Washington menace d’intensifier les frappes contre l’Iran, Téhéran affirme qu’il ne « se rendra jamais »
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran est entrée dans sa deuxième semaine et continue de s’étendre à plusieurs pays du Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a menacé d’accroître les frappes contre la République islamique, tandis que les autorités iraniennes affirment qu’aucune capitulation n’est envisageable malgré les bombardements en cours.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a averti que l’Iran serait « frappé très durement », évoquant la possibilité d’étendre les opérations militaires à « des zones et des groupes de personnes qui n’avaient encore jamais été considérés comme des cibles ». Washington affirme que l’objectif de cette campagne est de détruire les capacités balistiques iraniennes et d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire, une intention que les autorités iraniennes contestent.
Dans la nuit de vendredi à samedi, une nouvelle vague de raids israéliens a visé plusieurs sites en Iran. Parmi les cibles figurent notamment une académie militaire, un centre de commandement souterrain ainsi qu’un site de stockage de missiles. Des images montrent également d’importants incendies et des colonnes de fumée s’élevant de l’aéroport international Mehrabad à Téhéran, l’un des principaux aéroports de la capitale iranienne.
La ville d’Ispahan, située dans le centre du pays, a également été visée selon des sources israéliennes. Ces opérations s’inscrivent dans la campagne militaire lancée le 28 février par les États-Unis et Israël.
Selon les autorités iraniennes, près d’un millier de personnes auraient été tuées depuis le début du conflit. Le porte-parole du gouvernement a indiqué que les victimes incluraient environ 30 % d’enfants, un bilan que les sources indépendantes ne sont pas en mesure de vérifier.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a de son côté indiqué avoir frappé plus de 3.000 cibles depuis le déclenchement de l’opération baptisée « Fureur épique ». L’armée israélienne affirme également avoir mené des frappes contre plusieurs centaines d’objectifs militaires à travers l’Iran ces derniers jours.
Face aux menaces américaines, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que l’Iran ne se rendrait pas. Dans un discours diffusé à la télévision d’État, il a déclaré que « les ennemis peuvent emporter dans leurs tombes leur souhait de voir le peuple iranien se rendre ».
Le chef de l’État iranien a toutefois présenté des excuses aux pays voisins du Golfe pour les attaques menées contre leurs territoires depuis le début du conflit. Il a assuré qu’aucune nouvelle frappe ne viserait ces pays, sauf si une attaque contre l’Iran était lancée depuis leur sol.
Parallèlement, la marine iranienne a annoncé avoir lancé une « vague massive d’attaques de drones » contre des bases américaines dans la région et avoir pris pour cible un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie que l’Iran a déclaré fermer.
Les répercussions du conflit se font désormais sentir dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Dans les monarchies du Golfe, les autorités restent en état d’alerte face aux attaques de missiles et de drones attribuées à l’Iran.
Aux Émirats arabes unis, les autorités ont indiqué avoir intercepté quinze missiles et 119 drones. Des explosions ont également été entendues à Dubaï et à Manama, la capitale de Bahreïn. L’aéroport international de Dubaï, le plus fréquenté au monde pour le trafic international, a annoncé la reprise partielle de ses opérations après une brève suspension liée à une interception aérienne.
La Jordanie a pour sa part accusé l’Iran d’avoir visé certaines de ses installations stratégiques, tandis que l’Arabie saoudite a annoncé avoir détruit dans la nuit un missile balistique qui se dirigeait vers la base aérienne du prince Sultan, où sont stationnés des militaires américains. Le ministre saoudien de la Défense, Khaled ben Salmane, a appelé l’Iran à la « sagesse » et l’a mis en garde contre « toute erreur d’appréciation ».
Le Liban est également de plus en plus impliqué dans la confrontation régionale. Le Hezbollah, mouvement soutenu par Téhéran, a lancé plusieurs attaques contre Israël en réponse à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors des premières frappes israélo-américaines.
Israël a répliqué par des bombardements massifs contre des positions du Hezbollah. Selon les autorités libanaises, ces frappes ont fait au moins 226 morts et environ 800 blessés depuis le début de l’escalade. Près de 300.000 personnes ont également été contraintes de fuir leur domicile, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la vallée de la Bekaa.
Dans la nuit de vendredi à samedi, une opération commando menée par l’armée israélienne dans l’est du Liban aurait fait au moins 41 morts, selon les autorités locales.
Face à cette situation, Israël a de nouveau appelé le Liban à désarmer le Hezbollah. Les autorités israéliennes ont averti que l’absence de mesures en ce sens pourrait conduire à des « mesures plus sévères ».
Au-delà du Liban et du Golfe, le conflit commence également à avoir des répercussions dans d’autres zones sensibles. Une attaque de drones iraniens contre l’Azerbaïdjan, allié d’Israël, fait craindre une extension du conflit vers le Caucase.
Par ailleurs, les Gardiens de la Révolution iraniens ont indiqué avoir frappé des groupes kurdes iraniens dans le Kurdistan irakien, accusés de soutenir des activités séparatistes.
La multiplication des fronts militaires et les perturbations des flux énergétiques dans le détroit d’Ormuz contribuent déjà à faire grimper les cours du pétrole, alimentant les inquiétudes sur les conséquences économiques de ce conflit pour la région et pour l’économie mondiale.
LNT avec AFP
