Téhéran pose ses conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz

Par LNT
détroit d’ormuz

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a énoncé lundi quatre conditions au rétablissement de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, en indiquant qu’une réouverture pourrait désormais être conduite en quarante-huit heures, contre une semaine initialement envisagée.

Esmaeil Baghaei a cité un cessez-le-feu couvrant l’ensemble des fronts régionaux, le déblocage des avoirs iraniens à l’étranger, la suppression des sanctions visant les exportations pétrolières et la fin du blocus naval américain sur les ports iraniens. La veille, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghtchi avait demandé que Washington reconnaisse l’itinéraire maritime défini avec Oman et réduise la présence militaire américaine récemment renforcée dans la région.

Les marchés ont réagi à cette inflexion. Le baril de Brent reculait de 4,43% lundi en milieu de matinée, à 108,40 dollars, après la tension des dernières semaines qui l’avait porté au-delà de 111 dollars le 22 octobre.

Donald Trump a pour sa part menacé l’Iran d’un coup de massue dimanche lors d’un rassemblement dans l’Iowa, en marge de la campagne pour les élections de mi-mandat. Selon des informations de presse américaine, il aurait évoqué avec le premier ministre israélien une intensification possible des opérations tout en privilégiant la voie de la négociation.

Les hostilités ont repris durant l’été, après une trêve conclue en avril et un accord de juin qui a échoué. Le porte-parole iranien a averti que toute nouvelle opération militaire entraînerait une riposte immédiate et généralisée. Les échanges se poursuivent indirectement par des médiateurs, Téhéran ayant proposé en septembre, par l’intermédiaire du Qatar, une réouverture progressive sur sept jours, écartée par Washington sans fermeture de la porte à des négociations.

Le détroit constitue le point de passage de la majeure partie des exportations pétrolières du Golfe. Pour le Royaume, qui importe la quasi-totalité de ses hydrocarbures, l’évolution du baril conditionne la facture énergétique, en hausse de 32,6% à fin août, et la charge de compensation du gaz butane, arrêtée à 19,4 milliards de dirhams dans le projet de loi de finances sur une hypothèse de Brent à 75 dollars. La hausse du gasoil à la pompe appliquée dimanche, de 80 centimes à un dirham le litre, en est la traduction la plus immédiate.

LNT

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité