Société

Traitement des eaux usées, le Maroc très loin du compte…

le 26 octobre 2017


Le salon international des équipements, technologies et des services Pollutec a ouvert ses portes mardi 25 octobre à l’Office des foires et expositions de Casablanca (OFEC) en présence de la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi, et de M. Idrissa Traoré, ambassadeur de la République de Côte d’Ivoire au Maroc.

Cette 9ème édition qui met à l’honneur la Côte d’Ivoire voit la participation de 200 éco-acteurs nationaux et internationaux, avec des exposants étrangers venus de 18 pays. De nouveaux pays ont également, pour la première fois, confirmé leur présence comme la Roumanie, la Finlande, le Togo et la Corée du Sud.
Dans la continuité des éditions précédentes, Pollutec propose un programme complet de conférences sur différents sujets, avec l’intervention d’experts qui animeront durant 4 jours des ateliers techniques et débattront de questions diverses touchant à l’environnement tout au long de ce rendez-vous international.
Un atelier de travail sous le thème « Les eaux usées : une ressource inexploitée pour l’agriculture » a été organisé en marge de l’ouverture du salon, durant lequel plusieurs exemples marocains et africains ont été présentés.
La réutilisation des eaux usées n’est pas très développée au Maroc. Les villes marocaines déversent près de 550 millions m3 par an d’eaux usées, dont 45% sont traités grâce à 117 stations d’épuration. Seuls 20% du volume de ces eaux sont réutilisés via 24 projets.
Cependant, avec la succession des années de sècheresse, les ressources en eau douce au Maroc sont faibles avec un potentiel hydrique de 22 milliards de mètres cubes par an.
En 2005, un Plan National de l’Assainissement a été lancé dans l’objectif, à terme, de doter chaque ville marocaine d’une station de traitement des eaux avec pour ambition de réutiliser 325 m3 d’eaux usée à l’horizon de 2030.
Auourd’hui, plusieurs villes sont dotées de STEP (Station d’épuration des eaux usées) mais, selon Fouad El Amraoui, Président de l’association ARADD, elles ne sont pas toujours très efficaces, car « elle ne reçoivent pas seulement les eaux domestiques mais aussi les eaux industrielles et cela cause beaucoup de problèmes pour la réutilisation ».
Il explique ainsi que la réutilisation des eaux usées est encore embryonnaire au Maroc. Elles sont réutilisables dans l’industrie, notamment dans le lavage du phosphate, et aussi pour l’irrigation des golfs, mais pour la production agricole le Maroc en est loin, notamment pour ce qui est de la complexité des normes.
La ville de Casablanca reçoit annuellement 200 millions m3 d’eaux usées. Une quantité amenée à augmenter dans les années avenir et une niche très importante, selon M. El Amraoui. « Si on arrive à récupérer un quart des eaux usées rejeté en mer, on peut développer jusqu’à 5 hectares d’espaces verts dans la ville », a-t-il affirmé.
En mars 2017, la Lydec a inauguré un espace expérimental d’agriculture urbaine ; une sorte de jardin pédagogique, aménagé autour de la STEP de Médiouna. Cette dernière est la première station d’Afrique du Nord à être dotée d’un processus combinant le procédé des boues activées et la technologie membranaire. Réalisé dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation Lydec et l’Association recherche- Action pour le développement durable (ARADD), l’espace de 1.600 m2 est « un champ d’expérimentation de l’agriculture urbaine et biologique, il a une vocation démonstrative de la réutilisation des eaux épurées en agriculture », explique Caroline Orjebin Yousfaoui, Chef de département Développement Durable au sein de Lydec.

« Il s’agit d’un site expérimental où nous cultivons un maximum d’espèces et qui servira aux étudiants ainsi qu’aux agriculteurs des environs », a expliqué Fouad El Amraoui.
L’expérience du jardin pédagogique de la Step de Médiouna ne vise pas la productivité mais surtout la sensibilisation au développement durable, un exemple qui pourrai bien bénéficier à plusieurs régions au Maroc.

A. Loudni