Finance

Système financier : banques, assurances et marchés de capitaux affichent des fondamentaux solides, selon le CCSRS

Par LNT
Bank_al-Maghrib,_Casablanca,_Morocco

Le système financier marocain a poursuivi sa trajectoire de consolidation en 2025, porté par l’amélioration de la conjoncture économique, le renforcement des performances des établissements financiers et le maintien de marges prudentielles jugées confortables. Réuni mardi au siège de Bank Al-Maghrib, le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS) a dressé un état des lieux global du secteur, faisant état de la résilience des banques, des assurances et des infrastructures des marchés financiers, tout en soulignant la nécessité de poursuivre plusieurs chantiers structurels, notamment dans le domaine des retraites et de la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Une conjoncture économique plus favorable

Dans son analyse, le CCSRS relève que l’économie mondiale a fait preuve d’une certaine résilience en 2025, soutenue par la demande intérieure et des politiques monétaires plus accommodantes, même si les tensions géopolitiques et le niveau élevé de l’endettement continuent d’alimenter les risques pesant sur les perspectives économiques.

Au Maroc, la croissance économique s’est renforcée pour atteindre 4,9 % en 2025, contre 4,4 % un an auparavant, bénéficiant notamment des bonnes conditions climatiques et de la bonne tenue des activités non agricoles. Selon les projections de Bank Al-Maghrib, cette croissance devrait s’établir à 5,2 % en 2026 avant de revenir à 3,1 % en 2027, sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne.

L’inflation est demeurée contenue à 0,8 % en 2025, tandis que le déficit budgétaire poursuit sa réduction progressive. Le ratio de la dette du Trésor devrait ainsi continuer à diminuer pour atteindre 65,1 % du PIB à l’horizon 2027.

Les banques poursuivent l’amélioration de leurs résultats

Dans ce contexte, le secteur bancaire a enregistré une troisième année consécutive de consolidation de ses performances financières.

Le résultat net agrégé des établissements de crédit s’est établi à 19,2 milliards de dirhams à fin 2025, en progression de 22,2 % par rapport à l’exercice précédent. Cette évolution s’explique principalement par la hausse du produit net bancaire et par le recul du coût du risque.

Parallèlement, l’activité de crédit est demeurée dynamique. Les concours accordés au secteur non financier ont progressé de 6,5 % en 2025, soutenus par la reprise de l’activité économique et l’assouplissement des conditions monétaires.

La qualité des portefeuilles de crédits s’est également légèrement améliorée. Le taux des créances en souffrance est revenu à 8,3 %, contre 8,4 % un an auparavant, tandis que leur taux de couverture par les provisions est resté stable autour de 68 %.

Sur le plan prudentiel, les principaux indicateurs demeurent largement supérieurs aux exigences réglementaires. Le ratio moyen de solvabilité atteint 16,1 % et le ratio des fonds propres de catégorie 1 s’établit à 13,5 %. Les exercices de stress tests réalisés par les autorités continuent par ailleurs de confirmer la capacité de résistance des principales banques face à des scénarios macroéconomiques particulièrement défavorables. Le ratio de liquidité à court terme demeure lui aussi supérieur au seuil réglementaire.

Le secteur des assurances maintient sa dynamique

Le CCSRS relève également la poursuite de la croissance du secteur des assurances.

Le chiffre d’affaires global a atteint 63,2 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 7,5 %. Cette progression est portée aussi bien par la branche Vie (+8,4 %) que par la branche Non-Vie (+6,6 %). La branche Vie confirme notamment le redressement amorcé en 2024, grâce au dynamisme de l’activité épargne dont la collecte progresse de 8,9 %.

La rentabilité du secteur s’est également renforcée. Le résultat net atteint 5,3 milliards de dirhams, en hausse de 21,4 %, soutenu principalement par les performances financières des placements. Le rendement des fonds propres (ROE) s’établit ainsi à 11,1 %, son niveau le plus élevé depuis une décennie.

Profitant de la bonne orientation des marchés financiers, les plus-values latentes sur les portefeuilles d’investissement se sont fortement appréciées pour atteindre 62,5 milliards de dirhams. Le ratio des plus-values latentes représente désormais 23,8 % des placements, un niveau qualifié d’historique par le Comité.

Cette évolution a permis de renforcer sensiblement la marge de solvabilité du secteur, dont le ratio réglementaire atteint désormais 409,4 %, soit une progression de près de 55 points en une année. Les exercices de stress tests confirment, selon le CCSRS, la résilience globale des entreprises d’assurances face à des scénarios macroéconomiques et techniques défavorables.

Le Comité relève toutefois que la situation des régimes publics de retraite continue d’appeler une réforme de fond.

Si la deuxième tranche des augmentations salariales issues du dialogue social d’avril 2024 a permis d’améliorer certains indicateurs financiers, les déséquilibres structurels persistent et la viabilité de long terme des régimes n’a pas connu d’amélioration significative.

Des marchés de capitaux en phase de consolidation

Le Comité s’est également penché sur l’évolution des marchés financiers.

Après deux années de forte progression, la Bourse de Casablanca est entrée dans une phase de consolidation au premier semestre 2026. À fin juin, le MASI reculait de 3,34 %, tandis que la capitalisation boursière demeurait quasiment stable autour de 1.043 milliards de dirhams. Cette évolution s’est accompagnée d’une hausse de la volatilité, sans remettre en cause les fondamentaux du marché.

Le marché obligataire est resté dynamique, avec 58,18 milliards de dirhams d’émissions de bons du Trésor à fin mai, tandis que les émissions de dette privée ont atteint 41 milliards de dirhams. Le CCSRS estime que cette évolution confirme le rôle croissant du marché des capitaux dans le financement de l’économie.

L’industrie de la gestion collective poursuit également son développement. L’actif net des OPCVM s’élève à près de 833 milliards de dirhams à mi-juin 2026, en progression de 6,1 % sur un an. Les souscriptions se sont principalement orientées vers les fonds obligataires court terme, les OPCVM monétaires et les fonds diversifiés.

Le Comité souligne enfin l’élargissement progressif de la base des investisseurs. Le nombre de comptes-titres a progressé de 8,3 % au premier trimestre 2026 pour atteindre plus de 434.000, tandis que les personnes physiques représentent près des trois quarts des porteurs de parts d’OPCVM.

SB

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