage à plusieurs figures originaires de la province pour leurs contributions remarquables à l’image du Maroc à l’international, parmi lesquelles Nabila Hamza, athlète marocaine primée en Italie, Dr Saïd El Allam, écrivain et chercheur en pensée et affaires publiques, lauréat du Prix international Katara du roman, Fahd Lamhidher, ingénieur en intelligence artificielle en Allemagne et responsable du pôle IA à l’OCP, Atika Fennoun, première femme marocaine conductrice de bus en Italie, Abdellah Khazraji, directeur d’une société spécialisée dans l’événementiel culturel au profit de la diaspora en Italie, El Hussein Oulbaz, journaliste et producteur international aux États-Unis et fondateur de United Com au Maroc et Mustapha Rkib, vice-président de l’Université Sultan Moulay Slimane et directeur de l’École Supérieure de Technologie de Fquih Ben Salah.

Le programme du forum comprenait une conférence placée sous le thème : « La digitalisation : renforcer les services de proximité destinés aux Marocains du Monde », avec la participation de l’ingénieur Fahd Lamhidher, de l’École Supérieure de Technologie, du Conseil provincial, du Conseil communal, du Conseil régional Béni Mellal-Khénifra et du Centre Régional d’Investissement. Les intervenants ont présenté des projets visant la digitalisation des services publics, afin de simplifier les procédures, encourager l’investissement et rapprocher la diaspora de son pays d’origine, conformément aux politiques publiques nationales.

 

Une seconde conférence a été consacrée au rôle des Marocains du monde dans le développement local et régional, avec la participation de plus de 250 compétences issues de la province, animée notamment par Bouchraoua Boukhroua, Chef des systèmes de données économiques au FMI, aux côtés d’universitaires et de responsables locaux. Les échanges ont permis de répondre à plus de 45 questions soulevées par les membres de la diaspora.

Cette édition a également connu la présence d’une délégation d’investisseurs italiens, intéressés par les opportunités économiques qu’offre la province, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’agro-industrie et des services. Le forum a ainsi constitué un véritable espace de networking, propice à la création de partenariats et à l’identification de projets d’investissement.

Par ailleurs, une visite spéciale a été organisée à la Zaouia Bassiria, en présence du Gouverneur de la province et de membres de la communauté marocaine à l’étranger. Ce moment fort a apporté une dimension spirituelle et culturelle unique à l’événement.

Le programme a également été enrichi par diverses activités sportives et culturelles, telles qu’une course de cross-country, un tournoi de football pour les jeunes, ainsi que des spectacles de fantasia (tbourida) mettant en valeur la richesse du patrimoine marocain.

Des visites de terrain ont également été organisées pour les membres de la diaspora afin de découvrir les projets structurants en cours dans la province, tels que le nouveau bâtiment de l’Institut Supérieur de Technologie, accueillant plus de 1 500 étudiants dans 12 filières, le nouvel hôpital provincial, en phase d’achèvement, ainsi que le Centre d’Ouverture et la zone industrielle de Berradia. Ces visites ont permis de renforcer les liens entre la diaspora et son territoire d’origine, tout en ouvrant des perspectives concrètes de partenariat et d’investissement.

Dans une déclaration au nom du comité d’organisation, les responsables ont souligné que cet événement dépasse la simple commémoration de la Journée Nationale du Migrant pour devenir une plateforme dynamique d’échanges et de réflexion sur les attentes de la diaspora marocaine.

Ils ont également indiqué que plus de 1 400 migrants se sont inscrits à la tente d’accueil mise en place à Fquih Ben Salah en une seule semaine, ce qui confirme l’importance du forum comme espace de dialogue, d’opportunités d’affaires et de soutien à la dynamique économique et sociale du territoire.

HZ

The post 3ᵉ édition du Forum du Migrant à Fquih Ben Salah : un appel à renforcer le rôle des MRE dans le développement local et régional appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Nouvelle vague de chaleur attendue dans plusieurs régions de dimanche à mardi https://lnt.ma/nouvelle-vague-de-chaleur-attendue-dans-plusieurs-regions-de-dimanche-a-mardi/ Sat, 26 Jul 2025 13:51:19 +0000 https://lnt.ma/?p=532940 La Direction générale de la météorologie (DGM) a émis un bulletin d’alerte de niveau de vigilance orange concernant une vague de chaleur qui devrait toucher plusieurs provinces du Royaume entre dimanche 27 juillet et mardi 29 juillet 2025. Selon les prévisions de la DGM, les températures maximales pourraient atteindre entre 45 et 48°C dans plusieurs […]

The post Nouvelle vague de chaleur attendue dans plusieurs régions de dimanche à mardi appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
La Direction générale de la météorologie (DGM) a émis un bulletin d’alerte de niveau de vigilance orange concernant une vague de chaleur qui devrait toucher plusieurs provinces du Royaume entre dimanche 27 juillet et mardi 29 juillet 2025.

Selon les prévisions de la DGM, les températures maximales pourraient atteindre entre 45 et 48°C dans plusieurs provinces du Sud et du Sud-Est du pays, notamment Zagora, Tata, Assa-Zag, Es-Semara, Boujdour, Oued Ed-Dahab et Aousserd. Ces températures, bien au-dessus des normales saisonnières, s’inscrivent dans un contexte de conditions météorologiques marquées par la présence d’un flux continental chaud et sec en provenance du Sud.

En parallèle, un temps chaud est également attendu dans d’autres régions du centre du pays. Ainsi, des températures comprises entre 42 et 44°C sont prévues, les journées de dimanche et lundi, dans les provinces de Fquih Ben Salah, El Kelaa des Sraghna et Marrakech.

La DGM appelle à la prudence, en particulier pour les personnes vulnérables et les populations exposées aux fortes chaleurs, recommandant de limiter les expositions prolongées au soleil, de rester hydraté et de suivre les consignes des autorités locales en cas de pic de température.

LNT

The post Nouvelle vague de chaleur attendue dans plusieurs régions de dimanche à mardi appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Spécial été 2025 – Le Maroc se transforme : SOMMAIRE https://lnt.ma/special-ete-2025-le-maroc-se-transforme-sommaire/ Thu, 24 Jul 2025 15:20:53 +0000 https://lnt.ma/?p=532842 Notre numéro spécial de l’été 2025, consacré cette année à un sujet de fond : la transformation silencieuse mais profonde que connaît le Maroc dans ses structures, ses territoires et ses équilibres sociaux. Dans un monde en recomposition, le Maroc avance, porté par de grandes réformes, des investissements stratégiques et une volonté affirmée de modernisation. […]

The post Spécial été 2025 – Le Maroc se transforme : SOMMAIRE appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Notre numéro spécial de l’été 2025, consacré cette année à un sujet de fond : la transformation silencieuse mais profonde que connaît le Maroc dans ses structures, ses territoires et ses équilibres sociaux.

Dans un monde en recomposition, le Maroc avance, porté par de grandes réformes, des investissements stratégiques et une volonté affirmée de modernisation. Cette édition spéciale entend mettre en lumière cette dynamique de changement, loin des projecteurs conjoncturels, en adoptant une approche lucide, documentée et transversale.

Notre ambition est de donner à voir le Maroc tel qu’il se construit aujourd’hui, dans sa complexité, ses ambitions et ses tensions, en valorisant les initiatives concrètes et les choix stratégiques durables.

SOMMAIRE :

  1. L’arbre et la forêt
  2. Cap Maroc 2030 : Au-delà du foot
  3. Entretien avec Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor, Chef de mission pour le Maroc au FMI: « Le Maroc a su maintenir des cadres économiques solides tout en avançant sur des réformes de fond »
  4. L’investissement tous azimuts, fer de lance de la transformation marocaine
  5. Les chantiers structurants qui dessinent l’économie de 2030 et après
  6. Financer l’investissement massif par une fiscalité efficace, le Maroc récolte les fruits de sa stratégie
  7. Régionalisation avancée: Un levier stratégique pour un Maroc plus équilibré et durable
  8. Entretien avec Mme Oulfa Sennani, Conseillère-experte de la régionalisation avancée: « Nous avons évolué d’un simple atelier annexe à une structure capable d’exporter son savoir-faire »
  9. Concevoir le développement régional le cadre et le fonctionnement des PDR
  10. Bilan des PDR: Des ambitions structurantes face à des défis persistants
  11. Financement des collectivités territoriales sur le marché: Les collectivités territoriales s’orientent vers le financement de marché pour accélérer leur développement
  12. Contrôle des opérations de change: L’Office des Changes engage une mutation stratégique portée par l’IA
  13. Fonds Mohammed VI pour l’Investissement: Une action structurée autour de nouveaux instruments sectoriels et de projets stratégiques
  14. Marché des capitaux, bourse et dettes privées: Le vent en poupe
  15. Financement et investissements : Le système bancaire à la rescousse
  16. Diversification de l’économie, pour trouver de nouveaux leviers de croissance
  17. Eau, climat, environnement : Ces nouvelles batailles locales…
  18. Projets solaires et éoliens, la course à l’énergie verte des industries
  19. Le territoire à grande vitesse: Entre ambition et viabilité
  20. BTP au Maroc, un secteur face à l’impératif d’une modernisation rapide
  21. Logement social : Durable pour qui, et jusqu’à quand ?
  22. Urbanisme et logement : Où en est-on de la ville durable ?
  23. Smart cities, digitalisation : Promesses et angles morts
  24. Tourisme : Réussir la croissance tout en préservant l’authenticité
  25. À mi-chemin entre prudence et audace, la nouvelle Moudawana se précise
  26. Les peines alternatives, un tournant dans la justice pénale marocaine
  27. Assurance santé, retraite : Quelle couverture demain ?
  28. Grands chantiers, petites règles : Le civisme, ce chantier invisible du Maroc qui change!
  29. Le Maroc à deux vitesses : Entre grandes ambitions et réalités contrastées
  30. Culture et sport, quand le Maroc construit son soft power
  31. Les Lions de l’Atlas, véritables ambassadeurs du Royaume
  32. Entretien avec Pr Hassan Habibi, Université Hassan II : “Ce qui touche le monde, ce n’est pas ce qui brille, mais ce qui résonne”

The post Spécial été 2025 – Le Maroc se transforme : SOMMAIRE appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
À mi-chemin entre prudence et audace, la nouvelle Moudawana se précise https://lnt.ma/a-mi-chemin-entre-prudence-et-audace-la-nouvelle-moudawana-se-precise/ Thu, 24 Jul 2025 15:05:25 +0000 https://lnt.ma/?p=532815 L’année 2025 est marquée par la révision du Code de la Famille voulue et exigée par différents horizons de la société marocaine. Mais après des mois d’échanges houleux, mettre en dualité deux courants, celui dit progressiste et les conservateurs, le débat sur ce texte est aujourd’hui au point mort. Alors que sur le plan officiel, […]

The post À mi-chemin entre prudence et audace, la nouvelle Moudawana se précise appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
L’année 2025 est marquée par la révision du Code de la Famille voulue et exigée par différents horizons de la société marocaine. Mais après des mois d’échanges houleux, mettre en dualité deux courants, celui dit progressiste et les conservateurs, le débat sur ce texte est aujourd’hui au point mort.

Alors que sur le plan officiel, le Maroc, un pays musulman, mais aussi un pays qui se veut ouvert, moderne et signataire des Conventions Internationales en matière des Droits de l’Homme, la question de la Moudawana pose en réalité une véritable problématique de fond. Important aussi de souligner que le débat sur la réforme de la Moudawana a coïncidé cette année avec la publication des résultats du RGPH 2024 qui ont révélé d’importants changements introduits dans la société marocaine.

Le Souverain, en sa qualité d’Amir Al Mouminine, n’a toujours pas donné son feu vert, invitant les différents intervenants à rouvrir les discussions et d’informer et communiquer les Marocains sur ses nouveautés.

Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, avait expliqué devant le Roi que le Conseil supérieur des Oulémas a rendu un avis conforme à la majorité des 17 questions soumises dans le cadre de la révision du Code de la famille. Trois de ces questions, liées à la filiation par expertise génétique, à l’abrogation de la règle du Taâsib et à l’héritage entre musulmans et non-musulmans, ne permettent pas d’Ijtihad en raison de textes religieux formels.

Le Conseil a validé plusieurs propositions, notamment la possibilité pour les Marocains résidant à l’étranger de conclure un mariage sans témoins musulmans en cas d’impossibilité, l’attribution de la tutelle légale des enfants à la mère gardienne, ainsi que la reconnaissance du travail de l’épouse au foyer comme contribution au patrimoine familial. Il a également approuvé l’obligation de la Nafaqa (pension alimentaire) dès l’acte de mariage, l’exclusion du logement conjugal de l’héritage, la priorité donnée aux créances des conjoints issues de la communauté de biens, et le maintien de la garde des enfants par la mère divorcée, même après remariage.

