Un nouveau départ pour la presse nationale

La presse écrite nationale, mise à genoux du fait de l’arrêt des activités d’impression et de distribution et donc de réalisation du plus petit chiffre d’affaires durant plusieurs semaines consécutives, confinement oblige, relève la tête.

En effet, en date du 24 juin dernier, un nouveau groupement, l’Association Nationale des Médias et des Éditeurs, a été constitué, regroupant les titres et groupes de presse les plus sérieux de la place.

Présidée par Abdelmounaïm Dilami, PDG du groupe Eco Média, elle est constituée de gros calibres, comme Ahmed Charai, (l’Observateur), Mohamed Haïtami, (Groupe Le Matin), Kamal Lahlou, (Challenges), Saad Benmansour, (La Vie Eco, Aujourd’hui Le Maroc), Mohamed Selhami (Maroc Hebdo), Rachid Nini, (Al Akhbar), Mokhtar Laghzioui (Al Ahdath Maghribiya), mais aussi de responsables de portails électroniques comme le 360°, des radios ( Radio Mars notamment) ainsi que La Nouvelle Tribune-www.lnt.ma et d’autres encore.

Cette association, à peine constituée, s’est empressée de prendre contact avec les autorités de tutelle et notamment le Ministre de la Communication, Othman El Firdaouss, afin d’examiner les voies et moyens de sauver tout à la fois les éditeurs, les imprimeurs, les distributeurs (Sapress), etc.

Et de fait, cette démarche s’est avérée payante puisque le ministre de tutelle a annoncé, devant les Représentants, l’octroi d’un « plan » de sauvetage doté de 205 millions de dirhams, avec une répartition précise des aides pour chaque intervenant du secteur de la presse.

Cette somme, conséquente à n’en point douter, est très largement supérieure à la dotation, (autour de 65 millions de dirhams annuellement), qui était distribuée au titre de l’aide à la presse écrite par une commission paritaire comprenant la tutelle et les représentants de la Fédération Marocaine des Éditeurs de Journaux, FMEJ, aujourd’hui marginalisée de facto par la création de l’ANME, autrement représentative.

S’il faut se féliciter de ce premier acquis, qui va permettre aux éditeurs notamment de dépasser les graves problèmes d’impayés et de salaires qu’ils vivaient depuis la mi-mars, il s’agit surtout de saluer une démarche responsable de la profession qui, ainsi, s’érige grâce à l’ANME, en véritable interlocuteur, crédible et représentatif, des pouvoirs publics.

Comme on a pu le déplorer au cours des dernières années, la profession d’éditeur de presse écrite ou de portails électroniques avait été prise d’assaut par des « chasseurs de subventions » qui, par le biais de majorités automatiques, étaient arrivés à s’imposer, l’ivraie chassant ainsi le bon grain en somme…

Le rôle fondateur et stratégique de l’entreprise de presse, celui d’un acteur incontournable de l’édifice démocratique, de garant de la pluralité et d’une information sérieuse et responsable, était devenu marginal et secondaire au profit de titres spécialisés dans la surenchère, l’outrance, le sensationnalisme, lesquels, au même titre que les autres, voire même avant eux, obtenaient des subventions qui finançaient leurs déviances.

Très visiblement donc, la création de l’ANME a répondu au besoin de « nettoyer les écuries d’Augias », d’instaurer un climat de dialogue utile et productif entre la presse et les pouvoirs publics afin de définir, conjointement et dans un avenir proche, une feuille de route établissant les devoirs des uns, les obligations des autres, à partir d’un seul constat, celui de la pérennisation d’une presse nationale de qualité, honorable et crédible au profit exclusif de l’opinion publique, des citoyens lecteurs, auditeurs et internautes.

On saluera donc bien bas cette initiative ô combien louable et bienvenue, en formulant l’espoir que l’ANME saura éviter les erreurs commises précédemment par d’autres, et notamment, tout en regroupant presse écrite, radios, portails, etc, saura les organiser en collèges distincts afin de faire primer l’intérêt général avant les démarches strictement corporatistes.

Longue vie donc à l’ANME !

Fahd YATA

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