Donald Trump a accueilli Xi Jinping à Washington pour une visite d’État de trois jours, marquée dès son ouverture par la prolongation de la trêve commerciale conclue à Busan, dont l’échéance passe du 10 novembre au 10 janvier.
L’annonce a été faite par le secrétaire au Trésor Scott Bessent. L’accord de onze mois qui arrivait à expiration avait instauré un allègement temporaire des droits de douane réciproques. Sa prolongation de deux mois seulement est interprétée par les spécialistes comme le signe de négociations plus larges encore en cours, plutôt que comme un règlement.
La mise en scène a été soignée. Le président américain s’est déplacé en personne à la base aérienne d’Andrews pour accueillir son homologue, ce qu’aucun président des États-Unis n’avait fait pour un dirigeant étranger depuis onze ans, avec passage d’un bombardier B-1. Xi Jinping a déclaré, selon l’agence de presse officielle chinoise, que « le grand renouveau de la nation chinoise et le fait de rendre sa grandeur à l’Amérique peuvent aller de pair, se compléter et bénéficier au monde ».
L’ordre du jour de la visite comprend les négociations commerciales, les tensions autour de Taïwan, la coopération en matière d’intelligence artificielle et le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Ce dernier point confère à la rencontre une portée qui dépasse le commerce : la Chine est le premier importateur mondial de brut et le principal débouché des exportations du Golfe, et dispose auprès de Téhéran d’un levier dont Washington ne dispose pas.
Le programme prévoit un dîner d’État réunissant des dirigeants du secteur technologique ainsi que des visites à la Maison Blanche et aux Archives nationales. Une spécialiste des relations sino-américaines relève le caractère inédit de deux visites croisées des deux chefs d’État en une seule année.
LNT
