Innovation

Tests logiciels : l’intelligence artificielle agentique au cœur de la 10e édition de la JMTL à Casablanca

Par LNT
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La 10e édition de la Journée marocaine des tests logiciels (JMTL), organisée le 3 octobre 2026 au Technopark de Casablanca, a été consacrée aux transformations du métier de testeur sous l’effet de l’intelligence artificielle. Réunissant des experts marocains et internationaux, cette rencontre a permis d’examiner les nouvelles pratiques de contrôle de la qualité logicielle, l’automatisation des tests et l’évolution des compétences professionnelles. L’événement a également été marqué par la remise des prix du concours « World’s Best Tester », dont les deux premiers lauréats marocains poursuivront la compétition à l’échelle internationale.

Le Comité marocain des tests logiciels (CMTL) a organisé, samedi 3 octobre, la dixième édition de la Journée marocaine des tests logiciels (JMTL), au Technopark de Casablanca. Placée sous le thème « 10 ans d’engagement pour la qualité – Qualité aujourd’hui, confiance demain », cette édition anniversaire a réuni des professionnels du numérique, des spécialistes du test logiciel et des représentants d’entreprises technologiques.

Organisée depuis 2016, cette manifestation constitue un espace d’échanges autour des méthodes de vérification et d’évaluation de la qualité des systèmes informatiques. Selon le CMTL, plus de 1.700 participants ont pris part aux différentes éditions organisées au cours de la dernière décennie.

Cette année, les discussions ont principalement porté sur l’émergence de l’intelligence artificielle agentique, une évolution technologique qui modifie progressivement les méthodes de conception, d’exécution et de supervision des tests logiciels.

Le métier de testeur face à l’essor de l’IA agentique

Dans son intervention d’ouverture, Anass El Bekali, président du CMTL, est revenu sur les transformations du métier de testeur au cours des dix dernières années.

Selon lui, le test logiciel ne constitue plus uniquement une étape de vérification intervenant à la fin du développement d’une application. Il participe désormais à la maîtrise des risques, à la fiabilité des systèmes et à la confiance des utilisateurs.

L’émergence de l’intelligence artificielle agentique accentue cette évolution en permettant d’automatiser certaines opérations et de modifier la répartition des responsabilités entre les outils et les professionnels.

« Avec l’émergence de l’IA agentique, le métier de testeur se transforme. Notre rôle n’est plus seulement d’exécuter ou d’automatiser : il consiste désormais à définir les cas d’usage, orchestrer les agents, analyser les résultats, maîtriser les risques et garantir la pertinence des résultats de test », a déclaré Anass El Bekali.

Cette transformation suppose une évolution des compétences, notamment dans la définition des scénarios de test, l’analyse des résultats produits par les systèmes automatisés et l’évaluation des risques associés à leur utilisation.

Le président du CMTL a également insisté sur l’importance de la formation continue et des certifications professionnelles, notamment ISTQB, IREB, IQBBA et TMMi, pour accompagner l’adaptation des métiers.

Huit conférences consacrées aux nouvelles pratiques

Le programme de cette dixième édition comprenait huit conférences animées par des spécialistes marocains et internationaux.

Les interventions ont abordé plusieurs dimensions de la qualité logicielle, depuis l’expérience utilisateur jusqu’à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus de test.

Olivier Denoo, vice-président de l’International Software Testing Qualifications Board (ISTQB), président du Comité français des tests logiciels (CFTL) et vice-président de ps_testware, a ouvert le cycle de conférences avec une intervention intitulée « Heureux qui comme UX ! », consacrée à l’expérience utilisateur.

Samia Daouiji, Test Manager chez Capgemini Maroc, a présenté un retour d’expérience sur l’évolution du rôle du testeur vers celui de superviseur et de coordinateur d’agents d’intelligence artificielle.

De son côté, Khalid Amnas, directeur de projet et Delivery Manager chez Omnishore, a exposé un cas marocain de Testing Factory augmentée par l’IA, sous le thème « Structurer sans brider ».

Bruno Legeard, cofondateur de Smartesting, s’est intéressé aux conséquences de l’exécution agentique des tests sur l’organisation des structures spécialisées dans la qualité logicielle.