La Commission chargée de la Fatwa a répondu favorablement à dix questions concernant, entre autres, l’âge légal du mariage, le droit viager au logement, la Mout’â pour la femme à l’initiative du divorce, ou encore l’égalité des petits-enfants en matière de testament. Trois autres points – la filiation d’un enfant né d’adultère, le testament en faveur d’un héritier non accepté par les autres, et l’abrogation du Taâsib en cas d’héritage par des filles seules – ont été traités par des solutions alternatives conformes à la Charia.

Mais du côté des féministes, le raisonnement est autre. Ainsi, la Coalition Féminine pour un Code de la Famille basée sur l’égalité et la dignité qui est une organisation qui regroupe une panoplie de féministes, de militantes associatives et partisanes et autres juristes, souligne la nécessité d’une lecture éclairée conformément aux valeurs de la modération et de la diligence ouverte et constructive.

La Coalition note l’absolue nécessité de répondre à la lumière des changements découlant du développement de la société marocaine et de la capacité des décisions de la Charia à s’adapter à la réalité et aux besoins de la société.

Elle tient ainsi à affirmer la volonté du pays de consacrer clairement l’État de Droit et les institutions en désignant le Conseil Suprême des Oulémas, qui est l’organe compétent pour émettre des Fatwas, afin de fermer la porte à toutes les enchères politiques qui sont enveloppées dans la religion, en particulier lorsqu’il s’agit des questions féminines.

Comme on le voit donc, la prochaine nouvelle Moudawana reste entourée de trois principales perceptions. La première est celle des féministes dont la principale revendication est une refonte globale du Code pour une législation loin de tout esprit patriarche, tout en rompant avec la notion de la Kiwama qui caractérise les rapports homme/femme dans le cadre conjugal et qui constitue la référence de base régissant de nombreuses lois, notamment le Code de la Famille, le code pénal, le code de l’état civil, le code de la nationalité et la loi de la kafala.

La révision escomptée, à leur niveau, ne devrait pas se concerner uniquement le code de la Famille, mais toutes les lois notamment celles contenues dans le code pénal, qui comporte plusieurs articles relatifs à la condition de la femme, en l’occurrence, l’avortement, la violence et les libertés individuelles, ou encore autres lois liées à l’adoption, l’état civil, l’héritage. En somme, ces milieux ne cessent d’appeler à une Moudawana civique inscrite dans la logique des conventions internationales ratifiées par le Maroc en matière des Droits de l’Homme. Autrement dit et pour aller de l’avant, les féministes estiment que la levée de la sacralité du Fiqh sur la Moudawana est fondamentale.

Du côté du clan des conservateurs, la famille marocaine est une ligne rouge et pas question de toucher aux constantes des valeurs islamiques de la famille marocaine, car cela risque d’avoir un terrible impact sur la cohésion sociale.

Du côté officiel, la position d’Imarat Al Mouminine ne relève guère de l’ambiguïté. Dès le début, le Souverain a bien voulu démontrer à tous qu’il n’est point question, en tant que Commandants des Croyants, de halaliser un Haram ou Haramiser un Halal.

Autrement dit, les Oulémas ont toujours du pain sur la planche, compte tenu de cette multitude des zones rouges qui entourent une Moudawana à la marocaine.

 

Hassan Zaatit

The post À mi-chemin entre prudence et audace, la nouvelle Moudawana se précise appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Financement et investissements : Le système bancaire à la rescousse https://lnt.ma/financement-et-investissements-le-systeme-bancaire-a-la-rescousse/ Thu, 24 Jul 2025 15:04:40 +0000 https://lnt.ma/?p=532795 Le Maroc se transforme comme l’affirme le thème de ce spécial thématique de La Nouvelle Tribune ! Pour ce faire, ce sont de très nombreux projets qui sont annoncés voire déjà engagés avec des investissements qui se comptent en milliards de dirhams. Pour évaluer la capacité du pays à financer ces derniers, un banquier de […]

The post Financement et investissements : Le système bancaire à la rescousse appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le Maroc se transforme comme l’affirme le thème de ce spécial thématique de La Nouvelle Tribune ! Pour ce faire, ce sont de très nombreux projets qui sont annoncés voire déjà engagés avec des investissements qui se comptent en milliards de dirhams.

Pour évaluer la capacité du pays à financer ces derniers, un banquier de la place propose d’en répartir la somme sur les 5 prochaines années qui nous séparent de 2030, date fixée pour leur réalisation, imposant ainsi un rythme en pourcentage de PIB chaque année.

La capacité de l’épargne nationale à faire face à ces énormes investissements est insuffisante.  Celle-ci, collectée et détenue par les OPCVM, les OPCI, les compagnies d’assurances et les caisses de retraite, avoisinerait le millier de milliards de dirhams. Elle suffisait à peine au financement du rythme précédent des investissements et ne peut en supporter plus.

De même, l’État de son côté, ne pouvant plus se permettre de creuser son déficit, limite son budget d’investissements.

Différentes sources de financement sont utilisées pour faire face à ces investissements, ils sont publics-privés, du marché des capitaux, mais aussi des investisseurs étrangers en direct dans des projets économiques d’importance pour le Maroc.

C’est le cas par exemple du programme stratégique porté par Nareva – Taqa – ONEE – FM6, qui porte sur 130 milliards de dirhams, qui vient d’être lancé avec les Émirats pour renforcer la souveraineté énergétique et hydrique par le développement du dessalement et de l’énergie renouvelable du Maroc d’ici 2030. Les financements extérieurs, par transfert d’épargne étrangère vers le Maroc, constituent une nouvelle solution de financement pour accompagner la stratégie d’investissements du Maroc. Il s’apparente aux sorties de l’État sur les marchés de capitaux internationaux, auxquels seul l’OCP peut aussi recourir.

Aussi, face aux très importants besoins de financement d’investissements qui s’imposent pour réaliser les nouveaux projets, certains outils de financement existants ont été réactivés comme les émissions de dette privée qui ont connu une explosion depuis 2024 passant de 30 à 100 MMDHS entre 2023 et 2024 sur le marché des capitaux occupant même une place qui était vide, celle de la dette non-cotée.

Toutefois, dans ce nouveau contexte d’explosion de projets et de recherche de mode de financement nouveau, le système bancaire n’est pas en reste. Il joue pleinement son rôle et reste un acteur important dans les financements des gros investissements. Preuve en est que les crédits d’investissements, restés longtemps stagnants ont augmenté de 20 % en 2024 et explosent ce premier semestre 2025. D’abord les banques participent beaucoup au financement des entreprises publiques parce qu’il s’agit de projets à caractère national.

Et, tout particulièrement, elles sont fortement sollicitées pour les financements structurels depuis 2024 qui a marqué pour elles un tournant. De fait elles ont mis en place des co-financement pour les grands projets, mettant ainsi en avant une de leurs principales spécialités.

Ce, en fonction de la taille de chaque projet et des capacités de chaque banque, parce qu’elles sont tenues par des ratios de division des risques. Sachant qu’une logique de diversification du risque fait partie du métier de banquier, pour éviter une trop grande concentration. Et, elles sont parties prenantes du financement de tous les secteurs et pas des moindres, comme le dessalement, l’hydrogène vert, le tourisme, le textile, les infrastructures urbaines et de transports, CAN 2025 et Mondial 2030, le plan de l’ONDA, d’ADM, de la RAM, de l’ONHYM à horizon 2030 etc… Les consortiums bancaires sont forts pour étudier la proportion entre le financement des porteurs de projets et leur endettement, afin d’une part de minimiser le risque et d’autre part d’en intégrer le coût.

Le système bancaire est ainsi bel et bien mobilisé pour combler l’insuffisance de l’épargne nationale dans le financement des grands projets d’investissements actuels. Il est reconnu comme un mode de financement traditionnel basé sur des fondamentaux solides même si dans les circonstances actuelles, il ne se suffit plus à lui-même…

 

Afifa Dassouli

The post Financement et investissements : Le système bancaire à la rescousse appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor, Chef de mission pour le Maroc au FMI: « Le Maroc a su maintenir des cadres économiques solides tout en avançant sur des réformes de fond » https://lnt.ma/entretien-avec-madame-laura-isabel-jaramillo-mayor-chef-de-mission-pour-le-maroc-au-fmi-le-maroc-a-su-maintenir-des-cadres-economiques-solides-tout-en-avancant-sur-des-reformes-de-fond/ Thu, 24 Jul 2025 15:03:54 +0000 https://lnt.ma/?p=532770 Le Maroc est réputé être un « bon élève » du FMI, et inversement le FMI est d’un grand soutien financier pour le Maroc ! De cette affirmation, on peut déduire tout particulièrement que le FMI protège le Maroc des chocs extérieurs par les lignes de crédit qu’il lui accorde, dont celle dite modulable accordée […]

The post Entretien avec Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor, Chef de mission pour le Maroc au FMI: « Le Maroc a su maintenir des cadres économiques solides tout en avançant sur des réformes de fond » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le Maroc est réputé être un « bon élève » du FMI, et inversement le FMI est d’un grand soutien financier pour le Maroc ! De cette affirmation, on peut déduire tout particulièrement que le FMI protège le Maroc des chocs extérieurs par les lignes de crédit qu’il lui accorde, dont celle dite modulable accordée en 2024 de 4,5 milliards de dollars qui garantit indirectement les sorties du Maroc à l’international et lui permettra d’en faire 2 en 2025 pour renflouer ses réserves en devises et alléger l’endettement du Trésor sur le marché marocain qui est de plus en plus sollicité comme nous le démontrons dans ce numéro spécial. Mais pourquoi le FMI est-il si proche du Maroc, quelles sont les raisons de son intérêt poussé pour notre pays ? Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor, Chef de mission pour le Maroc au FMI, répond à nos questions dans l’interview ci-dessous.

 

Madame, Jaramillo Mayor, comment la Ligne de Crédit Modulable de 4,5 milliards de dollars que le FMI a accordé récemment au Maroc, est-elle destinée à soutenir le pays et l’aider dans ses efforts de réforme ?

Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor : L’économie du Maroc a fait preuve de résilience face aux chocs récents, y compris la pandémie mondiale, les retombées de la guerre de la Russie en Ukraine, le tremblement de terre de 2023 et la grave sécheresse qui le touche. Aujourd’hui encore, le Maroc est exposé à une incertitude mondiale élevée et à des risques externes affirmés. Dans ce contexte, la ligne de Crédit Modulable (LCM) de 4,5 milliards de dollars du FMI offre au Maroc une protection solide contre des chocs externes éventuels tout en renforçant la confiance des investisseurs pendant une période de risques accrus. Elle soutient ainsi les efforts de réformes du Maroc en faveur de politiques et réformes vigoureuses visant une croissance plus résiliente, inclusive, plus verte qui devrait être de plus en plus tirée par le secteur privé.

 

Comment le FMI contribue-t-il au développement du plan stratégique « Maroc 2030 » qui vise la transformation de son l’économie et qui se concrétise par des investissements colossaux ?

Le FMI entretient un partenariat étroit et constructif avec les autorités marocaines. À travers une surveillance régulière, un dialogue continu sur la politique économique et des assistances techniques, le FMI soutient le programme de réformes du Maroc au sens large. Nos conseils politiques et notre assistance technique ont permis de renforcer les politiques et les cadres institutionnels du Maroc, dans le but de favoriser une croissance plus résiliente. Bien sur notre soutien par le biais de la Ligne de Crédit Modulable renforce la résilience économique du Maroc. De plus, notre soutien par le biais de la Facilité Pour la Résilience et la Durabilité (FRD), programme récemment achevé totalisant 937,5 milliards de DTS, a contribué aux réformes structurelles pour renforcer la résilience climatique, la gestion de l’eau, la libéralisation du marché de l’électricité afin d’augmenter la production d’énergie renouvelable, et le financement vert, soutenant ainsi les objectifs du Nouveau Modèle de Développement.

Le FMI évalue régulièrement les politiques économiques et financières ainsi que les réformes de tous les pays membres, y compris le Maroc, dans le cadre des consultations de l’Article IV. Cette surveillance couvre les principaux domaines de réforme pour soutenir une croissance durable, y compris les politiques fiscales, monétaires et du secteur financier, ainsi que les réformes structurelles visant à améliorer le climat des affaires, les marchés du travail, la protection sociale et la résilience climatique.

 

Dans le cadre de la dernière consultation de l’Article IV de 2025, quelle est l’évaluation du FMI des progrès réalisés par notre pays ? Quelles recommandations a-t-il formulées pour améliorer l’agenda de réformes structurelles ?

Une analyse du FMI simulant les effets des réformes structurelles présentées dans le Nouveau Modèle de Développement du Maroc a révélé que les réformes en matière de protection sociale et des soins de santé, de l’éducation, du marché des produits (y compris la réforme des entreprises publiques), et de la gouvernance auraient un impact significatif sur la production à long terme du Maroc .

