Une enquête a été ouverte après que des patients du service d’ophtalmologie du centre hospitalier universitaire Mohammed VI de Tanger ont développé des inflammations oculaires aiguës à la suite d’injections thérapeutiques.
Selon le communiqué de la direction de l’établissement, daté du 13 octobre, seize patients ont reçu ces injections et treize ont présenté des inflammations aiguës, trois n’ayant développé aucune complication. Des femmes et des enfants figurent parmi les personnes touchées. D’autres comptes rendus, attribués à des sources hospitalières, évoquent dix-huit patients contactés et quinze cas de troubles sévères de la vision, chiffres qui ne sont pas confirmés par la direction.
La chronologie est précise. Les injections ont été administrées le 8 octobre. Deux premiers cas d’inflammation aiguë ont été détectés le 9 octobre, et les examens du 10 octobre ont révélé des atteintes similaires chez onze autres patients. Plusieurs d’entre eux avaient déjà reçu la même injection à cinq reprises sans incident.
Les patients concernés sont majoritairement des diabétiques âgés, dont l’acuité visuelle était déjà réduite et la rétine fragilisée. Selon des sources hospitalières, certains ont subi une dégradation très marquée de la vision, information non confirmée par l’établissement. Le délai nécessaire pour connaître l’évolution définitive de leur état est estimé à environ trois mois.
Les patients ont été hospitalisés, placés sous traitement antibiotique et sous surveillance médicale permanente. Des prélèvements ont été effectués sur les patients et sur les produits injectés.
Le centre hospitalier a ouvert une enquête interne. Une commission d’inspection du ministère de la Santé et de la Protection sociale a été dépêchée sur place, avec la participation du comité de lutte contre les infections nosocomiales, de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé et de l’Agence marocaine du sang et de ses dérivés.
Les investigations portent sur les conditions de stockage et d’utilisation des lots administrés, et doivent déterminer si la cause réside dans une altération du produit ou dans une contamination. Une source hospitalière a écarté l’hypothèse d’un médicament périmé, en indiquant une date de validité courant jusqu’au 30 septembre 2028. Aucun numéro de lot n’a été rendu public.
L’établissement s’est engagé à publier les conclusions de l’enquête et informe régulièrement les familles.
LNT