Politique

Vingt ans après

le 25 juillet 2019


Il y a vingt ans, SM le Roi Mohammed VI accédait au Trône.

Deux décennies de règne, que la Nation célèbre ces jours-ci, mais sans manifestations particulières, sans ostentation, sans démesure, sur instructions du Souverain lui-même.

Voilà qui constitue, incontestablement, la marque, la touche et l’esprit même de la démarche royale depuis son investiture, celle de la perception particulièrement fine des conditions et circonstances afin d’épouser au mieux les préoccupations populaires du moment. Et celui d’aujourd’hui exige sans doute mesure et respect de la condition des moins favorisés…

Cependant, entre juillet 1999 et aujourd’hui, plusieurs millions de Marocaines et Marocains sont venus au monde, qui n’ont donc pas connu le règne précédent du défunt Roi Hassan II, ni le Maroc de cette époque.

Mais les autres, les millions d’autres, qui appartiennent aux générations antérieures, peuvent apprécier les changements intervenus, les différences et les avancées.

Ceux-là donc savent que notre pays a bien changé en l’espace de vingt ans et dans quasiment tous les domaines.

Et s’il n’est pas possible de dresser un bilan exhaustif en quelques dizaines de lignes, disons, tout simplement, que le Maroc de 2019 n’a pratiquement rien à voir avec celui de 1999, hormis bien sûr les constantes immatérielles qui font l’identité du Marocain et que résume parfaitement la formule consacrée, « Dieu, la Patrie, le Roi ».

Alors, en cette occasion du vingtième anniversaire de l’intronisation du Roi Mohammed VI, ce n’est pas en termes de bilans chiffrés, de listing des actions accomplies, d’énumération des avancées enregistrées qu’il convient de procéder, mais plutôt en cherchant à comprendre quels ont été les fondements de la démarche royale durant ces deux décennies.

Le Roi Mohammed VI, incontestablement, a dès les premiers jours de son règne et jusqu’à aujourd’hui, marqué sa volonté profonde de se trouver proche de son peuple, à son écoute.

Mais, si l’on constate que le pays a beaucoup avancé ces deux dernières décennies, mesure-t-on l’ampleur de la tâche qui était assignée au Souverain dès sa première journée de règne ?

Un immense travail a été accompli depuis, selon une ligne directrice que l’on peut facilement retrouver en relisant les discours royaux prononcés aux occasions les plus solennelles.

Et c’est ainsi que l’on comprend, au fil des allocutions royales, qu’il y a effectivement une stratégie définie qui se décline dans tous les champs de l’action publique.

En ce sens, SM le Roi Mohammed VI a été et est dans son rôle. Il assume la charge qui est la sienne avec une volonté claire et affirmée, celle de servir son peuple, l’écouter, le comprendre et améliorer son quotidien.

Les infrastructures, les Droits de l’Homme, la situation de la Femme et de la Famille, la cause sacrée d’unité nationale, la lutte contre les disparités sociales et spatiales, l’Éducation, la Santé, le nouveau modèle de développement, une nouvelle Constitution, entre autres questions et domaines, ont été ainsi, des thématiques qui ont égrené le règne du Roi Mohammed VI.

Tous ont été traités avec ce souci qui est la marque du règne du Souverain, l’écoute et l’anticipation et qui font que le Roi est aimé et respecté par tous ses sujets en toutes circonstances.

Mais évoquer vingt ans de règne, en dehors des exercices apologétiques qui seront dressés ici ou là, c’est aussi reconnaître les lacunes, les erreurs, les insuffisances, bien évidemment.

Car si le Maroc a changé, on sait aussi que bien des domaines méritent encore plus d’efforts, d’attentions, surtout dans le champ social.

L’Éducation, l’Emploi, la Santé et le Logement sont parmi les plus pressants car ils sont les marqueurs de l’inégalité sociale.

Alors, que dire sinon que les préoccupations royales ont été constantes sur ces questions, alors que les divers et successifs gouvernements n’ont pas réussi à traduire dans les faits et en actes les conseils et orientations prodigués par le Souverain ?

Quand SM le Roi lance l’INDH, quand il parle de modèle de développement inclusif, quand il limoge de hauts responsables, mais aussi quand il se rend de façon impromptue dans des quartiers populaires ou des villages pour s’enquérir des problèmes ou de l’état d’avancement des chantiers, le Souverain montre quelles sont ses préoccupations.

Mais, en toute franchise, celles-ci sont-elles partagées avec la même intensité, la même volonté, la même vision par les politiques, la haute administration, le gouvernement ?

Car si tous ceux qui sont en charge de responsabilités publiques étaient dans le même état d’esprit que le Roi Mohammed VI, nos problèmes seraient moins nombreux et plus rapidement résolus !

Et nos concitoyens savent pertinemment qu’il y a bien souvent un hiatus, sinon un gouffre entre la volonté royale et l’application qui en résulte, comme le prouvent les admonestations, les critiques et les remarques royales qui sont émises régulièrement lors d’occasions bien précises.

Et ainsi, le règne serait meilleur si tous ceux qui y participent l’étaient eux-mêmes.

Fahd YATA