Dans le cadre de la consultation de l’Article IV de 2025, le FMI s’est félicité des politiques et des cadres très solides du Maroc, qui ont soutenu la stabilité macroéconomique et avancé les réformes structurelles. Le FMI a également salué l’élan réformiste dans des domaines tels que la protection sociale et l’éducation, tout en encourageant des progrès supplémentaires en matière de développement du secteur privé, et réforme du marché du travail, des entreprises publiques et de la gouvernance publique.

Par ailleurs, le Maroc est impacté par des défis liés au climat, tels que la carence d’eau. Les réformes pour combattre cette carence, mettre en œuvre un cadre réglementaire qui incite la production et l’utilisation de l’énergie renouvelable, et aborder les risques climatiques dans le système financier – soutenus par l’arrangement FRD – ont également été soulignés comme essentiels pour la viabilité à long terme. Le FMI est convaincu que la mise en œuvre de réformes structurelles bien conçues pourrait avoir des effets significatifs sur la croissance potentielle et permettre au Maroc d’atteindre un statut de revenu plus élevé à moyen et long terme.

 

Comment le FMI voit-il la vague d’investissements très importants mis en œuvre par le Maroc, est-elle soutenable du point de vue budgétaire ? Se concrétisera-t-elle par une création d’emplois ?

Les grands projets prévus dans l’infrastructure et en vue de la Coupe du Monde en 2030 aideront à soutenir le dynamisme de l’économie à moyen terme, comme note le dernier rapport du FMI dans le cadre des consultations de l’Article IV de 2025. Favoriser davantage la création d’emplois nécessite une stratégie multidimensionnelle, allant de la formation professionnelle, aux investissements en milieu rural et la facilitation à l’insertion au marché de travail (e.g., accès à la garde des enfants). La récente feuille de route pour l’emploi est un pas dans la bonne direction. Pour aider à renforcer l’emploi des jeunes, des femmes et des zones rurales, les politiques actives du marché du travail et la formation doivent être redirigées vers les besoins spécifiques du marché du travail marocain aux niveaux régionaux. De plus, un secteur privé dynamique est essentiel à la croissance économique et à la création d’emplois.

Dans ce contexte, le FMI se félicite des réformes prévues par la Charte de l’Investissement et le Fonds Mohammed VI, qui devraient catalyser les investissements privés. En particulier, le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) qui est renforcé par des programmes mieux ciblés, l’autonomisation des centres régionaux d’investissement (CRI) et le dispositif récemment adopté pour les PME dans le cadre de la Charte de l’Investissement. Le FMI encourage également à compléter le financement des PME par une assistance technique visant à structurer des plans d’investissement viables.

 

Pour conclure, Mme Jaramillo Mayor, qu’en est-il de la stabilité financière du pays, notamment en termes de discipline budgétaire ?

En matière de stabilité, le Maroc a constamment maintenu la viabilité budgétaire, avec un engagement à continuer de réduire progressivement les déficits et la dette par rapport au PIB. Nous encourageons les autorités à continuer de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires pour assurer une protection plus forte contre les risques, notamment en augmentant encore les recettes et en rationalisant les dépenses publiques.

 

Propos recueillis par Afifa Dassouli

The post Entretien avec Madame Laura Isabel Jaramillo Mayor, Chef de mission pour le Maroc au FMI: « Le Maroc a su maintenir des cadres économiques solides tout en avançant sur des réformes de fond » appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Entretien avec Pr Hassan Habibi, Université Hassan II : “Ce qui touche le monde, ce n’est pas ce qui brille, mais ce qui résonne” https://lnt.ma/entretien-avec-pr-hassan-habibi-universite-hassan-ii-ce-qui-touche-le-monde-ce-nest-pas-ce-qui-brille-mais-ce-qui-resonne/ Thu, 24 Jul 2025 15:02:29 +0000 https://lnt.ma/?p=532829 Dans un monde où l’image des nations se façonne autant par leurs productions culturelles que par leurs stratégies de communication, le Maroc s’interroge sur le récit qu’il souhaite construire au-delà de ses frontières. Pour en comprendre les enjeux, La Nouvelle Tribune s’est entretenue avec Hassan Habibi, professeur-chercheur en sciences de l’information et du langage, spécialisé […]

The post Entretien avec Pr Hassan Habibi, Université Hassan II : “Ce qui touche le monde, ce n’est pas ce qui brille, mais ce qui résonne” appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Dans un monde où l’image des nations se façonne autant par leurs productions culturelles que par leurs stratégies de communication, le Maroc s’interroge sur le récit qu’il souhaite construire au-delà de ses frontières. Pour en comprendre les enjeux, La Nouvelle Tribune s’est entretenue avec Hassan Habibi, professeur-chercheur en sciences de l’information et du langage, spécialisé dans les politiques culturelles et les médias. Il dirige le master en journalisme culturel, ainsi que le laboratoire multidisciplinaire « Lemérage » au sein de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ain Chock de l’Université Hassan II de Casablanca. Il évoque ici les dynamiques identitaires actuelles, le rôle des médias, la place des jeunes et des plateformes numériques, ainsi que les défis d’un récit national inclusif et durable.

 

La Nouvelle Tribune : Aujourd’hui, on parle beaucoup de “récit national” ou de “récit de marque pays”. Selon vous, quel récit le Maroc cherche-t-il à faire émerger à l’international?

Pr Hassan Habibi : Parler de récit national n’est jamais neutre : c’est une construction narrative guidée par des choix de mémoire et de représentativité. Le Maroc s’emploie aujourd’hui à projeter une image à la fois ancrée dans son histoire et résolument ouverte, valorisant sa richesse linguistique, culturelle et géographique. Cette pluralité fonde une marocanité assumée, composite, en dialogue avec le monde. Mais cette narration n’est plus seulement institutionnelle. Des initiatives citoyennes, comme la campagne « Tamaghrabit » (« Marocanité »), portée par de jeunes Marocains au Maroc et dans la diaspora, participent à construire des récits culturels vivants, diffusés sur les réseaux sociaux. Ces voix nouvelles redéfinissent l’identité marocaine contemporaine avec audace, créativité et humour. Le défi est aujourd’hui de faire coexister ces expressions multiples dans une narration ouverte, inclusive et fidèle à la complexité du pays.

 

Quel rôle les médias marocains ont-ils à jouer dans cette construction identitaire tournée vers l’extérieur ?

Les médias marocains ont un rôle clé dans cette construction identitaire, mais leur impact reste limité par la prédominance de discours formatés ou superficiels. Trop souvent tournés vers l’institutionnel ou l’événementiel, ils peinent à porter des récits profonds, ancrés, et à donner la parole aux voix créatives issues des marges. Pour peser dans ce chantier, ils doivent traiter la culture non comme une vitrine, mais comme un espace de sens, de mémoire et de débat. Ils ont une responsabilité éthique à renforcer la narration de fond et à être des passeurs entre la diversité du réel et sa représentation à l’international.

 

Quel regard portez-vous sur la manière dont les plateformes numériques influencent ce récit culturel ?

Les plateformes numériques jouent un rôle de plus en plus central dans la production du récit culturel marocain, mais leur impact est profondément ambivalent. D’un côté, elles ouvrent des espaces d’expression inédits, notamment pour la jeunesse et la diaspora, en permettant l’émergence de récits plus libres, plus audacieux et souvent plus représentatifs de la pluralité réelle du pays. Ce sont parfois des lieux d’inventivité et de reconquête culturelle. Mais d’un autre côté, ces plateformes sont dominées par des logiques commerciales – viralité, émotion rapide, clash – qui favorisent les contenus les plus bruyants au détriment des plus profonds. Cette dérive devient particulièrement préoccupante lorsque des institutions publiques, au lieu de contrebalancer ces tendances, s’y alignent en valorisant des figures superficielles et en reléguant au second plan la création exigeante, le patrimoine, la réflexion critique. On assiste ainsi à une forme de désinstitutionalisation du discours culturel, remplacé par une agitation numérique parfois vide de sens. Pour éviter que ces plateformes ne deviennent des vitrines de vacuité, il est urgent de soutenir des formes culturelles numériques qui allient liberté, exigence et ancrage. Une narration culturelle digne de ce nom ne peut se construire sur des algorithmes seuls.

 

Quelle place à l’université marocaine, et notamment les formations en journalisme culturel, dans ce chantier ?

Dans un paysage saturé par l’instantanéité et la glorification de figures superficielles, l’université demeure l’un des rares lieux où la culture peut encore être pensée en profondeur, replacée dans son histoire, interrogée dans sa complexité. Elle a la responsabilité d’assumer pleinement sa fonction de vigie critique du récit national, en formant des professionnels capables d’allier rigueur intellectuelle et innovation médiatique. L’université marocaine – et en particulier les filières de journalisme culturel – joue à ce titre un rôle stratégique : celui de forger des esprits aptes à analyser, contextualiser et mettre en débat la production culturelle, bien au-delà de la simple reproduction médiatique.

 

Quelles limites ou quels risques voyez-vous à une stratégie trop contrôlée du récit national à l’étranger ?

Un récit verrouillé finit toujours par sonner faux. Il marginalise les voix critiques, masque les tensions sociales et produit une image artificielle, sans adhésion réelle. Le risque est double : perte de crédibilité à l’international et appauvrissement symbolique à l’interne. Certaines orientations récentes, fondées sur la visibilité à tout prix, illustrent ce danger : la culture est alors traitée comme un outil de communication, non comme une matrice de sens. Pour construire un récit national fort, il faut accepter la diversité des voix, la conflictualité des mémoires et les expressions qui dérangent autant que celles qui rassemblent.

 

Enfin, selon vous, comment le Maroc peut-il mieux faire entendre sa voix culturelle dans les débats mondiaux ?

Le Maroc ne gagnera pas à exporter une image figée de lui-même, mais à faire entendre la voix profonde de sa pluralité. Cela suppose d’investir dans des œuvres qui traversent le temps, des idées qui interrogent, des scènes ouvertes et des voix libres, capables d’exprimer à la fois fierté et complexité. Ce qui touche le monde, ce n’est pas ce qui brille, mais ce qui résonne. Et une culture ne résonne véritablement que lorsqu’elle est habitée, habitante, et pleinement consciente de ses tensions et de ses héritages.

 

Propos recueillis par Soufia Khabbouch

The post Entretien avec Pr Hassan Habibi, Université Hassan II : “Ce qui touche le monde, ce n’est pas ce qui brille, mais ce qui résonne” appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Les Lions de l’Atlas, véritables ambassadeurs du Royaume https://lnt.ma/les-lions-de-latlas-veritables-ambassadeurs-du-royaume/ Thu, 24 Jul 2025 15:01:49 +0000 https://lnt.ma/?p=532827 Aujourd’hui encore plus que jamais, grâce au ballon rond et à travers notamment les succès réalisés ces dernières années par les Lions de l’Atlas, les Lionnes, les Lionceaux et bien d’autres clubs de la Botola, le Maroc arrive à se positionner comme il se doit aussi bien sur le plan africain que mondial. Un ensemble […]

The post Les Lions de l’Atlas, véritables ambassadeurs du Royaume appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Aujourd’hui encore plus que jamais, grâce au ballon rond et à travers notamment les succès réalisés ces dernières années par les Lions de l’Atlas, les Lionnes, les Lionceaux et bien d’autres clubs de la Botola, le Maroc arrive à se positionner comme il se doit aussi bien sur le plan africain que mondial. Un ensemble d’acquis, grâce au foot bien entendu, qui lui a offert considération régionale et continentale et lui a permis d’avancer sur un ensemble de dossiers diplomatiques de premier plan. Loin de là. L’exploit footbalistique marocain se veut un véritable « Soft Power » qui ne peut en aucun cas être sous-estimé eu égard sa contribution au rayonnement du Maroc.

 

Ainsi et comme on le voit sur le plan diplomatique, et que certains le veuillent ou non, la forte mobilisation de la FRMF au niveau des instances footballistiques africaines a fini par chambouler les calculs des uns et des autres.

Sur ce registre, on note dans un premier lieu l’élection du Président de la FRMF Faouzi Lakjaa au Comité Exécutif de la CAF et de la FIFA qui a très bien placé le Maroc sur l’échiquier footballistique mondial. Très vite, le Maroc a parvenu à réformer les statuts de la CAF pour faire avorter toute tentative des milices du Polisario de participer dans des compétitions continentales. Voté à l’unanimité, l’amendement de l’article 4 interdit expressément à tout pays non membre de l’ONU d’être admis au sein de la CAF.

A souligner aussi qu’en quelques années, le Maroc est devenu de plus en plus le carrefour des différents événements, meetings, sommets et autres congrès sportifs de haut niveau sur le plan africain. On rappelle à ce niveau la tenue de la CHAN 2019,  la CAN Futsal 2020, la CAN féminine 2022, la CAN féminine 2024, la CAN 2025 tant attendue en décembre prochain ou encore la Coupe du Monde en 2030.

