L’Organisation Marocaine du Transport Touristique (OMTT) alerte sur l’aggravation des difficultés financières du secteur et appelle à un plan de sauvetage urgent ainsi qu’à l’ouverture d’un dialogue avec le nouveau gouvernement.
L’Organisation marocaine du transport touristique vient de rendre public un rapport mettant en lumière la dégradation de la situation économique et organisationnelle des entreprises du transport touristique au Maroc. Face à la hausse des coûts d’exploitation, à l’érosion des marges bénéficiaires et à l’accumulation des engagements financiers, l’organisation alerte sur les risques de défaillance et de faillite auxquels sont confrontées plusieurs entreprises du secteur.
Selon les données présentées dans ce rapport, les dépenses de carburant représentent désormais près de 30 % du chiffre d’affaires des entreprises concernées, avant même la prise en compte des autres charges d’exploitation, notamment le financement des véhicules, les assurances, l’entretien, les salaires, les cotisations sociales, les pièces de rechange et les frais administratifs.
Et de préciser que la dynamique positive du tourisme marocain, soit 19,8 millions de visiteurs en 2025 générant 138 MMDH de recettes touristiques en devises, ne s’est pas traduite automatiquement par une amélioration de la situation financière de toutes les composantes de la chaîne touristique, notamment celle des entreprises de transport touristique.
D’après les témoignages recueillis auprès des professionnels, certaines entreprises poursuivent leur activité malgré l’épuisement de leur trésorerie, la diminution de leurs marges et l’augmentation de leurs engagements financiers. Cette situation est aggravée par la saisonnalité de la demande, les trajets à vide, les temps d’attente, les retards de paiement et la difficulté de réviser les tarifs des contrats en cours pour tenir compte de l’évolution des coûts.
Parmi les principales préoccupations soulevées figure l’insuffisance des aides destinées au carburant au regard des dépenses réellement supportées par les entreprises. Selon les estimations de l’OMTT concernant les situations professionnelles examinées, les aides ne couvriraient même pas 15 % de l’augmentation de la facture de carburant. Cette proportion concerne la hausse des coûts et non le montant total de la facture.
Le rapport de l’OMTT fait également état des préoccupations des professionnels concernant le prix d’acquisition et d’équipement des véhicules, les conditions de financement et les pratiques commerciales de certains importateurs et distributeurs.
Les délais de livraison, les garanties, la disponibilité des pièces de rechange et la qualité du SAV figurent aussi parmi les difficultés soulevées. L’organisation appelle à l’ouverture d’un dialogue professionnel avec les acteurs concernés afin de renforcer la transparence des offres commerciales, d’améliorer les conditions d’acquisition et d’entretien des véhicules et de traiter toute pratique avérée contraire aux règles de la concurrence.
Elle considère que le renouvellement du parc ne pourra se concrétiser sans des conditions de financement adaptées permettant aux entreprises d’investir dans des véhicules modernes tout en préservant leur capacité à honorer leurs obligations financières et sociales.
Le rapport ne limite pas la crise aux seules difficultés financières. Il met également en évidence des dysfonctionnements réglementaires et administratifs qui nécessiteraient, selon l’organisation, une révision concertée du cahier des charges et du cadre législatif et réglementaire encadrant le transport touristique.
L’organisation appelle aussi à une simplification des procédures administratives, à l’unification des pièces exigées, à la fixation de délais de traitement clairs et à la mise en place de dispositifs permettant aux professionnels de suivre leurs dossiers et de connaître les motifs des décisions administratives ainsi que les voies de recours disponibles.
Face à tous ces défis, l’OMTT préconise un programme national structuré autour de trois axes prioritaires. Le premier se rapporte au rétablissement de l’équilibre financier des entreprises. Cette démarche passerait par la révision des aides au carburant, un diagnostic documenté de la trésorerie et de l’endettement, la négociation de rééchelonnements des financements pour les entreprises dont les difficultés sont établies, l’étude de facilités de règlement des dettes fiscales et sociales conformément aux procédures en vigueur, ainsi que la mise en place d’un accompagnement adapté au renouvellement du parc.
La deuxième priorité concerne la réforme des conditions d’investissement et d’exercice de l’activité et la troisième priorité se penche sur l’amélioration des services et la préparation du secteur à l’échéance de 2030.
En conclusion de son rapport, l’Organisation marocaine du transport touristique appelle à l’ouverture d’un dialogue urgent avec le Gouvernement El Mansouri…
H.Z
