Téhéran juge insuffisante la réponse américaine sur Ormuz

Par LNT
Ormuz

L’Iran a jugé insuffisante la réponse de Washington aux sept conditions qu’il pose à la réouverture du détroit d’Ormuz. La déclaration est attribuée à Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, par les médias d’État iraniens, qui précisent que Téhéran attend des clarifications sur des points restés obscurs.

Le détroit, par lequel transitaient environ 20% du pétrole et 20% du gaz naturel liquéfié transportés par voie maritime dans le monde, demeure fermé à l’essentiel du trafic. Les flux y ont chuté de plus de 90%, soit près de dix millions de barils par jour. Le président du Parlement iranien avait indiqué le 4 octobre que le détroit resterait fermé jusqu’à ce que les États-Unis satisfassent ces sept conditions, issues de l’accord conclu en juin.

Les tentatives de déblocage ont échoué jusqu’ici. Le chef de la diplomatie iranienne avait affirmé le 25 septembre que la navigation pourrait reprendre en sept jours si Washington acceptait un plan transmis par l’intermédiaire du Qatar, proposition rejetée par la présidence américaine. Téhéran a également avancé l’idée d’une autorité de régulation du détroit assortie de droits de passage, et n’autorise le transit que de navires de pays qu’il juge amis. Un pétrolier a été endommagé dimanche par un projectile non identifié en quittant la zone, selon une agence maritime britannique.

Les conséquences sur les marchés sont lourdes. Le Brent a dépassé 100 dollars le baril le 8 mars pour la première fois en quatre ans, avec un pic à 126 dollars, mars 2026 ayant enregistré la plus forte hausse mensuelle jamais observée. La barre des 100 dollars a été franchie de nouveau autour du 7 octobre. La semaine du 28 septembre au 5 octobre a été marquée par au moins douze attaques contre des navires, le niveau le plus élevé depuis le début du conflit, avec une extension des incidents au large du Qatar et des Émirats arabes unis.

Pour le Maroc, la fermeture du détroit pèse directement sur la facture énergétique. Le déficit commercial s’est creusé de 25,4% à 282,6 milliards de dirhams à fin août, avec une facture énergétique en hausse de 32,6%, et le gasoil a dépassé 16 dirhams le litre au 1er octobre. Le niveau du Brent constitue l’une des hypothèses les plus sensibles du projet de loi de finances pour 2027.

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