En décembre 2023, la cérémonie de remise des récompenses du football africain, les CAF Awards 2023, a eu lieu à Rabat, un événement réussi qui a vu le Sénégalais Sadio Mané et la Nigériane Asisat Oshoala sacrés meilleur joueur et meilleure joueuse.

De là on comprend que le Maroc constitue aujourd’hui pour la CAN l’espace idéal, pour ne pas dire le plus sûr, pour l’organisation de ses grands événements et au-delà son espace incontournable pour peaufiner ses stratégies et ses desseins !

Terre de foot ? Le Maroc l’est sans aucun doute ! En effet, il est important de rappeler aussi le nombre de légendes du foot qui sont habitués à répondre à l’invitation du Maroc pour animer des matchs de Gala, notamment à Laâyoune dont certains se sont reconverties en dirigeants politiques dont l’Ivoirien de Chelsea Didier Drogba, médiateur-clé dans la crise politique en Côte d’Ivoire en 2005, Georges Weah, Président du Liberia depuis décembre 2017, ou encore le Romario, devenu une figure de la droite brésilienne depuis 2009, ainsi que le grand Diégo Maradona.

Dans la même lancée, on se rappelle également qu’en plein sommet USA-Afrique, le patron de la Maison Blanche de l’époque Joe Biden, lui, n’avait pas voulu rater la demi-finale Maroc-France, en regardant le match en compagnie avec la délégation marocaine présidée par le Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch. La symbolique fut certainement grande, illustrant encore fois le rôle du ballon rond dans l’espace diplomatique.

Autrement dit, le succès historique du Maroc à Doha reste une opportunité indéniable et une occasion idoine à même de booster le « Made in Morocco », et d’accélérer le développement économique du pays et de le promouvoir en tant que destination touristique de premier ordre. Le « Nation Branding » pratiqué par les dirigeants marocains de la chose footballistique a permis toutefois de forger l’image d’un partenaire de confiance et celle d’un pays attractif en matière d’investissement.

Et sur un autre registre, le succès des Lions de l’Atlas a offert au Maroc une aura internationale à ne point sous-estimer, faisant de lui un idéal messager des valeurs humaines, de la paix, de la modernité et de la coexistence entre les peuples.

Comme on le voit donc, il s’agit d’une forme de « soft power » qui s’articule, à travers le foot, autour de la persuasion et l’influence. Visiblement, le Maroc a de ce fait bien joué le jeu !

 

Hassan Zaatit

The post Les Lions de l’Atlas, véritables ambassadeurs du Royaume appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Culture et sport, quand le Maroc construit son soft power https://lnt.ma/culture-et-sport-quand-le-maroc-construit-son-soft-power/ Thu, 24 Jul 2025 15:01:25 +0000 https://lnt.ma/?p=532825 Dans un monde où l’influence ne se mesure plus uniquement en puissance militaire ou économique, le Maroc mise sur une autre forme de rayonnement : le soft power. À travers la culture, les arts et le sport, le Royaume tisse une présence internationale dynamique, valorise son image et consolide ses partenariats. Cette stratégie, discrète mais […]

The post Culture et sport, quand le Maroc construit son soft power appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Dans un monde où l’influence ne se mesure plus uniquement en puissance militaire ou économique, le Maroc mise sur une autre forme de rayonnement : le soft power. À travers la culture, les arts et le sport, le Royaume tisse une présence internationale dynamique, valorise son image et consolide ses partenariats. Cette stratégie, discrète mais efficace, reflète une vision d’avenir dans laquelle l’identité marocaine s’exporte par le talent, la créativité et la performance.

 

Une diplomatie culturelle en pleine expansion

Depuis plusieurs années, la culture s’est imposée comme un axe central de la diplomatie marocaine. Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, l’a rappelé à l’occasion des Atlantic Dialogues : « La culture est un outil puissant de rayonnement et d’influence. » Ce positionnement repose sur la conviction que le patrimoine, les traditions, mais aussi la production artistique contemporaine peuvent renforcer la position du Royaume sur l’échiquier régional et mondial.

Les représentations diplomatiques marocaines à l’étranger jouent un rôle actif dans cette dynamique. Expositions, semaines culturelles, projections de films, débats intellectuels : les ambassades ne sont plus seulement des relais politiques, mais aussi des vitrines de la culture marocaine. Selon le ministère des Affaires étrangères, plus de 150 événements culturels sont soutenus chaque année à l’étranger, témoignant d’un engagement concret en faveur d’une diplomatie d’influence.

 

L’art comme miroir d’un Maroc pluriel

Le Maroc s’appuie également sur le dynamisme de sa scène artistique pour nourrir son influence douce. Festivals de musique, biennales d’art contemporain, salons du livre et de la bande dessinée participent à la diffusion d’une culture marocaine vivante, entre tradition et innovation. Le Festival international du film de Marrakech, par exemple, est devenu un rendez-vous majeur du cinéma africain et arabe, attirant des cinéastes, des critiques et des producteurs du monde entier.

Dans le domaine musical, les artistes marocains s’imposent progressivement comme des figures reconnues sur la scène internationale. Grâce aux plateformes numériques comme Spotify, YouTube ou Apple Music, une nouvelle génération de musiciens touche un public mondial. En 2023, ElGrandeToto cumulait plus de 135 millions de streams sur Spotify, écouté dans 180 pays. D’autres noms comme Manal, Nouamane Belaiachi ou Dizzy DROS confirment cette dynamique portée par une jeunesse urbaine connectée et fière de ses racines.

Ces artistes ne sont pas seulement des créateurs : ils deviennent des ambassadeurs culturels. En intégrant des éléments du patrimoine marocain (rythmes chaâbi, langues amazighes, esthétique gnawa) dans des sons contemporains, ils exportent une identité plurielle et inclusive. Leur influence dépasse les frontières et participe à renouveler l’image du Maroc dans l’imaginaire collectif mondial.

Le sport, une vitrine mondiale

Parallèlement à l’effervescence artistique, le sport et en particulier le football constitue un autre pilier essentiel du soft power marocain. La performance historique des Lions de l’Atlas lors de la Coupe du monde 2022, en atteignant les demi-finales, a fait du Maroc le porte-étendard d’un football africain conquérant et discipliné. Cet exploit a non seulement fédéré les Marocains autour d’un sentiment de fierté nationale, mais il a également renforcé la visibilité du pays à l’échelle planétaire.

Des joueurs comme Achraf Hakimi ou Yassine Bounou sont devenus des figures emblématiques non seulement du football, mais aussi d’une jeunesse engagée, humble et performante. Leur popularité dépasse largement les terrains : ils sont suivis par des millions de fans sur les réseaux sociaux, apparaissent dans des campagnes de grandes marques, et incarnent un Maroc moderne, capable de rivaliser avec les plus grandes nations.

Le Maroc accueillera fin 2025 la Coupe d’Afrique des Nations, réunissant 24 équipes nationales, avant de coorganiser la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Plusieurs matchs auront lieu sur le sol marocain, dont l’un des matchs d’ouverture. Ces événements renforcent la place du Royaume comme acteur clé du sport mondial et promoteur d’une image dynamique, stable et ouverte.

 

Une convergence entre culture populaire et politique d’État

Ce qui distingue la stratégie marocaine, c’est sa capacité à articuler les actions institutionnelles avec les dynamiques populaires. Les autorités ne cherchent pas à contrôler l’image du pays à l’étranger, mais à accompagner et amplifier les élans venus du terrain : ceux des artistes, des influenceurs, des sportifs, des entrepreneurs culturels.

Ainsi, le ministère de la Culture soutient activement la production artistique nationale, subventionne des tournées à l’étranger, finance des résidences, et accompagne la diffusion numérique. De même, les partenariats avec Spotify ou les plateformes internationales renforcent la professionnalisation du secteur musical marocain. En 2022, environ 600 millions de dirhams ont été consacrés au soutien de la culture, qui représente près de 1,5 % du PIB national.

Dans ce contexte, les figures culturelles et sportives deviennent les nouveaux symboles d’un Maroc jeune, ambitieux et globalisé. Elles offrent un contre-récit à une image parfois figée ou folklorisée, et participent à écrire un discours contemporain sur l’identité marocaine.

 

Une influence douce, mais réelle

Loin d’une logique d’imposition, le soft power marocain repose sur l’adhésion. En valorisant ses talents, ses créateurs et ses athlètes, le Maroc attire, inspire et fédère. La culture et le sport deviennent ainsi les vecteurs d’une diplomatie moderne, en phase avec les attentes d’un monde interconnecté.

Dans un environnement international de plus en plus concurrentiel, le Royaume semble avoir compris que la force d’un pays ne réside pas uniquement dans ses ressources naturelles ou militaires, mais aussi et surtout dans sa capacité à faire rêver, dialoguer et transmettre.

 

Soufia Khabbouch

 

The post Culture et sport, quand le Maroc construit son soft power appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le Maroc à deux vitesses : Entre grandes ambitions et réalités contrastées https://lnt.ma/le-maroc-a-deux-vitesses-entre-grandes-ambitions-et-realites-contrastees/ Thu, 24 Jul 2025 15:00:55 +0000 https://lnt.ma/?p=532823 Le 9 juillet dernier, les habitants de la vallée d’Aït Bouguemez, située dans la province reculée d’Azilal, ont entrepris une marche de protestation symbolique vers Azilal, couvrant des dizaines de kilomètres à pied pour alerter les autorités sur leurs conditions de vie précaires. Ce cri du cœur mettait en lumière la réalité d’un Maroc souvent […]

The post Le Maroc à deux vitesses : Entre grandes ambitions et réalités contrastées appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le 9 juillet dernier, les habitants de la vallée d’Aït Bouguemez, située dans la province reculée d’Azilal, ont entrepris une marche de protestation symbolique vers Azilal, couvrant des dizaines de kilomètres à pied pour alerter les autorités sur leurs conditions de vie précaires. Ce cri du cœur mettait en lumière la réalité d’un Maroc souvent oublié, loin des grands axes médiatiques et politiques. Routes impraticables, absence flagrante de services sociaux de base, infrastructures vétustes et exode rural massif ont constitué l’essence de leurs revendications.

Cette marche est le reflet d’une fracture profonde qui divise aujourd’hui le pays : d’un côté, des régions urbaines telles que Casablanca, Rabat, Tanger et Marrakech qui monopolisent les investissements, les grands projets d’infrastructure et les opportunités économiques ; de l’autre, des zones rurales et semi-rurales laissées pour compte, condamnées à un isolement économique et social chronique.

L’illusion d’une modernité accessible à tous, propagée par une politique de grands travaux et de projets digitaux ambitieux, masque en réalité d’importantes disparités socio-économiques. En témoigne le récent scandale lié à la fuite massive des données de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Ce fiasco digital a exposé au grand jour les faiblesses structurelles d’une administration numérique déployée à grande vitesse mais sans une sécurisation adéquate, affectant directement des millions de citoyens marocains, souvent parmi les plus vulnérables.

Par ailleurs, si l’urbanisation rapide des grandes métropoles est souvent vantée comme un signe de progrès, elle cache une réalité bien moins reluisante. Certes, Casablanca, Rabat ou Tanger disposent d’infrastructures nouvelles telles que des tramways et des autoroutes modernes, mais cela ne suffit pas à masquer les insuffisances flagrantes en matière de mobilité urbaine. Les embouteillages interminables et l’absence de transports publics efficaces poussent les citoyens vers un recours au transport privé coûteux ou risqué, illustrant une mobilité urbaine à deux vitesses, excluant les moins aisés.

L’éducation constitue un autre exemple criant de cette fracture. Le secteur public souffre d’un sous-investissement chronique, d’un manque criant de personnel qualifié, et d’infrastructures vétustes. La conséquence est que les familles qui en ont les moyens se tournent systématiquement vers les écoles privées, créant ainsi un système éducatif à deux niveaux. Cette situation entretient les inégalités dès le plus jeune âge et limite les perspectives d’avenir des classes populaires, notamment dans les régions rurales où l’accès même à une école décente demeure difficile.

La santé, censée être un pilier fondamental du développement humain, n’échappe pas à ce clivage. Le secteur public peine à répondre aux besoins élémentaires des citoyens en termes d’accueil, de traitement, de disponibilité de médicaments et d’équipements médicaux modernes. Les grandes villes ne sont pas épargnées par cette crise sanitaire, bien que les habitants aient au moins la possibilité de recourir au secteur privé, souvent à des coûts prohibitifs. Pour les citoyens ruraux ou périphériques, la situation est encore plus critique avec l’absence quasi-totale de structures sanitaires viables.

Le projet ambitieux de généralisation de la protection sociale lancé récemment par le Royaume se heurte, lui aussi, à des réalités complexes. Malgré les discours politiques rassurants, la concrétisation sur le terrain demeure extrêmement lente. Le manque de moyens financiers, les lourdeurs bureaucratiques et la faiblesse du système administratif empêchent un déploiement rapide et équitable. Ainsi, les populations les plus vulnérables continuent de subir les conséquences directes de ces retards, accroissant leur précarité déjà extrême.

