Transport routier : les professionnels du fret annoncent une grève à partir du 14 septembre

Par LNT
transport routier fret

Quatre organisations du secteur ont déposé un préavis de grève illimitée pour le lundi 14 septembre. Elles jugent insuffisante l’aide de cinquante centimes par litre de carburant et réclament son versement mensuel régulier. La retenue à la source de 75% sur la taxe sur la valeur ajoutée figure également parmi les griefs.

Le préavis a été notifié le 7 septembre par quatre organisations professionnelles : le Syndicat national démocratique du transport, l’Association marocaine du transport routier international et de la logistique, la Fédération du transport et de la logistique du port de Casablanca et le Syndicat national méditerranéen du transport et des métiers. Copies en ont été adressées aux ministères de l’Intérieur, des Finances et du Transport.

Quatre revendications structurent le mouvement

La première porte sur le soutien au carburant. Les transporteurs jugent insuffisante l’aide actuelle de cinquante centimes par litre et demandent qu’elle soit versée mensuellement et de manière régulière, la question du calendrier de versement pesant autant que celle du montant sur la trésorerie des entreprises.

La deuxième concerne la fiscalité. La retenue à la source de 75% sur la taxe sur la valeur ajoutée crée, selon les organisations, une difficulté de trésorerie pour des sociétés qui doivent par ailleurs honorer leurs obligations. Ce mécanisme, conçu pour sécuriser le recouvrement fiscal dans un secteur où l’informel est répandu, transfère de fait un besoin de financement vers les opérateurs déclarés.

La troisième vise le programme de renouvellement du parc. Les professionnels estiment la prime au remplacement et à la mise à la casse insuffisante, et relèvent que son assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée complique l’administration fiscale du dispositif.

La quatrième est de méthode. Les organisations dénoncent des décisions prises unilatéralement par les départements concernés, sans concertation réelle avec la profession.

L’enjeu dépasse le secteur. Le transport routier assure l’essentiel de l’acheminement des marchandises à l’intérieur du Royaume, des intrants industriels aux produits agricoles frais en passant par l’approvisionnement des grandes surfaces. Une interruption prolongée se traduit rapidement par des tensions sur les circuits de distribution, avec un effet sur les prix qui apparaît en quelques jours sur les produits périssables.

Le calendrier n’est pas neutre. La date du 14 septembre intervient quatre jours après l’ouverture de la campagne électorale et neuf jours avant le scrutin du 23 septembre, séquence durant laquelle la capacité du gouvernement sortant à négocier est réduite.

Les organisations conditionnent la levée du mouvement à l’ouverture d’un dialogue et à la satisfaction de leurs revendications.

LNT

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