Le gouverneur de la région de Moscou a qualifié l’offensive de drones ukrainienne de « l’une des plus massives de mémoire récente ». Moscou revendique 822 drones abattus sur l’ensemble du territoire russe. Côté ukrainien, les frappes russes ont visé Kyiv et plusieurs régions, portant le bilan combiné de la nuit à au moins douze morts.
La nuit du samedi 15 au dimanche 16 août a été l’une des plus intenses depuis des mois sur les deux fronts. Quelque 600 drones ukrainiens ont visé Moscou et sa région, une offensive que le gouverneur régional a décrite comme « l’une des plus massives de mémoire récente ». Le ministère russe de la Défense affirme pour sa part avoir abattu 822 drones sur l’ensemble du territoire national.
Un bilan de douze morts réparti entre les deux camps
Le décompte des victimes illustre la symétrie destructrice de cette séquence. Au moins douze personnes ont été tuées : cinq dans la région russe de Rostov, dans une zone résidentielle ; deux dans la région de Belgorod ; deux dans la région de Moscou ; une dans la région de Zaporijjia ; et deux à l’aciérie ArcelorMittal de Kryvyï Rih, en Ukraine, où quatorze personnes ont également été blessées.
Des cibles civiles et logistiques
Les objectifs touchés révèlent l’élargissement du spectre des frappes. Côté russe, un entrepôt du géant du e-commerce Wildberries a été atteint à Podolsk, dans la banlieue de Moscou. Côté ukrainien, le marché du livre de Potchaïna, à Kyiv — lieu emblématique de la capitale, connu pour ses ouvrages rares — figure parmi les sites frappés, aux côtés d’infrastructures civiles et résidentielles.
Zelensky dénonce le ciblage systématique des civils
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une stratégie assumée : « Partout où les Russes peuvent atteindre avec leurs missiles balistiques, ils frappent des infrastructures civiles. » Il a précisé que l’Ukraine avait fait face, sur la seule semaine écoulée, à plus de 1 550 drones, 1 560 bombes guidées et 62 missiles.
Le nerf de la guerre : les intercepteurs Patriot
Derrière ces chiffres se joue une bataille d’approvisionnement. L’Ukraine souffre d’un déficit critique d’intercepteurs Patriot américains, les seuls capables de neutraliser efficacement les missiles balistiques russes les plus performants. Kyiv réclame de Washington une part substantielle des stocks disponibles — un arbitrage que l’administration américaine doit rendre dans un contexte où ses propres priorités militaires se sont déplacées vers le Moyen-Orient depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran en février.
Des négociations toujours au point mort
Cette escalade intervient alors qu’aucune percée diplomatique ne se dessine. Chaque camp semble chercher à consolider ses positions et à démontrer sa capacité de frappe en profondeur, une logique qui rend improbable, à court terme, l’ouverture de négociations substantielles.
LNT
