Société

Un master en finance islamique est lancé au Maroc

le 9 octobre 2015


L’Université Paris Dauphine, en partenariat avec Fidaroc Grant Thornton, ont annoncé lors d’une conférence organisée le 7 octobre 2015, le lancement au  Maroc de l’Executive Master Principes et Pratiques de la Finance Islamique.

Ce master devrait répondre à une forte demande pour les formations en Finance Islamique au Maroc et en Afrique. Selon un rapport réalisé par Thomson Reuters, en collaboration avec l’institut islamique de recherche et de formation (IIRF), les actifs financiers islamiques devraient peser entre 5,2 et 8,6 milliards de dollars au niveau du Royaume en 2018.

Faïçal Mekouar, PDG de Fidaroc Grant Thornton et Coordinateur du Conseil Professionnel du programme, estime que la finance islamique va contribuer à l’élargissement du tissu de la bancarisation au Maroc, qui souffre aujourd’hui d’une certaine insuffisance. Monsieur Mekouar énumère 4 constats sur la finance islamique au Maroc.

Le premier est que celle-ci va s’adresser à une catégorie de la population qui, aujourd’hui, ne se retrouve pas dans la finance conventionnelle. Le deuxième c’est que nous assistons depuis plusieurs  mois à des mutations sociopolitiques  de la région, et cette évolution devrait, selon lui,  permettre aussi un développement de la finance islamique.

Troisième constat, c’est une constatation des analystes financiers qui estiment qu’aujourd’hui la finance islamique est une alternative qui pourrait permettre au système financier au niveau des Etats, d’être moins vulnérable et moins exposé aux crises.

Dernier constat, c’est la maturité du système financier au Maroc, et le rôle que joue également le Royaume entant que hub financier régional. Ce positionnement du Maroc pourrait, selon M. Mekouar, attirer un certain nombre de capitaux des institutions financières de la finance islamique ce que servira aussi bien le marché marocain que le marché régional.

Dans son intervention Anouar Hassoune, expert en finance islamique et Directeur du Programme a affirmé que les actifs islamiques ont enregistré une croissance moyenne de 17% depuis 2007 pour atteindre 2 milliards de dollars en 2014.

Cependant le secteur reste concentré sur deux régions seulement à savoir le Golfe (72%) et l’Asie (23%). Selon lui, il existe plusieurs limites à cette industrie : trop de banque et pas assez de désintermédiation, la gestion d’actifs islamique est peu ou prou inexistante, il demeure aussi des incertitudes juridiques et chariatiques avec un manque de jurisconsultes et d’experts…

Un cadre réglementaire adapté

Il est à rappeler que le Maroc a mis en place un arsenal légal et réglementaire adapté permettant une croissance rapide des produits de la Finance Islamique.

En effet, Bank Al Maghrib a publié la Loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés introduisant les Banques Islamiques dans le code bancaire, en se référant au Conseil Supérieur des Oulémas pour avoir la conformité.

Le texte pose le cadre réglementaire  pour la création, le fonctionnement et les activités de Banques Islamiques et définit les points concernant le domaine d’application, les dépôts et les produits commercialisés par les Banques Islamiques.

Concernant les assurances, la DAPS a publié en mai 2015 la loi n° 059-13 modifiant et complétant la n°17-99 portant code des assurances qui ouvrent la voie à la mise en place des assurances islamique «takaful».

AL