Le marché de l’emploi constitue un autre terrain illustrant cette fracture. Les grandes villes attirent l’essentiel des investissements, concentrant ainsi les opportunités économiques et les emplois qualifiés. À l’opposé, les régions périphériques et rurales voient leurs jeunes diplômés forcés de migrer vers les métropoles ou vers l’étranger, aggravant encore davantage l’exode rural et la désertification économique des territoires oubliés.

Les politiques agricoles viennent renforcer cette dichotomie. Le Plan Maroc Vert a certes permis une modernisation relative du secteur, mais principalement au profit des grands exploitants agricoles capables de capter les subventions et les investissements. Les petits agriculteurs, majoritaires dans les campagnes marocaines, n’ont guère vu leur quotidien amélioré. Ils restent largement dépendants d’une agriculture de subsistance précaire, exposée aux aléas climatiques et à l’épuisement des ressources hydriques.

Même dans le domaine touristique, vitrine par excellence du pays à l’international, les disparités sont flagrantes. Marrakech ou Agadir attirent la majorité des flux touristiques grâce à des infrastructures développées et une promotion active, alors que des régions entières, dotées pourtant d’un patrimoine culturel et naturel riche, restent inexploitées et ignorées.

À l’aube de la Coupe du Monde 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc ambitionne de présenter une image moderne et développée. Les grands stades, les infrastructures routières et les projets urbains spectaculaires seront certainement au rendez-vous. Mais l’enjeu véritable pour le pays dépasse largement le cadre sportif. La réussite réelle ne sera mesurée qu’à l’aune des améliorations concrètes et durables apportées à la vie quotidienne des citoyens, notamment ceux des régions marginalisées.

Réduire les écarts existants impose donc une révision profonde des priorités nationales. Cela nécessite une réorientation des politiques publiques, privilégiant enfin des investissements massifs dans les secteurs clés que sont l’éducation, la santé, la mobilité et l’agriculture, particulièrement dans les régions périphériques. Sans cette prise de conscience et cette volonté d’agir, le Maroc continuera malheureusement d’évoluer à deux vitesses, avec le risque de voir s’aggraver les tensions sociales et de compromettre durablement son ambition de développement inclusif.

 

Ayoub Bouazzaoui

The post Le Maroc à deux vitesses : Entre grandes ambitions et réalités contrastées appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Grands chantiers, petites règles : Le civisme, ce chantier invisible du Maroc qui change! https://lnt.ma/grands-chantiers-petites-regles-le-civisme-ce-chantier-invisible-du-maroc-qui-change-2/ Thu, 24 Jul 2025 15:00:04 +0000 https://lnt.ma/?p=532821 Récemment, une vidéo devenue virale a provoqué un choc national : à Tan-ger, un homme sur une moto est filmé en train de poser la main sur les fesses d’une femme marchant dans la rue avant de prendre la fuite. Un acte aussi humiliant qu’impuni, qui a ravivé les souvenirs d’un autre épisode sur-venu dans […]

The post Grands chantiers, petites règles : Le civisme, ce chantier invisible du Maroc qui change! appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Récemment, une vidéo devenue virale a provoqué un choc national : à Tan-ger, un homme sur une moto est filmé en train de poser la main sur les fesses d’une femme marchant dans la rue avant de prendre la fuite. Un acte aussi humiliant qu’impuni, qui a ravivé les souvenirs d’un autre épisode sur-venu dans la même ville, où quatre mineurs ont été condamnés à trois ans de prison pour harcèlement collectif.

Malgré les investissements colossaux pour moderniser les villes, le quotidien té-moigne encore d’une série d’habitudes profondément enracinées, difficiles à éra-diquer : jets d’ordures dans la rue, occupation illégale de l’espace public, dé-charges sauvages, fraude dans les transports, stationnement anarchique, tapage nocturne, ou encore harcèlement de rue.

Selon le Haut-Commissariat au Plan, 13 % des Marocaines ont déjà subi une forme de violence dans l’espace public, dont près de la moitié sont des agressions à caractère sexuel.

Une réalité qui persiste, malgré l’existence d’un cadre légal dédié. En effet la loi 103‑13, adoptée en 2018, prévoit des sanctions claires : jusqu’à six mois de prison et 10 000 dirhams d’amende, mais reste encore trop peu appliquée face à l’ampleur du phénomène.

Ce climat d’impunité commence toutefois à être pris à bras-le-corps par les pou-voirs publics. Plusieurs articles du Code pénal font l’objet d’une révision, comme l’a annoncé le ministre de la Justice, avec en ligne de mire les infractions violentes et l’usage d’armes blanches. L’article 507, notamment, a été renforcé pour durcir les peines liées aux vols avec violence, dans une volonté affirmée de restaurer l’autorité de la loi. Ce signal fort traduit une intention claire : faire comprendre que l’espace public ne peut rester livré aux incivilités ni aux agressions, aussi banali-sées soient-elles.

Mais au-delà des actes les plus graves, c’est aussi une série de comportements quotidiens qui grignotent peu à peu la qualité de vie urbaine. Dans certaines zones urbaines, une occupation progressive et souvent illégale du domaine public s’installe. Des travaux s’effectuent parfois à toute heure, jusque tard dans la nuit ou dès l’aube, sans aucune autorisation, ni respect des règles d’urbanisme.

À cela s’ajoute un phénomène de plus en plus visible : l’ouverture tardive de commerces qui n’ont aucune vocation à fonctionner la nuit, une activité nocturne qui génère des nuisances multiples : stationnements gênants, moteurs de scooters, musique amplifiée, etc.

Ce relâchement est d’autant plus frappant qu’il y a encore quelques années, certaines règles élémentaires étaient strictement appliquées. Dans plusieurs villes du Royaume, l’ouverture des commerces le dimanche était réglementée, voire interdite dans certaines zones marchandes, afin de préserver le repos hebdomadaire. Les horaires de fermeture étaient également encadrés par des arrêtés commu-naux, imposant à tous les établissements de cesser leur activité à heure fixe. Cer-taines communes allaient jusqu’à verbaliser les habitants qui déposaient leurs or-dures devant chez eux avant l’heure de ramassage.

Ces mesures, perçues aujourd’hui comme contraignantes, incarnaient pourtant une forme d’organisation collective pensée pour garantir une certaine qualité de vie.

Ce manque de civisme s’observe aussi sur les plages, pourtant espaces partagés par excellence. Il n’est pas rare de voir des familles ou groupes laisser derrière eux sacs plastiques, restes de nourriture ou bouteilles en tout genre, sans aucun souci de propreté. D’autres installent des bâches épaisses sur leurs parasols, blo-quant la vue et l’accès à la mer pour les autres baigneurs…

Au-delà de l’indignation qu’ils suscitent, ces faits interrogent notre rapport à l’espace public, au respect de l’autre, et à l’autorité de la loi. Un déficit de civisme que l’on retrouve aussi sur nos routes, où les règles sont trop sou-vent ignorées : vitesse, non-respect des piétons, des priorités, et des dis-tances de sécurité, usage du téléphone au volant, etc.

Il y a quelques semaines, un touriste britannique, filmant un rond-point au Maroc, s’étonnait de l’anarchie ambiante : voitures se faufilant sans clignotant, refus de céder le passage, confusion générale.

Cette séquence, à la fois légère et révélatrice, illustre un problème bien plus pro-fond : l’indiscipline routière au Maroc. Plus que de simples infractions, ces comportements traduisent un manque de civisme au quotidien, malgré les efforts four-nis par les autorités pour améliorer l’image et la sécurité du pays à l’approche d’échéances majeures.

Le Maroc reste l’un des pays les plus accidentogènes de la région, avec plus de 3 500 décès par an selon les chiffres de l’Agence Nationale de la Sécurité Routière. Chaque jour, environ 10 personnes meurent sur nos routes, un bi-lan dramatique attestant d’un respect insuffisant voir inexistant du code de la route.

Face à ces constats, le Maroc a accueilli la Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière à Marrakech en février  2025, adoptant la Déclaration de Marrakech avec l’OMS, pour s’engager à diviser par deux le nombre de morts sur la route d’ici 2030.

Mais sur le terrain, et dans les classements internationaux, la situation reste préoccupante. Selon une étude du site Travelling for Business, (These are the places you should be most careful driving in, ranked by road safety), publié il y a 4 mois, le Maroc se classe au 4ᵉ rang des pays où la conduite est la moins sûre, avec un indice de sécurité routière de 23,2.

Parallèlement, une réforme du Code de la route est en cours. Un avant projet de loi a été soumis en septembre 2024 pour moderniser les textes et durcir les sanc-tions. Une consultation publique, lancée début 2025, témoigne de la volonté d’impliquer les citoyens dans cette démarche cruciale.

Le Maroc a également renforcé son arsenal de radars intelligents sur plusieurs axes stratégiques. Ces dispositifs, capables de détecter les excès de vitesse dans les deux sens ainsi que d’autres infractions, jouent un rôle clé dans la prévention des accidents.

Qu’il s’agisse d’envahir l’espace public, de contourner les lois de l’urbanisme, de griller un feu rouge ou de transformer un trottoir en terrasse privée, une même logique semble prévaloir : celle d’une liberté comprise comme l’absence de li-mites, et non comme une responsabilité partagée.

Or, comment construire une société moderne et attractive si les lois sont vues comme facultatives ?

Le respect des règles, qu’il s’agisse du code de la route ou de la vie en socié-té, est le socle invisible mais fondamental de toute société avancée ! Il con-ditionne la sécurité, la confiance, mais aussi l’image que projette le pays à l’étranger. Dans un Maroc qui s’ouvre au monde et vise l’excellence organi-sationnelle pour accueillir des millions de visiteurs lors de la CAN, la Coupe du monde, mais aussi d’autre événements, chaque geste individuel compte. Le civisme n’est pas accessoire : il est stratégique. Il ne suffit pas de cons-truire des stades, des routes ou des hôtels si l’on ne bâtit pas, en parallèle, une culture du respect, de la responsabilité et de l’intérêt général !

 

Asmaa Loudni

The post Grands chantiers, petites règles : Le civisme, ce chantier invisible du Maroc qui change! appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Assurance santé, retraite : Quelle couverture demain ? https://lnt.ma/assurance-sante-retraite-quelle-couverture-demain/ Thu, 24 Jul 2025 14:59:41 +0000 https://lnt.ma/?p=532819 Le chantier de la généralisation de la protection sociale progresse à grands pas au Maroc, marquant l’une des réformes sociales les plus ambitieuses de ces dernières décennies. Lancé en 2021 sur hautes instructions royales, ce projet vise à garantir à tous les citoyens une couverture médicale, une retraite de base, des allocations familiales ainsi qu’une […]

The post Assurance santé, retraite : Quelle couverture demain ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le chantier de la généralisation de la protection sociale progresse à grands pas au Maroc, marquant l’une des réformes sociales les plus ambitieuses de ces dernières décennies.

Lancé en 2021 sur hautes instructions royales, ce projet vise à garantir à tous les citoyens une couverture médicale, une retraite de base, des allocations familiales ainsi qu’une indemnité chômage. L’objectif affiché est clair : bâtir un modèle de société plus équitable, où personne n’est laissé en marge du système de protection.

Aujourd’hui, plus de 32 millions de Marocains sont couverts par une forme d’assurance maladie, selon les chiffres du CESE partagé en novembre 2024. À lui seul, le régime AMO Tadamoun (ex-RAMED), destiné aux personnes en situation de précarité, couvre 11,1 millions de bénéficiaires, avec une prise en charge totale dans les structures publiques (soins et hospitalisation), et une participation publique de 30 % dans le cas des soins équivalents aux prestations privées.

À cette couverture s’ajoutent environ 1,7 million de travailleurs non-salariés (agriculteurs, commerçants, auto-entrepreneurs, etc.) affiliés à la CNSS en tant qu’assurés principaux, ainsi que 1,2 million d’ayants droit bénéficiant de la même protection.

Cette nouvelle dynamique d’intégration progressive a permis d’inclure des millions de citoyens qui n’avaient jusque-là aucun accès formel à un filet social de base.

 

12 millions de bénéficiaires de l’aide directe

Lancé en décembre 2023, le programme d’aide directe vient compléter ce dispositif. Il bénéficie actuellement à 4 millions de familles, soit 12 millions de bénéficiaires. Parmi eux, 3,2 millions de familles sont également couvertes par l’AMO. Plus de 5,5 millions d’enfants reçoivent une allocation, et plus d’un million de personnes âgées vivent de cette aide mensuelle.

Selon le projet de loi-cadre et les annonces gouvernementales, la généralisation des allocations familiales, amorcée en 2023-2024, vise à couvrir 3 millions de foyers et près de 7 millions d’enfants.

Ces mesures renforcent progressivement l’organisation de la solidarité sociale autour de mécanismes plus accessibles et coordonnés.

