Le secrétaire d’État américain a déclaré mercredi à Athènes que Téhéran avait « perdu le contrôle intégral du détroit », en faisant valoir le retour des volumes de brut à leur niveau d’avant-guerre.
« Il y a presque autant de pétrole qui circule maintenant qu’il y en avait avant le début de ce conflit », a affirmé Marco Rubio lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue grec George Gerapetritis. Il a décrit des forces iraniennes « bien moins puissantes sur le plan militaire » et qualifié les sanctions de « dévastatrices », en estimant que la situation de l’économie iranienne « va devenir catastrophique ».
Les données disponibles valident partiellement l’affirmation. Les exportations de brut du Golfe hors Iran ont atteint au moins 16,5 millions de barils par jour entre le 1er et le 28 septembre, proche de la moyenne d’avant-guerre. Mais 60% seulement de ces volumes, soit 9,9 millions de barils quotidiens, ont physiquement franchi le détroit, les 40% restants empruntant des itinéraires de contournement, contre 17% avant le conflit. Les 1,7 million de barils par jour qu’exportait l’Iran sont par ailleurs absents de ce décompte.
La contrainte demeure sur le terrain. Téhéran impose aux navires une autorisation préalable de passage, et ceux qui s’y soustraient s’exposent à des attaques, encore signalées ces derniers jours. Les pétroliers quittent le Golfe en nombre croissant sous protection américaine.
Les enjeux dépassent le brut. Près de 20 millions de barils de pétrole et de produits raffinés transitaient quotidiennement par le détroit en 2025, soit environ un quart du commerce pétrolier maritime mondial, ainsi que 112 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié, environ un cinquième des échanges mondiaux. Le gaz qatari et émirati ne dispose d’aucune voie maritime alternative vers l’Asie et l’Europe.
LNT