Une commission de l’ONU accuse Israël d’extermination en Cisjordanie

Par LNT
Debris lie at the site of a shooting on Friday, after Israeli forces demolished Palestinian businesses in Hebron
Debris lie at the site of a shooting on Friday, after Israeli forces demolished Palestinian businesses in Hebron, in the Israeli-occupied West Bank, October 24, 2026. REUTERS/Mussa Qawasma

La commission internationale indépendante chargée d’enquêter sur les violations dans le territoire palestinien occupé a conclu lundi qu’Israël commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Cisjordanie, dont l’extermination, la persécution, la torture, le viol et d’autres violences sexuelles.

Créée en 2021 par le Conseil des droits de l’homme et présidée par Srinivasan Muralidhar, la commission est composée d’enquêteurs indépendants et non de magistrats. Ses conclusions ne constituent pas un jugement, mais peuvent alimenter des procédures judiciaires internationales.

Selon le rapport, les opérations militaires et les attaques de colons constituent une politique de violences et de déplacements forcés destinée à étendre le contrôle israélien, les autorités ayant intégré les agissements des colons à des opérations militaires coordonnées. Les enquêteurs estiment que des mineurs ont été délibérément tués ou blessés, qualification qu’ils rattachent à une persécution fondée sur l’âge, et que les violences sexuelles visent à soumettre et à déplacer la population.

Les chiffres avancés documentent une rupture. Six Palestiniens avaient été tués par des frappes aériennes israéliennes en Cisjordanie entre 2008 et octobre 2023, contre 254 en moins de trois ans depuis. Depuis janvier 2025, le territoire connaît le plus important déplacement de population depuis la guerre de 1967, 34 176 personnes demeurant déplacées en août. À Hébron, une opération a déplacé de force plus de 2 000 Palestiniens, selon le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, qui évoque des démolitions, des bouclages de quartiers et des mesures punitives.

La commission maintient par ailleurs la conclusion de génocide qu’elle avait formulée pour Gaza l’an dernier, estimant que des actes génocidaires se poursuivent malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025, notamment dans la zone dite de la ligne jaune. Elle met également en cause l’Autorité palestinienne, à laquelle elle reproche de réprimer les voix dissidentes et de ne pas enquêter sérieusement sur les violences de ses forces de sécurité.

Les recommandations reprennent l’avis consultatif de la Cour internationale de justice de juillet 2024, en appelant à mettre fin immédiatement à l’occupation, à démanteler les colonies et à restituer les terres confisquées.

Israël rejette catégoriquement ces accusations, sa mission diplomatique à Genève dénonçant une campagne de désinformation. Le secrétaire général des Nations unies, qui s’était déjà inquiété de l’escalade en Cisjordanie le 23 octobre, a dénoncé l’expansion des colonies, les expulsions et les agressions, en évoquant le spectre d’un nettoyage ethnique.

Les suites formelles devant les instances onusiennes n’ont pas été précisées.

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