Les négociateurs réunis à New York examinent un plan iranien en deux temps pour rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé depuis fin février, chaque partie refusant de renoncer la première à son moyen de pression.
Le schéma présenté par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi prévoit une première phase de sept jours comportant l’arrêt de toutes les hostilités au Moyen-Orient, y compris au Liban et au Yémen, le dégel des avoirs iraniens, estimés à au moins 12 milliards de dollars, la levée des sanctions sur les exportations pétrolières et la fin du blocus naval américain sur les ports iraniens. La réouverture du détroit interviendrait dans un second temps, au terme de cette période. Un responsable iranien a résumé la logique en indiquant qu’une solution consisterait à « résoudre la crise par étapes ».
Le président américain a maintenu une position de fermeté, estimant que les États-Unis se trouvent en « position très forte » et n’ont pas besoin de négocier dans l’urgence. Téhéran a parallèlement menacé de nouvelles frappes en l’absence de réponse. Les deux parties partagent toutefois un intérêt de calendrier : l’une et l’autre préféreraient aboutir avant les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
L’enjeu reste considérable pour les marchés. Le détroit acheminait environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié avant sa fermeture, avec quelque 125 navires de commerce par jour. Les exportations pétrolières du Golfe se situent désormais autour de 15 à 16 millions de barils quotidiens, contre 25 millions avant le conflit, et le baril de Brent évolue au-dessus de 100 dollars.
Le Maroc, importateur net de produits raffinés, en subit l’effet direct. Les prix à la pompe ont été relevés à deux reprises en septembre, le gasoil atteignant environ 15,35 dirhams le litre et l’essence dépassant 15,20 dirhams. La facture énergétique constitue l’une des hypothèses les plus sensibles du projet de loi de finances 2027 que devra porter le nouveau gouvernement.
LNT