Société

Women’s Tribune-Skhirat : Pas de justice climatique sans l’égalité homme-femme

le 30 mai 2015


Les travaux de la 6e édition du Women’s Tribune se sont ouverts, vendredi après-midi à Skhirat, sous le thème « femmes pour le climat » en présence de responsables gouvernementaux, de plusieurs personnalités nationales et internationales ainsi que de représentants d’organismes onusiens et d’ONG s’activant dans le domaine de l’égalité des sexes et de la préservation de l’environnement.
Intervenant à l’ouverture de cette rencontre, me Fathia Bennis, présidente et fondatrice de Women’s Tribune, a souligné que cette 6e édition, organisée en partenariat avec « ONU Femmes » et le « R20-Regions of Climate Action » s’inscrit dans la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et particulièrement sur la problématique de la justice climatique et les inégalités entre les femmes et les hommes.
Cette édition, consacrée au rôle de la femme dans l’environnement, constitue une étape décisive pour la mobilisation des femmes sur les enjeux climatiques, à quelques mois seulement de la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris en décembre prochain et à une année à peine de la 22ème conférence qui aura lieu au Maroc en 2016, a-t-elle relevé.
Le changement climatique, qui se présente comme un défi du développement durable avec de larges incidences sur l’environnement et sur le développement social et économique, pèse aussi sur les femmes qui sont les moins responsables de la destruction de l’environnement, mais qui en subissent gravement les conséquences, à tout point de vue, a-t-elle fait observer, ajoutant que dans le contexte du réchauffement climatique global, la vulnérabilité aux désordres et catastrophes naturelles, les migrations climatiques, la perte d’accès ou de contrôle des ressources naturelles et économiques, touchent de plein fouet les régions les plus pauvres du monde et les catégories sociales les plus défavorisées.
Et Mme Bennis de souligner que les femmes constituent un levier de la mise en œuvre des politiques pour une gestion plus durable des ressources, notant que tous les spécialistes du développement s’accordent aujourd’hui à souligner qu’un programme conçu sans prise en compte des femmes est moins efficace que celui planifié avec elles.
La justice climatique est une exigence dont le monde ne peut pas se passer, a noté la présidente de Women’s Tribune, soulignant que c’est par un élargissement de la réflexion à ces thématiques que des solutions plus efficaces, moins coûteuses et in fine plus justes pourront émerger.
L’égalité entre les femmes et les hommes est un élément clé du débat sur le changement climatique, a-t-elle expliqué, indiquant que si les politiques de lutte contre le changement climatique n’incluent pas une forte dimension d’égalité des genres, les conséquences pour l’égalité de droit seront désastreuses.
Elle a en outre salué l’avant-gardisme du Maroc pour avoir articulé la question du climat avec l’enjeu transversal du respect des droits humains et de la justice sociale qui intègre le droit des femmes, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, notant que l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), accorde une place essentielle au rôle de la femme rurale dans le processus de développement économique, à travers notamment les activités génératrices de revenus.
De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Environnement, Hakima El Haite, a indiqué que cette conférence constitue le 1er sommet mondial à s’attaquer à la problématique femme-climat, relevant que le Maroc portera ainsi la voix de la femme au niveau mondial, et plus particulièrement celle de la femme africaine.
Soulignant que les changements climatiques constituent le défi majeur du siècle et une menace sérieuse à la survie sur terre, la ministre a relevé que l’innovation à elle seule n’est pas capable de sauver l’humanité des retombées du changement climatique.
Lors de la conférence de Lima sur les changements climatique, le Maroc avait appelé à l’inclusion de l’approche genre au niveau des accords, a-t-elle rappelé, relevant que le monde est sorti à l’occasion avec un programme pour l’adoption de la cause genre au niveau des négociations sur le climat.Le Maroc, qui fut le premier pays à présenter un plan d’investissement vert à l’ONU, a mené ce combat de lutte contre le changement climatique depuis de nombreuses années, notamment depuis les années 60 avec la politique des barrages, la politique de forestation des bassins versants pour protéger les ressources hydriques, le droit à l’environnement développement durables stipulé dans la Constitution et la promulgation en 2014 de la loi cadre sur le développement durable, a souligné la ministre.
 » Pour le Maroc, la solution est déjà établie et acquise. Sous l’impulsion de SM le Roi, nous avons choisi une trajectoire de développement durable qui intègre un modèle de développement sobre en carbone avec une contribution de 32 pc », a-t-elle expliqué.
Pour sa part, Bassima Hakkaoui, ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, a indiqué que le Maroc a veillé durant la dernière décennie à accélérer la cadence des réformes constitutionnelles et juridiques et à améliorer les indicateurs de développement et de gouvernance, ajoutant que le Royaume s’est résolument engagé en faveur de l’égalité homme-femme.
« La forte volonté politique de SM le Roi, l’engagement du gouvernement, l’implication et le dynamisme de la société civile tracent l’itinéraire sûr et cohérant vers plus de droits pour les citoyens marocains », a-t-elle souligné, notant qu’il s’agit « d’un atout majeur qui nous met face à une responsabilité commune en termes d’adoption d’une nouvelle approche orientée vers la mesure de l’impact, le suivi de la redevabilité de l’Etat dans le domaine de l’égalité ».
C’est dans ce cadre que le plan gouvernemental pour l’égalité, Ikram, constitue un outil destiné à traduire les engagements du programme gouvernemental pour la période 2012-2016, a-t-elle dit, rappelant les difficultés liées à la mise en oeuvre démocratique des dispositions de la constitution et des engagements du Maroc en terme de réalisation des objectifs du millénaire pour le développement.
Les centres pour le suivi de la mise en oeuvre des dispositions du plan Ikram permettent d’apprécier les avancées à ce niveau mais également d’inititer des projets et des programmes en concertation avec les secteurs concernés afin d’intégrer le principe de l’égalité dans les programmes de protection de l’environnement, a ajouté Mme Hakkaoui, rappelant l’adhésion du Royaume à de nouveaux instruments internationaux en relation avec la protection de l’environnement, en particulier le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation.
A son tour, Mme Lakshmi Puri, directeur exécutif adjoint de l’ONU Femmes s’est dite fière de participer à cette importante rencontre, saluant le dynamisme du ministère de l’environnement et du leadership du Maroc en matière de défense de l’égalité de genre et l’émancipation de la femme.
Elle a, par ailleurs, fait part dans une déclaration à la presse de la volonté de l’ONU Femme de continuer à travailler en concertation avec le gouvernement marocain en vue de mobiliser l’ensemble des pays africains afin d’inclure la problématique du genre dans chaque article de l’accord découlant de la COP 21 de Paris.
Le programme de cette édition comprend notamment des ateliers et des plénières portant sur les thèmes « la lutte contre le changement climatique: une affaire de genre? » et « Eduquer et former: une priorité pour les femmes. Une obligation pour le climat

Créée en 2009, l’Association Women’s Tribune s’est dès le départ fixée l’objectif ambitieux de défendre l’égal accès des hommes et des femmes à toutes les fonctions. Chaque année, des personnalités, femmes et hommes, du monde entier se retrouvent au Maroc pour débattre et faire progresser la place et le rôle des femmes.

LNT avec Map