Tanger Med devient le point de passage des exportations libyennes vers l’Afrique de l’Ouest

Par LNT
commerce extérieur port tangermed

L’Autorité libyenne de développement des exportations, rattachée au Conseil des ministres, a inauguré le 14 septembre un corridor maritime reliant le port de la zone franche de Misrata aux marchés ouest-africains, en particulier le Nigeria et le Cameroun, via le hub de transbordement de Tanger Med.

L’objectif affiché par Tripoli est triple : réduire de manière significative le coût du fret pour les opérateurs économiques libyens, raccourcir les délais d’acheminement et offrir des débouchés stables à la production non pétrolière du pays. Le nom de l’armateur retenu, la fréquence du service et les volumes attendus n’ont pas été communiqués.

Le montage traduit d’abord une contrainte géographique. La Libye ne dispose pas de liaisons régulières directes vers le golfe de Guinée, et ses échanges restent fortement asymétriques : environ 85% de ses importations proviennent d’Asie et près de 69% de ses exportations sont dirigées vers l’Europe. Le passage par un hub de transbordement permet de mutualiser les volumes et d’accéder à un réseau de dessertes déjà constitué, sans avoir à établir une ligne dédiée dont le remplissage ne serait pas garanti.

Pour Tanger Med, l’opération confirme la fonction de plateforme régionale que le complexe revendique. Sa position sur le détroit lui permet de capter des flux qui ne sont ni marocains à l’origine ni marocains à destination, la valeur ajoutée résidant dans la manutention, le stockage et la réexpédition. Cette activité de transbordement pur constitue l’essentiel du trafic conteneurisé traité, et elle est particulièrement sensible aux choix de réseau des armateurs.

L’accord intervient alors que les routes maritimes mondiales sont perturbées par la fermeture du détroit d’Ormuz au trafic commercial et par l’arrêt du pipeline saoudien Est-Ouest, deux facteurs qui renchérissent le fret et allongent les rotations. Dans ce contexte, les hubs situés hors des zones de tension voient leur attractivité relative augmenter.

L’initiative s’inscrit enfin dans un effort de diversification de l’économie libyenne, dont les recettes demeurent très largement adossées aux hydrocarbures. Elle donne une traduction commerciale à des relations bilatérales qui restent, sur le plan politique, tributaires de la fragmentation institutionnelle du pays.

LNT

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