Cependant, prévue pour 2025, l’extension de la retraite aux non-salariés ainsi que la généralisation de l’IPE se fait toujours attendre.

Cette dernière, toujours limitée dans sa portée, n’a bénéficié qu’à 26 077 personnes en 2023 (les chiffres de 2024 ne sont pas encore disponible), malgré plus de 50 000 demandes.

À terme, la réforme entend construire un socle unifié de protection, fondé sur le principe d’universalité, mais adapté aux différentes réalités professionnelles. Elle vise également à réduire les inégalités sociales et territoriales, en offrant des droits sociaux même à ceux qui exercent dans des secteurs informels.

Toutefois, le chantier reste complexe, tant sur le plan logistique que financier. Il exige un effort budgétaire conséquent, une meilleure gouvernance des caisses existantes (CNSS, CNOPS) et une montée en capacité du système de santé public. En 2023, la CNOPS affichait un déficit de 1,28 milliard de dirhams malgré une couverture de 3,11 millions de personnes, tandis que la CNSS a remboursé plus de 7,3 milliards de dirhams aux assurés. Ces chiffres témoignent de la pression croissante sur les équilibres financiers du système, qui nécessite une vigilance constante pour éviter les dérives.

 

Le financement de la réforme sociale

En 2021, le coût global de la généralisation de la protection sociale au Maroc avait été estimé à 51 milliards de dirhams par an dès 2025. Cette enveloppe devait couvrir quatre volets principaux : 14 milliards pour l’assurance maladie obligatoire (AMO), 19 milliards pour les allocations familiales, 17 milliards pour la retraite, et 1 milliard pour l’indemnité pour perte d’emploi.

En 2024, 35,5 milliards de dirhams ont déjà été mobilisés, dont 10 milliards pour l’AMO Tadamoun et les aides sociales, et 25,5 milliards pour le programme d’aide directe.

Le financement repose sur trois piliers : le budget de l’État, les cotisations sociales (salariés, non-salariés, indépendants), et des ressources fiscales affectées. Des contributions extérieures, notamment de la Banque mondiale ou de l’Union européenne, viennent également appuyer cette transition. D’ailleurs en juin 2025, la Banque mondial a approuvé une enveloppe de 250 millions de dollars destinée à soutenir la réforme de la protection sociale au Maroc.

Le défi central reste la pérennisation du modèle, notamment par une meilleure intégration de l’économie informelle, une élévation du taux de recouvrement des cotisations, et un pilotage rigoureux des dépenses de santé.

Dans cette perspective, certains observateurs soulignent également la nécessité de repenser le système de compensation, qui mobilise encore plusieurs milliards de dirhams par an tout en bénéficiant à toutes les catégories sociales. Sa réorientation progressive vers des dispositifs plus ciblés pourrait constituer une source de financement durable pour renforcer la protection sociale.

Si le Maroc parvient à consolider cette réforme dans la durée, il pourrait devenir un modèle régional en matière de justice sociale. Le projet ne se limite pas à une couverture sanitaire, il engage aussi une refonte en profondeur du contrat social national. Reste à savoir si l’ambition sociale du Royaume saura s’accompagner d’un cadre budgétaire soutenable, à même de transformer une réforme historique en socle durable d’équité et de cohésion nationale.

 

Asmaa Loudni

The post Assurance santé, retraite : Quelle couverture demain ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Les peines alternatives, un tournant dans la justice pénale marocaine https://lnt.ma/les-peines-alternatives-un-tournant-dans-la-justice-penale-marocaine/ Thu, 24 Jul 2025 14:59:09 +0000 https://lnt.ma/?p=532817 Le compte à rebours est lancé. À partir de ce mardi 22 août 2025, la loi sur les peines alternatives est entrée en vigueur. Pour s’y préparer, la primature appelle toutes les administrations à se mobiliser. Objectif : garantir une justice plus humaine et plus adaptée aux réalités d’aujourd’hui. Dans une circulaire datée du 18 […]

The post Les peines alternatives, un tournant dans la justice pénale marocaine appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le compte à rebours est lancé. À partir de ce mardi 22 août 2025, la loi sur les peines alternatives est entrée en vigueur. Pour s’y préparer, la primature appelle toutes les administrations à se mobiliser. Objectif : garantir une justice plus humaine et plus adaptée aux réalités d’aujourd’hui.

Dans une circulaire datée du 18 juillet 2025, le Chef du Gouvernement, M. Aziz Akhannouch, a appelé l’ensemble des administrations centrales et déconcentrées concernées à accélérer la mise en œuvre effective de la loi 43.22 relative aux peines alternatives, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 22 août 2025. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la réforme globale du système judiciaire, conformément aux Hautes Orientations Royales visant à moderniser la politique pénale nationale.

Selon le premier président de la Cour de Cassation, président délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, Mohamed Abdennabaoui, la loi sur les peines alternatives marque un tournant important dans le processus d’évolution de la politique pénale au Maroc. S’exprimant lors d’une rencontre nationale d’information sur la loi n° 43-22 relative aux peines alternatives, organisée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, M. Abdennabaoui a souligné que l’entrée en vigueur de ce texte marquer l’amorce d’une nouvelle ère dans la politique pénale.

Cette loi, explique-t-il, vient renforcer la confiance en la justice, consacrer le respect de la dignité humaine et optimiser l’utilisation des moyens juridiques pour lutter contre la criminalité et favoriser la réinsertion des contrevenants. Intervenant lors de cette rencontre sous le thème “La justice au service de la réinsertion : approche pratique de la mise en œuvre des peines alternatives”, M. Abdennabaoui a passé en revue l’évolution historique des sanctions dans les législations et systèmes juridiques humains, aboutissant à l’élaboration de la conception internationale de la peine, désormais centrée sur la correction du comportement criminel et la réinsertion des personnes condamnées au sein de la société.

Par ailleurs, il a indiqué que l’idée de corriger le comportement du détenu a conduit à promouvoir une philosophie de réinsertion sociale, à travers l’acquisition de compétences et de métiers, notant que les études publiées à ce sujet encouragent le recours aux peines alternatives. Et d’ajouter que l’objectif des peines alternatives est d’atteindre les mêmes résultats induits par les peines privatives de liberté.

Pour rappel, la loi n° 43-22 définit en effet les peines alternatives comme des sanctions prononcées en remplacement des peines privatives de liberté pour les délits punis d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas cinq ans ferme, retenant quatre catégories, notamment le travail d’intérêt général, la surveillance électronique, la restriction de certains droits ou l’imposition de mesures de contrôle, de soins ou de réhabilitation, ainsi que l’amende journalière.

Le programme de cette rencontre nationale comporte deux sessions scientifiques consacrées, respectivement, au cadre conceptuel des peines alternatives entre texte et jurisprudence, et à la mise en œuvre concrète de ces peines, en mettant l’accent sur les défis pratiques et la complémentarité des rôles institutionnels.

En ce début de semaine, à Skhirat, un colloque national s’est ouvert pour accompagner l’entrée en vigueur imminente de la loi 22.43 relative aux sanctions alternatives. Organisé par la Présidence du ministère public, en coopération avec l’UNICEF, cet événement rassemble juges spécialisés, institutions partenaires et acteurs associatifs pour réfléchir aux meilleures modalités de mise en œuvre de ce nouveau dispositif.

Dans son allocution d’ouverture, Hicham Balaoui, Procureur général du Roi près la Cour de Cassation et Président du Ministère public, a souligné que cette réforme ne se limite pas à une innovation juridique. Elle incarne un changement de paradigme profond en matière de justice juvénile. « Les enfants d’aujourd’hui sont les bâtisseurs du Maroc de demain », a-t-il déclaré, rappelant que la richesse d’une nation se mesure avant tout par la qualité de son capital humain.

Hicham Balaoui a rappelé que « le placement en détention ne devrait intervenir qu’en dernier recours ». Il a mis l’accent sur la nécessité de recourir à des mesures non privatives de liberté comme le travail d’intérêt général, les mesures de réparation ou de suivi, qui permettent à l’enfant de rester dans son environnement naturel tout en bénéficiant d’un accompagnement éducatif.

Il est à noter que cette rencontre nationale sera suivie de forums régionaux afin d’assurer une appropriation progressive et uniforme de la réforme à l’échelle du territoire.

 

H.Z

The post Les peines alternatives, un tournant dans la justice pénale marocaine appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Tourisme : Réussir la croissance tout en préservant l’authenticité https://lnt.ma/tourisme-reussir-la-croissance-tout-en-preservant-lauthenticite/ Thu, 24 Jul 2025 14:57:37 +0000 https://lnt.ma/?p=532813 Le Maroc enregistre des performances touristiques historiques, avec 17,4 millions de visiteurs en 2024 et 112 milliards de dirhams de recettes en devises. Une tendance qui se confirme en 2025, avec une hausse de 15 % des arrivées au premier semestre, témoignant de l’attrait croissant du Royaume sur la scène internationale. Des chiffres impressionnants, fruits […]

The post Tourisme : Réussir la croissance tout en préservant l’authenticité appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le Maroc enregistre des performances touristiques historiques, avec 17,4 millions de visiteurs en 2024 et 112 milliards de dirhams de recettes en devises. Une tendance qui se confirme en 2025, avec une hausse de 15 % des arrivées au premier semestre, témoignant de l’attrait croissant du Royaume sur la scène internationale.

Des chiffres impressionnants, fruits d’une stratégie nationale ambitieuse. Mais cette réussite soulève un défi de taille : comment préserver l’authenticité des lieux, éviter le ras-le-bol des habitants et contenir le risque de surencombrement qui menace déjà certaines destinations stars du pays ?

Comme certaines grandes destinations européennes, Marrakech voit sa médina mise sous pression par l’afflux massif de touristes.

Locaux évincés par la flambée des loyers, nuisances sonores, pressions sur les ressources, notamment l’eau, de plus en plus rare dans une région semi-aride… L’afflux constant de visiteurs transforme peu à peu l’équilibre de la ville.

Chefchaouen, surnommée « la perle bleue », a vu sa fréquentation exploser, notamment à cause des réseaux sociaux. Résultat : des files de touristes dans des ruelles étroites, une standardisation de l’offre et une forme d’authenticité désormais fragilisée.

En mars 2023 le gouvernement a lancé une feuille de route stratégique 2023–2026 dotée de 6,1 milliards de dirhams, visant à atteindre 17,5 millions de touristes et 120 milliards de recettes d’ici fin 2026. Elle inclut un volet spécifique sur le développement durable : diversification de l’offre, désengorgement des zones saturées, et montée en gamme.

Mais la véritable nouveauté réside dans les mesures prises en 2025. Une série de réglementations environnementales sont entrées en vigueur, parmi lesquelles la loi 52‑21, imposant aux grands hôtels une réduction de 20 % de leur consommation d’énergie d’ici 2030, le décret 3.25‑487, exigeant 70 % de recyclage des déchets et l’interdiction du plastique à usage unique, ainsi que la certification « Eco‑Hotel Maroc », qui remplace progressivement le label Clef Verte, avec des critères renforcés sur la gestion de l’eau, de l’énergie, l’emploi local et l’impact social.

Ces changements s’accompagnent de nouvelles incitations fiscales pour encourager les investissements verts, ainsi que de contrôles et audits qualité anonymes réguliers pour garantir la conformité des établissements touristiques aux normes environnementales renforcées.

 

Écotourisme et communautés locales

En parallèle, le Maroc mise sur le développement de l’écotourisme et du tourisme communautaire, notamment dans les régions de l’Atlas, du Rif et du désert. Des coopératives rurales gèrent des hébergements intégrés à l’environnement, valorisent les produits du terroir, et offrent une alternative à la standardisation touristique.

Les projets du géoparc Jbel Bani dans le Sud marquent également un tournant vers un tourisme plus durable et ancré dans les territoires. Des initiatives pilotes comme Dar Infiane à Tata ou le campement Akka Nait Sidi à Tissint illustrent cette approche, qui mise sur la valorisation du patrimoine naturel et culturel, tout en impliquant les communautés locales. Dans le même esprit, le programme « Go Siyaha » accompagne les PME touristiques dans leur modernisation, tout en adoptant des pratiques durables.

Une diversification est nécessaire !

Le Maroc veut éviter le piège du tourisme de masse mal maîtrisé, qui a provoqué à Barcelone ou Lisbonne une forme de rejet des visiteurs par les habitants. Le défi réside dans un juste équilibre entre développement économique et préservation des équilibres sociaux et environnementaux.

Une des pistes majeures réside dans la décentralisation réelle de l’offre touristique. La côte marocaine s’étend sur plus de 3 000 km, mais reste concentrée sur quelques villes stars comme Agadir ou Essaouira. Pourtant, plusieurs destinations restent en marge, malgré un fort potentiel touristique. Safi par exemple peine à valoriser son artisanat et son littoral pourtant spectaculaire. Larache avec un vestiges historiques et des paysages sauvages, reste peu intégrée aux circuits classiques. Al Hoceïma, malgré son attrait méditerranéen, souffre d’un manque d’infrastructures touristiques. Tétouan, riche d’un patrimoine andalou remarquable, demeure dans l’ombre de Tanger. Quant à Dakhla, malgré une bonne desserte aérienne, son développement touristique reste freiné par un manque d’infrastructures locales et de structuration de l’offre.

