Le président américain a qualifié les manœuvres conjointes de « coûteuses », « inappropriées et hostiles » envers la Corée du Nord. Le ministère sud-coréen de la Défense a répliqué que l’exercice « Ulchi Freedom Shield » se déroulait comme prévu, contredisant directement l’annonce présidentielle.
C’est une séquence qui illustre la tension croissante entre Washington et l’un de ses alliés historiques en Asie. Dimanche, Donald Trump a annoncé sur Truth Social son intention de « réduire considérablement » la participation américaine aux manœuvres militaires conjointes avec la Corée du Sud, jugeant ces exercices non seulement « coûteux » mais aussi « inappropriés et hostiles » à l’égard de Pyongyang.
Séoul contredit le président américain
La réponse sud-coréenne a été brève mais nette. Un porte-parole du ministère de la Défense a indiqué que « l’exercice UFS se déroule comme prévu ». Baptisées « Ulchi Freedom Shield », ces manœuvres annuelles entre les deux alliés avaient précisément débuté lundi, conformément au calendrier initial — un démenti de fait de l’annonce présidentielle, au moins pour l’édition en cours.
L’argumentaire de Trump : Kim Jong Un et le dossier iranien
Le président américain a justifié sa position en invoquant sa relation avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, dont il continue de se prévaloir. Il a également reproché à Séoul de refuser de soutenir sa demande de « dénuclérisation » de l’Iran — un lien peu évident sur le fond, mais révélateur de la grille de lecture qui prévaut désormais à la Maison Blanche : les alliés sont évalués à l’aune de leur alignement sur le dossier iranien.
Pour Pyongyang, qui considère de longue date ces manœuvres comme des répétitions d’invasion, la position américaine constitue un gain diplomatique inespéré.
Un schéma qui se répète avec les alliés
Cette sortie n’est pas isolée. Elle prolonge une série de critiques adressées par Donald Trump aux partenaires traditionnels des États-Unis réticents à s’engager dans le conflit israélo-américain contre l’Iran, ouvert le 28 février. En juin, le président avait exprimé sa déception à l’égard de l’Italie, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France s’agissant de leurs engagements au sein de l’OTAN.
Une architecture de sécurité asiatique fragilisée
Au-delà de l’épisode, la question posée est celle de la prévisibilité de l’engagement américain en Asie du Nord-Est. Les exercices conjoints constituent depuis des décennies le pilier opérationnel de l’alliance entre Washington et Séoul, et un signal de dissuasion adressé à Pyongyang comme à Pékin. Les remettre publiquement en cause, sans concertation apparente avec l’allié concerné, alimente à Séoul comme à Tokyo un débat déjà vif sur la nécessité de renforcer les capacités de défense autonomes — y compris, dans certains cercles, sur le terrain nucléaire.
LNT
