Le sommet de Washington entre Donald Trump et Xi Jinping s’est achevé sur des déclarations d’apaisement, sans règlement des deux différends de fond : la guerre contre l’Iran et le statut de Taïwan.
Les deux dirigeants ont privilégié le registre de la stabilité. Le président américain a évoqué « une excellente rencontre », tandis que son homologue chinois a invoqué la nécessité d’éviter le piège de Thucydide, qui voit s’affronter la puissance montante et la puissance établie, en plaidant pour une concurrence qualifiée de saine.
Le conflit engagé en février par les États-Unis et Israël contre l’Iran a constitué le principal point de friction. La Chine, premier partenaire commercial de Téhéran, a refusé de s’associer à la stratégie d’isolement économique promue par Washington. Xi Jinping s’est borné à soutenir un retour à l’accord intérimaire précédemment négocié et devenu caduc, sans avancée notable.
Sur Taïwan, le président chinois a demandé à son hôte de s’opposer à l’indépendance de l’île et de traiter le dossier avec prudence. La position américaine y est ambiguë : M. Trump a par le passé utilisé les ventes d’armes comme levier de négociation avec Pékin, différant en mai un ensemble évalué à 14 milliards de dollars, orientation qui inquiète une partie de l’appareil diplomatique et militaire américain.
La visite a par ailleurs suscité des critiques bipartisanes au Congrès. Le sénateur républicain Roger Wicker s’est opposé à un accueil qu’il juge fastueux pour un rival, tandis que d’autres élus, dont Rand Paul, ont défendu la démarche diplomatique.
Sur le plan commercial, la trêve conclue à Busan a été prolongée du 10 novembre au 10 janvier, délai court qui indique que la négociation se poursuit. Un dîner d’État réunissant des dirigeants du secteur technologique a clos la journée.
LNT