Désenclaver ces territoires, améliorer les infrastructures et accompagner les projets locaux permettrait non seulement de désengorger les destinations saturées, mais aussi de créer une croissance plus équilibrée, inclusive et durable.

 

AL

The post Tourisme : Réussir la croissance tout en préservant l’authenticité appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Smart cities, digitalisation : Promesses et angles morts https://lnt.ma/smart-cities-digitalisation-promesses-et-angles-morts/ Thu, 24 Jul 2025 14:56:44 +0000 https://lnt.ma/?p=532811 Au Maroc, le concept de « ville intelligente » s’est imposé en quelques années comme un horizon stratégique pour répondre aux défis simultanés de la transition démographique, de la durabilité et de la compétitivité économique. Derrière l’intitulé se dessine l’ambition de bâtir des villes où les infrastructures physiques, les réseaux numériques et la participation citoyenne convergent pour […]

The post Smart cities, digitalisation : Promesses et angles morts appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Au Maroc, le concept de « ville intelligente » s’est imposé en quelques années comme un horizon stratégique pour répondre aux défis simultanés de la transition démographique, de la durabilité et de la compétitivité économique. Derrière l’intitulé se dessine l’ambition de bâtir des villes où les infrastructures physiques, les réseaux numériques et la participation citoyenne convergent pour améliorer la qualité de vie tout en optimisant l’usage des ressources. Cette vision, portée par la stratégie nationale « Digital 2030 », fixe des objectifs élevés : plus de cent milliards de dirhams de valeur ajoutée numérique, près d’un quart de million d’emplois créés et la multiplication par dix du nombre de start up. Reste à déterminer dans quelle mesure ces promesses peuvent se traduire en réalisations tangibles et inclusives.

 

Miser sur l’innovation urbaine

Casablanca, première métropole du pays, joue le rôle de laboratoire. Depuis 2016, la ville déploie des capteurs de stationnement, expérimente l’éclairage public intelligent et publie des jeux de données en open data. Au delà de ces pilotes techniques, elle organise chaque année un sommet international consacré aux smart cities, preuve de son ambition de fédérer un écosystème d’investisseurs et de jeunes pousses. Rabat, Tanger et Marrakech poursuivent des trajectoires similaires, misant sur l’innovation urbaine pour fluidifier les transports, réduire la consommation énergétique et moderniser les services administratifs.

La connectivité constitue la colonne vertébrale de cette transformation. Le lancement, cet été, de l’appel d’offres pour la 5G matérialise l’objectif d’une couverture de 25 % de la population en 2026 et de 70 % en 2030, échéance alignée sur l’organisation conjointe de la Coupe du monde de football. Parallèlement, la généralisation de la fibre optique avance : deux co entreprises, FiberCo et TowerCo, ont pour mandat de raccorder trois millions de foyers et d’ériger six mille pylônes télécoms. Ces investissements visent à réduire la fracture numérique et à garantir un débit suffisant pour les services critiques de la ville intelligente, qu’il s’agisse de la télésurveillance, de la gestion des feux de circulation ou de l’e santé.

En théorie, la smart city promet plusieurs gains. Sur le plan administratif, la dématérialisation des procédures accélère l’octroi de permis, réduit la corruption et favorise la transparence. Les municipalités peuvent procéder à une allocation plus fine des ressources grâce à l’analyse en temps réel des flux de circulation, des consommations d’eau ou des niveaux de pollution. Au chapitre économique, l’émergence de quartiers technologiques stimule l’entrepreneuriat local, attire les talents et permet à la ville d’inscrire son nom sur la carte des hubs régionaux de l’innovation. Sur le versant environnemental, l’optimisation énergétique et le recours à la mobilité douce devraient contribuer à l’atteinte des objectifs climatiques fixés par le Royaume.

 

Des angles morts persistants

Cependant, ces promesses s’accompagnent d’angles morts qui menacent de creuser de nouvelles inégalités. Le premier tient à la fracture numérique persistante : dans les périphéries, l’accès à la connexion haut débit demeure irrégulier et coûteux, et les compétences numériques restent limitées parmi les populations à faibles revenus ou les seniors. Sans accompagnement ciblé, la dématérialisation des services risque d’exclure ceux qui ont justement le plus besoin de services publics accessibles. Le deuxième angle mort est financier : nombre de plateformes digitales déployées en mode pilote peinent à trouver un modèle économique pérenne une fois amputées des subventions initiales. Les collectivités doivent dès lors arbitrer entre innovation et soutenabilité budgétaire.

À ces défis s’ajoute la question essentielle de la gouvernance des données. Les flux d’information générés par les capteurs urbains représentent une ressource stratégique pour améliorer la prise de décision. Leur gestion soulève néanmoins des interrogations : qui en est propriétaire ? Comment garantir leur sécurité face aux cyber attaques ? Comment assurer la transparence et la protection de la vie privée ? Les cadres juridiques existants ne couvrent pas toujours la circulation de données en temps réel, ce qui complique la définition de standards partagés et la mise en place de mécanismes de confiance. Sans un cadre clair, le risque est grand de voir les données exploitées de façon opaque, minant la légitimité même des projets de ville intelligente.

Le quatrième point de vigilance concerne la participation citoyenne. Si la technologie offre d’indéniables leviers pour fluidifier la relation entre l’administration et l’usager, elle ne remplace pas le débat public. Les plateformes participatives, encore embryonnaires, doivent évoluer vers des dispositifs où les habitants deviennent co concepteurs des politiques urbaines, davantage qu’utilisateurs passifs d’applications mobiles. Cela suppose de repenser les processus de concertation, de renforcer l’éducation numérique et de traduire les contributions des citoyens en actions visibles. Faute de quoi, l’impression d’une ville gouvernée par algorithmes et experts pourrait susciter méfiance et désengagement.

 

La question de la souverainté

Enfin, la cybersécurité se pose comme un enjeu de souveraineté. La multiplication des objets connectés accroît la surface d’attaque potentielle : un incident sur le réseau électrique intelligent ou le système de signalisation des tramways aurait un impact direct sur la vie quotidienne. Les autorités ont amorcé la création d’un centre national de cybersécurité urbaine, mais la pénurie de compétences spécialisées et la constante évolution des menaces exigent une feuille de route robuste et des partenariats internationaux continus.

En définitive, la marche marocaine vers la ville intelligente est pleine de promesses, mais son succès dépendra d’une approche résolument inclusive et régulée. Il s’agira, d’un côté, de soutenir l’innovation technologique, de capitaliser sur le dynamisme des start up et d’attirer les capitaux nécessaires ; de l’autre, d’assurer que chaque citoyen, quel que soit son quartier ou son niveau de revenus, puisse accéder à ces nouveaux services et y trouver un bénéfice concret. Autrement dit, la ville ne sera véritablement « intelligente » que si l’intelligence collective — civique, sociale et environnementale — accompagne la révolution numérique en cours.

 

SB

The post Smart cities, digitalisation : Promesses et angles morts appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Urbanisme et logement : Où en est-on de la ville durable ? https://lnt.ma/urbanisme-et-logement-ou-en-est-on-de-la-ville-durable/ Thu, 24 Jul 2025 14:56:24 +0000 https://lnt.ma/?p=532809 Au tournant de la décennie 2020, la « ville durable » est devenue l’un des mantras des politiques publiques marocaines. Derrière l’expression, deux objectifs se conjuguent : répondre à une demande accrue en logement et façonner des espaces urbains sobres en ressources, capables de résister aux pressions climatiques. Quinze ans après l’adoption de la Stratégie nationale de développement […]

The post Urbanisme et logement : Où en est-on de la ville durable ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Au tournant de la décennie 2020, la « ville durable » est devenue l’un des mantras des politiques publiques marocaines. Derrière l’expression, deux objectifs se conjuguent : répondre à une demande accrue en logement et façonner des espaces urbains sobres en ressources, capables de résister aux pressions climatiques. Quinze ans après l’adoption de la Stratégie nationale de développement durable et de la Charte de l’environnement, la transition urbaine du Royaume révèle des avancées notables, mais aussi des fractures tenaces.

Premier indicateur de maturité : la couverture réglementaire. Près de neuf communes sur dix disposent désormais de documents d’urbanisme opposables. Cette généralisation, saluée par les agences urbaines lors de leurs conseils d’administration de 2024 et 2025, constitue un socle pour maîtriser l’expansion des villes tout en articulant densité maîtrisée, mixité fonctionnelle et protection des espaces naturels. Elle ne suffit toutefois pas à régler la question de la gouvernance : la dispersion des compétences entre communes, agences et sociétés de développement local entretient une mosaïque d’approches qui ralentit souvent la mise en œuvre des projets durables.

La mobilité concentre l’un des principaux gisements de progrès. Responsable d’un quart des émissions nationales de CO₂, le transport urbain fait l’objet d’une charte en cours d’élaboration qui devrait fixer, d’ici à 2026, un cadre national commun pour les réseaux propres et inclusifs. Les tramways de Rabat Salé et de Casablanca, bientôt rejoints par des lignes de bus à haut niveau de service dans plusieurs métropoles, montrent la voie. Mais le maillage reste insuffisant : une ville durable n’existe que si les quartiers périphériques disposent d’une desserte fiable, ce qui n’est pas encore le cas dans de nombreuses agglomérations secondaires.

Côté habitat, la prise en compte des performances énergétiques reste balbutiante. De nouvelles normes thermiques et des subventions écologiques devraient entrer en vigueur à l’horizon 2025, avec des incitations fiscales et des crédits bonifiés pour les promoteurs qui intègrent isolation renforcée, équipements solaires et matériaux bas carbone. Les professionnels, toutefois, redoutent un surcoût de construction évalué entre sept et douze pour cent, difficile à absorber pour les segments destinés aux ménages à revenu moyen ou modeste. Sans accompagnement financier ciblé, le risque est de voir l’habitat durable cantonné à une clientèle aisée, alors même que la transition énergétique vise l’inclusion.

La sensibilisation du grand public reste donc un chantier majeur. Une conférence organisée à Rabat en juillet 2025 soulignait que l’habitat vert demeure l’apanage d’une minorité de ménages informés et solvables. Ses participants plaidaient pour un label énergétique clair, facilement lisible, et pour la mise en place de mécanismes de garantie afin d’étaler sur la durée le surcoût initial d’un logement économe. Sans cette pédagogie financière, la demande risquera de rester timide, limitant l’effet d’entraînement sur la filière.

Malgré ces contraintes, certains signaux positifs émergent. Casablanca voit fleurir des programmes résidentiels qui généralisent les toits végétalisés, intègrent des parcs linéaires capables d’atténuer les îlots de chaleur et recourent à la récupération des eaux pluviales. À Agadir, la requalification de friches industrielles démontre qu’il est possible de densifier sans étendre l’empreinte urbaine, à condition de lever les freins réglementaires et de clarifier le partage des coûts entre promoteurs privés et collectivités pour les équipements publics.

Le foncier constitue en effet un levier central. Les terrains militaires désaffectés, les friches portuaires et les dents creuses représentent un gisement important pour limiter l’étalement. Plusieurs études pilotes ont évalué ce potentiel et recommandé de taxer plus fortement le stockage spéculatif des parcelles non bâties, tout en offrant des abattements à ceux qui recyclent les surfaces déjà artificialisées. La mesure suscite des réticences, mais elle gagnerait à être testée dans les grandes métropoles où la pression foncière est la plus forte.

La ville durable impose, enfin, une gouvernance resserrée. La Revue de la politique urbaine nationale du Maroc publiée en 2024 pointe l’absence d’indicateurs environnementaux publics et harmonisés pour évaluer les performances des grandes agglomérations. Elle recommande de consolider la hiérarchie des plans et d’intégrer systématiquement les objectifs climatiques dans les schémas régionaux d’aménagement. Sans cadre d’évaluation partagé, difficile de hiérarchiser les priorités ni d’allouer les budgets nécessaires à la transition.

En somme, le Maroc dispose de bases solides : une planification presque généralisée, un mouvement naissant vers des réseaux de transport propres et un arsenal réglementaire en préparation pour l’immobilier vert. Mais l’écart reste perceptible entre l’ambition annoncée et la réalité des chantiers : surcoût des logements performants, gouvernance encore fragmentée, lente diffusion des innovations. La décennie qui s’ouvre sera décisive. D’ici à 2035, densifier les centres, massifier les réseaux de mobilité propres et démocratiser les bâtiments à faible empreinte carbone deviendront autant de conditions pour que la « ville durable » quitte le registre du slogan et s’impose comme la nouvelle matrice du développement urbain marocain.