Ces différentes interventions ont permis d’examiner les possibilités offertes par l’automatisation, mais également les changements organisationnels nécessaires à son intégration.

Qualité logicielle, diversité et évolution des compétences

Les conférences de l’après-midi ont élargi les discussions aux dimensions humaines et organisationnelles de la qualité logicielle.

Laurent Delannoy, président de l’entreprise adaptée Avencod, a notamment consacré son intervention à la contribution de la diversité à l’amélioration de la qualité.

Les représentants de Cegid Atlas, Ingrid Terreau, coach en transformation agile, Younes Zniber, directeur R&D Enterprise, et Taha Slaoui, directeur R&D Retail, ont présenté les usages de l’intelligence artificielle dans la transformation des pratiques de qualité au sein de leur entreprise.

Eric Riou du Cosquer, TMMi Lead Assessor et directeur général de Certilog, a abordé l’utilisation de l’IA dans la revue des exigences, depuis les User Stories jusqu’aux instructions adressées aux modèles d’intelligence artificielle, dans le cadre de l’approche IREB AI4RE.

Enfin, Eric Bourdin, responsable France de GASQ, a consacré son intervention aux évolutions attendues dans les méthodes d’apprentissage et les pratiques professionnelles au-delà de l’engouement actuel pour l’intelligence artificielle.

L’ensemble de ces échanges a mis en évidence une évolution du métier de testeur, dont les responsabilités s’étendent progressivement vers la supervision des outils automatisés, l’analyse des résultats et l’évaluation de la qualité des systèmes intégrant l’IA.

Un concours pour distinguer les compétences en test logiciel

La journée a également été marquée par la remise des prix de la compétition marocaine « World’s Best Tester ».

Organisé en partenariat avec une compétition internationale présente sur six continents, ce concours vise à évaluer les compétences des participants dans le domaine du test logiciel.

La première place a été remportée par Ilyass Safwane, représentant l’équipe TheSafeOne, avec un score de 109 points sur 130.

La deuxième position est revenue à l’équipe Mint Tea Testers, composée d’Assiya Benramdane et de Jean-Baptiste Crouigneau, avec 103,5 points.

L’équipe BugHuntersMA, représentée par Ayoub Koddam et Pierre Monfort, a complété le podium avec 100 points.

Les deux premiers lauréats sont qualifiés pour la suite de la compétition internationale, dont la finale mondiale est prévue le 2 décembre 2026.

Cette compétition constitue l’un des volets pratiques de la manifestation, en complément des conférences et des échanges professionnels.

Plus de 2.100 certifications ISTQB Foundation Level au Maroc

La dixième édition de la JMTL a également été l’occasion de revenir sur les activités du Comité marocain des tests logiciels.

Fondé en 2013, le CMTL est une organisation indépendante à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir les métiers du test logiciel et de sensibiliser les entreprises à la qualité de leurs systèmes d’information.

Depuis juillet 2014, il représente officiellement l’ISTQB au Maroc et intervient dans le domaine des accréditations et des certifications professionnelles, notamment ISTQB, IREB et IQBBA.

Le comité est également devenu, en octobre 2022, le chapitre local de la fondation TMMi, spécialisée dans l’amélioration des processus de test.

Selon les données communiquées par l’organisation, le Maroc comptait 2.136 personnes certifiées ISTQB Foundation Level à la fin du deuxième trimestre 2026, soit une progression de 19 % sur un an.

Cette évolution témoigne d’un développement des qualifications professionnelles dans le domaine de la qualité logicielle, dans un contexte où les entreprises cherchent à renforcer la fiabilité de leurs applications et de leurs systèmes informatiques.

Au terme de cette édition anniversaire, les échanges ont principalement souligné les changements induits par l’intelligence artificielle dans les activités de test logiciel.

L’automatisation de certaines opérations, le recours aux agents intelligents et l’évolution des méthodes de vérification nécessitent une adaptation des compétences et des organisations.

Dans ce contexte, les professionnels sont progressivement amenés à intervenir davantage dans la conception des stratégies de test, la supervision des outils automatisés et l’interprétation des résultats.

La formation continue et la certification apparaissent ainsi comme des instruments d’accompagnement de cette transformation.

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