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Sport

La Tribune de Nas : La Bouhaddouzité…

le 26 juin 2019


Qu’est-ce que la Bouhaddouzité ? C’est un terme que j’ai inventé hier après-midi au Caire. Sa signification est simple : marquer contre son camp à la 88ème minute pour donner la victoire à l’équipe adverse (1-0) lors du premier match d’une grande compétition.

En effet, j’y étais il y a un an à Saint Petersbourg contre l’Iran, quand Aziz Bouhaddouz a marqué contre son camp à la 88ème minute, un des pires cauchemars de ma jeune carrière de chroniqueur football et de l’histoire du football marocain… Mais le football est cruel et beau à la fois, et donc la roue a tourné en notre faveur cette fois-ci. Qu’est ce que je l’aime cette roue quand elle tourne, et je peux vous dire, je ne sais pas pour vous, mais la cicatrice de Saint-Petersbourg est pour ma part complètement guérie ! Aziz tu peux donc revenir en équipe nationale… Non c’était une blague, il ne faut pas quand même exagérer… On a ce qu’il faut, et oui bien sûr. Parce que même si on a manqué de réalisme, nous montons en puissance et je peux vous dire qu’avec quelques petits réglages, on peut aller loin dans la compétition. Commençons par décortiquer ce match face aux Namibiens.

Gardien de but :

Yassine Bounou (6) : Il n’a pas trop été inquiété, il a su être rassurant sur ses quelques sorties aériennes.

Défenseurs :

Mehdi Benatia (6) : Il a fait son match, en bon capitaine,  il a su rameuter ses troupes, notamment sur une interception au milieu de terrain, à un moment clé du match, il s’est projeté vers l’avant. Malheureusement, l’action n’a pas aboutie.

Romain Saiss (6,5) : Tout comme Mehdi, il a tenu son rôle. On peut lui mettre une note supérieure, car c’est lui qui a mis la pression sur le défenseur namibien, qui a marqué contre son camp.

Nabil Dirar (3) : Il a raté tout ce qu’il a entrepris. Ses centres non cadrés, ses lacune défensives ont montré que son heure est passée. Nabil nous a tant fait vibrer contre la Côte d’Ivoire, mais dorénavant, place à la jeunesse et un certain Noussair Mezraoui, qui pointe le bout de son nez

Achraf Hakimi (4) : Il peine à retrouver son niveau de jeu après sa grosse blessure avec le Borrussia Dortmund. Il faut qu’il travaille plus son pied gauche s’il veut vraiment s’installer sur ce flanc gauche des Lions de l’Atlas

Milieux de terrains :

Mehdi Bourabia (5) : La surprise du chef, le milieu de terrain de Sassuolo a profité des blessures conjuguées de Younes Belhanda, et Karim Al Ahmadi, pour signer une titularisation peu convaincante, la faute à son manque d’automatisme avec ses coéquipiers.

Youssef Ait Benasser (5,5) : L’autre surprise d’Hervé Renard a su sortir son épingle du jeu en se positionnant juste devant la défense. Il a une belle frappe de balle et une très belle qualité de relance. C’est celui qui peut prétendre à une association avec Younes Belhanda vendredi prochain.

Mbarek Boussoufa (7,5) : L’un des hommes forts du match, il nous a prouvé que l’âge n’a aucun impact sur la force mentale et sur le talent. Il a été le poumon de ce milieu de terrain, il nous en faudrait 11 comme lui pour arriver au bout.

Attaquants :

Hakim Ziyach (5,5) : Notre meilleur joueur sur le papier n’a pas été le meilleur face aux Namibiens, il a manqué de justesse technique, sur le dernier geste. Un de ses points forts, à savoir la frappe de balle à l’entrée de la surface, n’a pas fait mouche, toutes ses balles ont été écrasées par précipitation. Il a eu un meilleur rendement en se positionnant en vrai meneur de jeu juste derrière l’attaquant, mais nous attendons mieux de lui.

Nordine Amrabat (3,5) : le héros du Mondial russe a été quelconque et n’a rien apporté à l’attaque marocaine. Ses protections de balle sans appels en profondeur n’ont servi strictement à rien..

Youssef Ennesiry (4,5) : Le joueur de Leganes a beaucoup travaillé, mais il manque cruellement de soutien à la réception des centres de ses coéquipiers.  Il n’a pas su trouver la faille ou tenter des tirs de loin, qui sont une de ses spécialités.

Remplaçants :

Karim Al Ahmadi (5,5) : L’ancien joueur du Feyennord Rotterdam a apporté de la stabilité au milieu de terrain, mais  il manque de jus.

Kahldi Boutaib (3,5) : Le joueur de Zamalek n’a rien apporté au front de l’attaque.

Soufiane Boufal (8) : Il est pour moi l’homme du match. Comment se priver du meilleur dribbleur d’Europe ? Remettons les choses dans leurs contextes. Des dribbleurs de ce niveau technique et avec ce toucher de balle, très peu de sélections peuvent se targuer d’en avoir. Son entente avec Hakim Ziyech présage de très belles choses pour l’avenir. Il doit être un titulaire indiscutable. Il a lui seul dynamité la défense namibienne, et grâce à ses dribbles, le Maroc a pu obtenir un le coup franc qui a amené le but.

En tout cas, cette victoire arrachée dans les dernières minutes, va nous permettre d’aborder les prochains matchs avec sérénité. Avec le retour de blessures de Belhanda, Mazraoui, El Ahmadi et quelques ajustements techniques, nous pourrons regarder la Côte d’Ivoire droit dans ses yeux… comme Nabil Dirar face à Wilfried Zaha en novembre 2017…

Nas
Votre envoyé spécial du Caire