 

SB

The post Urbanisme et logement : Où en est-on de la ville durable ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Logement social : Durable pour qui, et jusqu’à quand ? https://lnt.ma/logement-social-durable-pour-qui-et-jusqua-quand/ Thu, 24 Jul 2025 14:55:51 +0000 https://lnt.ma/?p=532807 Depuis plus de quinze ans, le Maroc fait de l’accès au logement un pilier de sa politique sociale. Entre le programme à 140 000 dirhams lancé en 2007 et celui plafonné à 250 000 dirhams instauré en 2010, près de 680 000 unités ont été livrées à fin 2024, ce qui a permis de réduire sensiblement le déficit résidentiel, passé d’un million […]

The post Logement social : Durable pour qui, et jusqu’à quand ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Depuis plus de quinze ans, le Maroc fait de l’accès au logement un pilier de sa politique sociale. Entre le programme à 140 000 dirhams lancé en 2007 et celui plafonné à 250 000 dirhams instauré en 2010, près de 680 000 unités ont été livrées à fin 2024, ce qui a permis de réduire sensiblement le déficit résidentiel, passé d’un million d’unités au début des années 2000 à environ 400 000 aujourd’hui. Derrière ces chiffres positifs, la question de la durabilité — sociale, économique et environnementale — demeure entière.

Sur le plan social, le modèle fondé sur des abattements fiscaux en faveur des promoteurs n’a pas toujours profité aux ménages les plus vulnérables. De nombreux projets ont été implantés en périphérie des villes, souvent éloignés des transports et des services essentiels, alourdissant ainsi les dépenses quotidiennes des familles modestes. Dans le même temps, le pays compte plus d’un million de logements vacants, signe que l’adéquation entre l’offre produite et la demande solvable reste imparfaite. Ces décalages contribuent à maintenir un déficit qui, malgré les efforts, avoisine encore le demi million d’unités, tandis que les prix continuent de grimper dans les grandes métropoles.

Pour corriger ces déséquilibres, le gouvernement a tourné la page des incitations uniquement destinées aux promoteurs et a inauguré, en janvier 2024, une aide directe aux acquéreurs baptisée « Dâam Sakane ». Ce dispositif, prévu jusqu’en 2028, offre 100 000 dirhams pour l’achat d’un bien dont le prix ne dépasse pas 300 000 dirhams, ou 70 000 dirhams pour un logement compris entre 300 000 et 700 000 dirhams. L’engouement a été immédiat : plus de 110 000 demandes ont été déposées la première année, dont près d’un tiers émanait de jeunes ménages et plus d’un quart de Marocains résidant à l’étranger. À la fin de 2024, quelque 35 000 bénéficiaires avaient déjà perçu leur subvention, mobilisant une enveloppe budgétaire proche de quatre milliards de dirhams. L’État privilégie désormais la demande pour stimuler l’offre, espérant que la concurrence maintiendra les prix à un niveau raisonnable.

La durabilité économique de cette stratégie n’est néanmoins pas garantie. D’un côté, le soutien direct redonne de la visibilité aux promoteurs, rassurés par une demande solvable. De l’autre, le risque d’une spirale inflationniste plane : si l’aide relève la capacité d’achat sans maîtriser les coûts du foncier ni encadrer les marges, les prix pourraient repartir à la hausse, rognant le pouvoir d’achat des ménages et réduisant la portée sociale de la mesure. Par ailleurs, la soutenabilité budgétaire du programme interroge : à l’horizon 2028, l’enveloppe totale pourrait dépasser 20 milliards de dirhams si le rythme actuel se maintient, un effort qui devra être arbitré face à d’autres priorités sociales.

La dimension environnementale ajoute une couche supplémentaire de complexité. Alors que le Maroc s’est engagé sur la voie de la décarbonation, le parc social reste dominé par des constructions à forte intensité énergétique. Quelques initiatives positives émergent — ateliers sur l’efficacité énergétique et premiers logements à énergie positive — mais elles demeurent embryonnaires. L’adoption obligatoire d’un code thermique a été repoussée à plusieurs reprises, et l’argument du surcoût dissuade encore de nombreux opérateurs. Sans incitations claires, comme des prêts verts ou une TVA réduite sur les matériaux isolants, les gains resteront marginaux.

La durabilité urbaine pose également la question de la localisation des nouvelles opérations. Les programmes antérieurs ont trop souvent privilégié des terrains périphériques bon marché, générant des cités dortoirs mal connectées aux bassins d’emploi. La stratégie actuelle met en avant le recyclage des friches et la densification des poches urbaines, mais le coût du foncier dans les centres reste prohibitif pour les segments visés. De plus, l’urbanisme circulaire exige des infrastructures collectives : écoles, transports, espaces verts. Or la répartition des responsabilités entre promoteurs, communes et régies demeure floue, ce qui retarde la livraison des équipements et nourrit l’insatisfaction des habitants.

La question « Durable pour qui ? » trouvera sa réponse dans la capacité à conjuguer trois agendas. D’abord, l’équité : il s’agit de cibler réellement les ménages à revenus modestes et de sécuriser leur pouvoir d’achat sur la durée. Ensuite, la viabilité économique : l’équilibre financier des acteurs doit être préservé sans renchérir artificiellement les prix. Enfin, la transition verte : imposer des standards énergétiques réalistes, couplés à un accompagnement financier adapté. À défaut, le programme risque de reproduire les mêmes fragilités qu’hier et de voir son impact s’éroder bien avant 2028.

Des marges de manœuvre existent pourtant. Une fiscalité différenciée sur le foncier vacant pourrait libérer de nouvelles assiettes, tandis qu’une taxation des logements inoccupés encouragerait leur mise sur le marché. La facilitation des baux long terme au profit d’offices publics, ou encore la mise en place de partenariats public privé pour verdir les matériaux de construction, permettraient d’avancer. À court terme, il sera crucial de consolider le suivi du programme d’aide directe, d’évaluer son impact réel sur les prix et de corriger les effets d’aubaine. À plus long terme, la durabilité du logement social marocain dépendra de la capacité collective à construire non seulement des toits, mais aussi des quartiers vivants, sobres en énergie et inclusifs. C’est à ce prix que l’ambition d’un habitat abordable, digne et pérenne pourra cesser d’être un slogan pour devenir un acquis.

The post Logement social : Durable pour qui, et jusqu’à quand ? appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
BTP au Maroc, un secteur face à l’impératif d’une modernisation rapide https://lnt.ma/btp-au-maroc-un-secteur-face-a-limperatif-dune-modernisation-rapide/ Thu, 24 Jul 2025 14:55:32 +0000 https://lnt.ma/?p=532805 Le bâtiment et les travaux publics au Maroc se trouvent aujourd’hui au cœur d’une dynamique exceptionnelle : reconstruction des zones sinistrées d’Al Haouz, extension de la Ligne à grande vitesse vers Marrakech, chantiers hydrauliques d’envergure, préparation des infrastructures sportives pour la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030. L’ampleur de ces programmes place le secteur dans une position […]

The post BTP au Maroc, un secteur face à l’impératif d’une modernisation rapide appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>
Le bâtiment et les travaux publics au Maroc se trouvent aujourd’hui au cœur d’une dynamique exceptionnelle : reconstruction des zones sinistrées d’Al Haouz, extension de la Ligne à grande vitesse vers Marrakech, chantiers hydrauliques d’envergure, préparation des infrastructures sportives pour la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030. L’ampleur de ces programmes place le secteur dans une position stratégique sans précédent, tout en révélant deux faiblesses structurelles : la pénurie de ressources humaines qualifiées et la nécessité d’adopter des procédés de construction plus performants et durables.

L’indicateur le plus parlant reste celui des livraisons de ciment : plus de six millions de tonnes ont été écoulées à fin mai 2025, soit une progression annuelle de 9,5 %. Cette croissance confirme une reprise robuste, soutenue à la fois par la commande publique et le retour graduel de l’investissement privé. Les segments du béton prêt à l’emploi et de la préfabrication, en hausse de 22 % et 18 % respectivement, suggèrent par ailleurs un recours accru à des procédés industrialisés pour accélérer les délais et renforcer la qualité des ouvrages.

En parallèle, le marché du travail entre en surchauffe. Du maçon au conducteur de travaux, la rareté de profils qualifiés alimente une inflation salariale à double tranchant : elle améliore le pouvoir d’achat des ouvriers mais fait exploser les coûts de production. Dans certaines régions, la journée d’un maçon qualifié se négocie désormais autour de 300 dirhams, alors qu’elle frôlait 150 dirhams il y a encore un an. Les entreprises les plus exposées sont celles qui se partagent les grands chantiers stratégiques, où les calendriers sont serrés et les exigences techniques élevées. Faute de main d’œuvre habituée à des projets complexes, les retards s’accumulent et les marges se contractent.

 

Des compétences qui manquent

Ce déséquilibre tient autant à la démographie des compétences qu’aux mutations technologiques du secteur. Les projets en cours exigent la maîtrise de la modélisation numérique (BIM), de la préfabrication lourde, des normes de décarbonation ou encore des méthodes de gestion de projets intégrées. Or seule une fraction de la main d’œuvre actuelle est familière de ces outils. Les bureaux d’études et les laboratoires manquent d’ingénieurs spécialisés, tandis que les entreprises de travaux peinent à retenir les profils intermédiaires, d’où la tentation de recrute¬¬ments éclairs chez le voisin ou de recourir aux travailleurs étrangers pour les tâches les plus urgentes.

Pour répondre à cette pénurie, l’État et les professionnels ont engagé plusieurs leviers. Les Cités des Métiers et des Compétences, en cours de déploiement dans les douze régions du Royaume, doivent garantir un flux régulier d’ouvriers et de techniciens spécialisés, dotés de connaissances en numérique et en pratiques écoresponsables. Dans le même esprit, l’Institut de formation aux métiers du BTP de Fès, opérationnel depuis 2023, forme chaque année 600 jeunes dans dix filières couvrant le génie civil, la topographie ou encore la gestion de laboratoire. Quatre autres instituts, placés sous la tutelle du ministère de l’Équipement et de l’Eau, complètent le réseau de formation, tandis qu’un cinquième est en gestation à Laâyoune pour accompagner l’essor économique du Sud.

Cependant, la formation initiale ne suffit pas. Les fédérations professionnelles invitent les entreprises à créer leurs propres académies internes afin d’accompagner la montée en compétence continue de leurs équipes. Des dispositifs de co investissement public privé sont également à l’étude pour alléger le coût de la formation continue, et un travail de simplification administrative est enclenché afin de réduire les délais de validation des programmes pédagogiques ou de reconnaissance des certifications.

 

Moderniser le matériel

La modernisation du parc matériel constitue l’autre maillon essentiel. Les gros chantiers deviendront vite intenables si les engins tombent en panne faute de maintenance ou si la chaîne logistique ne suit pas. Les entreprises sont ainsi encouragées à renouveler leurs flottes – parfois vieillissantes – et à structurer des ateliers de maintenance performants. De même, l’accès à certains matériaux critiques reste délicat ; la révision des cahiers des charges pour intégrer des ressources locales, le recyclage sur site et l’industrialisation de l’assemblage devraient atténuer les tensions d’approvisionnement.

Sur le plan financier, la huitième Journée d’information sur les marchés publics BTP, organisée en avril 2025, a dévoilé la programmation 2025 2030 des appels d’offres des ministères de l’Équipement, de l’Eau et des Transports. Cette visibilité permet aux entreprises de planifier leurs investissements et de se préparer aux exigences de durabilité fixées par le nouveau modèle de développement : généralisation du BIM, réduction de l’empreinte carbone, gestion raisonnée des ressources hydriques et renforcement de la sécurité sur les chantiers.

La préférence nationale, soutenue par les autorités, vise également à consolider l’écosystème local. Les grandes sociétés marocaines de travaux publics se sont déjà illustrées sur des chantiers complexes en Afrique et au Moyen Orient. Mais l’urgence et la complexité des projets à livrer d’ici 2030 supposent une gouvernance irréprochable, des décisions administratives rapides et des financements sécurisés pour éviter les ruptures de trésorerie. La profession milite, dans ce sens, pour un règlement plus prompt des situations travaux, l’adoption de barèmes d’actualisation des prix plus transparents et la mise en place de lignes de crédit adaptées à la taille des PME.

Enfin, le secteur doit améliorer son attractivité auprès des jeunes. Longtemps perçu comme physiquement pénible, il dispose désormais d’arguments liés à la transition numérique, à la construction durable et aux carrières internationales. Pour capitaliser sur ces atouts, les acteurs misent sur des campagnes de communication ciblées, des passerelles de reconversion et des partenariats universitaires axés sur la recherche appliquée. Les compétences comportementales – leadership, gestion du stress, travail d’équipe – deviennent tout aussi cruciales que la maîtrise du ferraillage ou du béton armé.

 

SB

The post BTP au Maroc, un secteur face à l’impératif d’une modernisation rapide appeared first on La Nouvelle Tribune.

]]>