Transport routier: une grève illimitée s’ouvre ce lundi sur fond de flambée du gasoil

Par LNT
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Quatre organisations professionnelles du fret routier engagent ce lundi 14 septembre une grève illimitée, après le dépôt d’un préavis adressé aux ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des Finances, et au département du Transport et de la Logistique. Les transporteurs jugent insuffisante l’aide de 50 centimes par litre de gasoil et contestent la retenue à la source de 75% de la taxe sur la valeur ajoutée.

Le préavis a été signé par le Syndicat national démocratique des transports, l’Association marocaine du transport routier international et de la logistique, la Fédération des transporteurs et logisticiens du port du Grand Casablanca et le Syndicat national méditerranéen des transports et des métiers. Les quatre structures représentent une part significative du transport de marchandises longue distance et de la desserte portuaire, en particulier sur les axes reliant Casablanca, Tanger Med et les zones industrielles de l’axe atlantique.

Trois revendications structurent le mouvement. La première porte sur le soutien au carburant. Les professionnels estiment que la subvention actuelle, fixée à 50 centimes par litre, ne compense plus l’évolution des cours et demandent son relèvement ainsi qu’un versement mensuel régulier, en lieu et place de paiements qu’ils décrivent comme espacés et imprévisibles. La deuxième concerne la fiscalité : la retenue à la source de 75% de la TVA sur les prestations de transport pèse, selon eux, sur la trésorerie d’entreprises dont les marges sont déjà comprimées. La troisième vise le programme de renouvellement du parc, jugé sous-doté, avec des primes à la casse et à l’acquisition considérées comme trop faibles au regard du prix des véhicules neufs, et un traitement de la TVA qui complique le montage des dossiers.

Le calendrier du débrayage donne au conflit une portée particulière. Il intervient au moment où le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars, sous l’effet de la fermeture du détroit d’Ormuz aux flux commerciaux et de l’arrêt du pipeline saoudien Est-Ouest. À la pompe, le gasoil se négociait autour de 14,93 dirhams le litre au début du mois, et la prochaine révision bimensuelle des prix est fixée au 16 septembre, soit quarante-huit heures après le début de la grève. Le gasoil représente entre 75 et 80% de la consommation nationale de carburants, une dépendance qui tient précisément au poids de la route dans l’acheminement des marchandises.

Le mouvement se déclenche également en pleine campagne électorale, à neuf jours du scrutin législatif du 23 septembre. Cette concomitance place les formations en lice devant leurs engagements en matière de pouvoir d’achat et de fiscalité, plusieurs d’entre elles ayant inscrit la réforme de la TVA et la révision des soutiens sectoriels dans leurs programmes.

Les organisations signataires ont indiqué qu’elles suspendraient le mouvement dès l’ouverture d’un dialogue et la satisfaction de leurs demandes, formulation qui laisse ouverte la possibilité d’une sortie de crise rapide. En l’absence d’accord, l’arrêt de travail affecterait l’approvisionnement des grandes surfaces, l’acheminement des produits agricoles périssables vers les marchés de gros et les flux d’intrants industriels, à un moment où les opérateurs constituent leurs stocks de fin d’année.

LNT

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