Trump loin de susciter « l’enthousiasme » avec sa demande d’aide sur le détroit d’Ormuz
Le président américain Donald Trump a appelé ses alliés à participer à une mission internationale visant à sécuriser le détroit d’Ormuz, un passage stratégique fortement perturbé par le conflit en cours avec l’Iran. Cette initiative intervient alors que cette voie maritime, par laquelle transite environ 20% du pétrole mondial, est quasi paralysée, alimentant les tensions sur les marchés énergétiques.
Dans un message adressé à plusieurs puissances, notamment la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, le président américain a estimé que les pays dépendants de cette route énergétique devaient contribuer à sa sécurisation, évoquant même des conséquences pour l’avenir de l’OTAN en cas d’inaction.
Les réactions internationales à cet appel se révèlent toutefois prudentes, voire négatives.
En Europe, plusieurs pays ont clairement marqué leurs réserves. L’Allemagne a rejeté toute participation militaire, estimant que le conflit ne relevait pas de ses intérêts directs. « Ce n’est pas notre guerre », a notamment déclaré le ministre allemand de la Défense.
L’Espagne et la Grèce ont également exclu toute implication militaire dans le détroit, tandis que l’Union européenne privilégie une approche diplomatique et envisage d’éventuels ajustements de ses missions existantes, sans engagement direct à ce stade.
Le Royaume-Uni, de son côté, s’est dit favorable à une coordination avec ses alliés, mais sans s’engager dans une intervention militaire immédiate, évoquant la nécessité d’un « plan collectif viable ».
En Asie, la prudence domine également. Le Japon a indiqué ne pas envisager, pour l’instant, l’envoi de navires de guerre dans la zone.
La Corée du Sud a, quant à elle, évoqué un examen en cours, rappelant que toute décision nécessiterait l’approbation de son Parlement.
L’Australie a clairement refusé de participer à une telle mission navale.
Face à ces réticences, la perspective d’une coalition internationale reste incertaine. Certains pays européens, dont la France, ont évoqué la possibilité d’une mission d’escorte à caractère défensif, mais uniquement dans un cadre multilatéral et à condition d’une désescalade partielle du conflit.
Dans ce contexte, les États-Unis pourraient être amenés à assumer seuls, au moins dans un premier temps, la sécurisation du détroit d’Ormuz, alors que les tensions régionales et les risques pour le commerce mondial d’hydrocarbures restent élevés.
Cette séquence illustre les divergences entre Washington et ses partenaires sur la gestion du conflit et souligne la difficulté à bâtir une réponse internationale coordonnée face à une crise aux implications économiques mondiales.
LNT
